Étiquette : Maurice Allais

Hors du protectionnisme intelligent de Maurice Allais, pas de salut !

Lettre ouverte aux Français  

AIRAMA[1], 12 rue de Poitiers, 75007 Paris

 

Paris, ce 1er mai 2017

Présidentielles 2017

Objet : Hors du protectionnisme intelligent de Maurice Allais, pas de salut !

 

Chers concitoyennes et concitoyens,

 

L’AIRAMA, l’Alliance Internationale, pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais en économie et en physique, association canal historique des défenseurs de ses combats, créée du vivant de notre prestigieux prix Nobel d’économie, renouvelle l’alerte qu’elle avait lancée en vain aux Présidentielles 2012. Le fait qu’elle n’ait pas été entendue nous a hélas valu plus d’un million de nouveaux chômeurs depuis[2].

Elle rappelle qu’en dehors de l’application résolue de la politique de protectionnisme intelligent prônée par Maurice Allais, il ne saurait y avoir de salut économique pour la France.

L’impératif d’appliquer immédiatement cette politique économique de protectionnisme compétitif en France n’est plus un sujet de débat, c’est une vérité scientifique démontrée par Maurice Allais,  empiriquement validée depuis 1974, et criminellement niée depuis 1999 par les gouvernements successifs.

Dès 1999, dans son livre lanceur d’alerte « Mondialisme : la destruction de la croissance et de l’emploi. L’évidence empirique », notre grand prix Nobel d’économie avait indiqué la voie à suivre. Depuis,  l’AIRAMA a évalué 4,8 millions le niveau du chômage importé[3] !

 « À quoi sert la science, si elle ne permet pas de changer la condition des hommes ? », avait coutume de dire Maurice Allais depuis la crise de 1929.

 C’est pourquoi, la science exigeant de se mettre au service des hommes ; l’AIRAMA ayant annoncé en conséquence que l’économie devait rentrer en politique[4] ; faute de voir la politique respecter la vérité scientifique dûment établie ; le bon sens exigeant enfin entre deux maux de choisir le moindre ; pour toutes ces raisons impératives, l’ AIRAMA se voit dans l’obligation de devoir prendre position aux Présidentielles 2017 pour tenter d’éviter le pire à la France.

En conséquence, à la veille d’une échéance électorale décisive pour l’avenir économique  de la France en cours de décrochage économique et industriel définitif,  l’AIRAMA appelle tous les Français qui veulent voir leur pays sauvé du désastre, à faire barrage au candidat Emmanuel Macron, héritier politique du Président Hollande qui, en dépit des avertissements, a poursuivi la politique ultra-libérale anti-protectionniste qui lui était dictée de l’étranger, contre les intérêts vitaux de la France. 

Scientifiquement et empiriquement, hors du protectionnisme compétitif de Maurice Allais, il ne saurait y avoir de salut économique et industriel pour la France !

Avertis comme jamais, les Français qui n’auraient pas fait leur devoir, vis-à -vis de l’avenir de leur pays et de la jeunesse, en faisant barrage au candidat de l’ultra-libéralisme, s’avançant masqué, qu’est le candidat Emmanuel Macron, continuateur du désastre du Président Hollande, ne pourraient  plus jamais se lamenter et dire : « je ne savais pas ». 

À A l’école de Maurice Allais, tous les Français qui veulent sauver la France du naufrage économique et industriel doivent donc résolument faire barrage au candidat de la « destruction de la croissance et de l’emploi », et voter pour le seul candidat du protectionnisme compétitif auquel notre prestigieux prix Nobel d’économie, Maurice Allais, n’a cessé d’en appeler depuis 1999 pour nous sauver du naufrage. 

 

Arnaud-A. Upinsky

Président de l’AIRAMA

 

 

 

 

[1] Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais en Physique et en Économie.

[2] Cf. Lettre ouverte AIRAMA aux Présidentielles 2012 sur le site « Les combats de Maurice Allais » : http://combats-maurice-allais.info/lettre-ouverte-aux-candidats-a-la-presidence-de-la-republique-2012/

[3] Cf. Site « Les combats de Maurice Allais », Indicateur Oméga-Allais.

[4] Cf.  Sur le site  « Les combats de Maurice Allais » , Conférence de presse du 9 avril 2013 à la Maison de l’Amérique latine « LA SCIENCE ÉCONOMIQUE RENTRE EN POLITIQUE !  » http://combats-maurice-allais.info/conference-de-presse-indicateur-omega-allais/

Les politiques monétaires non-conventionnelles et l’héritage scientifique de Maurice Allais

Bertrand Munier

Professeur Émérite à l’Université de Paris I
Président du Conseil Scientifique de la Fondation Maurice Allais

 

Présentation lors de l’Atelier Maurice Allais du 17 juin 2016

 

 

 

 

Allais : psychologie en monnaie

Maurice Allais et la Science économiqueCet article (d’avril-mai 2009) a été publié en pages 113-126 sous le chapitre 6 du livre collectif « Maurice ALLAIS et la science économique » aux édition Clement Juglar en 2010.

* * *

Psychologie et Monnaie : de la critique de l’Utilité espérée à l’approche « héréditaire, relativiste et logistique » de Maurice Allais qui a révolutionné la Théorie de la Dynamique monétaire in Maurice Allais et la Science économique, sous la direction de Arnaud Diemer, Jérôme Lallement, et Bertrand Munier (pp.113-126), Clément Juglar, Paris, mai 2010.

 

 


 

 

Psychologie et Monnaie (1) : de la Critique de
l’ “Utilité Espérée” à l’approche
“Héréditaire, Relativiste et Logistique” de Maurice Allais (2),
qui a révolutionné la Théorie de la Dynamique Monétaire.

 

 

Par Philippe Bourcier de Carbon

 

Toutes les sciences ont progressé lorsque, au lieu de se quereller sur les premiers principes, on a commencé à s’attacher aux résultats. L’expérience montre que les opinions des gens “compétents” sont souvent tout à fait incompatibles avec les réalités, et que l’histoire des sciences est l’histoire des erreurs des gens “compétents”. Pour ce qui est de la “vérité” d’une théorie, nul autre critère ne peut être invoqué que sa concordance avec les faits. Entre deux théories, nous choisirons celle qui demeure au plus près de la réalité.

Vilfredo Pareto

 

 

As regards the criticism raised an in the last analysis, it would seem that the better the results of a theory, the more doubtful they should be considered. “Too good to be true”, such is the principle to which finally the scientific philosophy of the critics of the hereditary and relativistic theory seems to boil down. If science were based on this criterion, the best theories of physics, such as Newton’s theory of gravitation or Planck’s theory of quanta, would have to be rejected. But, as it would seem, the results of the commonly accepted theories are “too bad to be untrue”.

Maurice Allais, 1986 {15b} p.37.

 

 

Факти упрямая Вешь !

Vladimir Illyitch Oulianov-Lénine, 1905 in Что делать ?

 

 

 

INTRODUCTION : De la Valeur à l’Utilité et à la critique de l’Utilité Espérée

 

La quête de rationalité recelée par les comportements humains, la recherche de normes de conduite devant l’appréciation de l’incertain, de l’aléatoire, ou du différé, comme la passion de rendre compte des comportements collectifs n’ont pu manquer de placer dès l’origine l’introspection et la psychologie positive au cœur des réflexions fondatrices de la Science Économique.

Science des échanges et des lois de de la coopération organisée entre les hommes, l’Économie soulève d’abord en effet, implicitement ou explicitement, la question du processus de la formation ou de la perception de la « Valeur » au sein d’un groupe humain, notion centrale, seule à même de saisir la finalité des comportements.

 

Depuis la publication du célèbre essai de Pierre Nicole La Logique ou l’Art de Penser, les mathématiciens et philosophes du XVIIème (Pascal, Fermat, Huyghens, Jacob Bernoulli…) avaient fait émerger peu à peu à partir de la notion de fréquence, le concept de Probabilité, puis celui d’Espérance mathématique et de « Valeur » d’un jeu de hasard. On sait comment, de Jacob Bernouilli à Karl Friedrich Gauss et Pierre Simon Laplace, du XVIIIème au XIXème siècle, cette démarche débouchera sur la découverte fondamentale de la Loi Normale des écarts ou Loi des grands nombres qui bouleversera définitivement le champ des Sciences.

 

Les travaux des philosophes utilitaristes anglais et écossais du XVIIIème siècle (Hume, Bentham…), avaient ouvert la voie à l’émergence de la notion d’Utilité économique, approche rationnelle et opérationnelle de la notion de Valeur économique, qui fut largement explorée au XIXème siècle par les marginalistes anglo-saxons et autrichiens (Stanley Jevons, Francis Edgeworth, Böhm-Bawerk, Von Wieser…), et fut surtout généralisée et systématisée par le Professeur de Lausanne, Vilfredo Pareto.

 

Or, dans le prolongement des réflexions sur la notion de conduite rationnelle face à l’incertain, à la suite des réflexions des « Lumières » et des mathématiciens du XVIIIème siècle (d’Alembert, Montmort, Nicolas et Daniel Bernoulli…), Daniel Bernoulli avait dû introduire, dès 1763, la notion d’Espérance morale (adoptée et généralisée au XIXème siècle par Pierre Simon Laplace) pour lever le Paradoxe de Saint Petersbourg, en proposant une règle de décision rationnelle pour le cas d’un jeu de pile ou face à l’Espérance mathématique théoriquement infinie, par la prise en compte de la fortune totale du joueur.

 

La rationalisation de la décision économique face au risque et à l’incertain procédait ainsi de la rencontre, devenue naturelle et inévitable, entre ces notions d’Utilité et d’Espérance morale : les travaux de John Von Neumann, l’inventeur de la Recherche Opérationnelle appliquée aux opérations navales du second conflit mondial, associé à Oskar Morgenstern, avaient en effet, dès avant les années 1950, étendu la théorie des jeux à l’Économie. Et, dans la ligne de ces réflexions, ce sera spécifiquement l’objet des essais de l’École américaine du début des années 50, avec M. Friedman, P. Samuelson, L. Savage, J. Marschak, que de tenter de fonder et de théoriser la notion d’Utilité Espérée.

 

 

LA RÉFUTATION PAR LA PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE : l’« Allais’ Paradox » (1952)

 

En France, le jeune Maurice Allais, ancien élève de l’École Polytechnique venait tout juste de publier son magistral « Économie et Intérêt » {3}, où il se montrait le disciple résolu de Vilfredo Pareto. Issu du corps de Ingénieurs de Mines, il avait déjà publié en 1943 un ouvrage de plus de 1.500 pages « À la Recherche d’une Discipline Économique », lequel, d’emblée, l’avait propulsé parmi les plus grands noms de l’économie de l’époque, et lui vaudra, 45 ans plus tard, à l’âge de 77 ans, d’être, enfin, le premier Français distingué par le Prix Nobel d’Économie. C’est alors que notre jeune économiste devait intervenir de manière décisive dans le débat sur l’Utilité Espérée ouvert par l’École américaine, en organisant à Paris en 1952 un colloque du CNRS sur le Risque, et en obtenant les participations de Paul Samuelson, de Milton Friedman, de Jacob Marschak, de Léonard Savage, de Bruno de Finetti, entr’autres.

 

Dédaignant en effet les délices et subtilités des appareils mathématiques, Maurice Allais porta alors d’emblée la réflexion au cœur de l’axiomatique, explicite ou implicite, qui fondait la théorie de l’Utilité Espérée proposée par l’École américaine, pour la réfuter victorieusement en mettant en évidence, à l’épreuve de l’expérience, son caractère artificiel et arbitraire, voire même, dans certaines configurations, entièrement contraire à la psychologie humaine effective {4} et {5}.

 

De fait, cherchant toujours, dans sa volonté de pragmatisme, à faire prévaloir les faits d’expérience face aux théoriciens anglo-saxons, Maurice Allais conçoit, à l’occasion de ce colloque ainsi devenu historique, des batteries de loteries simples ou conditionnelles, aux espérances mathématiquement équivalentes, auxquelles il soumet ses collègues présents au Congrès. Ce sont ces loteries, restées célèbres depuis lors, qui ont révélé expérimentalement des comportements psychologiques échappant systématiquement à l’axiomatique néo-Bernoullienne poposée par l’École Anglo-saxonne.

 

À peine la théorie de l’Utilité Espérée venait elle d’être considérée comme fermement établie par l’Establishment de la Science économique, que le désormais fameux « Allais’ Paradox » la ruinait en effet, en faisant apparaître que, contrairement à cette théorie, les comportements réels s’avéraient systématiquement déviés par un facteur psychologique proche de la préférence pour la sécurité au voisinage de la certitude {6}.

 

Cet effet, connu et enseigné depuis 50 ans outre-Atlantique, bien que toujours largement ignoré en France, hormis des initiés, a bouleversé depuis lors la théorie de la décision face au risque, et Maurice Allais en a déduit une généralisation au cas du Risque des conditions de l’Équilibre général, ainsi qu’une reformulation de son approche de l’efficacité économique maximale.

 

À 41 ans Maurice Allais venait ainsi, dès 1952, « de poser les bases d’un nouveau domaine de recherche » en introduisant les facteurs psychologiques dans l’analyse des décisions en incertitudes, et tout spécialement sous la forme de vérifications expérimentales, tant, malgré tout, force finit toujours par rester au vieil adage : Contra factum non valet argumentum !… {1}.

 

Mais notre économiste n’allait pas tarder à effectuer une nouvelle percée majeure dans le domaine de la psychologie collective expérimentale des sociétés, à l’intime des processus réels de l’économie.

 

 

LA PSYCHOLOGIE AU CŒUR DES PHÉNOMÈNES MONÉTAIRES :
La reformulation Héréditaire, Relativiste et Logistique (HRL) de la théorie quantitative {9} à {10bis}.

 

Depuis 1952 la méditation sur les lois psychologiques sous-jacentes aux notions de Valeur et d’Utilité économiques ne devait plus quitter les réflexions de notre économiste, singulièrement à propos des thèmes concernant la théorie du Capital, la théorie de l’Intérêt, et bien sûr, la théorie de la Dynamique monétaire.

 

On sait que, pour ce qui est de la monnaie, les diverses écoles économiques se sont distinguées à partir de leurs interprétations divergentes de l’équation comptable de base de la théorie quantitative de la monnaie :

MV = PQ = D

 

Cette équation en effet n’exprime qu’une simple identité comptable, à savoir qu’au cours d’une période de temps donnée, la masse M des signes monétaires immédiatement mobilisables (et mobilisés) pour réaliser une transaction, multiplié par la vitesse moyenne V de circulation de l’unité monétaire (qui est aussi l’inverse de la durée moyenne T, entre la recette et la dépense, de rétention d’une unité monétaire) n’est autre que l’ensemble des transactions Q réalisées au cours de la période, valorisées aux prix P obtenus correspondants, volume financier QP qui représente également la Dépense globale D réalisée au cours de la période.

 

Les série statistiques économiques et monétaires disponibles fournissent des évaluations régulières de la masse monétaire en circulation M(t), ainsi que des taux de croissance annuels, trimestriels ou mensuels p(t) et q(t) de l’indice des prix et de la production : p = dP/Pdt et q = dQ/Qdt.

 

Les données statistiques disponibles présentent aussi ordinairement les séries historiques des revenus nationaux R(t) dont le taux d’expansion dR/Rdt peut être assimilé à celui de la dépense globale D(t) :

dR/Rdt = dD/Ddt

 

Les annuaires statistiques fournissent donc les taux de croissance du Revenu national R(t), tels que :

dR/Rdt = x(t) = dD/Ddt = p(t) + q(t)

 

Au cours des hyperinflations historiques, la production reste quasiment constante (q ~ 0), tandis que les prix s’envolent, et par conséquent, au cours de ces périodes le taux de croissance de la dépense globale D(t) est pratiquement équivalent à celui des prix : x(t) ~ p(t).

 

Par ailleurs, dans la pratique, les comportements psychologiques des agents économiques face à la monnaie les conduisent à désirer détenir à l’instant t un certain volume d’Encaisses monétaires, ou Encaisses désirées, en vue de réaliser leurs transactions, c’est à dire à formuler une Demande de Monnaie MD(t) peu différente de la monnaie effectivement disponible, M(t) :      MD(t) ~ M(t)

 

Dès 1953, Maurice Allais s’emploie à construire un modèle explicatif de cette demande de monnaie MD(t), qui puisse être corroboré par la confrontation avec les séries statistiques disponibles {7} et {8}.

 

Pour cela il est d’emblée amené à chercher à expliquer l’Encaisse Désirée Relative de monnaie, ou proportion ΦD(t) de la Dépense globale D(t) que les agents désirent détenir sous forme de monnaie :

MD  =  D   (ΦD>0)

 

Maurice Allais commence en effet par constater que cette variable ΦD qui constitue aussi l’inverse de la vitesse désirée de circulation VD de l’unité monétaire, ou encore la durée moyenne désirée TD de rétention de l’unité monétaire entre recettes et dépenses, n’est autre que la variable d’ajustement qui traduit la psychologie collective devant le signe monétaire du groupe confronté à la réalité de la dépense globale D(t) du moment.

C’est donc cette psychologie collective qu’il s’agit de déchiffrer.

 

Pour ce faire, il constate ensuite que seule la dépense globale D(t) du moment constitue la contrainte objective, l’invariant psychologique sur lequel seront ancrées les appréciations collectives de la situation face à la monnaie, et que ces appréciations psychologiques ne pourront ainsi manquer d’être directement tributaires du taux d’expansion x de cette dépense globale : 

x = dD/Ddt

 

Mais l’intuition première qui ne cessera depuis les années 50 de guider Maurice Allais, et qu’il ne cessera de confronter avec les séries statistiques de l’histoire monétaire des XIXème et XXème siècles, consistera à considérer que cette attitude psychologique collective ne peut que procéder d’un effet de mémoire collective, consciente ou inconsciente, des expériences passées de la société face aux taux de variation x de cette même dépense globale D : c’est l’approche « Héréditaire » de la dynamique monétaire {7b} et {8b}.

 

L’approche Héréditaire de la dynamique monétaire.

Cherchant à synthétiser le plus directement possible cet effet de mémoire collective des taux passés d’expansion de la Dépense globale, Allais construit un indicateur Z(t) — qu’il baptise « Coefficient d’expansion psychologique » basé sur la somme, jusqu’à l’instant t, des taux d’expansion passés x(t), déflatés par une fonction d’oubli de taux d’oubli instantané χ(t) qui pondère en fonction exponentielle de leur fraîcheur l’effet actuel du souvenir de ces taux passés sur l’attitude psychologique présente de la collectivité face à la monnaie.

 

Cette définition héréditaire du Coefficient d’expansion psychologique Z(t) conduit à l’équation différentielle qui traduit son caractère héréditaire, en exprimant que son accroissement instantané dZ n’est autre que l’accroissement relatif x(t)dt de la dépense globale D(t) diminué de l’oubli χ(t)Z(t)dt de Z(t), ce qui s’écrit :

dZ = (x – χZ)dt                  (1 : Équation Héréditaire) (3)

 

Le cas très particulier et tout théorique de la dynamique monétaire stationnaire, c’est à dire le cas où la Dépense globale D(t) ne dépend plus du temps, c’est à dire encore le cas où les taux d’expansion x restent toujours nuls, ne peut bien sûr manquer de constituer le terme de référence des distorsions de la psychologie collective face à la monnaie, qu’Allais cherche à modéliser, puisque ces dernières ont alors disparu, et que le « Coefficient d’expansion psychologique » Z s’est alors, évidemment, annulé lui aussi : Z0 = 0.

 

Il notera ainsi Φl’Encaisse Désirée Relative de monnaie constante, qui n’est autre que la durée moyenne désirée constante T0 de rétention de l’unité monétaire entre recettes et dépenses, adoptée par la collectivité dans ce cas du régime monétaire stationnaire, terme de référence des distorsions de la psychologie collective ; et de même il notera χ0 la valeur, alors constante elle aussi, du taux d’oubli instantané χ(t) de la fonction d’oubli de la collectivité ainsi placée dans un tel environnement monétaire stationnaire.

 

Il ressort dès lors de cette démarche, qu’à tout moment t, les rapports ΦD(t)0 (= TD(t)/T0) ou encore χ0/χ(t), ne traduisent plus que les seules distorsions psychologiques héréditaires pures de la collectivité face à la monnaie, et que par suite, ils ne constituent plus que des fonctions psychologiques pures du seul Coefficient d’expansion psychologique héréditaire Z(t) à l’instant t.

 

La dimension Relativiste de la dynamique monétaire

Maurice Allais complète alors {9b} et {10} son approche Héréditaire des phénomènes monétaires par une hypothèse Relativiste portant sur l’existence d’une échelle de temps psychologique collectif (t’).

Partant en effet du constat que

« sur le plan économique l’échelle du temps ne peut être évidemment la même pour les opérateurs exerçant au cours d’une période de stabilité des prix, et pour ceux qui doivent décider lors d’une période où les prix changent d’heure en heure, comme ce fut le cas au cours de l’hyperinflation allemande de 1923 » {10b},

il en conclut qu’il doit donc exister une échelle de temps de la psychologie collective (t’), propre aux phénomènes monétaires, qui peut être définie, par rapport au temps physique ou historique (t) en formulant l’hypothèse Relativiste de la constance de l’oubli par unité de temps psychologique t’.

Ainsi cette hypothèse naturelle de la Relativité du temps (t’) de la psychologie collective s’exprime par la relation :

χ(t)dt = χ0dt’, ou dt’ = [χ(t)/χ0]dt,

qui conduit à l’invariance dans le temps des produits :

χ(t)TD(t) = χ0T0    ou encore    χ(t)ΦD(t) = χ0Φ0.

 

L’hypothèse Relativiste de Maurice Allais revient donc à admettre à tout moment t la proportionnalité de la vitesse de circulation de l’Encaisse désirée VD(t) avec le taux d’oubli instantané χ(t), et dès lors la formulation Héréditaire et Relativiste de la théorie quantitative de la monnaie conduit à écrire à tout instant t :

ΦD0 = χ0/χ = Ψ(Z) = TD/T0     avec    Ψ0 = Ψ(0) = 1            (2 : Équation Relativiste)

 

La durée moyenne désirée TD de rétention de l’unité monétaire entre recettes et dépenses se réduisant lorsque l’expansion s’accélère, la fonction psychologique héréditaire et relativiste Ψ(Z), ne peut être qu’une fonction monotone décroissante en Z.

 

Le caractère Logistique de la dynamique monétaire

Enfin, pour achever de spécifier sa modélisation de l’attitude psychologique collective de la société face à la monnaie, Maurice Allais formule la troisième hypothèse fondamentale de son approche, l’hypothèse de l’effet psychologique Logistique sur l’Encaisse désirée relative {9c}{10d} et {10bis.b}, en postulant que le taux d’expansion de l’Encaisse Désirée Relative : DDdt = dΨ/Ψdt  correspond à l’accroissement instantané du Coefficient d’expansion psychologique dZ/dt, multiplié par un facteur proportionnel à l’écart relatif entre cette Encaisse désirée relative et son maximum, supposé déterminé et fini. Cette hypothèse, qui exprime un effet de saturation de la fonction de distorsion psychologique Ψ(Z) pour les valeurs extrêmes de l’indicateur psychologique Z, conduit à écrire pour cette fonction psychologique Ψ(Z) l’équation suivante :

DDdt = dΨ/Ψdt = – α[M – Ψ)/ΨM]dZ/dt  où  0<Ψ<ΨM        (3 : Équation Logistique)

 

dont la solution Ψ(Z) est la fonction logistique à deux paramètres (α > 0, b > 0) en Z :

Ψ(Z) = (1 + b)/[1 + beαZ]    où    ΨM  = (1 + b)

 

Maurice Allais confronte alors {10c} son modèle HRL, dépendant a priori de trois paramètres positifs α, b, et χ0, et construit autour des trois équations qui expriment le plus naturellement possible les trois hypothèses qui fondent son approche Héréditaire, Relativiste et Logistique de la psychologie collective face à la monnaie, avec les données historiques de quinze séries temporelles réelles des XIXème et XXème siècles concernant la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, ainsi que les sept hyperinflations suivantes observées sous des régimes fort différents :

  • Allemagne (1919-23),
  • Autriche (1921-22),
  • Grèce (1941-44),
  • Hongrie I (1921-24),
  • Hongrie II (1945-46),
  • Pologne (1921-24),
  • URSS (1922-24).

 

La confrontation systématique de son modèle HRL, dépendant des trois paramètres positifs α, b, et χ0, avec toutes les valeurs disponibles des données historiques réelles, conduit Maurice Allais à adopter la forme la plus simple possible pour la fonction logistique Ψ(Z), en conférant du même coup un statut universel dans le temps et dans l’espace à la relation entre les encaisses désirées relatives ΦD(Z) et le coefficient d’expansion psychologique Zc’est-à-dire en énonçant une sorte de loi universelle de la psychologie collective des sociétés humaines — par l’énoncé de trois nouveaux postulats qui déterminent les valeurs universelles de ces trois paramètres positifs α, b, et χ0.

 

Postulat asymptotique

Maurice Allais énonce d’abord son postulat asymptotique : pour les très grandes valeurs de Z, et donc lorsque la fonction logistique Ψ(Z) devient très faible, comme du reste la durée moyenne désirée TD de rétention de l’unité monétaire qui lui est proportionnelle, situation caractéristique de la fin des hyperinflations, pour lesquelles l’effet héréditaire disparaît dans les comportements, seul comptant alors la situation de l’heure, le taux d’accroissement de l’encaisse désirée DDdt (= dΨ/Ψdt) en vient à prendre une valeur postulée directement équivalente à l’opposé de l’accroissement instantané du coefficient d’expansion psychologique ( –dZ/dt).

Compte tenu de l’équation logistique 3, ce postulat fixe à l’unité la valeur du paramètre α : α = 1

 

Postulat de symétrie psychologique conjoncturelle autour de la stationnarité

Il poursuit par l’énoncé de son postulat de symétrie psychologique conjoncturelle : autour de la stabilité, pour laquelle le coefficient d’expansion psychologique est nul (Z = 0), l’intensité du comportement différentiel des opérateurs est postulée être identique pour les accroissements, comme pour les réductions, dZ du coefficient d’expansion psychologique, ce qui entraîne que la dérivée dΨ/dZ soit une fonction paire de Z au voisinage de Z = 0 (état stationnaire).

Ce postulat exige la valeur unité pour le paramètre b : b = 1 , le point Z = 0 et Ψ(0) = 1 , caractérisant l’état stationnaire, devenant dès lors le centre de symétrie de l’unique Loi logistique universelle décroissante Ψ(Z) qui traduit la distorsion psychologique collective déterminant dans toutes les sociétés humaines l’encaisse désirée relative en fonction du coefficient d’expansion psychologique Z :

Ψ(Z) = 2/[1 + eZ]  donc :  Ψ<2  (4 : Loi logistique universelle de distorsion psychologique)

 

Postulat de symétrie psychologique temporelle générale

Enfin Maurice Allais, propose son dernier postulat, qui élargit encore la portée de son approche HRL de la psychologie collective des sociétés, en énonçant son postulat de symétrie psychologique temporelle générale : les opérateurs économiques sont supposés tenir compte du passé dans leurs décisions comme il tiennent compte de l’avenir, postulat qui identifie le taux d’oubli instantané χ(t) au taux d’intérêt psychologique instantané i(t) :

χ(t) ≡ i(t) .

 

En conséquence, à partir des données financières de bonnes qualités portant sur la période 1880-1956 aux États-Unis, Maurice Allais établit une première évaluation de la valeur i0 = χ0 à environ 5% par an, ou 0,004 par mois (4), correspondant à la valeur universelle du taux d’intérêt psychologique instantané ou du taux d’oubli instantané en période de stabilité (Z = 0).

 

Du reste, une telle valeur du taux instantané d’oubli lors d’un régime monétaire stationnaire χ0, donc en l’absence de distorsion psychologique (Z = 0), de 0,004 par mois, correspond à un taux d’oubli quasi-total de la part des acteurs économiques (d’environ 99%) de la situation prévalant un siècle auparavant, soit une disparition totale de la mémoire collective au bout d’une période couvrant trois générations.

En fait la période moyenne θ0, dont la société tient habituellement compte (5) en pratique, consciemment ou non, dans ses décisions en l’absence de distorsions psychologiques (Z0 = 0), couvre environ les 20 dernières années (= 1/χ0) pour un taux d’intérêt ou d’oubli à l’équilibre i0 = χ0 = 0,004 par mois, soit environ 5% par an.

 

Mais la logistique universelle Ψ précise aussi alors que les taux psychologiques χ(t) ≡ i(t) ne peuvent être inférieurs à i0/2, soit à 0,002 par mois, c’est à dire que les taux d’intérêt psychologique instantanés restent supérieurs à 2,5% l’an, ce qui entraîne que la période prise compte en pratique par les collectivités humaines, pour le futur comme pour le passé, ne saurait en fait excéder 40 ans.

 

Cet horizon psychologique maximum correspond, aujourd’hui en France, à l’espérance de vie d’un homme de 36 à 37 ans, et d’une femme de 40 à 41 ans.

 

L’approche HRL de Maurice Allais propose ainsi — par l’énoncé de ses trois derniers postulats — de reconnaître un même modèle permanent et universel de psychologie collective à l’œuvre derrière les comportements historiques des sociétés humaines face à la monnaie réellement observés.

 

Ce modèle universel est alors synthétisé, par la loi logistique de distorsions psychologiques (équations n°4 et 3) d’une part, et par la loi héréditaire (équation n°1) d’autre part, qui est ainsi devenue :

dZ/dt = x(t) – 0.002[1 + eZ]Z

 

avec (en raison de l’équation relativiste 2 et de la fonction psychologique universelle 4) :

ΦD = Φ0Ψ(Z) = 2Φ0/[1 + eZ]

 

Les valeurs des masses monétaires (comme celles des autres éléments de la dynamique monétaire, tels les vitesses de circulation, les taux de croissance du revenu national, ou les mouvements des taux d’intérêt…) calculées selon ce modèle HRL universel, proposé par Maurice Allais, s’avèrent {2} étonnamment proches des valeurs des séries temporelles des masses monétaires réelles publiées dans les annuaires des XIXème et XXème siècles des différents pays, une fois estimées les valeurs Φ0 correspondantes, et une fois calées les valeurs initiales Z1 du coefficient Z, de telle sorte que soient pour chaque série rendues minimum les sommes des carrés des différences entre les logarithmes des valeurs calculées M* et ceux des valeurs réelles correspondantes des séries M réelles.

 

Or, une fois estimées pour chaque série les deux valeurs optimum de Φ0  et ZI, le calcul de la série des valeurs M*(t), à partir des séries réelles des revenus nationaux R(t) des annuaires (ou des P(t) dans le cas des hyperinflations pour lesquelles on ne dispose plus des séries R(t)), demeure totalement indépendant des séries des masses monétaires réelles M(t). Les processus d’ajustements du modèle HRL universel de Maurice Allais aux séries monétaires historiques réelles ne recèlent donc aucune circularité, et les coïncidences extraordinaires entre les séries calculées par le modèle universel HRL et les séries historiques réelles ne peuvent que contraindre tout esprit scientifique de bonne foi à s’interroger sur la réalité et l’universalité du phénomène de psychologie collective que ce modèle HRL de Maurice Allais met ainsi en lumière, comme l’illustre l’échantillon des deux graphiques joints en annexe.

 

Les coïncidences des séries calculées par l’approche HRL, à partir de l’estimation des deux seuls paramètres Φ0  et ZI, avec les séries temporelles historiques apparaissent en effet d’autant plus spectaculaires, si l’on considère que les plages des valeurs des séries réelles peuvent être d’ordres de grandeur très divers : ainsi, sur la période 1918-1941, l’indice du revenu national des États-Unis a évolué entre les valeurs 1,68 et 2,84 , alors que l’indice des prix a varié de 15 à 1,09.109 de décembre 1919 à octobre 1923 au cours de l’hyperinflation allemande, et même de 105 à 4.1029 (chiffre astronomique) de juillet 1945 à juillet 1946, au cours de celle de Hongrie.

 

Ces résultats démontrent que les sociétés, placées dans des contextes très divers, en situations courantes ou plongées dans l’hyperinflation, sous régimes capitalistes ou communistes, se comportent de la même façon, aujourd’hui comme par le passé, face à la monnaie, ce qui souligne bien l’existence de structures, invariantes dans l’espace et dans le temps, de la psychologie collective des sociétés face aux signes monétaires.

 

Vilfredo Pareto avait déjà du reste fait apparaître de telles structures permanentes de la psychologie collective en énonçant sa célèbre loi de répartition des revenus dans les sociétés.

 

 

VERS UNE THÉORIE GÉNÉRALE DE L’ACTUALISATION : Au cœur de la psychologie des comportements économiques  {11}{12}{13}{14} et {15}.

 

L’identité formelle de l’expression mathématique de l’hypothèse Héréditaire (équation 1) de son approche, avec celle de la valeur actuelle capitalisée V(t) d’un flux de revenus instantanés futurs r(t), lorsque l’on inverse le sens du temps, dt devenant –dt , invitait par ailleurs Maurice Allais à énoncer son postulat de symétrie psychologique temporelle générale, assimilant le taux d’oubli instantané χ au taux d’intérêt psychologique instantané i .

 

Pour le vérifier aisément, il suffit en effet d’exprimer que l’accroissement instantané dV de cette valeur actuelle capitalisée n’est autre que l’excès de l’intérêt instantané au taux i(t) produit par cette valeur actuelle capitalisée i(t)V(t)dt sur le revenu non capitalisé instantané r(t)dt attendu, ce qui s’écrit :

dV = (iV – r)dt   soit   dV = (r – iV)dτ   si τ = -t   (1’ : Équation d’actualisation)

 

En identifiant ainsi le taux d’intérêt i(t) au taux d’oubli χ(t), distordu par les effets de la valeur Z(t) prise par le coefficient d’expansion psychologique de la collectivité, Maurice Allais pose les fondements d’une théorie générale de l’actualisation psychologique du passé ou de l’avenir au sein des sociétés, c’est à dire d’une théorie temporelle de la valeur, encore à expliciter entièrement.

 

En dévoilant la nature psychologique profonde de l’intérêt, il refonde la théorie de l’intérêt qui n’est plus ontologiquement réduit à la seule valeur d’équilibre du marché de l’épargne, comme l’affirmait John Maynard Keynes.

Bien au contraire, Maurice Allais la renouvelle entièrement {12b} en soulignant que ce sont précisément les écarts des valeurs du taux d’intérêt psychologique instantané, lequel fonde la perception collective de l’intérêt, avec celles des taux d’intérêt observés sur les marchés financiers de court et de long termes, qui jouent un rôle dynamique, dès lors explicitable, dans l’évolution de ces marchés, et donc de l’économie.

 

Ce faisant, Maurice Allais refonde, sur l’expérience des séries temporelles historiques, l’intuition de Ludwig Von Mises qui soutenait que

« l’intérêt n’est pas d’abord le prix payé pour la disposition du capital, mais qu’à l’inverse, c’est le phénomène psychologique qui génère l’intérêt qui explique pourquoi des méthodes de production moins consommatrices en temps sont mises en œuvre en dépit du fait que des méthodes plus consommatrices en temps de travail pourraient être d’un meilleur rendement..(..)..L’intérêt n’est pas plus le moteur de l’épargne, qu’il n’est la récompense ou la compensation pour une consommation différée, c’est le rapport d’appréciation des biens futurs en termes de biens actuels. Le marché des capitaux ne détermine pas le taux d’intérêt : il ajuste seulement le taux d’intérêt des prêts au taux originaire d’appréciation des biens futurs en termes de biens actuels » {12c}.

 

C’est donc, pour Maurice Allais, comme pour Ludwig Von Mises, le processus psychologique collectif de l’actualisation qui fonde en réalité l’intérêt, et non l’inverse.

 

Du reste, coefficient d’expansion psychologique Z, qui peut être aisément calculé à tout instant dans une économie, fournit une mesure de l’appréciation collective de la conjoncture.

 

Il est donc certain que le calcul systématique de cet indice dans tous les pays développés, apporterait un très grand progrès dans les analyses, comme dans les prévisions économiques, et serait d’un grand secours pour les autorités dans leur définition des politiques appropriées.

 

Ainsi par exemple, les écarts entre les séries des volumes M observés et M* calculés par le modèle HRL de la masse monétaire, reflètent les écarts entre les encaisses détenues M et désirées MD.

Or cet écart (M – M*) = (M – MD), qu’Allais appelle le « gap » joue un rôle décisif, inflationniste ou déflationniste, dans la dynamique monétaire, car il demeure, en première approximation proportionnel, à l’accroissement instantané de la dépense globale D(t) :

dD = λ(M – M*)dt  [10, p.144].

 

La détermination systématique de ce « gap » est donc susceptible d’éclairer très utilement les décisions des banques centrales, dans leurs politiques monétaires.

 

Par ailleurs, l’approche HRL de la dynamique monétaire de Maurice Allais peut être appliquée au marché d’un bien quelconque, et en particulier aux marchés boursiers et financiers. Les trois principales hypothèses, héréditaires, relativistes et logistiques de cette approche sont en effet aisément transposables à de telles études, en calculant des indices d’expansion psychologique convenables pour les marchés étudiés.

 

Quoique l’on puisse penser par ailleurs du « pouvoir d’explication » des phénomènes monétaires qu’apporte l’approche HRL de Maurice Allais, le fait demeure que cette approche met bel et bien en lumière des permanences numériques extraordinaires recelées par les séries statistiques monétaires réellement observées et publiées, et que le temps finira bientôt certainement par venir, en dépit de l’opiniâtreté des résistances, où, pour mener leurs analyses, les économistes entreprendront aussi couramment des calculs d’effets de mémoire que des calculs classiques d’actualisation {15c}.

 

 

L’HÉRITAGE ACTUEL DE L’« ALLAIS PARADOX » DANS LE CHAMP DE LA SCIENCE ÉCONOMIQUE : Daniel Kahneman, Prix Nobel 2002.

 

Si l’approche HRL de Maurice Allais — en dépit de son efficience éclatante face aux données observées, et bien que fort bien connue de ses pairs — n’a toujours pas, depuis près de quarante ans, rencontré la reconnaissance officielle qu’elle mérite, ses travaux sur les facteurs psychologiques collectifs des comportements économiques, ont en revanche — singulièrement depuis que l’« Allais paradox » est régulièrement enseigné dans les universités anglo-saxonnes — fécondé les recherches des économistes anglophones.

 

C’est ainsi qu’en 2002, l’Académie Royale de Suède a distingué l’œuvre du Professeur de Princeton et de l’Université de Jérusalem Daniel Kahneman

« pour avoir intégré dans les sciences économiques des aperçus provenant du champ de la recherche en psychologie, tout spécialement en ce qui concerne la formation du jugement humain et la prise de décision dans un environnement incertain »

en lui décernant le Prix Nobel de Sciences Économiques particulièrement pour la théorie des perspectives, base de la finance comportementale, ce prix étant partagé cette année là avec le Professeur Vernon L. Smith de l’Université George Mason de Virginie.

 

Par ses travaux menés depuis la fin des années 70 avec Amos Tversky et d’autre psychologues, le Professeur de Princeton a en effet développé l’économie comportementale (Behavioral Economics) et a apporté des prolongements à la théorie des jugements et des décisions en univers incertain.

 

Comme le souligne l’analyse de ses apports publiée par la Revue d’Économie Politique (6), la théorie des perspectives s’inscrit comme une théorie subjective de l’Utilité Espérée, en tentant de renouveler le débat sur le sujet de l’Utilité Espérée après la réfutation expérimentale de l’axiomatique initiale de cette théorie révélée par l’ Allais’ Paradox.

 

 

CONCLUSION : La malfaisance cynique et désinvolte d’un silence consensuel.

 

Voici en effet plus de quarante ans que Maurice Allais a publié, à 55 ans, son modèle HRL universel de psychologie collective face à la monnaie qui a révolutionné la dynamique monétaire {9d}{10e} et {10bis.c}.

 

Voici plus de trois décennies qu’il n’a cessé de publier régulièrement des articles sur le sujet dans les grandes revues de l’establishment anglo-saxon de la Science économique, en ayant, dans leurs colonnes, toujours fourni tous éclaircissements demandés, et répondu publiquement, et chaque fois victorieusement, aux critiques dont il a pu être l’objet de la part de ses collègues les plus éminents… En vain, semblerait-il ?

 

Car depuis plus de 40 ans aucune reconnaissance publique de la percée HRL, décisive dans l’analyse des mécanismes de la psychologie collective des sociétés devant la monnaie, ne lui a été rendue à ce jour par la communauté des économistes.

 

À la faveur de ce silence convenu, l’approche HRL de Maurice Allais est désormais couramment, mais clandestinement, mise en œuvre par les bureaux d’analyse des banques centrales des grands pays, par ceux des grandes compagnies d’assurances, comme par les grands cabinets qui interviennent sur les marchés financiers.

 

Maintenir un silence officiel sur l’approche HRL de Maurice Allais, offre ainsi l’avantage de conserver ces clés incomparables d’analyses des marchés monétaires et financiers hors du champ des études universitaires, et donc d’en conserver le monopole en les confisquant à l’usage exclusif de clubs d’initiés. On peut comprendre tout l’intérêt d’une telle discrétion.

 

Mais, bien mieux encore, le silence de la communauté des économistes se prolongeant sur le sujet, en France, comme à l’étranger, il arrive même à présent que l’on puisse lire, dans les colonnes des grandes revues d’Économie, des analyses où l’auteur en vient à s’approprier cyniquement tel ou tel point fort et original de l’approche HRL de Maurice Allais, sans aucune référence sur l’origine de son inspiration… Est-ce ainsi désormais que carrières et réputations devraient donc se construire ?

 

Aujourd’hui en 2009, Maurice Allais, qui s’astreint à pratiquer encore la natation et l’exercice quotidien, demeurant ainsi dans une santé enviable, s’acharne à poursuivre la publication de son œuvre (7) — dans l’indifférence, semble-t-il, de ses collègues français et étrangers — à raison d’un livre de près d’un millier de pages tous les deux ou trois ans.

Il va aujourd’hui sur ses 98 ans, et les dernières tables de mortalité du moment en France publiées par l’INSEE ne lui accordent plus qu’une espérance de vie de l’ordre de 3 ans à peine…

 

Décidément, l’establishment scientifique de l’économie semblerait être devenu autiste à propos de Maurice Allais, ou serait-ce que, plus encore que d’autres milieux professionnels (8), il serait devenu désormais parfaitement indifférent au scandale ?

 

Il est vrai que les hommes exceptionnels ont toujours beaucoup dérangé….

 

Philippe Bourcier de Carbon,
président de l’AIRAMA

 

 

 

 

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Pour en savoir plus, références bibliographiques

 

               {1} Maurice Allais : Site internet « Maurice Allais » : http://allais.maurice.free.fr

               {2} Maurice Allais : « Fondements de la dynamique monétaire. », 1.302 pages, Clément Juglar, Paris, mai 2001

               {3} Maurice Allais : « Économie et Intérêt. », première édition : 2 volumes, 800 pages Imprimerie Nationale, Paris, 1947, deuxième édition avec une Introduction (pp. 19-265), ainsi que des Appréciations (111 pages), Clément Juglar, Paris, 1998.

               {4} Maurice Allais : « Le comportement de l’Homme Rationnel devant le Risque. Critique des Postulats et Axiomes de l’École Américaine. », Économetrica, octobre 1953, pp.503-546.

               {5} Maurice Allais : « La Psychologie de l’Homme Rationnel devant le Risque. La Théorie et l’Expérience (sondage sur la psychologie du risque. », Journal de la Société de Statistiques de Paris, janvier-mars 1953, pp. 47-73.

               {6} Maurice Allais : « Expected Utility Hypothesis and the Allais Paradox ; Contemporary Discussions of Decisions under Uncertainty with Allais’ Rejoinder. », Maurice Allais and Ole Hagen Editors, Reidel Publishing Company, DordRecht, 1979, 714 pages.

               {7}{7b} Maurice Allais : « Illustration de la Théorie des Cycles Economiques par des Modèles Monétaires non Linéaires. », Communication au Congrès Européen de la Société d’Économétrie, Innsbrück 1953. Résumé publié dans Économetrica, janvier 1954, pp. 116-120.

               {8}{8b} Maurice Allais : « Explication des Cycles Économiques par un Modèle Monétaire non Linéaire à Régulation Retardée. », Mémoire présenté au Congrès Européen de la Société d’Économétrie, Uppsala 1954. Metroéconomica, volume VIII, avril 1956, Fascicule 1, pp. 4-83.

               {9}{9b}{9c}{9d} Maurice Allais : « Des Effets Héréditaires et de la Relativité du Temps dans les Sciences Sociales. Application à la Théorie des phénomènes Monétaires. », Mémoire remis au Centre National de la Recherche Scientifique, Paris, 31 décembre 1963, 1.300 pages.

               {10}{10b}{10c}{10d}{10e} Maurice Allais : « Reformulation de la Théorie Quantitative de la Monnaie. », SEDEIS, Paris, septembre 1965, 186 pages.

               {10bis}{10bis.b}{10bis.c} Maurice Allais : « A Restatement of the Quantity Theory of Money. », American Economic Review, Vol. LIV, n°5 Décembre 1966, pp. 1123-1256.

               {11} Maurice Allais : « Forgetfulness and Interest. », Journal of Money, Credit and Banking, février 1972, pp. 40-71.

               {12}{12b}{12c} Maurice Allais : « The Psychological Rate of Interest. », Journal of Money, Credit and Banking, août 1974, pp. 285-331.

               {13} Maurice Allais : « La Formulation Héréditaire et Relativiste de la Demande de Monnaie et du Taux d’Intérêt. », Conférence et Séminaire des 5 et 6 mai 1980, Département d’Économétrie de l’Université de Genève, reproduits dans « Fondements de l’Analyse Monétaire et Conjoncturelle », V, pp. 105-177, Allais, ENSMP, Paris 1980.

               {14} Maurice Allais : « A New Empirical Approache of the Hereditary and Relativistic Theory of the Demand for Money. », in Articole in Memoria di Tullio Bagiotti, A. Agnati, D. Cantarelli, et A. Montesano, edit., Rivista Internazionale di Scienze Economiche e Commerciali, Oct.-Nov. 1985, n°10-11, pp. 905-948.

               {15}{15b}{15c} Maurice Allais : « The Empirical Approaches of the Hereditary and Relativistic Theory of the Demand for Money : Results, Interpretation, Criticisms, and Rejoinders. », Economia della Scelte Pubbliche, Journal of Public Finance and Public Choice (Fondazione Luigi Einaudi), 1986, pp. 3-83.

               {16} Philippe Bourcier de Carbon : « Maurice Allais, Prix Nobel d’Économie 1988 », Revue des Deux Mondes, janvier 1990, pp. 91-105.

               {17} Philippe Bourcier de Carbon : « Enjeux économiques, financiers et éthiques dans les sociétés modernes vieillissantes : Quelques pistes de réflexion« , Communication au Colloque Enjeux financiers et Éthique du 6 novembre 2002, CNAM, CNPF, CCEF, numéro spécial de Finance et Gestion, (à paraître), Paris, Mai 2003.

 

 

 

 

 

 


[1] Les numéros placés entre accolade { } renvoient aux références bibliographiques.

[2] Cf. {2}.

[3] Dont la solution est :   équation

[4] Exactement 4,87% : cf. Maurice Allais : « The Influence of the Capital Output Ratio on the Real National Income«  Économétrica, octobre 1962, p.714.

[5] Valeur moyenne pondérée du temps t, déflaté par un taux d’oubli instantané correspondant à 0,004 par mois.

[6] Christian Gollier, Denis J. Hilton, Eric Raufaste : “Daniel Kahneman et l’analyse de la décision face au risqué”, REP, 113 (3) mai-juin 2003.

[7] Une association internationale de personnalités scientifiques françaises et étrangères s’est du reste constituée pour l’aider dans cette tâche : l’AIRAMA Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais en Physique et en Économie :

le site de Maurice Allais : http://allais.maurice.free.fr/

le site de présentation de l’AIRAMA et de ses objectifs : http://allais.maurice.free.fr/AIRAMA/Qui.htm

http://allais.maurice.free.fr/AIRAMA/objectifs.htm

[8] Maurice Allais, qui est aussi un très grand physicien — ce qui fait de lui un économiste toujours beaucoup plus soucieux des faits d’obsevation et des enseignements de l’expérience que de la théoriea, après des difficultés réellement bien étranges, obtenu finalement de l’Académie des Sciences la publication de trois Communications au CRAS dans le domaine de la Physique :

  • – Communication du 23 Janvier 1997 : « Des régularités très significatives dans les observations interférométriques de Dayton C. Miller 1925-1926« .
  • – Communication du 26 Avril 1999 : « Nouvelles régularités très significatives dans les observations interférométriques de Dayton C. Miller 1925-1926« .
  • – Communication du de Décembre 2000 : « L’origine des régularités constatées dans les observations interférométriques de Dayton C. Miller 1925-1926 : variations de température ou anisotropie de l’espace ?  » Dans cette communication, Maurice Allais réfute toutes les critiques qui ont pu être faites sur les travaux de Miller, depuis Shankland (1955) jusqu’à nos jours.

Parallèlement à la publication de ses trois communications exceptionnelles dans le Bulletin des Compte-rendus de l’Académie des Sciences, Maurice Allais a publié, aux Éditions Clément Juglar à Paris, en mars 1997, un ouvrage de physique de 757 pages, sous le titre « L’Anisotropie de l’espace : La nécessaire révision de certains postulats des théories contemporaines. Tome I les données de l’expérience », ouvrage qui DEVAIT susciter les commentaires, remarques ou critiques des professionnels de la Physique, mais qui – là encore – n’a rencontré depuis plus de dix ans qu’un silence convenu et hostile… Décidément… !

 

 

Une reprise réelle ou fictive ?

Dans une période pré-électorale, les indicateurs économiques ont toujours été l’objet de polémiques. Les commentateurs focalisent leur attention sur l’évolution de quelques données macro-économiques sans en étudier les causes de leurs variations.

Les responsables politiques veulent à tout prix montrer que leur action a permis le redressement de l’économie. La majorité au pouvoir assure que sa politique, quelle qu’aient été ses résultats, va assurer la croissance du PIB, la réduction du chômage, en un mot la prospérité du pays. Bien évidemment, les oppositions présentent des solutions différentes, ou simplement des variantes de la politique menée par l’équipe sortante.

En fin de compte, une forme de politiquement correct s’impose au nom d’une mondialisation irréversible à laquelle les nations devraient se soumettre aveuglément. Pourquoi ne pas chercher, en appliquant les résultats de la science économique, à élaborer une politique économique nationale ? Pourquoi les états devraient se résigner à l’impuissance alors que la science économique met à leur disposition les outils permettant de prendre les bonnes décisions ?

 

Les outils théoriques :

Maurice Allais, fidèle à sa notion d’évidence empirique, avait décrit dès 1999 les premiers effets de la mondialisation. Aujourd’hui, le modèle Oméga-Allais permet d’expliquer  ses intuitions.

 

La cassure de 1974 :

Sur les données de 1955 à 1993, Maurice Allais explicitait l’effet sur le Produit Intérieur Brut et  l’emploi industriel de la cassure de 1974.

 

Figure 1

Figure 1

 

Ainsi, le taux de croissance français avait été divisé par deux en 1974, bien que notre indépendance monétaire ait laissé aux gouvernants des moyens d’action économique (création monétaire et dévaluation) qu’ils n’ont plus aujourd’hui.

Le modèle Oméga-Allais permet de décrire l’effet des désinvestissements résultant des événements de 1968, et d’en déterminer avec précision les conséquences à long terme :

Figure 2a Figure 2b
Produit intérieur brut Emploi industriel

Figure 2

 

Par ailleurs, le modèle démontre que cette cassure de 1974 est directement liée aux événements de mai 1968. Celle-ci apparaît clairement comme la conséquence à long terme d’un premier désinvestissement, lié à l’arrêt temporaire de l’industrie et aux accords de grenelle, dont les effets sur le PIB n’ont été perceptibles que six ans plus tard.

 

La cassure de 2007 :

Maurice Allais, européen convaincu, avait critiqué dès 1992 les « Erreurs et impasses de la construction Européenne ». Les conséquences, parfaitement prévisibles, de ces erreurs ont conduit aux difficultés actuelles. La libéralisation non préparée des transferts de capitaux à conduit à un désinvestissement en France dont les effets étaient tout autant prévisibles.

 

Figure 3

Désinvestissement trimestriel en France depuis 1997(estimé par interpolation avant 2012).

Figure 3

 

En 2013, un calcul prenant en compte un désinvestissement unique de 110 M€ effectué en 2000 conduisait aux valeurs de PIB observées. Les résultats ont été présentés fin 2013 lors d’une conférence de presse à la Maison de l’Amérique Latine.

Figure 4

Figure 4 : Prévision de 2007 à 20013.

 

Ce test valide parfaitement le fonctionnement du prédicteur Oméga-Allais qui fournit d’excellentes prévisions à cinq ans. Nous constatons que sur les données de 2007, le modèle prédit très précisément les valeurs de PIB qui seront effectivement observées.

Comme pour la cassure de 1974, ce fait montre que la cause principale de cette crise est la libéralisation des mouvements de capitaux, et non les effets de fluctuations économiques mondiales.

 

 

Les limites d’une prédiction :

Les prévisions faites par le modèle supposent implicitement que l’influence des événements monétaire extérieurs sur l’économie a été prise en compte. En effet, au cours de cette période, le déficit de la balance commerciale a été compensé par l’accroissement de la dette publique et la vente de biens du patrimoine national. De même, la mondialisation a permis aux entreprises de faire face à leurs besoins financiers grâce à des investisseurs étrangers, donc en fait de nouvelles dettes. Toutefois, l’accumulation de ces dettes n’a pas donné lieu à une crise ouverte.

Une logique comptable qui considère la vente du patrimoine comme une ressource, sans faire de différence entre une gestion rigoureuse et l’abandon d’un patrimoine stratégique dont les conséquences n’apparaîtront qu’à long terme, a masqué temporairement les conséquences de nombreux renoncements.

Le poids de ce que Maurice Allais appelait « les rentes de situation » est donc encore peu visible, mais ne peut que s’alourdir à terme. Maintenant, nous ne dépendons plus de l’étranger que pour notre approvisionnement en matières premières, en particulier en pétrole, mais aussi en technologies que nous ne maitrisons plus et en capitaux dont nos entreprises ont besoin. Le répit lié à la baisse du prix du pétrole et au coût du crédit sera de courte durée…

Le modèle Oméga-Allais permet de déterminer l’effet à long terme d’une incitation à investir. De même, il permet de chiffrer l’effet quasi immédiat d’une distribution de revenu, fruit supposé de la croissance… L’analyse de la réponse transitoire du modèle montre que, faute de pouvoir utiliser les leviers auquel notre pays a choisi de renoncer (en particulier la dévaluation, la création monétaire par la Banque de France, les droits de douane…), les différentes incitations gouvernementales ne peuvent avoir d’effet à long terme notable.

 

Des prévisions fiables à cinq ans ?

Le prédicteur Oméga-Allais a été construit sur une modélisation réaliste du comportement des acteurs économiques : entrepreneurs et consommateurs. L’exemple des crises (1974 et 2007) a validé l’existence d’un délai de six ans entre les décisions des entrepreneurs et les variations du PIB. En effet, la croissance n’a été réduite que six ans après les désinvestissements important qui en ont été la cause. Il n’y a donc pas de raison de penser que ce modèle ne puisse prédire l’évolution à cinq ans de l’économie, en l’absence de crise monétaire Majeure susceptible de paralyser le pays.

En 2015, nous avons donc refait de nouvelles prévisions sur la base des séries économiques mises à jour. La courbe verte correspond aux valeurs de PIB publiées fin 2015 par l’INSEE.

 

Figure 5

Figure 5 : Prévisions fin 2014.

 

La courbe bleue correspond aux prévisions faites depuis 2005, en tenant compte des désinvestissements en France comptabilisés par la Banque de France. La courbe rouge correspond à une prévision brute faite à partir de 2015, sans tenir compte des désinvestissements passés.

Ces deux prévisions sont très voisines. En effet, quinze ans après la libéralisation des transferts de capitaux au sein de l’UE, les effets du choc économique que cette décision a produit en France sont largement amortis. Il n’est donc plus strictement nécessaire de prendre en compte, dans l’initialisation du prédicteur  les valeurs du désinvestissement observé actuellement par la Banque de France.

 

 

Les conditions d’une bonne prédiction :

Les exemples précédents ont montré que l’évolution à cinq ans de notre économie a été prévisible des années 60 à nos jours, en ne faisant intervenir que de rares événements perturbateurs : mai 1968, la libéralisation des transferts de capitaux en l’an 2000. Les crises moins violentes dont parlent les commentateurs ne sont souvent que des fluctuations naturelles d’une activité économique largement prévisible. Seuls les événements majeurs, liés au contexte international ou à des événements politiques graves, ont une réelle influence sur l’économie.

 

En effet, des événements comme la crise de 1929, qui a conduit Maurice Allais à s’intéresser à l’économie, ou des guerres peuvent conduire à de véritables ruptures des équilibres économiques dont les conséquences restent imprévisibles. Dans notre pays, la crise de 1968 ou la construction européenne ont eu des conséquences moins dramatiques, mais très importantes à long terme.

 

Une bonne connaissance du passée :

Une bonne connaissance de l’évolution passée de l’économie est indispensable à l’établissement de prévisions à long terme. Le prédicteur Oméga-Allais permet de mettre en évidence cette nécessité.

Considérons un prédicteur initialement dans un état stable. Excitons-le par une perturbation externe au temps t = 0. Observons son évolution naturelle au cours du temps. Faisons ensuite une série de prévisions à partir des instants t1, t2, t3,… Le prédicteur extrapole alors la suite des valeurs observées au-delà des temps t1, t2, t3,…

 

Figure 6

Figure 6 : Effets transitoires des chocs externes.

 

Les courbes de la figure 6 correspondent à l’évolution d’une variable interne du système économique (par exemple le PIB) et aux prédictions associées. La courbe rouge en trait plein correspond à l’évolution du système. C’est la série économique à prévoir.

Au cours du temps, le prédicteur  prend en compte les valeurs économiques disponibles les plus récentes. Les courbes en pointillé correspondent aux prévisions économiques  successives faites par le prédicteur aux temps 2, 3, 5, 10 et 15, sans tenir compte de là perturbation initiale du système économique (courbes pointillées rouge, bleue, verte, cyan et marron).

Nous constatons que les prédictions ne deviennent précise que 15 ans après la fin  de la perturbation initiale du système économique. L’évolution de l’économie dépend donc des perturbations passées dont l’identification au cours des quinze dernières années est indispensable.

 

La nécessaire stabilité des agrégats statistiques :

D’autre part, il est essentiel que les séries économiques soient cohérentes dans le temps, c’est-à-dire que les agrégats statiques ne soient pas modifiés au cours de la quinzaine d’années précédant  le début de la période à prédire. Si tel n’est pas le cas, la qualité des prédictions est très dégradée.

Naturellement, les organismes officiels affinent constamment leurs outils. Les bases statistiques sont régulièrement modifiées pour tenir compte de l’évolution de la société. Des changements de base ont donc lieu régulièrement, actuellement tous les 5 ans (1995,2000, 2005, 2010).

Les dernières bases statistiques retenues par l’INSEE ont été modifiées conformément à une directive Européenne. Ces modifications ont été introduites progressivement de façon à assurer la continuité apparente des séries statistiques. La figure 7 présente les deux dernières séries de valeurs du PIB en bases 2005 et 2010.

Curieusement, ces deux courbes différent dans deux périodes distinctes. Dans les années 50, ce qui n’a pas d’importance réelle. Pour la période postérieure à 2005, ce qui est préoccupant car les séries sont fortement différentes en base 2005 et en base 2010.

 

Figure 7

Figure 7 : statistiques du PIB : courbe rouge : base 2005, courbe bleue : base 2010.

 

Figure 8

Figure 8 : Détail des valeurs de 1995 à 2015.

 

Il y a là une anomalie qui doit être expliquée. En effet, l’INSEE explique la variation du PIB entre ces deux séries numérique par l’introduction progressive des nouveaux agrégats.

Selon l’INSEE, le changement de  base a conduit à reconstruire l’ensemble des comptes trimestriels, c’est-à-dire à ré-estimer tous les modèles à partir des comptes annuels et des indicateurs conjoncturels, sur l’ensemble de la période 1980-2013.

En base 2010, l’Insee comptabilise en investissement les sommes que les agents économiques (entreprises privées, mais aussi organismes publics) dépensent pour la R&D. Traiter en investissement les dépenses de R&D permettrait de mieux rendre compte du poids de plus en plus important des actifs tirés de la propriété intellectuelle dans l’économie d’aujourd’hui.

La base 2010 se caractérise par des innovations importantes sur le plan conceptuel dans les comptes non financiers :

  • Une définition élargie des actifs et de l’investissement,
  • Les échanges internationaux sont comptés différemment (un produit n’étant pas passé physiquement sur le territoire national peut être comptabilisé comme importé puis exporté).

 

En fin de compte, l’INSEE prend en compte la financiarisation croissante de l’économie.

Cependant, la différence entre les deux séries, qui reste à expliquer, est beaucoup plus grande que les 3,2% annoncés.

 

Les effets de la politique monétaire:

Des événements monétaires importants ou lieu ces derniers temps :

  • La baisse du prix du pétrole et de l’Euro,
  • La réduction historique de coût de crédit aux États Unis puis en Europe.

 

Ces décisions correspondent à des objectifs conjoncturels, liés à l’évolution des échanges mondiaux et aux politiques des différents intervenants. Elles tiennent compte également à des échéances électorales françaises et européennes.

Ces changements ont eu sur l’économie française des effets incontestables :

  • Une réduction du déficit de la balance commerciale,
  • Une réduction du coût des dettes de l’état et des entreprises,
  • Une relance de la construction et de la consommation.

 

Ces évolutions monétaires liées à l’évolution de l’économie mondiales expliquent la croissance récente du PIB. La réduction de toutes ces dépenses conduit mécaniquement  à une hausse de la demande intérieure, donc du PIB.

La France va donc mieux puisque ses dettes lui coutent moins cher, mais cela ne signifie pas que l’économie française aille mieux ! Pour étudier l’évolution du système économique, est donc indispensable de séparer les tendances à long terme propres au système économique des effets quasi-immédiats des fluctuations monétaires mondiales.

 

 

Quelles prévisions faire fin 2015 ?

Nous pouvons maintenant mettre à jour les prévisions faites fin 2014. Les résultats sont les suivants :

 

Figure 9

Figure 9 : Prévisions fin 2015.

 

Ces deux prévisions sont évidemment très voisines. Elles ne peuvent être directement superposées en raison de nombreuses modifications de détail entre les séries statistiques :

  • Les montants ne sont plus en euros 2005 mais en euros 2010,
  • La série de valeurs du PIB a été modifiée pour neutraliser les effets à court terme de la conjoncture mondiale sur notre économie (en particulier celle des taux d’intérêt),
  • La hausse du périmètre de PIB introduite par les directives européennes a été intégrée.

 

 

Enfin, ces prévisions supposent l’invariance de l’environnement international actuellement très favorable. Un retour aux conditions précédentes (prix du pétrole et taux d’intérêt) conduirait rapidement à une baisse de 7% du PIB.

Année après année, un effort de réduction de la dette ne manquerait pas de réduire non seulement le PIB, mais aussi la croissance, c’est-à-dire enfoncer l’économie française dans une récession de plus en plus grave.

 

 

Conclusion :

Il ne faut pas nier que les perspectives d’évolution à long terme de l’économie française ne sont pas bonnes bien que notre pays ait des atouts et que nous disposons d’outils théoriques permettant de concevoir puis valider une politique économique ambitieuse.

Depuis le début des années 90, Maurice Allais n’a pas cessé d’alerter l’opinion sur les erreurs commises dans la construction européenne. Vingt cinq ans plus tard, il faut reconnaître que ses critiques étaient justifiées.

La plupart des européens, et en particulier des français, ne savent pas identifier les causes de la crise européenne. Toutefois, ils comprennent  que l’Europe n’a pas tenu ses promesses.  Bien loin des théories économiques, « l’évidence empirique » chère à Maurice Allais leur prouve qu’il faut changer de méthode. Une véritable reprise de notre économie ne sera possible qu’en adoptant une politique économique radicalement nouvelle. La poursuite de la politique économique actuelle ne peut conduire qu’à un déclin de plus en plus rapide de notre économie, entrecoupé de rémissions artificielles liées à des mesures conjoncturelles associées aux échéances électorales.

La science économique montre qu’un redressement est possible mais que l’effet des mesures courageuses à prendre ne sera visible qu’après un délai de cinq à dix ans. Est-ce compatible avec le fonctionnement de notre démocratie ?

La condition préalable à un redressement de notre économie est que nous puissions à nouveau utiliser les outils dont la construction européenne nous à privés : une monnaie indépendante, le contrôle de la création monétaire, la possibilité d’actions sectorielles par des cotas d’importation et la fixation de droits de douane…

Sans un changement radical de politique économique, il ne pourra y avoir aucune reprise durable.

 

Pierre FUERXER
Membre de l’AIRAMA.

 

 

 

Faut-il refaire les expériences de Miller ?

Introduction :

En 1881, la première expérience interférométrique de Michelson avait pour objet de mesurer la vitesse absolue de la Terre. Son résultat, confirmé par d’autres expériences, n’a pas été conforme à l’attente des physiciens. Il était alors naturel que la communauté scientifique mette en cause l’existence même d’un espace absolu par rapport auquel cette vitesse aurait pu être mesurée.

Au nom du principe de relativité, une « théorie de la relativité » a admis que les lois de la physique étaient les mêmes pour tous les observateurs en mouvement relatif rectiligne uniforme. Cette invariance a ensuite été étendue aux repères accélérés. Après une longue période au cours de laquelle les expériences sont devenues de plus en plus précises, la communauté scientifique a admis cette théorie qui ne devrait plus souffrir d’aucune contestation.

Il est donc intéressant de reprendre, à partir des documents originaux écrits par les auteurs de ces expériences, et sans idée préconçue, l’étude de leurs résultats. Les conclusions de ce travail ne manquent pas de surprendre. L’analyse démontre clairement que le concept d’Éther rigide dans lequel des ondes se propageraient à vitesse constante devait être rejeté, car infirmé par l’expérience. En revanche, elle montre que ces expériences sont loin d’avoir donné des résultats aussi clairement nuls, confirmant totalement la théorie de la relativité.

Parmi toutes celles-ci, les expériences réalisées en 1925-1926 par Dayton C. Miller à Mount Wilson méritent une place particulière en raison de la notoriété de leur auteur, de l’importance des moyens mis en œuvre et de la qualité de son rapport de 1933. En 1955, 14 ans après le décès de Miller, Robert S. Shankland (un de ses anciens collaborateurs), pensant mettre un point final à la polémique, publie une analyse dans laquelle il attribue à des effets parasites incontrôlés les observations faites à Mount Wilson. Il invalide ainsi les conclusions de son ancien supérieur.

Dans les années 1990, Maurice Allais a repris les résultats de Dayton C. Miller et a publié ses conclusions dans différentes revues (en 1996 dans la revue des anciens élèves de l’école polytechnique), puis en 1997 dans un livre intitulé « L’anisotropie de l’espace, les données de l’expérience » (1). Il avait été convaincu que les résultats de Miller n’étaient ni aléatoires, ni dus à des phénomènes parasites connus.

Fin 2004, bien qu’il affirme la supériorité des faits sur la théorie, Maurice Allais a présenté une nouvelle hypothèse : l’existence, autour de la Terre, d’un tourbillon d’Éther. En effet, si les faits priment sur les théories, celles-ci jouent un rôle essentiel dans l’explication des phénomènes physiques et permettent de prévoir les résultats de nouvelles expériences.

Plus d’un siècle après les premières expériences de Michelson, les possibilités techniques dont nous disposons permettraient de réaliser des expériences d’une très grande qualité, capables de répondre à des questions toujours sans réponse. Ne serait-il pas intéressant de reprendre sur de nouvelles bases technologiques, et avec le seul souci de mieux comprendre les phénomènes physiques, une série d’expériences visant à mesurer ce que nous pourrions appeler des violations de la contraction de Lorentz ?

 

 

Les résultats publiés par Miller :

Il est facile de trouver sur INTERNET le rapport écrit par Dayton Miller en 1933 ( Reviews of modern physics, volume 5, July 1933 : The Ether Drift Experiment and the Absolute Motion of the Earth (2) ). Ce document présente le processus expérimental, les résultats finaux et son interprétation très peu objective. Miller était persuadé que son interféromètre devait mesurer la vitesse absolue de la Terre par rapport à un repère fixe. Il a donc présenté ses résultats sous la forme de graphiques donnant (page 229, figure 22, ci-dessous) la vitesse absolue de la terre et sa direction en fonction de l’heure sidérale, pour quatre périodes de mesure correspondant à quatre positions de la terre sur son orbite.

Miller 1933 V5 (page 229, figure 22)

La vitesse observée étant seulement 0,0514 fois la valeur attendue. Il a alors simplement pris en compte cette sensibilité réduite sans apporter de justification à l’écart observé entre théorie et réalité. De même, pour des raisons théoriques, la direction moyenne de la vitesse observée aurait dû être le nord géographique. Ce n’était pas le cas, mais il a également néglige ce fait.

Comme Maurice Allais l’a bien montré, Dayton C. Miller a constitué un ensemble de données remarquable compte tenu des possibilités technologiques des années 1925. En revanche, ses conclusions sont marquées par les idées de l’époque et ne tiennent pas compte des différences significatives entre ses mesures et les valeurs que ses théories prédisaient. Comme beaucoup de physiciens, passionné par ses recherches, Dayton C. Miller a fermé les yeux sur le démenti des faits.

 

 

L’analyse de Maurice Allais :

Dans son livre sur L’anisotropie de l’espace, Maurice Allais analyse les résultats de Dayton C. Miller. Il trace sur des hodographes (courbes donnant, en fonction de l’heure sidérale, les valeurs des vecteurs vitesse mesurées par l’interféromètre).

 

Pour chacune des périodes de mesure, ces valeurs sont reportées sur la figure 1 :

 

Figure 1 : Hodographes tracés par Maurice Allais.

Figure 1 : Hodographes tracés par Maurice Allais.

 

Ces hodographes représentent la variation des vecteurs vitesse en fonction de l’heure sidérale pour les quatre périodes de mesure réalisées par Dayton C. Miller. L’axe horizontal correspond à la direction est-ouest,  l’axe vertical étant orienté vers le nord. Les courbes correspondent aux périodes suivantes :

  • Courbe rouge : 1er avril 1926,
  • Courbe bleue : avril 1925,
  • Courbe noire : 1er août 1925,
  • Courbe cyan: 15 septembre

 

La coupure des hodographes entre minuit et une heure en temps sidéral montre qu’ils sont parcourus dans le même sens et en synchronisme au cours des quatre périodes.

Ensuite, Maurice Allais a tracé, par la méthode des moindres carrés, les ellipses représentant au mieux les mesures. Enfin, les mesures de direction étant ambigües (180° par principe, et n fois 90° si on ignore le sens du déplacement des franges), il a présenté le graphique suivant (figure 2) :

 

 

Figure 2 : Graphique de Maurice Allais.

Figure 2 : Graphique de Maurice Allais.

 

Celui-ci montrait clairement une la variation annuelle de la forme de l’hodographe, mais ne donnait pas d’indication sur l’origine de ses modifications périodiques.

Maurice Allais a alors soumis aux membres de l’AIRAMA une idée nouvelle. Les hodographes qu’il avait tracés résulteraient-ils d’un vent d’éther produit par la Lune ? Cette hypothèse permet en effet d’expliquer les variations saisonnières de la direction des hodographes. J’ai alors entrepris de la valider.

 

 

L’hypothèse d’un tourbillon :

Compte tenu de cette hypothèse, nous pouvons conserver les hodographes de la figure 1, mais en admettant que l’axe vertical correspond à la direction Est-Ouest. Pour chaque période, des courbes « théoriques » sont alors ajustées sur la base des hypothèses suivantes :

  • La terre est soumise à un tourbillon d’Éther par rapport auquel la vitesse de la lumière a la valeur
  • Ce tourbillon est stable pendant chaque période de mesure (ce qui est très approximatif, puisque la Lune se déplace nettement sur son orbite au cours de la période de mesure).
  • Le mouvement de l’Éther est assimilable à celui d’un solide en rotation autour d’un axe fixe (cette hypothèse étant également une approximation).

 

Courbe 1 : 8 février 1926 : Courbe 2 : 1er Avril 1925 :
Courbe 1 Courbe 2
Courbe 3 : 1er août 1925 : Courbe 4 : 15 septembre 1925 :
Courbe 3 Courbe 4

Figure 3 : Modélisation des quatre hodographes.

 

 

 

Sur chacun des hodographes :

  • La courbe mesurée est en rouge,
  • La courbe calculée est en noir,
  • Les courbes des autres périodes de mesures sont en

Logiquement, les maxima et minima dans la direction nord-sud correspondent à minuit et midi en heure sidérale, heures des maxima et minima de l’élévation du laboratoire au dessus de l’écliptique.

Ceci montre que l’hypothèse de l’existence d’un tourbillon d’Éther par rapport auquel la vitesse de la lumière serait constante est parfaitement crédible. Celui-ci serait principalement lié à la rotation de la Lune autour de la Terre, même si une contribution du Soleil et de la galaxie ne puisse être écartée à priori.

 

Conclusion :

Ce retour sur un débat qui semblait définitivement clos incite à une grande méfiance vis-à-vis des théories scientifiques. Il montre que les physiciens les plus éminents sont souvent influencés par leurs théories et commettent, à leur insu, des erreurs d’interprétation des faits qu’ils observent. Ils sont tellement conditionnés par les idées de leur temps qu’ils négligent involontairement les anomalies que devraient attirer leur attention.

Il montre également tout l’intérêt, pour la science, de publier autant que possible les résultats bruts des expériences. Si Miller n’avait pas écrit son rapport final en 1933, sept ans après la fin de son expérience, son travail aurait été définitivement perdu. À une époque où le stockage de données est devenu facile, des données brutes clairement documentées devraient être rendues accessibles à tous les chercheurs.

Enfin, il faudrait refaire les expériences scientifiques cruciales, ayant conduit à des ruptures conceptuelles, avec la technologie moderne. La lampe à acétylène de Miller et la mesure visuelle au dixième de frange des variations des trajets optiques sont des techniques risibles aujourd’hui. Pourquoi alors ne pas refaire ces expériences qui ont conduit à des séismes conceptuels avec la technologie actuelle au lieu de faire une confiance aveugle aux théories auxquelles  elles  ont conduit ?

La technique permet de réaliser des gyromètres LASER de petite taille et de très grande précision. Refaire un interféromètre de Michelson et enregistrer ses mesures pendant au moins un mois lunaire est à la portée de nombreuses universités et centre de recherche. La valeur didactique de ce travail n’est pas à démontrer. Il permettrait aux étudiants d’approfondir leur compréhension des théories actuelles, de mieux comprendre leur genèse et aussi de maitriser des techniques électroniques et numériques essentielles à leur formation.

 

Pourquoi ne le fais-on pas ?

 

Pierre Fuerxer,

Membre de l’AIRAMA.

 

 

 

 

 

 


[1] En téléchargement ici : http://combats-maurice-allais.info/documents/151787979-ALLAIS-Maurice-L-Anisotropie-de-l-Espace-1997.pdf

[2] En téléchargement ici : http://combats-maurice-allais.info/documents/Miller1933_V5.pdf (65 Mo)

Ou * 1933: Dayton Miller, « The Ether-Drift Experiment and the Determination of the Absolute Motion of the Earth », Reviews of Modern Physics, Vol.5(2), p.203-242, July 1933. Download Here (26 Mo) — En ligne : http://www.orgonelab.org/miller.htm

 

 

 

 

L’Éther est mort ! Vive l’Éther !

Introduction :

Le 19° siècle avait été celui de la découverte de la nature ondulatoire de la lumière. Comme toutes les ondes, la lumière devait alors être transmise par un milieu, baptisé « Éther », que les physiciens supposaient solide pour des raisons théoriques. Une onde transverse ne semblait transmissible que par un solide. Ils ont alors tenté de mesurer la vitesse absolue de la Terre par rapport à ce mystérieux milieu à l’aide d’interféromètres. Malheureusement, malgré les perfectionnements introduits depuis l’expérience historique de Michelson en 1881, les résultats ont été décevants. Il a donc fallu les expliquer.

Dès 1904, Poincaré avait proposé d’ajouter le « principe de relativité » aux principes de la physique déjà connus. Les lois de la physique devaient être les mêmes pour tous les observateurs. L’année suivante, il démontra que la contraction des corps dans le sens du mouvement, imaginée par Lorentz pour expliquer l’échec des mesures interférométriques, conservait la vitesse de la lumière et les équations de Maxwell lors d’un changement de repère.

À partir de 1905, sur l’impulsion d’Einstein et Planck, la théorie de la relativité et la mécanique quantique ont profondément influencé la physique théorique. Il s’agissait d’une véritable révolution culturelle qui a mis en cause de nombreux concepts développés au cours du 19° siècle.

L’Éther a été la première victime de cette évolution qui tentera de faire table rase de notre culture scientifique antérieure. L’Éther rigide du 19° siècle était bien mort et ne ressusciterait pas !

Le 21° siècle correspondra certainement à un retour en arrière. Il reviendra sur les excès actuels. En particulier, il réhabilitera la géométrie euclidienne comme base de toutes les sciences, les géométries non-euclidiennes rendant difficilement vérifiable le respect des principes anciens, en particulier la conservation de l’énergie qui suppose des distances et un temps absolus. La physique Ne pouvant se réduire totalement  à des descriptions quantiques, les ondes reprendront la place qui leur revient. L’impérieuse nécessité de décrire simplement les phénomènes ondulatoires imposera de considérer un nouvel Éther, mais celui-ci ne sera plus rigide.

L’Éther rigide de 19° siècle est mort, mais la nécessité d’un milieu de transmission des ondes électromagnétiques subsiste !

 

L’origine de l’Éther rigide :

Au cours du 19° siècle, les contributions essentielles de Fresnel et Fizeau avaient été couronnées en 1854 par l’établissement par Maxwell des équations fondamentales de l’électro-magnétisme. Celles-ci prédisaient l’existence d’ondes électromagnétiques, optiques mais aussi radioélectriques, en faisaient explicitement appel à des dérivées spatiales et temporelles !

Selon cette nouvelle théorie, les ondes électromagnétiques étaient des ondes transverses. La polarisation, décrite complètement par la sphère de Poincaré, correspond alors aux directions des champs électriques et magnétiques, orthogonales entre elles et avec la direction de propagation.

 

La propagation de ces ondes ressemblait donc à celle de vibrations mécaniques. Il était alors naturel de supposer qu’elles se propageaient dans un milieu rigide, appelé Éther, dont les propriétés étaient très surprenantes. Les particules pouvaient s’y mouvoir sans résistance mais  il transmettait les forces électriques et magnétiques.

 

Les progrès théoriques et technologiques du 20° siècle :

L'éther d'AllaisEn 1905, Albert Einstein a proposé une théorie dite de la relativité restreinte (ou special theory en anglais). Celle-ci prenait en compte une contraction des corps en mouvement imaginée par Lorentz et formalisée par Poincaré. La controverse sur la genèse de cette théorie ne sera pas abordé ici (ceux qui sont intéressés par ce sujet doivent lire le livre de Jules Leveugle (1)).

En 1911, d’Albert Einstein tente d’expliquer la courbure gravitationnelle des rayons lumineux par les champs de gravitation, en adoptant un principe d’équivalence entre gravitation et accélération. Cette prédiction d’Einstein ne correspondait cependant qu’à la moitié de la valeur qui sera observée plus tard. Il aurait pu expliquer simplement cette erreur par la courbure du repère local, sans renoncer à la géométrie euclidienne. Il a préféré abandonner cette géométrie.

En 1915, la théorie de la relativité générale s’établit sur la base d’une nouvelle géométrie non-euclidienne à quatre dimensions, l’espace-temps. Une loi physique est alors invariante, par changement de repère dans cet espace-temps. Nous disons alors qu’elle est covariante. Aujourd’hui, toute loi physique qui ne serait pas généralement covariante, c’est-à-dire invariante par changement de repère dans cet espace relativiste, est rejetée d’emblée par les physiciens.

Par ailleurs, point n’est besoin de rappeler que la théorie quantique de Planck a conduit à des résultats essentiels sur la matière, mais qu’elle conduit en électromagnétisme à des résultats paradoxaux, donc irrecevables (par exemple l’intrication de photons). Les faits ont toujours raison.

Ils démontrent les lacunes inévitables de la théorie qui ne peut décrire totalement la complexité de l’univers.

Parallèlement au développement de la physique théorique, des progrès considérables ont été accomplis dans d’autres domaines plus techniques, par exemple en hydrodynamique et en électronique. Tous les voyageurs savent que les plus lourds que l’air peuvent voler. Personne n’est plus étonné de recevoir et émettre des messages par voie radioélectrique. Les technologies électroniques, optiques, micromécaniques, ou chimiques à la disposition des chercheurs ne sont pas comparables avec celles qui étaient disponibles dans les années 1900-1925 (l’interféromètre de Miller était éclairé par une lampe à acétylène !).

Au début du 20° siècle, l’échec, au moins apparent, des expériences interférométriques a conduit les physiciens à abandonner le modèle simpliste d’un Éther rigide. La négation, quasi dogmatique, de l’existence d’un milieu de propagation des ondes électromagnétiques et l’abstraction corrélative de la science moderne ont interdit de progresser au niveau conceptuel. Peut-on sincèrement admettre que des ondes puissent se propager en l’absence de tout support ?

 

La primauté des faits :

Maurice Allais, comme beaucoup d’entre nous, n’avait pas adhéré au dogme relativiste. Aussi bien en physique qu’en économie, il n’a cessé de rappeler la primauté des faits sur les théories. Avec les moyens limités dont il a pu disposer, il a entrepris des expériences mécaniques et optiques susceptibles de mettre en évidence des phénomènes encore inexpliqués.

Il a également étudié les résultats d’éminents physiciens qui, tout au long du 20°siècle, ont tenté de mettre en défaut les certitudes de leur temps, en particulier la théorie de la relativité dans sa forme actuelle. Qui peut dire qu’elle est la seule respectant le principe de relativité ?

Maurice Allais a présenté un nombre considérable de communications, puis a écrit plusieurs livres. J’en citerai deux : « L’anisotropie de l’espace » (2) publié en 1997 et « L’effondrement de la théorie de la relativité » (3) publié en 2004. Pour lui, l’analyse objective des résultats expérimentaux invaliderait inévitablement l’actuelle théorie de la relativité. En fait, il a cherché à justifier une conviction profonde selon laquelle cette théorie ne pouvait correspondre à une réalité physique, mais plutôt à l’application erronée du principe de relativité.

Qui pourrait mettre en cause ce principe qui affirme seulement que les lois de la physique sont universelles ? Cela ne signifie pas que ce que nous appelons « la théorie de la relativité » s’impose à tous comme un dogme scientifique.

Quelle est l’influence de l’environnement du laboratoire dans lequel travaille le physicien sur le résultat de ses expériences ? Peut-on affirmer sans preuves qu’en tout point accélération et gravitation sont totalement substituables ? Lorsqu’il regarde à travers son hublot, un astronaute de la station spatiale internationale est parfaitement capable de comprendre qu’il est en rotation autour de la Terre et que sa trajectoire résulte de l’effet de son champ de gravitation.

 

Un rêve de physicien :

Peu après, la publication de son livre sur la théorie de la relativité, Maurice Allais proposa aux membres de l’AIRAMA (une association que nous avions créée dans le but d’œuvrer à la reconnaissance de ses apports en physique et économie) de réfléchir à une idée : L’éther ne serait-il pas un fluide entrainé par les astres ? Le « vent d’Éther » que Miller cherchait à mettre en évidence sur le Mont Wilson ne pourrait-il pas être créé par le mouvement de la Lune ?

Sa disparition ne nous a pas permis de mettre en regard les données de l’expérience avec cette nouvelle hypothèse. Depuis, j’ai toutefois entrepris de reprendre l’étude des données obtenues par Miller au Mont Wilson en 1925-1926. Ce sont les seules expériences interférométriques menées sur des périodes longues, de jour et de nuit. La vitesse mesurée a été de l’ordre de 8 Km/s. Celle-ci correspond la vitesse de libération au niveau du sol. C’est également la vitesse pour laquelle la force centrifuge compenserait parfaitement la force de gravitation. Le repère fixe de Miller serait celui dans lequel travaillent nos astronautes ! Si le milieu de propagation de la lumière était analogue à l’air de notre atmosphère, ce serait également la vitesse du tourbillon associé au mouvement de la Lune autour de la Terre ! Plus surprenant, la forme des hodogrammes (courbes donnant la vitesse en fonction de l’heure) tracés par Maurice Allais à partir des mesures de Miller est compatible avec cette hypothèse !

 

Cette vision correspond étrangement à notre perception de l’univers. Très près de nous, la Lune serait à l’origine d’un tourbillon. Le système solaire serait lui-même un tourbillon de plus grande échelle entrainant les planètes. Notre galaxie elle-même serait un immense tourbillon …

Les lois de la physique, que je qualifierai de classique, sont des approximations valables dans des domaines limités. Ainsi, une première étude aérodynamique peut être faite en supposant que l’air est un fluide incompressible. De même, le calcul des marées terrestres peut être fait en supposant que la Terre est un fluide plus lourd que l’eau. Est-on conscient du fait qu’un atome est beaucoup moins compact que le système solaire ? En effet, le rapport de la taille des électrons et leur distance du noyau autour duquel ils gravitent est plus petit que celui entre la taille des planètes et leur distance au Soleil …

 

Vers un nouvel ÉTHER :

Le respect de l’ensemble des principes de la physique impose d’admettre l’existence d’un milieu de transmission des ondes électromagnétiques et des ondes gravitationnelle que les physiciens ont longtemps tenté de mettre en évidence. Capables de transporter de l’énergie, ce milieu permettrait de respecter l’égalité de l’action et de la réaction et la conservation de l’énergie. Il justifierait également le processus de propagation des champs électromagnétiques comme un processus réellement ondulatoire.

Cependant, ce milieu ne peut être un solide indéformable comme cela avait été imaginé au 19° siècle. Il pourrait être assimilé à un fluide incompressible ou non, mais plus certainement être un milieu différent de tous les milieux connus pouvant transmettre aussi bien des vibrations longitudinales que transversales.

Seule son existence permettrait de concilier les indiscutables aspects quantiques de la matière avec celle des ondes. La non-linéarité de ses équations permettrait de justifier l’existence des nombreuses particules intervenant en physique nucléaire. Celles-ci ne seraient alors que des solutions particulières d’une équation différentielle non linéaire décrivant ce nouvel Éther.

La démarche scientifique suppose un respect scrupuleux des faits et des principes de la physique qui ne sont que des remarques de bon sens. Elle ne peut être ni déductive, c’est-à-dire partir seulement des grands principes, ni inductive, c’est-à-dire décrire seulement les faits. Elle doit associer les deux démarches qui sont complémentaires.

Des progrès significatifs ne se produiront que lorsque les physiciens accepteront de ne considérer les théories actuelles, et en particulier la théorie de la relativité, que comme des étapes dans notre approche de la physique et soumettront la théorie à la seule épreuve des faits.

 

L’Éther rigide du 19° siècle est mort ! Vive celui du 21° siècle !

 

Pierre FUERXER

Membre de l’AIRAMA.

 

 

 

 


[1] Voir la revue de l’amicale des anciens élèves de l’École Polytechnique (La Jaune et la Rouge, pages 31-51, avril 1994) en téléchargement ici : http://combats-maurice-allais.info/documents/Pages-31-a-51_de_1994-04_jr-494-cig.pdf

[2] En téléchargement ici : http://combats-maurice-allais.info/documents/151787979-ALLAIS-Maurice-L-Anisotropie-de-l-Espace-1997.pdf

[3] En vente aux éditions DPF : http://www.chire.fr/A-106484-l-effondrement-de-la-theorie-de-la-relativite-implication-irrefragable-des-donnees-de-l-experience.aspx

L’Europe en crise : Que faire ?

L’Europe en crise : Que faire ?

Réponses à quelques questions
Pour une autre Europe

L’Europe en crise : Que faire ? par Maurice Allais

Dans ce septième ouvrage sur l’Europe depuis 1960, l’auteur, Maurice Allais, présente une analyse approfondie des causes de la crise actuelle et des réformes qu’il convient de mettre en œuvre.

Pour l’essentiel la crise actuelle de l’Europe et la crise profonde de la Société française résultent de la politique libre-échangiste poursuivie depuis 1974 par l’Organisation de Bruxelles.

Pour la France, cette politique a entraîné un chômage massif et une destruction progressive de l’industrie, de l’agriculture et de la croissance. Aujourd’hui la diminution du produit intérieur brut réel par habitant qui en a résulté est d’au moins 30 %, et cette diminution considérable explique les profondes difficultés auxquelles nous devons faire face aujourd’hui.

Que faire? Tout d’abord il convient de fonder la construction politique de l’Europe sur une Confédération d’États souverains associant étroitement les populations à toute décision, et limitée à l’Est par ses limites traditionnelles, à l’exclusion notamment de la Turquie.

En second lieu il faut fonder l’Europe économique sur le rétablissement d’une préférence communautaire permettant d’assurer dans chaque secteur la couverture à au moins 80 % de la consommation communautaire par une production communautaire, ce qui est possible.

Si ces réformes se révélaient irréalisables en raison de l’opposition aveugle et dogmatique de certains États, sous l’influence notamment des sociétés multinationales, seules bénéficiaires du libre-échangisme, la France et les États souffrant de la même crise devraient faire sécession et fonder une autre Europe.

Face à la concurrence des pays à bas salaires et à capacités technologiques le rétablissement de la préférence communautaire est une nécessité absolue qui transcende la compétition de tous les partis politiques si justifiée qu’elle puisse être. Il en va de la survie de la France et de la survie de la Construction européenne.

« NON AU TRAITÉ SUICIDAIRE DE LIBRE-ÉCHANGE TRANSATLANTIQUE ! »

 

Communiqué de presse
De l’Alliance Internationale AIRAMA
6 juin 2014

« Non au Traité Suicidaire
De Libre-Échange Transatlantique ! »

 

De qui se moque-t-on ? En 1992, on nous avait promis que l’Europe de Maastricht, c’était « Moins de chômage, moins d’insécurité, moins de corruption » (Bérégovoy). Mais vingt deux ans après, il apparaît que c’est « exactement l’inverse » !

Dès 1999, dans « Mondialisation, la destruction de la croissance et de l’emploi. L’évidence empirique », M. Allais avait pourtant annoncé le naufrage de l’Europe-Titanic :

La « Seule Cause » du « Décrochage de l’Économie Française en 1974 » (divisant la croissance par deux !)

C’est « La politique » de « suppression progressive à partir de 1974 des barrières douanières » par Bruxelles, au titre de l’art. 110 du traité de Rome, [qui] a conduit à « la disparition progressive de la protection du Marché communautaire et à l’instauration continue d’un libre-échange mondialiste », autrement dit d’un ultralibéralisme. » (1)

Le Bilan du « Coût » de la Politique Libre-Échangiste Depuis 1974, Toujours plus « Suicidaire » :

1) Chômage : 2,2 % (631000) en 1974, 11 % (5,7 millions) en 2014 (plus 5 millions !)

2) Croissance : 5,6 % (1960 à 1974), 2,3 % (1974 à 2006). Nulle depuis 2006 !

3) Dette : 10 % en 1973, 93,5 % en 2013 (1877 milliards en 2014), 30 000 € par Français !

4) Déficit de la Balance Commerciale : 70 milliards € par an !

5) Désindustrialisation : 6,2 M d’emplois en 1974, 3,4 M en 2014 (moins 2,8 M !) En 2010, Bercy reconnaissait 63 % des destructions d’emploi dues à la mondialisation ! (2)

Poursuivre cette Politique Libre-Échangiste est Criminel :

« La crise d’aujourd’hui, le chômage massif (…), la destruction jour après jour de la société française ne sont que les conséquences des politiques dogmatiques (« mondialisme libre-échangiste » sans cesse mises en œuvre depuis la grande cassure de 1974 et qui nous mène au désastre. Il serait criminel de les poursuivre. »

Même cause, mêmes effets. Le traité de libre-échange transatlantique, c’est l’Aggravation du suicide des politiques libre-échangistes criminelles suivies depuis 1974.

Disons « NON à la destruction de l’EUROPE ! », au nouveau Mensonge d’État du traité de libre-échange transatlantique. Restaurer le protectionnisme compétitif de M. Allais (plébiscité par 82 % des Français dès 2011) est une question de suivi. Il faut restaurer la protection des frontières — comme les USA et la Chine ! — si vous voulez sauver l’Europe et la France du naufrage Titanic annoncé par l’AIRAMA en 2012.

Au nom de Maurice Allais ! Signez la pétition et soutenez/rejoignez l’AIRAMA qui prépare les États-généraux du protectionnisme !

Arnaud Upinsky, Président de l’AIRAMA

Contact presse : courrierposte@orange.fr et tel : 06 01 76 20 79  

 

 

 


[1] http://combats-maurice-allais.info/documents/2012-04-12_AIRAMA_L.ultraliberalisme-voila-l.ennemi_Lettre-Ouverte-a-TOUS-les-Candidats-a-la-Presidence-de-la-Republique.pdf

[2] http://www.marianne.net/63-des-destructions-d-emploi-dans-l-industrie-francaise-dues-a-la-mondialisation_a189534.html  

 

QUELS MODÈLES EN SCIENCE ÉCONOMIQUE

Quels modèles en science économique ?
Les clefs du succès économique.

Préambule :

Maurice Allais était depuis toujours un européen convaincu. Toute personne lisant sa biographie constatera, en effet, que, depuis 1951, il avait publié de nombreux livres et articles en faveur de l’union européenne. C’est en 1992, seulement, qu’il publiera un livre intitulé “Erreurs et Impasses de la Construction Européenne” et suivi d’une bonne dizaine de publications dans lesquels il attirera l’attention de ses lecteurs sur les dérives de l’union européenne.

Sûr de son analyse, Maurice Allais a considéré dès 1999 que son modèle montrait clairement que la mondialisation est la cause du chômage de masse et de la destruction de la croissance. Malgré son aura de seul prix Nobel d’économie français, et en dépit d’un soutien remarqué du Figaro, où le journaliste Bernard Bonilauri l’avait introduit, Maurice Allais a vu son message méthodiquement occulté par les média « officiels ».

Quinze ans après la publication du livre de Maurice Allais, les faits ont pleinement confirmé ses prévisions. Force est de constater que l’union européenne n’a pas tenu ses promesses. En France, le chômage est passé en 45 ans de 3 à 11%. Il faut bien en identifier les causes pour y remédier. La mondialisation a ouvert nos frontières à l’invasion des importations des pays de l’est, due à la suppression des contingents d’importation et des droits de douane. La politique menée a eu des résultats catastrophiques : explosion de la dette, augmentation de deux millions du nombre des chômeurs…

Cela était-il réellement imprévisible ? Certainement pas ! C’est ce que montre une analyse objective basée sur l’observation des faits et l’utilisation de modèles économiques.

1. La Notion de Modèle :

Quel que soit les domaines, sciences et modélisation sont intimement liés. Depuis la plus haute antiquité, les lois physiques ne sont pas autre chose que des modélisations de phénomènes déduites de l’observation des faits. Elles ont donc toujours une base expérimentale. Cette remarque s’applique aussi bien au principe d’Archimède, qu’à la loi de Mariotte, à la théorie du rayonnement du corps noir ou à l’économie.

La science économique ne peut exister qu’au travers de modèles ou lois de l’économie. Ses bases mathématiques sont très anciennes. Les travaux de Fourier visaient déjà à l’étude de séries numériques, notamment économiques. Depuis le 19° siècle, les économistes ont cherché en permanence à comprendre et à modéliser le fonctionnement du système économique grâce aux outils mathématiques à leur disposition.

En économie comme dans toutes les sciences, la connaissance conduit à l’établissement de modèles explicitant les relations entre les grandeurs observées, ici les variables endogènes du système.

Compte tenu de sa nature particulière, la science économique doit prendre en compte, non seulement des données statistiques objectives, mais aussi des éléments psychologiques liés au comportement des décideurs. Le « Paradoxe d’Allais », montre que même les scientifiques sont parfois irrationnels, mais que leurs comportements peuvent être modélisés.

Considérée dans toute sa généralité, la notion de modèle est suffisamment ambigüe pour qu’il soit nécessaire de commencer par la définir et préciser le vocabulaire. Pour bien comprendre l’apport de chaque novateur et, en particulier, celui de Maurice Allais, il est nécessaire de distinguer sa contribution au développement des trois grandes catégories de modèles qui sont utilisés conjointement en économie :

– Les modèles descriptifs qui correspondent à la simple description d’un phénomène, sans chercher à identifier un mécanisme « physique » pouvant être à l’origine des faits observés.

– Les modèles explicatif (ou illustratif selon la terminologie de Maurice Allais) décrivant sous la forme d’une boite noire une relation entre variables endogènes.

– Les modèles dynamiques qui peuvent prévoir l’évolution à court ou long terme d’un système, ici le système économique.

Comme toute science, l’économie n’a de valeur que dans la mesure où elle permet aux décideurs de prévoir les effets de leurs choix sur la réalité. L’étude d’une question particulière se fait généralement en utilisant conjointement des modèles appartenant à ces trois types.

2. Caractéristique des Modèles :

Les modèles sont construits en fonction d’objectifs variés : mise en évidence de lois statistiques, analyse du système économique, prévisions à court ou à long terme…

Les techniques de modélisation utilisées sont donc nombreuses et adaptées au cas par cas à leurs objectifs.

2.1 Les Modèles Descriptifs :

Ces modèles ne font aucune hypothèse sur la nature du système. Ils formalisent une observation des faits, sans chercher à les expliquer.

Ce type de modèle est couramment utilisé, même inconsciemment. Lorsqu’un entrepreneur extrapole de façon linéaire ou exponentielle la variation de son chiffre d’affaire, il fait appel à un modèle implicite de ce type.

Lorsqu’en 1968 Maurice Allais observe la convergence des économies mondiales vers le niveau de PIB par habitant de l’économie américaine, il utilise ce premier type de modélisation dont la validité s’est confirmée depuis de façon éclatante.

La relation linéaire entre le taux de croissance du PIB par habitant des différentes économies et leur retard par rapport à l’économie américaine est une observation remarquable, mais qu’il ne cherche pas à justifier par une théorie, conformément à son choix de s’en tenir aux seuls faits.

2.2 Les Modèles Explicatifs :

Ces modèles visent à décrire des relations entre les variables économiques et à identifier les mécanismes sous-jacents susceptibles de les expliquer.

C’est un modèle de ce type que décrit Maurice Allais dans son livre de 1999 relatif à la mondialisation. Défini de façon statique, ce modèle ne suppose aucune relation de cause à effet entre les grandeurs, mais simplement une relation entre celles-ci. Ainsi, Maurice Allais calcule dans un premier temps la réduction de la croissance et la perte d’emplois industriels à partir des séries macroéconomiques disponibles. Il peut ensuite montrer la relation linéaire entre ces deux données, puis désigner la cause commune de ces deux événements.

Le modèle décrit ainsi les relations entre les grandeurs économiques sous la forme de « boite noires » linéaires dont les coefficients sont ajustés par les méthodes classiques de moindres carrés. Ces deux phénomènes étant concomitants, il peut leur attribuer une cause commune : la mondialisation. Sur la base de ce modèle purement statistique, il peut affirmer « l’évidence empirique » de l’existence de cette cause commune.

Cette méthode présente l’avantage d’être totalement neutre par rapport aux théories économiques.

2.3 Les Modèles Dynamiques :

Ces modèles visent à prévoir l’évolution du système économique. Pour cela, ils font appel à des relations causales entre les valeurs successives des différentes grandeurs. Les relations temporelles entre les variables internes du système économique et entre celles-ci et les variables exogènes doivent alors être identifiées.

Des modèles de ce type ont été développés avant même que les ordinateurs aient eu des performances suffisantes pour les mettre en œuvre.

3 L’Évolution des Modèles Dynamiques :

Une évolution technologique très rapide des moyens de calcul a fortement influencé la conception des modèles dynamiques et a marqué leur déjà longue histoire.

3.1 Les Premières Réalisation :

Depuis l’oscillateur de Samuelson en 1936, de nombreux travaux ont porté sur la modélisation dynamique de l’économie. De nombreux chercheurs ont appliqué à l’économie les méthodes développées par ailleurs dans l’étude des systèmes cybernétiques. Ils ont utilisé les techniques conçues dans le but de maitriser la conception des systèmes électroniques: la théorie des réseaux, la théorie de la contre-réaction, celle des asservissements…

Nous ne pouvons pas parler des précurseurs sans citer les travaux de Philips en 1954, Forrester en 1961 et Vallée en 1980 et de nombreux autres auteurs qui ont fait progresser la théorie.

Après les succès de l’électronique analogique, les extraordinaires progrès de la technologie digitale ont imposé le passage aux techniques numériques. Nous ne parlons plus de commande ou d’asservissements mais d’automatique.

3.2 L’Intrusion de l’Automatique Moderne :

L’automatique moderne est basée sur les idées popularisées par Kalman. Un système est décrit par un vecteur d’état rassemblant toutes les données définissant le système. Dans le cas des ensembles mécaniques il s’agit des positions, vitesses (en prenant en compte deux positions successives), et accélérations (en comparant deux vitesses, soit trois positions successives). Un calcul simple permet alors de décrire l’évolution du système au cours du temps lorsqu’il est soumis à une excitation exogène.

Par exemple, un pendule sera défini par ses moments d’inertie, ses vitesses de rotation et les forces qui lui sont appliquées. Il est alors facile d’écrire la matrice donnant, à partir des valeurs actuelles du vecteur d’état, les nouvelles valeurs de ses paramètres au bout d’un incrément de temps dt. Ceci permet de décrire simplement le mouvement du pendule. Cette méthode générale de l’automatique moderne permet ainsi de prédire l’évolution d’un système mécanique et de le piloter. Elle semble parfaitement adaptée à l’étude de l’économie dont les variables sont les suites de données correspondant aux séries économiques.

Est-il pour autant raisonnable d’abandonner les notions fondamentales des techniques anciennes, issues de l’ère analogique, pour adopter les seules méthodes de l’automatique ?

Dans quelles conditions ces techniques nouvelles permettent-elles de réaliser des simulateurs reproduisant l’évolution du système économique ?

3.2.1 Un Exemple : Le Modèle Metric :

Comme de nombreux modèles récents, le modèle METRIC de l’INSEE, publié pour la première fois en 1977, adopte une méthode appliquant les concepts de l’automatique moderne. Il utilise alors les toutes nouvelles séries trimestrielles de l’INSEE qui permettent une meilleure connaissance temporelle des données économiques.

Ce modèle identifie les relations temporelles entre les données économiques. Conçu pour effectuer des prévisions, il calcule l’ensemble des variables endogènes à un instant donné à partir de leurs valeurs au trimestre précédent. À chaque pas, les valeurs des séries économiques constituent le nouveau vecteur d’état du système. Le modèle prévoit d’introduire, en tant que de besoin, des variables exogènes, par exemple le taux de change.

Ce premier modèle trimestriel présente malheureusement de nombreuses lacunes. Il n’a été ajusté qu’en prenant en compte une période d’observation de 5 ans, durée beaucoup trop courte pour que l’ensemble des situations rencontrées pendant un cycle économique (par exemple le cycle de Juglar) n’aient pu être observées.

Il n’est donc pas surprenant qu’il dérive très rapidement lorsqu’il est utilisé dans le mode prévisions économiques, en dehors de la période d’apprentissage.

Selon le document publié par l’INSEE, en mode prévision, et sur seulement deux années, les erreurs du modèle METRIC augmenteraient rapidement. La prévision était donc limitée à 8 trimestres. Compte tenu de toutes ces contraintes, cette modélisation ne pouvait conduire à des prévisions à long terme.

Cette approche, de type automatique, n’aurait pu être valide à long plus terme que si le modèle avait identifié l’ensemble des paramètres internes du système économique, qu’ils soient accessibles ou non à la statistique. En effet, les méthodes numériques standards d’estimation des fonctions de transfert ne sont pas adaptées au cas des séries économiques, même trimestrielles.

Il est raisonnable de penser avoir identifié la totalité des paramètres d’un système mécanique comme un pendule, un navire ou un robot, en construisant un vecteur d’état comportant le dernier échantillon et les deux échantillons précédents des paramètres, ce qui permet d’estimer leurs vitesses de variation et leurs accélérations.

Il serait présomptueux de prétendre tout savoir sur l’économie française et sur ses relations avec le reste du monde en ne prenant en compte que les dernières valeurs des séries économiques. Rien ne permet de dire, à priori, si des estimations basées sur quelques trimestres seraient meilleures.

Si trois échantillons successifs suffisent à traiter la dynamique d’un ensemble mécanique, comment savoir combien il en faudrait pour traiter correctement le système économique ? Les fluctuations aléatoires des statistiques trimestrielles, analogues au bruit des systèmes électroniques, ne risquent-elles pas de rendre cette méthode totalement illusoire ?

3.2.2 Le Mur de la Complexité :

Initialement, en 1975, le modèle METRIC de l’INSEE comportait 450 équations et 250 variables exogènes. En 1979, le nombre d’équations était passé à 886 et le nombre de variables exogènes à 350.

La complexification inutile des modèles a été parfaitement illustrée par Maurice Allais dans son livre sur la mondialisation de 1999. Il dit : « Une telle erreur est parfaitement illustrée par le Modèle RUNS de la Banque Mondiale qui pour être compréhensif est amené à considérer 22 régions, 20 produits, et 8 périodes, et finalement 77.000 variables. En réalité, un tel modèle n’a aucune signification ni économique, ni économétrique. »

La conception des modèles économiques souffre ainsi d’un vice congénital propre à toutes les simulations numérique. Les ingénieurs cherchent à décrire de plus en plus finement le système à évaluer dans l’espoir de fournir des résultats de plus en plus précis. Contrairement à leurs attentes, ils n’arrivent qu’à rendre leurs résultats inintelligibles et donc leurs études non concluantes.

3.3 Le Modèle Oméga :

Publié en 1990, le modèle Oméga (nommé ainsi en référence à la pulsation ω des signaux périodiques), a été conçu de façon à éviter ces écueils.

Sans entrer dans les détails de sa conception, il est intéressant de noter les options originales qui ont présidé à sa conception :

– Les fonctions temporelles reliant entre elles les variables sont des fonctions en temps continu. Ceci permet de changer librement le pas temporel des séries de données : annuel, trimestriel, ou même mensuel sans avoir à modifier le modèle.

– La représentation de ces fonctions par une somme de fonctions mathématiques standard permet de les contrôler facilement. Ceci est important, puisque toutes les fonctions intervenant dans un prédicteur doivent être causale et avoir un comportement à long terme particulier.

– Le nombre des variables a été réduit au strict minimum.

– Le choix des fonctions temporelles incluses dans le modèle a tenu compte des grandes avancées de la science économique, par exemple la théorie de cycle de vie.

3.3.1 Test sur la Rupture de 1974 :

Initialement annuel, le modèle Ω devenu modèle Oméga-Allais fonctionne parfaitement sur des séries trimestrielles. Initialisé par les seules valeurs du PIB, une réduction de la part de la demande intérieure due à un excès des importations par rapport aux exportations conduit à la réduction de la croissance attribuée par Maurice Allais à la mondialisation.

L’utilisation du modèle permet de mettre en évidence le mécanisme conduisant à la réduction de la croissance. La courbe bleue correspond au PIB observé, la courbe rouge à la prédiction, les droites vertes pointillées aux croissances moyennes.

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Cassure de 1974.

Ceci montre qu’une ouverture des marchés conduit à une réduction de la demande intérieure, donc des investissements nationaux, et produit la cassure de 1974. Ainsi, le modèle « Oméga-Allais » montre clairement qu’une réduction de l’investissement dans une économie conduit naturellement à une réduction à long terme de la croissance, voire à une récession qui s’auto-entretien.

3.3.2 La Cassure de 2007 :

De même, le modèle reproduit la cassure de 2007. Le déséquilibre de la balance des investissements, observée par la Banque de France de 1999 à 2001 au moment de l’entrée dans l’euro, correspond ans plus tard avec le décrochement de l’économie 8, c’est à dire avec le retard correspondant au cycle de Juglar dont l’origine endogène est ainsi confirmée.

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La cassure de 2007 :

(Toutes les valeurs sont en Euros 2005. La courbe bleue est le PIB trimestriel observé, la courbe rouge est le comportement naturel du modèle, la courbe verte est celle correspondant à un désinvestissement fait à partir de 2007. Il apparaît que celui-ci correspond au manque d’investissement observé par la Banque de France en 2000-2001).

3.3.3 Des Résultats Saisissants :

Le modèle illustratif de Maurice Allais présenté dans son livre de 1999 montrait clairement que la mondialisation est la cause du chômage de masse et de la destruction de la croissance. De ce fait, il n’avait pas à poursuivre sa démonstration en construisant un modèle dynamique susceptible de quantifier les conséquences à long terme des décisions politiques erronées de l’UE.

Poursuivant et prolongeant l’œuvre de Maurice Allais, le modèle dynamique « Oméga », établi en 1990 pour décrire une économie fermée, devait être adapté pour rendre compte de la mondialisation. Aujourd’hui, le modèle « Oméga-Allais », confirme parfaitement les conclusions faites en 1999 par Maurice Allais. La modélisation ainsi faite de l’ouverture à la mondialisation décrit parfaitement la cassure de 1974 et l’explosion du chômage.

Ce travail confirme un point essentiel : pour être intelligible, un modèle destiné à faire des prévisions économiques à long terme doit être le moins complexe possible. Le nombre de variables endogènes et exogènes doit être le plus réduit possible. Pour que les résultats soient exploitables, les entrées doivent être regroupées en fonction de leurs effets sur le système. Seulement quelques paquets de variables, ou variables macroscopiques, sont alors considérés par le modèle.

N’oublions pas que les mathématiques et les ordinateurs doivent être au service des économistes et non l’inverse. La complexité excessive d’un modèle ne doit pas rendre inintelligible son fonctionnement. Le modèle Oméga-Allais y parvient en ne retenant que les paramètres clefs.

Quinze ans après la publication du livre de Maurice Allais sur la mondialisation, les faits ont pleinement confirmé ses critiques injustement occultées. Très convivial, le modèle dynamique Oméga-Allais, permet de visualiser de façon saisissante l’effet à long terme des politiques économiques. Il constitue ainsi un outil à mettre à la disposition des décideurs.

4 Conclusion :

Ce survol des méthodes de la science économique montre à l’évidence que les critiques des choix de l’union européenne et de la mondialisation faites par Maurice Allais depuis 1992 avaient des bases réellement scientifiques.

Il est urgent que la science économique reprenne sa place dans le discours politique et qu’elle puisse ainsi éclairer les responsables et les opinions publiques, redresser l’activité du pays, la croissance, et vaincre enfin le fléau de la désindustrialisation et du chômage.
Toutefois, les apports de Maurice Allais ne pourront être pleinement reconnus, pris en compte et surtout mis en application que si un forum permet à l’élite des économistes d’échanger, dans son sillage, leurs points de vue et de confronter leurs résultats, avec les différents acteurs clefs, notamment politiques. Canal historique des « Combats de Maurice Allais », chargée de la défense et de la reconnaissance de son œuvre de salut public toujours ostracisée par la sphère politique, l’AIRAMA a vocation à être le pôle fédérateur de cette « Reconquête » du politique par la pensée économique.

Conférence de Presse « Indicateur Oméga-Allais »

L’ Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais, l’AIRAMA, a tenu début juillet une conférence de presse à la Maison de L’Amérique Latine de Paris :

Maison de L’Amérique Latine côté  jardins-restaurant
Maison de L’Amérique Latine côté jardins-restaurant

pour procéder au lancement de l’ « indicateur Oméga Allais », développé par Pierre Fuerxer en vue de chiffrer précisément, en termes de perte d’emplois et de croissance, le coût de la politique gouvernementale de rejet du « protectionnisme intelligent » de notre seul prix Nobel d’économie, Maurice Allais,

Conférence de Presse, Modèle-Oméga-Allais

L’AIRAMA,  « canal historique des combats de Maurice Allais » regroupant le premier cercle des économistes agissant pour la reconnaissance de ses apports,  et visant à regrouper l’élite de l’École française des nouveaux économistes œuvrant dans son sillage à défendre la vision du seul prix Nobel d’économie qu’a eu la France.

Déjà à l’occasion de l’élection présidentielle de 2012,  dans sa lettre ouverte du 12 avril 2012 (ci-dessous), l’AIRAMA, s’exprimant par la voix de l’autorité scientifique internationale la plus qualifiée de notre prix Nobel d’économie, avait lancé un vibrant appel aux dix candidats de cette élection cruciale de dire « L’ultralibéralisme voilà l’ennemi ! », « Oui à la relance de la « protection compétitive » des trente glorieuses ! » Seul, le Président Nicolas Dupont-Aignant avait alors répondu positivement à cet appel de salut public. Réponse qu’il a confirmée en apportant ses encouragements et son soutien au lancement de l’Indicateur Oméga – Allais,  lors de la Grande conférence de presse du 9 juillet 2013  à la Maison de l’Amérique latine (cf. vidéo ci-dessous).

Antoine Brunet, expert en analyse stratégique, co-auteur du livre « La visée hégémonique de la Chine » et Philippe Murer, économiste et professeur de finance à la Sorbonne, ont par ailleurs pointé les risques du libéralisme à outrance, face à la politique économique agressive de l’Empire du milieu.

Les Indicateurs clefs du modèle Oméga Allais, d’évaluation de la politique gouvernementale de refus de l’évidence empirique du protectionnisme de M.  Allais.

Sur la base de l’application d’une politique protectionniste supposée effective dès l’élection de F. Hollande permettant au minimum l’équilibre de la balance commerciale :

1) Depuis l’élection de F. Hollande, coût minimum en manque à gagner de la politique gouvernementale non-protectionniste :

déjà une perte 2,8 % de PIB
déjà une perte de 800 000 emplois

2) À l’horizon des présidentielles 2017, la réduction de la dette en 22,5 ans, sans intérêt, avec un remboursement de 20 milliards par trimestres conduirait fatalement à :

22 % de réduction du PIB en 2017, fin du quinquennat Hollande
plus 12 % (3 % par an) de baisse des revenus, à condition que l’indemnisation du chômage soit fortement réduite.

Autant dire que le remboursement de la dette est inconcevable et n’est d’ailleurs pas dû (cf. communiquées AIRAMA de campagne présidentielle).

Sur les 100 milliards du MEDEF, nous sommes toujours en attente des informations que nous avons demandées à P. Gattaz, pour les injecter dans le modèle OMEGA Allais.


Grande conférence de Presse de Lancement
Maison de L’Amérique Latine
9 Juillet 2013

Maison de l'Amérique Latine


La Science Économique Rentre en Politique !
Un Dispositif Dérisoire de Bruxelles Face à la Chine et Chiffrage du Coût du Refus de la Solution Protectionniste de M. Allais

 

Pourquoi cette conférence de Presse

Devant le désastre de la crise de 29

  • M. Allais disait « À quoi sert la connaissance , si elle ne permet pas de transformer la condition des hommes »
  • Mais pour changer, il faut la Science, les Média (faire savoir) et la Décision politique qui lui ont manqué
  • Alors si le Politique ne veut pas rentrer en science, la Science doit rentrer en politique ! Comment faire ?

Élections Présidentielles 2012 : interpellation des candidats pour prendre date / solutions

  • Lettre ouverte à tous les candidats (L’ultralibéralisme voilà l’ennemi)
  • Trois communiqués (Europe Titanic, Mensonge d’État, Déni de démocratie)

Grande conférence de presse de lancement

1) Par le sujet, le scandale des scandales de l’après-guerre : le défi des défis aux les trois idoles d’aujourd’hui, la Science (Allais), la Liberté d’Expression (Média), la Démocratie ; le verrouillage médiatico-politique interdisant à la solution globale de Maurice Allais d’être appliquée pour stopper destruction de la croissance et des emplois, le rapport entre la sphère politique, la science et son respect, le fait que le Politique doit respecter la Science et la Démocratie. Négationnisme total.

2) Par l’ambition d’évaluer l’impact chiffré de la décision de politique économique gouvernementale (plus d’effet d’annonce mais affichage du résultat des réactions en chaîne. (Leibniz : ne discutez plus)

3) Par les résultats du modèle, le coût de la non application du protectionnisme (croissance, chômage), l’impossibilité de rembourser une dette que nous ne devons pas et qui ne correspond à rien (N. Sarkozy). Sanction du politique. Ne peut plus dire : « Nous ne savions pas ! » 1999 (M. Allais), 4 mai 1992 (P. Bérégovoy) et « les États-Unis d’Europe , c’est les États-Unis en Europe » (cf. Le syndrome de l’ortolan, Upinsky, 1997) ) Appel à secouer le joug des écrivains mercenaires ! Levier Mathématique.

Calcul d’impact et notation de la politique économique gouvernementale

Responsabilité collective de l’élite française des nouveaux économistes (cf. communiqués)

Vers un contre-gouvernement scientifique ? Une nouvelle Direction, de nouvelles valeurs vraies (conformes aux trois dogmes) ce sont de nouveaux hommes. Le refus de l’évidence protectionniste est un critère d’exclusion rédhibitoire à la future élection présidentielle

  La conférence en Vidéo

 

Les documents importants

Arnaud-Aaron UPINSKY1) Introduction : A. Upinsky, Président de l’AIRAMA (Auteur de Lettre ouverte à ceux qui croient (encore) que l’Europe c’est la paix, Albin Michel, 1992, et Le Syndrome de l’ortolan O.E.I.L./ F.-X. de Guibert, 1997)

 

Philippe Bourcier de Carbon2) Le protectionnisme « intelligent » de M. Allais : P. Bourcier de Carbon, Président-fondateur de l’AIRAMA, démographe, économiste.

 

Antoine Brunet3) La marche à l’hégémonie de la Chine valide la vision de Maurice Allais : Antoine Brunet, Expert en analyse stratégique, Coauteur avec Jean-Paul Guichard de « La visée hégémonique de la Chine », L’harmattan Janvier 2011 (neuf éditions en langues étrangères)

  • Télécharger en PDF

Philippe Murer4) Le non-sens de la transition énergétique sans protectionnisme : Philippe Murer, économiste, professeur de finance à la Sorbonne et membre du forum http://forumdemocratique.fr

 

Pierre Fuerxer5) Indicateur Oméga Allais. Pierre Fuerxer, concepteur. Modélisation de l’économie à partir des comportements des acteurs, et non de données abstraites. Calcul de l’impact de la politique gouvernementale (libre-échangiste ou protectionniste). Chiffrage en perte d’emplois et de croissance depuis les présidentielles jusqu’à la fin du mandat 2017. Suivi de la « notation » de la politique gouvernementale.

 

Nicolas Dupont_Aignan6) Nicolas Dupont-Aignant avait répondu à la Lettre Ouverte de l’AIRAMA, adressant via cette vidéo tous ses encouragements et son soutien.