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Quelles prévisions faire pour 2023 ?

Prévisions Économiques 2018-2023

 

Introduction :

            Le modèle Oméga-Allais, a été testé sur la période 1949-2005. Il a permis de faire des prévisions économiques à 5 ans sur la base de quelques séries statistiques fondamentales comme le PIB et le niveau de l’investissement. Depuis, le contexte mondial a beaucoup évolué. Est-il encore possible de de prévoir à 5 ans ou plus l’évolution de notre économie ?

Rappel des prévisions faites fin 2014 :

            Dans le document intitulé « Une reprise réelle ou fictive », publié en 2015, il y a trois ans, je prévoyais une baisse à terme du PIB. Celle-ci était faite à partir  de séries économiques en base 2005 publiées par l’INSEE. Ces prévisions étaient les suivantes (figure 1) :

 

Figure 1 : Prévisions faites à partir de fin 2014.

 

  • La courbe verte correspond aux valeurs de PIB en base 2005 publiées en 2014 par l’INSEE.
  • La courbe bleue était la prévision faite à partir de 2005, en tenant compte de la fuite des capitaux publiée par la Banque de France (valeurs annuelles connues jusqu’en 2010). Ces prévisions étaient validées jusqu’en 2015, soit sur 10 ans.
  • La courbe rouge était une prévision supposant la fuite des capitaux terminée après 2010. Compte tenu du délai moyen entre les décisions d’investir et la croissance de la production, l’économie était alors supposée libre de toute influence extérieure postérieure à 2010.

Évidemment, ces prévisions  supposaient  la constance des influences conjoncturelles extérieures : croissance de la dette, taux d’intérêt, prix du pétrole qui, pour certaines ont un effet quasi immédiat…

            Personne n’ignore que depuis fin 2014 des événements importants ont eu lieu. Il convient donc d’expliquer les différences entre ces prévisions et les données réelles. L’évolution du contexte international et d’autres facteurs comme le niveau de la dette extérieure de la France expliquent-ils les écarts observés ?

 

En 2014, la conjoncture était exceptionnellement favorable. Malgré cela, le modèle Oméga-Allais continuait à prévoir une forte baisse du PIB. L’optimisme des responsables économiques était-il justifié ? Pouvaient-ils baser une politique économique sur le seul respect (plus ou moins strict) des critères de Maastricht ?

 

L’évaluation des performances de l’économie :

            Les performances de notre économie ne peuvent être évaluées que sur la base des données statistiques publiées par l’INSEE. Celles-ci semblent meilleures que les prévisions faites fin 2014 par le modèle Oméga-Allais. Ne devons-nous pas expliquer ces différences et évaluer nos critères d’évaluation ? Rendent-ils compte fidèlement de la réalité ?

Les critères de Maastricht :

            La politique économique de la France  a été jugée en fonction du respect des critères de Maastricht. Leur objectif essentiel semble avoir été d’assurer la stabilité des prix et de la monnaie. Nous ne retiendrons que les deux suivants applicables aux pays de la Zone Euro :

  • La dette du secteur public devait être inférieure à 60% du PIB.
  • Le déficit public devait être inférieur à 3% du PIB.

Ces critères avaient-ils une réelle valeur macroéconomique ? Pouvaient-ils assurer une convergence des économies des pays de la Zone Euro ?

Les critères de gestion prudente d’un particulier :

            Un particulier prévoyant veille à ne jamais dépenser plus qu’il ne gagne, même s’il accepte parfois d’emprunter, par exemple pour faire de gros achat. À tout instant, il arbitre entre les différents postes de dépenses en fonction de ses objectifs à court et à long terme.

            Un état souverain fait de même, mais les choix de ses nombreux citoyens restent libres. Il ne peut qu’ajuster les taux de changes et la répartition des impôts de façon à mener les particuliers et les entreprises à contribuer, de gré ou de force, à sa politique économique. Ces deux moyens d’action sont complémentaires et tous deux indispensables à la conduite d’une politique économique.

            Un état comme le nôtre, ayant renoncé à sa souveraineté monétaire, ne peut plus avoir de politique économique indépendante et doit se soumettre totalement à une autorité supérieure, l’Union Européenne.

Qu’étaient les objectifs des critères de Maastricht ?

            L’autorité supérieure à laquelle se soumettent nos gouvernements est clairement l’Union Européenne. Il s’agit du « Maitre de la monnaie« , c’est-à-dire, comme le disait François Mitterrand lors de sa compagne électorale : Du monde de la finance !

            Il faut bien admettre que les critères de Maastricht étaient destinés à protéger les intérêts de cette autorité supérieure. Ils ne sont, en fait, que les critères de solvabilité que tout prêteur exige de ses débiteurs. Le déficit maximum de 3% limite la capacité instantanée d’endettement des états.  La limitation de leurs dettes à 60% du PIB imposait une limite à leur endettement global.

Ces critères ne peuvent, en aucune manière, conduire à une convergence des économies des pays de la Zone Euro !

Des critères réellement économiques :

D’autres critères sont largement utilisés par les économistes. Le plus connu est le niveau de la dette. La dette accumulée est-elle insupportable ?

            Les dernières données publiées par l’INSEE font apparaître une dette qui s’emballe (figure 2). Le taux de 60% du PIB est dépassé depuis 2008 !

Figure 2 : Dette extérieure selon l’INSEE.

 

            Entre 1995 et 2010, la dette augmentait en moyenne de 12,5 Milliards par trimestre (figure 3). Depuis 2010, elle augmente de 20 Milliards par trimestre. Est-il raisonnable de devoir bientôt  plus que son revenu annuel ?

Figure 3 : Variation du PIB  corrigé.

En pointillé : valeur publiée. En rouge : valeur corrigée de la croissance de la dette.

 

            Une autre donnée observée avec attention est le déficit de la balance commerciale. Son déficit courant de plus de 60 Milliards par an est proche de la croissance de la dette. Ces montants  correspondent à un PIB fictif qui s’ajoute au PIB réel.

En effet, un particulier qui emprunte une somme X peut faire des achats à concurrence de cette même somme. Il dispose en effet d’un revenu fictif qui conduit pour une part à une demande intérieure, donc une production, et pour le reste à des dépenses à l’étranger.

Pour un état disposant de sa pleine souveraineté, cet excès de dépenses conduirait à une inflation, qui est finalement un impôt sur tous les dépôts bancaires, payé par tous les citoyens.  Dans le cas des états de la Zone Euro, cet excès de dépense se traduit par un déficit extérieur, la dette correspondante correspondant au déficit commercial. Au lieu d’accepter une dépréciation de leur monnaie, les nations contractent une dette qu’elles devront un jour rembourser.

La privatisation de l’ÉTAT !

               Maurice Allais avait montré qu’une part de la dette Publique est injustifiée. En effet, tant que notre pays était souverain, il pouvait ajuster la masse monétaire en fonction des besoins de l’économie. S’il dépensait trop, il pouvait ajuster le taux de change et ainsi rétablir les grands équilibres au prix d’un impôt discret prélevé sur les dépôts bancaires.

            Depuis 1974, l’état n’a plus le pouvoir d’ajuster la masse monétaire. La création monétaire est faite par des banques privées, ce qui correspond à une réelle perte de pouvoir. Ainsi, les nations perdent le contrôle de leur économie !

            Le « capital » de l’état est ainsi progressivement « privatisé ». Que penseriez-vous d’une société sans capitaux propres ?

 

De nouveaux obstacles à la prévision économique :

Il est évident que l’établissement de statistiques précises est une condition sans laquelle il est impossible d’établir des prévisions économiques à long terme fiables. La perpétuelle modification des bases statistiques récemment introduite dans les publications de l’INSEE est un obstacle réel à l’établissement de prévisions économiques.

 

Pour toutes ces données, nous avons observé une évolution de plus en plus rapide des bases statistiques:

  • Dans une note explicative, l’INSEE expliquait en parlant de l’évolution du PIB«  Les comptes nationaux procèdent régulièrement à des changements de base. Après les « bases » « 1995 », « 2000 » et « 2005 », les comptes nationaux sont passés le 15 mai 2014 à la « base 2010 ». C’est une source importante de révision des agrégats macro-économiques publiés jusqu’alors,… ».
  • L’INSEE ajoutait : « Mais cette année, les changements sont plus importants qu’à l’accoutumée. En effet, les concepts qui gouvernent l’établissement de ces chiffres ont fait l’objet d’un toilettage, ce qu’on appelle dans la terminologie des comptes nationaux un « changement de base ». Cela signifie que la définition exacte de nombreuses données et le contour de tous les grands agrégats (PIB, consommation, investissement, solde des administrations publiques, etc.) sont modifiés. Corrélativement, le niveau et, dans une moindre mesure, la chronique de ces données sont modifiés sur l’ensemble de la période couverte par les comptes nationaux, c’est-à-dire depuis 1949… ».
  • Ensuite l’INSEE expliquait : « En base 2010, l’Insee comptabilise par exemple en investissement les sommes que les agents économiques (entreprises privées, mais aussi organismes publics) dépensent pour la R&D, alors qu’elles étaient jusqu’à présent comptabilisées en consommations intermédiaires … »
  • Enfin l’INSEE ajoutait : « Il résulte de l’ensemble des modifications apportées une révision substantielle à la hausse du niveau du PIB (+ 3,2 % en 2010, soit + 61,8 Md€) pour un impact nettement plus modeste sur les taux d’évolution».

 

Depuis, les bases changent et se diversifient, et toutes les années de référence apparaissent… Le travail de prévision à long terme devient ainsi de plus en plus difficile.

Est-il encore possible de faire confiance aux statistiques officielles ?

 

Des prévisions pour 2023 ?

            Évidemment, les prévisions  faites en 2015 supposaient  la constance des influences conjoncturelles extérieures : croissance de la dette, taux d’intérêt, cours mondiaux qui ont un effet quasi immédiat…

            Elles supposaient également la stabilité des bases statistiques nécessaires à une bonne prévision. Qui peut croire que nous puissions avoir longtemps une croissance en valeur réelle de 0,15% par trimestre, soit en 2018 de 3 Milliards en valeur réelle, une dette qui progresse par an de 80 Milliards, un déficit commercial de plus de 60 Milliards et une fuite des capitaux de 20 Milliards par an ?

Une économie apparemment stabilisée :

En fait, il apparaît clairement une cohérence troublante entre ces chiffres. Tout se passe comme si 60 Milliards de production étaient sous-traités à l’étranger.

  • Nous importons 60 Milliards de denrées,
  • Nous exportons plus de capital que nécessaire, selon les paramètres du modèle Oméga-Allais (1/5 de cette production).
  • Notre dette augmente plus chaque année de la différence entre ces deux sommes.

Comme nous l’avons montré précédemment, (cf. : Le chômage importé), la politique  économique menée depuis déjà longtemps est directement responsable du chômage excessif dont souffre notre économie.

Pendant combien de temps accepterons-nous de compléter par des importations l’écart entre la production nationale et les revenus distribués à nos compatriotes ? Que se passera-t-il lorsqu’on nous demandera de rembourser la dette ?

 

Sous réserve de l’effet des modifications des bases statistiques, la valeur du PIB semble stabilisée en croissance régulière. La réalité semble bien différente.

 

      Figure 4 : Évolution du PIB :

  • Courbe rouge : PIB en base 2005.
  • Courbe bleue : PIB en base 2010.
  • Courbe verte : PIB en base 2014 (recalée de -4%).

 

Les valeurs annuelles du PIB présentée en 2018 sont supérieure de 4% par à celle présentées en 2015 en base 2005. Comme l’a démontré le prédicteur Oméga-Allais, cette évolution des statistiques interdit de faire des prévisions fiables. Pour ce faire, il est en effet nécessaire de disposer de données cohérentes sur une période d’au moins 15 années.

Il faut également nécessaire de connaître la fuite des capitaux sur la même période.

Figure 5 : Écart entre les données en base 2005 et 2014.

 

Cet écart de l’ordre de 10% du PIB entre les bases statistiques 2005 et 2014 ne peut que résulter de modifications très importantes du mode de calcul. Changer en permanence les bases statistiques revient à se boucher les yeux sur l’économie réelle !

Adapter les agrégats à l’évolution de l’économie est essentiel. Pour les transports, le pétrole a remplacé le fourrage ! Mais la baisse au cours du temps du prix des nouveaux produits et services ne doit pas cacher la hausse des autres.

 

Un avenir très sombre :

            L’évolution de notre économie est extrêmement préoccupante. La consommation est dopée par la croissance de la dette. Nous sommes dans une spirale infernale. Toute réduction de la croissance de la dette réduirait sensiblement le niveau de vie de nos concitoyens, puis conduirait à une réduction corrélative des investissements internes.

            N’envisageons même pas les conséquences qu’aurait une tentative de réduction de celle-ci.

            Les aviateurs connaissent la chute en vrille, seule figure d’acrobatie aérienne inconditionnellement stable, et dont il est difficile de sortir. Nos dirigeants semblent ne pas comprendre que la politique actuelle conduira à un surendettement catastrophique pour notre économie.

Enfin, réfléchissons à l’origine de cette dette qui peut se décomposer en deux parties bien distinctes : Une fluctuation aléatoire  à moyenne nulle et une dette systémique correspondant à un transfert de souveraineté des nations à des organismes supranationaux, ou même privés, qui ne défendent que leurs intérêts.

 

Figure 6 : Dette publique depuis 1973.
Extrait du rapport Pucci-Pinel.

 

À la suite d’André Jacques Holbecq qui dit dans son livre (La dette publique, une affaire rentable) un rapport de 2010 montrant l’évolution de la dette publique depuis 1973, attachons nous à séparer cette dette en deux parties : une dette fluctuant à court terme indispensable au fonctionnement de l’état, d’une dette systémique qui était alors quasi nulle.

 

            Souvenez-vous. Nous sommes rentrés dans cette spirale infernale vers 2009. C’est-à-dire peu après la signature du traité de Lisbonne !

            Les français n’avaient-ils pas eu raison de répondre NON au référendum de 2005 ?

 

 

Pierre FUERXER

Membre de l’AIRAMA.

 

 

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Le financement de l’économie

Une nécessité économique

Pour prendre en compte les contraintes financières, le prédicteur économique OMEGA original doit être complété par un modèle financier.

En effet, de façon à clarifier l’analyse  du système économique, ce modèle avait été construit sur des « données réelles » supposées indépendantes des fluctuations monétaires. À ce stade, il était évidemment hors de question de tenter de décrire de façon détaillée tous les mécanismes financiers intervenant dans une économie nationale en interaction avec le reste du monde.

Figure 1 : Structure de modèle complet.

Le modèle initial a donc été complété en maintenant autant que possible un choix fondamental : séparer le plus possible les aspects économiques et financiers. Le prédicteur Oméga est lié par seulement deux entrées à un modèle financier : l’incitation à investir et l’incitation à consommer.

Le modèle décrit simplement les réponses temporelles du système économique à ces incitations. Elles ont montré que toute mesure autoritaire conduit à une modification transitoire de l’investissement et de la consommation.

Le modèle OMEGA, ainsi complété, a clairement démontré que seule l’augmentation de la part de l’investissement dans le revenu national permet d’augmenter la production et de conduire à une croissance durable. Comment l’état peut-il intervenir dans ce partage des ressources entre consommation et investissement ? Nous devrons distinguer deux cas bien différents.

Des lois économiques incontournables

Pour préciser le propos, considérons un agriculteur de l’âge de pierre tirant ses revenus de la culture du blé. Il vit dans une société ignorant la notion de monnaie et des prestations sociales. Il apporte sa contribution à la vie de son village. S’il se rend compte que son groupe a besoin de davantage de blé, il sait qu’il doit défricher davantage de terrain puis le mettre en culture. Il s’investit dans cette tâche avant de tirer quelque profit de son travail. Il sait parfaitement qu’il va devoir travailler plus et qu’il devra conserver plus de semences. Sa production sera alors transitoirement réduite.

Aujourd’hui, la présence de la monnaie rend les choses moins visibles, mais ces lois économiques restent incontournables. Le modèle Oméga décrit une relation statistique entre investissement et production.

Considérons un investissement exceptionnel intervenant au cours d’une période donnée. Nous supposons que les dépenses correspondent à la courbe gaussienne en pointillés bleus dans la figure 2. La production résultant de cet investissement correspond à la courbe rouge. Elles conduisent au versement de salaires, donc à augmentent les revenus. La demande totale est donc la courbe de droite en bleu, somme des deux précédentes.

Figure 2 : Effet d’un investissement exceptionnel au cours du temps en années.

  • Courbe pointillée bleue : Investissement exceptionnel,
  • Courbe rouge : Production,
  • Courbe bleue : demande totale.

Le modèle Oméga rend compte de ce mécanisme fondamental.

Figure 3 : Effet d’un investissement au cours du temps en années.

  • Courbe en pointillé bleu : dépenses d’investissement,
  • Courbe rouge : Production induite pas l’investissement.

En supposant la production des biens de consommation et d’investissement effectuée par des entreprises différentes, les revenus des premiers subissent une réduction temporaire (figure 4).

Figure 4 : Revenu des industries produisant des biens de consommation.

Le revenu de ceux-ci subira donc une réduction temporaire (Figure 5).

Figure 5 : Réduction transitoire des revenus au cours du temps (en années).

  • Courbe rouge : Investissement total,
  • Courbe pointillée bleue : production nouvelle,
  • Courbe en tirets verts : Bilan temporel.     

Ceci n’est pas différent de ce qui se passait dans le village de notre agriculteur à l’âge de pierre. Cependant, l’introduction de la monnaie, nécessaire aux échanges dans une société moderne va tout changer.

Cette monnaie, crée par une autorité, la nation puis des entités supranationales, et acceptée comme moyen de valorisation des produits et services va apporter beaucoup de souplesse, mais aussi permettre de nombreuses manipulations. Elle va, en particulier effacer la réduction temporaire du revenu perçu par notre agriculteur, mais cela ne se fait pas sans contrepartie.

Pour modifier la part des investissements dans le revenu national, l’état dispose de très nombreux moyens : des mesures fiscales, des subventions… Tous ces moyens d’action conduisent à des transferts de richesse entre les acteurs économiques, tant investisseurs que consommateurs. Les conséquences de ses décisions dépendent fortement du monde financier.

Selon le groupe homogène concerné, nation solidaire, ensembles régionaux et bientôt au monde entier, l’usage de la monnaie va être différent. Dans tous les cas, elle sera un élément fondamental de la politique économique. Les états perdront progressivement leur rôle et dépendront de leur environnement.

Les modes d’action de l’état souverain

Un tel état dispose de sa propre monnaie. Il régule ses échanges avec les autres états grâce à des taux de changes ajustés régulièrement. Ceci lui permet d’équilibrer ses échanges extérieurs. Il n’a donc pas de  dettes extérieures.

Toutes les actions de cet état conduisent à arbitrer entre les différents groupes de pression et à promouvoir une politique économique cohérente. Toute son action consiste à ajuster les deux paramètres d’entré du modèle Omega : l’incitation à investir et l’incitation à consommer.

De plus, cet état dispose du droit de modifier la quantité de monnaie en circulation, ce qui lui permet d’agir sur l’évolution des prix. À cette fin, il peut créer de la monnaie « ex-nihilo » et utiliser librement ce droit pour ajuster son volume aux besoins de l’économie, ou financer des dépenses imprévues. Toutefois, il ne doit,  en aucun cas, engager des dépenses injustifiées, ce qui provoquerait l’hyperinflation tant redoutée des épargnants.

Lors d’une période d’investissement exceptionnelle, un tel état peut maintenir le revenu nominal des citoyens puis restituer leurs revenus à ceux qui ont été lésés lorsque la croissance de la production le rend possible.

Les modes d’action d’un état ne contrôlant pas sa monnaie

Il s’agit des états ayant renoncé à une monnaie nationale, donc des états appartenant à la Zone Euro. Ils n’ont pratiquement plus aucune possibilité d’intervention dans le domaine économique. Cette catégorie comprend également ceux qui, comme la France depuis 1974,  ne disposent plus du droit de battre monnaie, c’est-à-dire de créer « ex-nihilo » de la monnaie.

Contrairement aux états précédents, ceux-ci sont progressivement endettés. Il faut donc chercher l’origine de ces dettes et estimer leurs conséquences à long terme.

L’origine de la dette

Comme nous allons le démontrer, cette prérogative du prince est en effet indissociable du pouvoir économique réel.

Figure 6 : Évolution de la dette depuis 2014.

  • En rouge : Valeurs du PIB annuel en trimestres glissants.
  • En bleu : Calcul approché de la dette,
  • Tirets verts : Prévision depuis 1974,
  • En  vert : Recalage en 2004.

 

Depuis que l’état a renoncé à recevoir des avances non remboursables de la Banque de France (alors désignées par le sigle DTS : Droits de Tirages Spéciaux), il n’a pu ajuster le volume de la masse monétaire sans faire des emprunts auprès des banques privées qui ont conservé le droit de créer « ex-nihilo » de la monnaie.

Au lieu d’utiliser à cette fin « la planche à billets », l’ajustement de la masse monétaire au niveau de l’activité économique a été fait par des emprunts dont l’accumulation a conduit à la dette actuelle. De 1974 à 2010, la dette se calcule simplement en ajoutant, trimestre après trimestre, à la dette antérieure. Elle se calcule sur la base du financement nécessaire de l’augmentation du PIB, et majorée des intérêts dus sur  les sommes déjà empruntées (Il serait facile d’expliquer par les événements postérieures à 2008 l’évolution les différences observée ces dernières années).

Il est permis de se demander pourquoi nos responsables politiques, en renonçant à battre monnaie, ont créé une dette inutile, injuste et de toutes façon impossible à rembourser ?

 

Le mécanisme sous-jacent

 La remarquable corrélation entre la croissance du PIB et celle de la dette est surprenante. L’ajustement de la monnaie aux besoins de l’économie n’aurait-elle pas dû se faire autrement ? Par la seule  croissance de la masse monétaire ? 

En réalité, nous devons nous souvenir que le PIB est un flux de biens et services. La masse monétaire correspond à ce flux, mais à un stock de dépôts à court terme. Si la vitesse de rotation de la monnaie est V, exprimée en mois, trimestres ou années, nous pouvons écrire :

PIB = M x V

Pour de nombreuses raisons économiques et psychologiques, il est impératif que les prix soient stables ou en légère croissance. Que l’augmentation du PIB soit réelle  ou seulement apparente, il faut que le flux monétaire augmente dans la même proportion que celui de l’offre. Ceci ne peut être fait qu’en ajoutant un flux de demande égal à l’augmentation de celui de l’offre.

Le flux de demande correspondant entre naturellement dans la sphère financière, et ajuste la masse monétaire aux besoins de l’économie, quelle que soit sa vitesse de rotation. Il faut donc, année après année, injecter un flux monétaire égal à l’augmentation du PIB. L’état réalise cette injection monétaire de la manière la plus simple du monde, en distribuant plus d’argent qu’il n’en reçoit. Si l’état ne peut plus créer de  monnaie, les banques pourraient créer elles-mêmes la monnaie nécessaire, « ex-nihilo« , mais dans ce cas elles ne seraient pas rémunérées pour le faire et l’état n’aurait plus de dette…

Le pouvoir a changé de mains ! Sans droit de battre monnaie, un état est réduit au statut de simple citoyen. Il ne dispose  plus que d’une apparence de pouvoir régalien !

Conclusion :          

            Il n’y a pas de politique économique possible sans souveraineté. Sans souveraineté monétaire, un état doit se soumettre au bon vouloir de ses créanciers. Un état ayant retrouvé son autorité, associé à un système bancaire au servi des citoyens et des entreprises constitueraient un ensemble œuvrant efficacement au bien commun.

            Sans cette restauration de l’état, la soumission diffuse de la nation à des intérêts étrangers va progressivement toucher tous les domaines. Le libre-échange permet ma mise en concurrence des entreprises et des citoyens du monde entier.

            Nous voyons tous les jours les effets du laisser-fairisme dénoncé en son temps par Maurice Allais et bien d’autres observateurs impartiaux du monde moderne.

 

Pierre FUERXER

Membre de l’AIRAMA.

 

 

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