Le physicien :

Dès son passage à l’École Polytechnique, Maurice Allais a été passionné par la physique qui joue un rôle central dans tous les domaines scientifiques, techniques et même philosophiques ?

C’est elle qui a fait évoluer radicalement notre conception du monde. Base de la cosmologie, elle a suscité les plus célèbres controverses de l’histoire. Elle nous a fait abandonner le géocentrisme pour l’héliocentrisme, puis les théories actuelles sur les origines de l’univers ?

C’est encore la mécanique, l’optique puis l’électricité et l’électronique qui ont conduit à l’explosion des techniques qui, tout au long du vingtième siècle a transformé nos conditions de vie.

Bien que ce soit moins connu, la physique a des liens complexes avec les sciences humaines et même la philosophie. Le procès de Galilée n’a-t-il pas montré que la rotation de la Terre sur elle-même avait été rejetée pour des raisons philosophico-religieuses ?

Aujourd’hui, notre civilisation technique ne fait-elle pas les mêmes erreurs en confondant principe de relativité et théorie de la relativité, voire relativité et relativisme ?

Ces théories ne comportent-elles pas des « dogmes » choisi pour des raisons idéologiques : l’absence de tout repère privilégié, l’absence de tout milieu de propagation des ondes lumineuses, la relativité du temps, l’action retardée à distance qui viole les grands principes de la mécanique comme la conservation de l’énergie ?

Maurice Allais avait sans doute compris, comme beaucoup d’entre nous, que les bases de la physique moderne sont loin d’être aussi solides qu’on ne le dit. De plus, comme par le passé, nos théories restent influencées par des choix philosophiques et des idées à priori acceptées sans la moindre justification.

Il était donc naturel que la physique passionne un jeune Major de l’école polytechnique. Bien que les circonstances l’aient amené à se consacrer à l’économie, il n’abandonna jamais la physique.

Les expériences sur les pendules :

Dès qu’il en a eu l’occasion, Maurice allais a entrepris des expériences sur les pendules. Au dix neuvième siècle, l’expérience de Foucault avait eu un grand retentissement. On s’aperçut qu’en plus de la précession due au mouvement de la Terre, le mouvement des pendules présentait des irrégularités inexpliquées.

Le pendule de Foucault avait mis en évidences les forces de Coriolis, des perturbations minimes résultant de la rotation de la Terre sur son axe. Les pendules allient à une grande simplicité apparente, une sensibilité élevée, en raison  d’une intégration temporelle, période après période des perturbations mécaniques.

Les premières expériences de Maurice allais sont financées par un mécène privé, la compagnie Clemençon. Il sera ensuite soutenu par l’IRSID (Institut de Recherche de la Sidérurgie).

Ces expériences donnent lieu à de nombreuses communications à l’académie des sciences.

Les expériences optiques :

Il entreprend également à la demande de l’IGN (Institut Géographique National) des expériences sur collimateurs et mires optiques. Leur lancement fait suite à l’observation d’anomalies systématiques dans les opérations de nivellement et de triangulation. Maurice allais conduira avec l’IGN et l’IRSID plusieurs campagnes de mesures.

L’arrêt des expérimentations :

Maurice Allais avait pu entreprendre ces expériences grâce au soutien de mécènes, mais aussi de personnalités scientifiques de premier plan. Il recevra pour ces travaux deux prix scientifiques.

Malgré ces soutiens, l’ensemble de ses expériences a été arrêté pour des motifs divers, mais surtout en raison d’un désintérêt des milieux scientifiques, particulièrement en France. Celui-ci correspondait au désir, conscient ou non, de ne rien faire qui puisse démontrer que la théorie de la relativité, comme toutes les autres théories physiques, ne pouvait être une solution définitive, le socle intangible de toute la physique.

Comme au temps de Galilée, des choix cosmologiques et des principes philosophiques considérés comme des dogmes, interdisaient toute remise en question des résultats acquis.

L’analyse des expériences anciennes :

Maurice se consacra, avec le succès que l’on sait à la théorie économique. Comme en physique, il cherchera sa propre voie et luttera contre les idées reçues.

Puisqu’il lui était impossible de continuer des expériences personnelles, a réexaminé le détail des résultats des expériences qui avaient été effectuées dans le passé sur le même sujet aux U.S.A. par Michelson et Morley en 1887, par Morley et Miller en 1902, 1904 et 1905, et par Miller en 1925, 1926 et 1930. Il a pu ainsi constater que ces résultats contenaient les mêmes anomalies qui avaient échappé aux expérimentateurs de l’époque ou avaient été négligées. Comme souvent, les expérimentateurs n’avaient pas été objectifs. Ils avaient dépouillé leurs mesures sur la base de leurs idées préconçues. Ils ont souvent observé des phénomènes inconnus, mais différents de leurs attentes. Ils en ont tiré des conclusions souvent discutables.

Maurice Allais affirme avec force que les anomalies sont réelles et indiscutables et qu’elles remettent en cause la théorie de la relativité, découverte par Lorentz et Poincaré, et généralement attribuée à Einstein.

Le retour vers la physique :

Après avoir été récompensé par le prix Nobel 1988 pour ses travaux en économie, Maurice Allais a entrepris de faire mieux connaitre ses travaux en physique.

Il écrit alors un livre important intitulé : L’anisotropie de l’espace, Les données de l’expérience, destiné à tous ceux, spécialistes ou non intéressés par ses travaux.

Ce livre expose de façon synthétique les résultats de ses expériences, et complète cet exposé par le dépouillement d’expériences anciennes ayant mis en évidence des anisotropies de l’espace. Les anisotropies mécaniques et optiques de l’espace observées avec les différents dispositifs expérimentaux lui semblent liées d’une façon encore inconnue.

Toujours à la recherche des petits faits inexpliqués, il étudie la distribution des planètes et publie en 2005 un livre intitulé : « Des très remarquables régularités dans les distributions des planètes et des satellites des planètes ». Il y généralise la loi empirique de Titius-Bode, établie dès le 1724 par l’astronome allemand Christian Wolf, et montre qu’elle peut être étendue aux satellites des planètes.

Le choix par Maurice allais de ses sujets de recherche en physique montrent qu’il a toujours voulu répondre à une interrogation fondamentale, occultée depuis près d’un siècle.

Quel est le milieu de propagation des ondes électromagnétiques, appelé éther ? Quelles sont ses propriétés ?

Nous savons que l’hypothèse d’un milieu rigide est irrecevable. L’éther gazeux imaginé par Miller, freiné par toute paroi matérielle l’est également.

La théorie de la relativité a pris le parti de nier l’existence d’un tel milieu, mais ceci change les données du problème sans le résoudre de façon satisfaisante.

Nous verrons plus loin que Maurice Allais était en train d’apporter une réponse originale à cette interrogation (L’éther selon Maurice Allais).

Des faits nouveaux :

Bien que la validité des théories modernes ne soit pas remise en cause, il arrive que les résultats de nouvelles expériences semblent les contredire. La confirmation des résultats de cette expérience ou l’explication claire des ambigüités théoriques et erreurs expérimentales qui ont conduit cette conclusion serait d’une extrême importance.

 

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