DÉCLARATION de Jean-Pierre Chevènement sur ALSTHOM

Alors qu’Alstom est dans l’actualité la plus chaude depuis quelques jours.

Nous vous proposons de visionner la déclaration que Jean-Pierre Chevènement a faite sur ALSTHOM sur la chaine “Public Sénat” :

Chevènement : « Sarkozy a sauvé Alstom, il serait dommage qu’Hollande ne réédite pas cette action »

 

Le possible rachat d’Alstom ne lui convient pas. Jean-Pierre Chevènement monte au créneau pour défendre ce fleuron industriel national. L’américain General Electric (GE) pourrait pourtant mettre la main sur la partie énergie d’Alstom. Les Allemands de Siemens proposent eux de reprendre la même branche, pour laisser au Français ses activités transports. Un « airbus de l’énergie » et un des transports seraient ainsi créés, conformément aux vœux de François Hollande. Le chef de l’État a reçu ce matin le patron de GE, avant celui de Siemens en fin d’après-midi, et enfin celui de Bouygues, principal actionnaire d’Alstom.

« Alstom n’existe que par l’État »

Pour le sénateur du Mouvement républicain et citoyens (MRC), aucune des solutions sur la table ne convient. « J’ai écrit à Manuel Valls pour lui dire qu’il me paraissait hors de question que le capital d’Alstom passe sous pavillon étranger, que ce soit General Electric ou Siemens. L’énergie est un secteur clef dans l’industrie », affirme à Public Sénat le sénateur du Territoire de Belfort, où se trouve un site historique d’Alstom. « Alstom n’existe que par l’État. Alstom, c’est la France. Ce sont les locomotives fabriquées à Belfort depuis 1880. Et toutes celles qui ont suivi. Les turbines, y compris celles du nucléaire », ajoute le sénateur.

Sur ce dossier, François Hollande joue gros. « C’est un enjeu très important. Le Président est vraiment conscient de l’importance de ce dossier. Il serait dommage, alors que Monsieur Chirac et Sarkozy ont sauvé Alstom, il faut le dire – à l’époque Alstom était en beaucoup plus mauvaise situation qu’aujourd’hui – que François Hollande ne réédite pas cette action » souligne Jean-Pierre Chevènement. Il ajoute : « Je pense que pour François Hollande, c’est un défi, mais qui implique qu’il maîtrise intellectuellement toutes les données de ce dossier complexe ».

« La gauche n’a jamais exclu des nationalisations temporaires »

Il préconise une prise de participation de l’État dans le capital de l’industriel, à hauteur de « 15 ou 20% ». le gouvernement n’a d’ailleurs pas écarté cette solution. « La gauche n’a jamais exclu des nationalisations, temporaires, partielles », insiste le sénateur. Il « appelle » le chef de l’État « à faire preuve de pragmatisme ».

« Comme déjà la France a abandonné la sidérurgie, (…) Usinor-Sacilor devenu Arcelor, devenu ArcelorMittal. Après la sidérurgie, l’aluminium avec Pechiney, le PVC avec arkema, filiale de total rachetée par un fond de capitale américain. Le ciment Lafarge qui a maintenant son siège social en Suisse. Je considère que ça commence à bien faire. (…) On ne peut pas abandonner le secteur de l’énergie », souligne l’ancien ministre de l’Industrie.

La solution européenne via Siemens n’est pas la bonne à ses yeux. « Avant de parler d’Airbus de l’énergie, il faut savoir de quoi on parle. Quelle est la stratégie générale ? » demande Jean-Pierre Chevènement. « S’il s’agit de faire passer sous contrôle allemand la partie énergétique d’Alstom, c’est un jeu de dupe ».

Source : www.publicsenat.fr

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Pour aller plus loin…

Voir également :

FigaroVox : Jean-Pierre Chevènement : « L’État doit monter au capital d’Alstom »

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/28/31001-20140428ARTFIG00363-jean-pierre-chevenement-l-etat-doit-monter-au-capital-d-alstom.php

Le Bog de Jean-Pierre Chevènement : http://www.chevenement.fr/

Alstom : « Le contrôle du capital doit rester français »

 


 

En Europe, aux États-Unis, les médias font écho à l’idée d’Arnaud Montebourg d’abaisser le cours de l’euro pour relancer la croissance et l’emploi.

Bernard Bonilauri, journaliste ayant introduit Maurice Allais au Figaro.
le 25 octobre 2013

Un recul de 10% de l’euro par rapport au dollar, prédit le ministre, entrainerait la création de 120 000 emplois, la réduction de 12 milliards du déficit public, une augmentation de 1,2% de la richesse nationale. Une baisse de 20% de l’euro , ce serait 300 000 emplois nouveaux, une diminution d’un tiers du déficit.

Selon M. Montebourg, un euro autour de 1,15 dollar aurait l’avantage d’être « moins allemand, un peu plus français : tout simplement plus européen ».

Aux côtés du ministre pourrait figurer le prix Nobel d’économie anglo-canadien Robert Mundell. Celui-ci plaide aussi pour l’abaissement de la monnaie; son avis compte particulièrement: Mundell a été le père fondateur concepteur de l’euro.

 

Poincaré et le rayonnement du corps noir

fuerxer_pierrePierre FUERXER (61)
le 16 décembre 2012

Ingénieur en chef de l’armement, ancien adjoint militaire au directeur du CNET (Centre national d’études des télécommunications

 

La théorie de Planck n’a pas été adoptée immédiatement par la communauté scientifique. Henri Poincaré a joué dans son développement un rôle mal connu. Plutôt que de traiter de la genèse de cette théorie, cet article se propose d’illustrer, à partir de cet exemple, les qualités scientifiques et humaines de Poincaré et sa capacité à aller droit à l’essentiel.

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Source La Jaune et La Rouge : http://www.lajauneetlarouge.com/article/poincare-et-le-rayonnement-du-corps-noir


 

Conférence sur « Le chômage en France », du vendredi 30 novembre 2012, donnée par le Président d’honneur de l’AIRAMA Guy Berthault, devant la Société de la Légion d’honneur du Mantois.

Le CHÔMAGE en FRANCE

Monsieur Pierre MAILLET m’a demandé de vous faire un exposé sur ce sujet.

Je le fais à deux titres. Celui d’ancien dirigeant d’un grand groupe de distribution.et d’une fabrique de meubles. Et celui de disciple de mon défunt camarade et ami de l’Ecole Polytechnique, Maurice ALLAIS, qui s’est spécialement penché sur la question en écrivant deux ouvrages : « La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance » (1999), qui est au cœur du désastre actuel, que Maurice ALLAIS avait prévu, et donné la solution que nos politiques refusent de voir; l’autre ouvrage est « L’Europe en crise. Que faire ? » (2005). Livres publiés par Clément Juglar.

De 1950 à 1974, le taux de chômage est resté inférieur à 3%. A partir de 1974, il n’a pas cessé de s’élever, pour atteindre 12,5% en 1997, redescendre à 7,5% en 2008, et remonter, fin octobre 2012, à 11%, soit 3.103.300 chômeurs en France métropolitaine, 4.582.000 y compris les chômeurs partiels. Pour les immigrés, le taux de chômage atteignait 16% en 2008, dont 25% pour les Turcs, 22% pour les Maghrébins, 18% pour les Africains noirs, sur un total de 6.470.000. En octobre 2012, la population active globale est de 28.367.000, sur un total de 63.460.000.

Le développement du chômage touche en premier lieu l’industrie. Maurice ALLAIS chiffrait à 6 millions d’emplois le maximum atteint en 1974, année à partir de laquelle la perte d’emplois a été de 50.000 par année, soit 1.350.000 jusqu’en 2001, l’INSEE ayant chiffré à 820.700 la perte des emplois industriels depuis lors jusqu’à nos jours. Soit un total de 2.170.700, c’est à dire 35% de perte.

Parallèlement, on peut mettre en évidence l’évolution négative de notre balance commerciale.

A l’équilibre en 2002, elle accuse un déficit de 69,6 milliards d’euros en 2011. Dont 27 avec la Chine et 17,5 avec l’Allemagne. Le taux de croissance annuel, qui était, avant 1974, de 3,9%, est tombé à 1,8% après 1974, et près de zéro de nos jours.

Pour Maurice ALLAIS, la cause interne du développement du chômage est le chômage chronique, qui résulte de rémunérations salariales globales (avantages sociaux inclus) supérieures à la productivité du travail. C’est ce qui a affaibli notre compétitivité tant européenne que mondiale.

La cause externe résulte de la politique de la Communauté Européenne et de l’OMC, qu’il qualifie de « laissez-fairiste ».

 

Rappelons que le traité de Rome, en 1957, prévoyait l’établissement d’un marché commun entre les 6 pays fondateurs de la communauté européenne. Mais l’article 8 instaurait une période de transition de 12 ans (pouvant être portée à 15), pendant laquelle, en 3 étapes égales, on abaisserait jusqu’à la suppression, les contingents d’importation et les droits de douane. Cela afin d’établir des conditions concurrentielles équilibrées entre les 6 pays.

De fait, avec cette précaution, le marché commun s’est établi sans qu’il en résulte d’incidence sur le chômage jusqu’en 1974. Mais à partir de 1973, on a intégré 6 autres pays jusqu’en 1992. Et en 1987, on a supprimé l’article 8.

On a vu alors, notamment, les viticulteurs français sévèrement concurrencés par leurs collègues espagnols dont les salaires étaient très inférieurs aux leurs. C’était le commencement de ce qu’on allait appeler le « dumping social ».

 

Celui-ci allait encore plus se développer par de nouvelles concurrences.

En 2003, la communauté européenne a intégré 10 nouveaux pays, dont 8 de l’Europe de l’est.

Leur économie, sinistrée par le communisme, se redresse par l’économie de marché jointe aux investissements de l’Europe de l’ouest. En 2006, l’Europe a intégré la Roumanie et la Bulgarie.

Aujourd’hui, ces pays ont des salaires de 3 à 4 fois inférieurs aux nôtres. Le résultat est que de nombreuses entreprises de l’Europe de l’ouest ont délocalisé une partie de leur production dans ces pays, notamment l’industrie automobile. On voit même l’Allemagne vendant en France, à des prix défiant toute concurrence française, des voitures allemandes fabriquées à l’est. C’est pourquoi notre balance commerciale avec l’Allemagne était déficitaire de 17,5 milliards d’euros en 2011.

L’autre grande source de « dumping social », c’est la Chine, intégrée dans l’OMC en 2001, qui a consenti, sans mot dire, que le yuan soit sous-évalué dans le prix de ses exportations.

D’où les 27 milliards de déficit commercial avec ce pays à très bas salaires.

Aujourd’hui, le gouvernement français, pour redévelopper la croissance, abaisse les charges sociales des entreprises de 6%. Cela suffira-t-il à vaincre le dumping ?

Prenons le cas d’une entreprise française de main-d’œuvre, dont les charges salariales et sociales sont de 50% du prix de revient. Les salaires chinois, selon les régions, sont de 7 à 17 fois inférieurs aux salaires français, soit de 3 à 7% du prix de revient français, opposés aux 50%, en France.

Les 6% gouvernementaux sont évidemment très insuffisants pour combler la différence.

Que faire alors ? C’était la question que se posait déjà Maurice ALLAIS en 2005.

Je rappellerai qu’en l’an 15, les exportations de blé égyptien submergeaient le marché romain par leur prix de revient bas. Ce qui a conduit l’empereur Claude à imposer des contingents d’importation et des droits de douane qui, depuis lors, ont régi les échanges commerciaux entre pays.

Et dans certains cas, il existe au niveau de l’OMC, des taxes anti-dumping, notamment pour un type de briquet chinois qui concurrencerait celui fabriqué par BIC. Bruxelles veut supprimer cette taxe anti-dumping. Maurice ALLAIS se prononçait pour une préférence communautaire assurant 80% de fabrication en Europe communautaire, et proposait un système de contingents vendus aux enchères pour les importations extracommunautaires.

Je crois personnellement, comme Maurice ALLAIS, que des mesures de limitation doivent être prises, tant vis-à-vis de l’immigration que des localisations et importations « dumping ». J’invite les Pouvoirs publics à les promouvoir sans tarder. Une enquête de l’IFOP, en mai 2011, révélait qu’une large majorité des personnes sondées, inquiète de la concurrence « dumping », était favorable à des mesures de protection douanières.

Il est souhaitable également que les charges salariales globales ne soient pas supérieures à la productivité pour éviter le chômage chronique. A cet égard, la baisse des charges sociales qui vient d’être décidée va dans le bon sens. Une juste répartition des profits dans l’entreprise, entre actionnaires et salariés, est préférable à une inflation salariale.

Pour conclure, je dirai qu’en 2004, du vivant de Maurice Allais », est constituée une association, l’AIRAMA (Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais, en physique et en économie) qui, à son instar, s’oppose à la destruction des emplois et de la croissance.

 

Guy Berthault X 45

Ancien membre de section du C.E.S.

28, Bld. Thiers. 78250 Meulan

 

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