Catégorie : Économie

Une reprise réelle ou fictive ?

Dans une période pré-électorale, les indicateurs économiques ont toujours été l’objet de polémiques. Les commentateurs focalisent leur attention sur l’évolution de quelques données macro-économiques sans en étudier les causes de leurs variations.

Les responsables politiques veulent à tout prix montrer que leur action a permis le redressement de l’économie. La majorité au pouvoir assure que sa politique, quelle qu’aient été ses résultats, va assurer la croissance du PIB, la réduction du chômage, en un mot la prospérité du pays. Bien évidemment, les oppositions présentent des solutions différentes, ou simplement des variantes de la politique menée par l’équipe sortante.

En fin de compte, une forme de politiquement correct s’impose au nom d’une mondialisation irréversible à laquelle les nations devraient se soumettre aveuglément. Pourquoi ne pas chercher, en appliquant les résultats de la science économique, à élaborer une politique économique nationale ? Pourquoi les états devraient se résigner à l’impuissance alors que la science économique met à leur disposition les outils permettant de prendre les bonnes décisions ?

 

Les outils théoriques :

Maurice Allais, fidèle à sa notion d’évidence empirique, avait décrit dès 1999 les premiers effets de la mondialisation. Aujourd’hui, le modèle Oméga-Allais permet d’expliquer  ses intuitions.

 

La cassure de 1974 :

Sur les données de 1955 à 1993, Maurice Allais explicitait l’effet sur le Produit Intérieur Brut et  l’emploi industriel de la cassure de 1974.

 

Figure 1

Figure 1

 

Ainsi, le taux de croissance français avait été divisé par deux en 1974, bien que notre indépendance monétaire ait laissé aux gouvernants des moyens d’action économique (création monétaire et dévaluation) qu’ils n’ont plus aujourd’hui.

Le modèle Oméga-Allais permet de décrire l’effet des désinvestissements résultant des événements de 1968, et d’en déterminer avec précision les conséquences à long terme :

Figure 2a Figure 2b
Produit intérieur brut Emploi industriel

Figure 2

 

Par ailleurs, le modèle démontre que cette cassure de 1974 est directement liée aux événements de mai 1968. Celle-ci apparaît clairement comme la conséquence à long terme d’un premier désinvestissement, lié à l’arrêt temporaire de l’industrie et aux accords de grenelle, dont les effets sur le PIB n’ont été perceptibles que six ans plus tard.

 

La cassure de 2007 :

Maurice Allais, européen convaincu, avait critiqué dès 1992 les « Erreurs et impasses de la construction Européenne ». Les conséquences, parfaitement prévisibles, de ces erreurs ont conduit aux difficultés actuelles. La libéralisation non préparée des transferts de capitaux à conduit à un désinvestissement en France dont les effets étaient tout autant prévisibles.

 

Figure 3

Désinvestissement trimestriel en France depuis 1997(estimé par interpolation avant 2012).

Figure 3

 

En 2013, un calcul prenant en compte un désinvestissement unique de 110 M€ effectué en 2000 conduisait aux valeurs de PIB observées. Les résultats ont été présentés fin 2013 lors d’une conférence de presse à la Maison de l’Amérique Latine.

Figure 4

Figure 4 : Prévision de 2007 à 20013.

 

Ce test valide parfaitement le fonctionnement du prédicteur Oméga-Allais qui fournit d’excellentes prévisions à cinq ans. Nous constatons que sur les données de 2007, le modèle prédit très précisément les valeurs de PIB qui seront effectivement observées.

Comme pour la cassure de 1974, ce fait montre que la cause principale de cette crise est la libéralisation des mouvements de capitaux, et non les effets de fluctuations économiques mondiales.

 

 

Les limites d’une prédiction :

Les prévisions faites par le modèle supposent implicitement que l’influence des événements monétaire extérieurs sur l’économie a été prise en compte. En effet, au cours de cette période, le déficit de la balance commerciale a été compensé par l’accroissement de la dette publique et la vente de biens du patrimoine national. De même, la mondialisation a permis aux entreprises de faire face à leurs besoins financiers grâce à des investisseurs étrangers, donc en fait de nouvelles dettes. Toutefois, l’accumulation de ces dettes n’a pas donné lieu à une crise ouverte.

Une logique comptable qui considère la vente du patrimoine comme une ressource, sans faire de différence entre une gestion rigoureuse et l’abandon d’un patrimoine stratégique dont les conséquences n’apparaîtront qu’à long terme, a masqué temporairement les conséquences de nombreux renoncements.

Le poids de ce que Maurice Allais appelait « les rentes de situation » est donc encore peu visible, mais ne peut que s’alourdir à terme. Maintenant, nous ne dépendons plus de l’étranger que pour notre approvisionnement en matières premières, en particulier en pétrole, mais aussi en technologies que nous ne maitrisons plus et en capitaux dont nos entreprises ont besoin. Le répit lié à la baisse du prix du pétrole et au coût du crédit sera de courte durée…

Le modèle Oméga-Allais permet de déterminer l’effet à long terme d’une incitation à investir. De même, il permet de chiffrer l’effet quasi immédiat d’une distribution de revenu, fruit supposé de la croissance… L’analyse de la réponse transitoire du modèle montre que, faute de pouvoir utiliser les leviers auquel notre pays a choisi de renoncer (en particulier la dévaluation, la création monétaire par la Banque de France, les droits de douane…), les différentes incitations gouvernementales ne peuvent avoir d’effet à long terme notable.

 

Des prévisions fiables à cinq ans ?

Le prédicteur Oméga-Allais a été construit sur une modélisation réaliste du comportement des acteurs économiques : entrepreneurs et consommateurs. L’exemple des crises (1974 et 2007) a validé l’existence d’un délai de six ans entre les décisions des entrepreneurs et les variations du PIB. En effet, la croissance n’a été réduite que six ans après les désinvestissements important qui en ont été la cause. Il n’y a donc pas de raison de penser que ce modèle ne puisse prédire l’évolution à cinq ans de l’économie, en l’absence de crise monétaire Majeure susceptible de paralyser le pays.

En 2015, nous avons donc refait de nouvelles prévisions sur la base des séries économiques mises à jour. La courbe verte correspond aux valeurs de PIB publiées fin 2015 par l’INSEE.

 

Figure 5

Figure 5 : Prévisions fin 2014.

 

La courbe bleue correspond aux prévisions faites depuis 2005, en tenant compte des désinvestissements en France comptabilisés par la Banque de France. La courbe rouge correspond à une prévision brute faite à partir de 2015, sans tenir compte des désinvestissements passés.

Ces deux prévisions sont très voisines. En effet, quinze ans après la libéralisation des transferts de capitaux au sein de l’UE, les effets du choc économique que cette décision a produit en France sont largement amortis. Il n’est donc plus strictement nécessaire de prendre en compte, dans l’initialisation du prédicteur  les valeurs du désinvestissement observé actuellement par la Banque de France.

 

 

Les conditions d’une bonne prédiction :

Les exemples précédents ont montré que l’évolution à cinq ans de notre économie a été prévisible des années 60 à nos jours, en ne faisant intervenir que de rares événements perturbateurs : mai 1968, la libéralisation des transferts de capitaux en l’an 2000. Les crises moins violentes dont parlent les commentateurs ne sont souvent que des fluctuations naturelles d’une activité économique largement prévisible. Seuls les événements majeurs, liés au contexte international ou à des événements politiques graves, ont une réelle influence sur l’économie.

 

En effet, des événements comme la crise de 1929, qui a conduit Maurice Allais à s’intéresser à l’économie, ou des guerres peuvent conduire à de véritables ruptures des équilibres économiques dont les conséquences restent imprévisibles. Dans notre pays, la crise de 1968 ou la construction européenne ont eu des conséquences moins dramatiques, mais très importantes à long terme.

 

Une bonne connaissance du passée :

Une bonne connaissance de l’évolution passée de l’économie est indispensable à l’établissement de prévisions à long terme. Le prédicteur Oméga-Allais permet de mettre en évidence cette nécessité.

Considérons un prédicteur initialement dans un état stable. Excitons-le par une perturbation externe au temps t = 0. Observons son évolution naturelle au cours du temps. Faisons ensuite une série de prévisions à partir des instants t1, t2, t3,… Le prédicteur extrapole alors la suite des valeurs observées au-delà des temps t1, t2, t3,…

 

Figure 6

Figure 6 : Effets transitoires des chocs externes.

 

Les courbes de la figure 6 correspondent à l’évolution d’une variable interne du système économique (par exemple le PIB) et aux prédictions associées. La courbe rouge en trait plein correspond à l’évolution du système. C’est la série économique à prévoir.

Au cours du temps, le prédicteur  prend en compte les valeurs économiques disponibles les plus récentes. Les courbes en pointillé correspondent aux prévisions économiques  successives faites par le prédicteur aux temps 2, 3, 5, 10 et 15, sans tenir compte de là perturbation initiale du système économique (courbes pointillées rouge, bleue, verte, cyan et marron).

Nous constatons que les prédictions ne deviennent précise que 15 ans après la fin  de la perturbation initiale du système économique. L’évolution de l’économie dépend donc des perturbations passées dont l’identification au cours des quinze dernières années est indispensable.

 

La nécessaire stabilité des agrégats statistiques :

D’autre part, il est essentiel que les séries économiques soient cohérentes dans le temps, c’est-à-dire que les agrégats statiques ne soient pas modifiés au cours de la quinzaine d’années précédant  le début de la période à prédire. Si tel n’est pas le cas, la qualité des prédictions est très dégradée.

Naturellement, les organismes officiels affinent constamment leurs outils. Les bases statistiques sont régulièrement modifiées pour tenir compte de l’évolution de la société. Des changements de base ont donc lieu régulièrement, actuellement tous les 5 ans (1995,2000, 2005, 2010).

Les dernières bases statistiques retenues par l’INSEE ont été modifiées conformément à une directive Européenne. Ces modifications ont été introduites progressivement de façon à assurer la continuité apparente des séries statistiques. La figure 7 présente les deux dernières séries de valeurs du PIB en bases 2005 et 2010.

Curieusement, ces deux courbes différent dans deux périodes distinctes. Dans les années 50, ce qui n’a pas d’importance réelle. Pour la période postérieure à 2005, ce qui est préoccupant car les séries sont fortement différentes en base 2005 et en base 2010.

 

Figure 7

Figure 7 : statistiques du PIB : courbe rouge : base 2005, courbe bleue : base 2010.

 

Figure 8

Figure 8 : Détail des valeurs de 1995 à 2015.

 

Il y a là une anomalie qui doit être expliquée. En effet, l’INSEE explique la variation du PIB entre ces deux séries numérique par l’introduction progressive des nouveaux agrégats.

Selon l’INSEE, le changement de  base a conduit à reconstruire l’ensemble des comptes trimestriels, c’est-à-dire à ré-estimer tous les modèles à partir des comptes annuels et des indicateurs conjoncturels, sur l’ensemble de la période 1980-2013.

En base 2010, l’Insee comptabilise en investissement les sommes que les agents économiques (entreprises privées, mais aussi organismes publics) dépensent pour la R&D. Traiter en investissement les dépenses de R&D permettrait de mieux rendre compte du poids de plus en plus important des actifs tirés de la propriété intellectuelle dans l’économie d’aujourd’hui.

La base 2010 se caractérise par des innovations importantes sur le plan conceptuel dans les comptes non financiers :

  • Une définition élargie des actifs et de l’investissement,
  • Les échanges internationaux sont comptés différemment (un produit n’étant pas passé physiquement sur le territoire national peut être comptabilisé comme importé puis exporté).

 

En fin de compte, l’INSEE prend en compte la financiarisation croissante de l’économie.

Cependant, la différence entre les deux séries, qui reste à expliquer, est beaucoup plus grande que les 3,2% annoncés.

 

Les effets de la politique monétaire:

Des événements monétaires importants ou lieu ces derniers temps :

  • La baisse du prix du pétrole et de l’Euro,
  • La réduction historique de coût de crédit aux États Unis puis en Europe.

 

Ces décisions correspondent à des objectifs conjoncturels, liés à l’évolution des échanges mondiaux et aux politiques des différents intervenants. Elles tiennent compte également à des échéances électorales françaises et européennes.

Ces changements ont eu sur l’économie française des effets incontestables :

  • Une réduction du déficit de la balance commerciale,
  • Une réduction du coût des dettes de l’état et des entreprises,
  • Une relance de la construction et de la consommation.

 

Ces évolutions monétaires liées à l’évolution de l’économie mondiales expliquent la croissance récente du PIB. La réduction de toutes ces dépenses conduit mécaniquement  à une hausse de la demande intérieure, donc du PIB.

La France va donc mieux puisque ses dettes lui coutent moins cher, mais cela ne signifie pas que l’économie française aille mieux ! Pour étudier l’évolution du système économique, est donc indispensable de séparer les tendances à long terme propres au système économique des effets quasi-immédiats des fluctuations monétaires mondiales.

 

 

Quelles prévisions faire fin 2015 ?

Nous pouvons maintenant mettre à jour les prévisions faites fin 2014. Les résultats sont les suivants :

 

Figure 9

Figure 9 : Prévisions fin 2015.

 

Ces deux prévisions sont évidemment très voisines. Elles ne peuvent être directement superposées en raison de nombreuses modifications de détail entre les séries statistiques :

  • Les montants ne sont plus en euros 2005 mais en euros 2010,
  • La série de valeurs du PIB a été modifiée pour neutraliser les effets à court terme de la conjoncture mondiale sur notre économie (en particulier celle des taux d’intérêt),
  • La hausse du périmètre de PIB introduite par les directives européennes a été intégrée.

 

 

Enfin, ces prévisions supposent l’invariance de l’environnement international actuellement très favorable. Un retour aux conditions précédentes (prix du pétrole et taux d’intérêt) conduirait rapidement à une baisse de 7% du PIB.

Année après année, un effort de réduction de la dette ne manquerait pas de réduire non seulement le PIB, mais aussi la croissance, c’est-à-dire enfoncer l’économie française dans une récession de plus en plus grave.

 

 

Conclusion :

Il ne faut pas nier que les perspectives d’évolution à long terme de l’économie française ne sont pas bonnes bien que notre pays ait des atouts et que nous disposons d’outils théoriques permettant de concevoir puis valider une politique économique ambitieuse.

Depuis le début des années 90, Maurice Allais n’a pas cessé d’alerter l’opinion sur les erreurs commises dans la construction européenne. Vingt cinq ans plus tard, il faut reconnaître que ses critiques étaient justifiées.

La plupart des européens, et en particulier des français, ne savent pas identifier les causes de la crise européenne. Toutefois, ils comprennent  que l’Europe n’a pas tenu ses promesses.  Bien loin des théories économiques, « l’évidence empirique » chère à Maurice Allais leur prouve qu’il faut changer de méthode. Une véritable reprise de notre économie ne sera possible qu’en adoptant une politique économique radicalement nouvelle. La poursuite de la politique économique actuelle ne peut conduire qu’à un déclin de plus en plus rapide de notre économie, entrecoupé de rémissions artificielles liées à des mesures conjoncturelles associées aux échéances électorales.

La science économique montre qu’un redressement est possible mais que l’effet des mesures courageuses à prendre ne sera visible qu’après un délai de cinq à dix ans. Est-ce compatible avec le fonctionnement de notre démocratie ?

La condition préalable à un redressement de notre économie est que nous puissions à nouveau utiliser les outils dont la construction européenne nous à privés : une monnaie indépendante, le contrôle de la création monétaire, la possibilité d’actions sectorielles par des cotas d’importation et la fixation de droits de douane…

Sans un changement radical de politique économique, il ne pourra y avoir aucune reprise durable.

 

Pierre FUERXER
Membre de l’AIRAMA.

 

 

 

Une prévision à long terme est-elle possible ?

 

               Dans une période pré-électorale, les indicateurs économiques ont toujours été l’objet de polémiques. Les commentateurs focalisent leur attention sur l’évolution à court terme de quelques données macro-économiques sans étudier les causes de leurs variations.

Les responsables politiques veulent à tout prix montrer que sur une courte période leur action a permis le redressement de l’économie. La majorité au pouvoir assure que sa politique, quels qu’aient été ses résultats, va assurer la croissance du PIB, la réduction du chômage, en un mot la prospérité du pays. Bien évidemment, les oppositions présentent des  solutions différentes, ou simplement des variantes de la politique menée par l’équipe sortante.

En fin de compte, une forme de politiquement correct s’impose au nom d’une mondialisation irréversible à laquelle les nations devraient se soumettre aveuglément. Pourquoi ne cherche-t-on pas, en appliquant les résultats de la science économique,  à élaborer une politique économique nationale ? Pourquoi  les états devraient se résigner à  l’impuissance alors que la science économique met à leur disposition les outils qui leur permettait de prendre les bonnes décisions?

Les outils théoriques existent :

Maurice Allais, fidèle à sa notion d’évidence empirique, avait décrit dès 1999 les premiers effets de la mondialisation. Aujourd’hui, le modèle Oméga -Allais permet d’expliquer  ses intuitions.

La cassure de 1974 :

               Sur les données de 1955 à 1993, Maurice Allais explicitait l’effet sur le Produit Intérieur Brut et  l’emploi industriel de la cassure de 1974.

Cassure de 1974

Figure 1 : Cassure de 1974.

               Ainsi, le taux de croissance français avait été divisé par deux en 1974, bien que notre indépendance monétaire ait laissé aux gouvernants des moyens d’action économique (création monétaire et dévaluation) qu’ils n’ont plus aujourd’hui.

               Le modèle Oméga-Allais permet de décrire l’effet des désinvestissements résultant des événements de 1968, et d’en déterminer avec précision les conséquences à long terme :

Produit intérieur brut : Emploi industriel :

Figure 2 : Cassure de 1974 prédite par le modèle Oméga-Allais.

 

Par ailleurs, le modèle démontre que cette cassure de 1974 est directement liée aux événements de mai 1968. Celle-ci apparaît clairement comme la conséquence à long terme d’un premier désinvestissement, lié à l’arrêt temporaire de l’industrie et aux accords de grenelle, dont les effets sur le PIB n’ont été perceptibles que six ans plus tard.

La cassure de 2007 :

               Maurice Allais, européen convaincu, avait critiqué dès 1992  les « Erreurs et impasses de la construction Européenne ». Les conséquences, parfaitement prévisibles, de ces erreurs ont conduit aux difficultés actuelles. La libéralisation non préparée des transferts de capitaux à conduit à un désinvestissement en France dont les effets étaient tout autant prévisibles.

Désinvestissement trimestriel en France depuis 1997Figure 3 : Désinvestissement trimestriel en France depuis 1997

(estimé par interpolation avant 2012).

               En 2013, un calcul prenant en compte un désinvestissement unique de 110 M€ effectué en 2000 conduisait aux valeurs de PIB observées. Les résultats ont été présentés fin 2013 lors d’une conférence de presse à la Maison de l’Amérique Latine.

Prévision de 2007 à 20013Figure 4 : Prévision de 2007 à 20013.

               – La courbe bleue représente la série de valeurs de PIB publiée par L’INSEE,

               – La courbe rouge est la prévision brute, ne tenant pas compte du désinvestissement,

               – La courbe verte celle obtenue en prenant en compte le désinvestissement de l’an 2000.

 

               Ce test valide parfaitement le fonctionnement du prédicteur Oméga-Allais qui fournit d’excellentes prévisions à cinq ans. Nous constatons que sur les données de 2007, le modèle prédit très précisément les valeurs de PIB qui seront effectivement observées.

               Le modèle montre que la cause principale de cette crise est la libéralisation des mouvements de capitaux qui a conduit, en l’an 2000, à une fuite importante des capitaux. Elle était donc parfaitement prévisible et ne résultait pas des fluctuations économiques mondiales.

Les raisons de ces performances :

               Les performances du modèle Oméga-Allais ne doivent rien au hasard. Elles résultent d’une modélisation aussi précise que possible des relations temporelles entre un petit nombre de variables économiques.

               Cette méthode originale peut surprendre. En effet, elle est à contre courant de l’évolution actuelle. Depuis que les ordinateurs sont devenus capables de traiter de grandes quantités de données, les spécialistes cherchent à décrire de façon de plus en plus précise les systèmes et simulent leur fonctionnement. La simulation envahit tous les domaines,  l’automatique, la météorologie, l’écologie…  et bien évidemment les domaines économiques et monétaires.

               Ce n’est que récemment, qu’en décrivant de plus en plus finement l’atmosphère, les météorologues sont parvenus à établir des prévisions à cinq jours de qualité. Pouvons-nous espérer, en adoptant des méthodes analogues, faire des prévisions économiques fiables à cinq ans ?

               Les particularité des domaines économiques et monétaires interdisent-elles d’adopter en une approche analogue à celle des météorologues ?

Une bonne connaissance du passé :

               Une bonne connaissance de l’évolution passée de l’économie est indispensable à l’établissement de prévisions à long terme. Le prédicteur Oméga-Allais permet de mettre en évidence cette nécessité.

               Considérons ce prédicteur initialement dans un état stable que nous prenons comme origine. Excitons le prédicteur par une perturbation externe au temps t = 0. Observons son évolution au cours du temps. Faisons ensuite une série de prévisions à partir des instants t1, t2, t3,… Le prédicteur extrapole alors la suite des valeurs observées au-delà des temps t1, t2, t3,…

Effets transitoires des chocs externesFigure 6 : Effets transitoires des chocs externes.

               Les courbes de la figure 6 correspondent à l’évolution de la variable retenue (ici le PIB) et des prédictions associées. On suppose que le système était dans un état stable. La courbe rouge en trait plein correspond à l’évolution du système après une perturbation commençant à l’instant t=0. C’est la série économique à prévoir.

Au cours du temps, le prédicteur  prend  en compte les valeurs économiques déjà publiées, puis prolonge cette série par ses prévisions. Les courbes en pointillé (rouges, bleues, vertes, cyan et marron) correspondent aux prévisions économiques  successives faites à partir des temps 2, 3, 5, 10 et 15 ans. Celles-ci ne sont faites  partir de la seule série à prédire, ici le PIB, sans tenir compte des éventuelles perturbations exogènes.

               Le PIB, initialement stable, commence à évoluer à partir du temps t=0. Nous constatons que les prédictions ne deviennent de plus en plus précise, et excellentes 15 ans après la fin  de la perturbation initiale. L’évolution de l’économie dépend donc des perturbations intervenues au cours des quinze années précédant  le début de la prédiction.

               Nous ne pouvons donc faire de prévisions de qualité que si nous disposons des valeurs prises par les variables économiques au cours des 15 années passées (Si nous utilisons des statistiques trimestrielles, nous devons disposer des 60 dernières valeurs).

Le choix des variables internes et de leurs relations :

               En météorologie, il est nécessaire de choisir un ensemble de valeurs internes décrivant l’état de l’atmosphère. Les paramètres météorologiques sont faciles à définir mais difficiles à collecter. 

En économie, les variables sont à la fois difficiles à définir et à collecter. Certaines comme les stratégies des entrepreneurs et les désirs des consommateurs ne peuvent être mesurés directement, alors même qu’elles ont un effet direct sur l’évolution économique.

               Si l’état initial de l’atmosphère était parfaitement connu, les lois de la physique permettraient de prévoir son évolution à long terme. Bien que très complexe, les calculs sont facilités par le fait que chaque élément n’est en liaison qu’avec ses voisins directs.

               Si l’état initial de l’économie était parfaitement connu, y compris les variables psychologiques non mesurables directement, il n’existe pas de lois permettant de prévoir avec certitude l’évolution économique à long terme. Par ailleurs, le réseau de relations entre les différentes variables économiques est nécessairement plus complexe, chacune pouvant subir, directement ou indirectement, de nombreuses influences.

Le mur de la complexité :

               Une approche classique de la modélisation économique butte sur de nombreux obstacles. Tout d’abord, nous constatons que les relations entre variables internes ne peuvent pas être établies par les méthodes d’apprentissage. En effet, comme le modèle Oméga-Allais le démontre, l’économie n’est stabilisée qu’au bout de 15 ans, soit approximativement deux cycles de Juglar. L’estimation par apprentissage  des relations entre variables économiques nécessiterait au moins un siècle de données! Si les statistiques nécessaires existaient, il faudrait en plus être certain que le système économique n’a pas évolué au cours de cette longue période.

               Par ailleurs, le système économique est complexe. Il existe entre les variables internes de nombreuses interactions. Il est alors extrêmement difficile de construire un prédicteur ne comprenant qu’un nombre minimal de relations causales.

               Le modèle Oméga-Allais est construit sur trois fonctions principales et une structure simple. Malgré cette simplicité, l’ajustement du modèle n’aurait pu être fait sans ajouter une connaissance à priori, en particulier des lois statistiques, qui jouent un rôle équivalent à celui des lois de la physique en météorologie. Le modèle a donc été construit sur des fonctions mathématiques causales (ou quasi-causales) dont l’assemblage conduit à un prédicteur fiable.

               Grâce à ce choix, le modèle Oméga-Allais évite de buter sur le mur de la complexité qui interdit d’identifier, avec des séries d’apprentissage de 60 données par variable, les coefficients d’une matrice d’interactions entre ces « N » variables.

(En effet, pour faire cette identification par une méthode classique, nous disposons de Nx60 données passées pour prédire les N valeurs actuelles. En appelant « n » le nombre moyen de connexion reliant les variable à prédire aux  valeurs passées des entrées, le nombre de fonctions temporelles à identifier est « Nxn », le nombre de coefficients « 60xNxn » étant toujours supérieur aux nombre de données pour un temps d’apprentissage inférieur au siècle. Il est donc indispensable d’ajouter des informations à priori pour réaliser un prédicteur économique).

 

En conservant la démarche adoptée dans le modèle Oméga-Allais, il est possible de prendre en compte les influences externes, en particulier les fluctuations monétaires, les cours des matières premières, la politique économique, la fiscalité…  Pour conserver la structure du modèle initial, ces influences peuvent être décrites par seulement deux variables externes agissant sur la consommation et l’investissement.

La modélisation du monde financier est possible, mais son fonctionnement est moins prévisible. Comment modélise-t-on les banquiers, les responsables politiques ou encore les traders ?

Une augmentation du nombre des variables internes au modèle Oméga-Allais permettrait sans doute de faire des prévisions sectorielles, mais ceci doit être fait avec prudence. En effet, il deviendrait difficile de vérifier l’effet des couplages entre les fluctuations sectorielles sur la stabilité globale du modèle, et donc sur des prévisions à long terme dont l’établissement reste un objectif économique prioritaire. Le plus raisonnable serait de faire comme dans la programmation budgétaire. Partir des extrapolations sectorielles et les corriger si leur somme n’est pas compatible avec l’évolution économique globale prévisible.

L’instabilité des agrégats statistiques :

Pour faire des prévisions à long terme crédibles, il est essentiel que les séries économiques soient cohérentes dans le temps, c’est-à-dire que les agrégats statiques ne soient pas modifiés au cours de la quinzaine d’années précédant  le début de la période à prédire.  Si tel n’est pas le cas, la qualité des prédictions peut être très dégradée.

               Naturellement, les organismes officiels affinent constamment leurs outils. Les bases statistiques sont régulièrement modifiées pour tenir compte de l’évolution de la société. Des changements de base ont donc lieu régulièrement, actuellement tous les 5 ans (1995,2000, 2005, 2010).

statistiques du <abbr>PIB</abbr>Figure 7 : statistiques du PIB : courbe rouge : base 2005, courbe bleue : base 2010.

               Les dernières bases statistiques retenues par l’INSEE ont été modifiées conformément à une directive Européenne. Ces modifications ont été introduites progressivement de façon à assurer la continuité apparente des séries statistiques. La figure 7 présente les deux dernières séries de valeurs du PIB en bases 2005 et 2010.

Curieusement, ces deux  courbes diffèrent dans deux périodes distinctes. Dans les années 50, ce qui n’a pas d’importance réelle. Pour la période postérieure à 2005, ce qui est préoccupant car les séries en base 2005 et en base 2010 sont fortement différentes.

Détail des valeurs de 1995 à 2015Figure 8 : Détail des valeurs de 1995 à 2015.

               Il y a là une anomalie qui doit être expliquée. En effet, l’INSEE justifie la variation du PIB entre ces deux séries numérique par l’introduction progressive des nouveaux agrégats.

Selon l’INSEE, le changement de  base a conduit à reconstruire l’ensemble des comptes trimestriels, c’est-à-dire à ré-estimer tous les modèles à partir des comptes annuels et des indicateurs conjoncturels, sur l’ensemble de la période 1980-2013.

En base 2010, l’Insee comptabilise en investissement les sommes que les agents économiques (entreprises privées, mais aussi organismes publics) dépensent pour la R&D. Traiter en investissement les dépenses de R&D permettrait de mieux rendre compte du poids de plus en plus important des actifs tirés de la propriété intellectuelle dans l’économie d’aujourd’hui.

La base 2010 se caractérise par des innovations importantes sur le plan conceptuel dans les comptes non financiers :

  • Une définition élargie des actifs et de l’investissement,
  • Les échanges internationaux sont comptés différemment (un produit n’étant pas passé physiquement sur le territoire national peut être comptabilisé comme importé puis exporté).

 

En fin de compte, l’INSEE prend en compte la financiarisation croissante de l’économie. Cependant, la différence entre les deux séries,  qui reste à expliquer,  est beaucoup plus grande que les 3,2% annoncés.

Il est certain qu’en introduisant ainsi une instabilité statistique, les incessantes modifications des agrégats rendent de plus en plus difficile une prévision économique à long terme.

Les limites d’une prédiction :

               Les prévisions faites par le modèle supposent implicitement que l’influence des événements monétaires extérieurs sur l’économie a  été neutralisée. En effet, au cours de ces dernières années, le déficit de la balance commerciale a été compensé par  l’accroissement de la dette publique et la vente de biens du patrimoine national. De même, la mondialisation a permis aux entreprises de faire face à leurs besoins financiers grâce à des investisseurs étrangers, donc en fait de nouvelles dettes. Toutefois, l’accumulation de ces dettes n’a pas donné lieu à une crise ouverte.

               Une logique comptable qui considère la vente du patrimoine comme une ressource, sans faire de différence entre une gestion rigoureuse et l’abandon d’un patrimoine stratégique dont les conséquences ont été temporairement masquées, mais apparaîtront à long terme.

               Le poids de ce que Maurice Allais appelait « les rentes de situation » est donc encore peu visible, mais ne peut que s’alourdir à terme. Maintenant, nous ne dépendons plus de l’étranger que pour notre approvisionnement en  matières premières, en particulier en pétrole, mais aussi en technologies que nous ne maitrisons plus et en capitaux dont nos entreprises ont besoin.  Le répit lié à la baisse du prix du pétrole et au coût du crédit sera de courte durée…

               Le modèle Oméga-Allais permet de déterminer l’effet à long terme d’une incitation à investir. De même, il permet de chiffrer l’effet quasi immédiat d’une distribution de revenu, fruit supposé de la croissance…  L’analyse de la réponse transitoire  du modèle montre que, faute de pouvoir utiliser les leviers auquel notre pays a choisi de renoncer (en particulier la dévaluation, la création monétaire par la Banque de France, les droits de douane…), les différentes incitations gouvernementales ne peuvent avoir d’effet à long terme notable.

               Il faut donc compléter le prédicteur  économique par un prédicteur monétaire et financier.

Des prévisions fiables à cinq ans ?

               Le prédicteur Oméga-Allais a été construit sur une modélisation réaliste du comportement des acteurs économiques : entrepreneurs et consommateurs. L’exemple des  crises (1974 et 2007) a validé l’existence d’un délai de six ans entre les décisions des entrepreneurs et les variations du PIB. En effet, après 1968, la croissance n’a été réduite que six ans après les désinvestissements importants qui en ont été la cause.  Il n’y a donc pas de raison de penser que ce modèle ne puisse prédire l’évolution à cinq ans de l’économie, en l’absence de crise monétaire Majeure susceptible de paralyser le pays.

Les conditions d’une bonne prédiction :

               Les exemples précédents ont montré que l’évolution à cinq ans de notre économie a été prévisible des années 60 à nos jours, en ne faisant intervenir que de rares événements perturbateurs : les événements de mai 1968, la libéralisation des transferts de capitaux en l’an 2000. Les crises moins violentes dont parlent les commentateurs  ne sont souvent que des fluctuations naturelles d’une activité économique largement prévisible. Seuls les événements majeurs, liés au contexte international ou à des événements politiques graves, ont une réelle influence sur l’économie.

               En effet, des événements comme la crise de 1929, qui a conduit Maurice Allais à s’intéresser à l’économie, ou des guerres produisent des  ruptures des équilibres économiques dont les conséquences restent imprévisibles. Dans notre pays, la crise de 1968 ou la construction européenne ont eu des conséquences moins dramatiques, mais très néfastes à long terme.

Les effets de la politique monétaire :

               Des événements monétaires importants ou lieu ces derniers temps :

  • La baisse du prix du pétrole et de l’Euro,
  • La réduction historique de coût de crédit aux Etats Unis puis en Europe.

 

Ces décisions correspondent à des objectifs conjoncturels, liés à l’évolution des échanges mondiaux et aux politiques des différents intervenants. Elles tiennent compte également à des échéances électorales françaises et européennes. 

Ces changements ont eu sur l’économie française des effets  incontestables :

  • Une réduction du déficit de la balance commerciale,
  • Une réduction du coût des dettes de l’état et des entreprises,
  • Une relance de la construction et de la consommation.

 

Ces évolutions monétaires, liées à la conjoncture économique mondiales, expliquent la croissance récente du PIB. La réduction des dépenses liées aux rentes externes a conduit mécaniquement  à une hausse de la demande intérieure, donc du PIB.

               La France va donc mieux puisque ses dettes lui coutent moins cher, mais cela ne signifie pas que l’économie française aille mieux ! Pour étudier l’évolution du système économique, il est donc indispensable de séparer les tendances à long terme, propres au système économique, des effets quasi-immédiats des fluctuations monétaires mondiales et des politiques de relance par la dette.

Année après année, un effort de réduction de la dette sans augmentation de l’investissement ne manquerait pas de réduire non seulement le PIB, mais aussi la croissance, c’est-à-dire d’enfoncer l’économie française dans une récession de plus en plus grave.

Conclusion :

               Il ne faut pas nier que les perspectives d’évolution à long terme de l’économie française ne sont pas bonnes bien que notre pays ait des atouts, mais nous disposons d’outils théoriques permettant de concevoir puis valider une politique économique ambitieuse.

               Depuis le début des années 90, Maurice Allais n’a pas cessé d’alerter l’opinion sur les erreurs commises dans la construction européenne. Vingt cinq ans plus tard, il faut reconnaître que ses  critiques étaient justifiées.

               La plupart des européens, et en particulier des français, ne savent pas identifier les causes de la crise européenne. Toutefois, ils comprennent  que  l’Europe n’a pas tenu ses promesses.  Bien loin des théories économiques, « l’évidence empirique » chère à Maurice Allais leur prouve qu’il faut changer de méthode.

Une véritable reprise de notre économie ne sera possible qu’en adoptant une politique économique radicalement nouvelle. La poursuite de la politique économique actuelle ne peut conduire qu’à un déclin de plus en plus rapide de notre économie, entrecoupé de rémissions artificielles liées à des mesures conjoncturelles associées aux échéances électorales.  

La science économique montre qu’un redressement est possible mais que l’effet des mesures courageuses à prendre ne sera visible qu’après un délai de cinq à dix ans. Est-ce compatible avec le fonctionnement de notre démocratie ?

               La condition préalable à un redressement de notre économie est que nous décidions d’utiliser à nouveau les outils dont la construction européenne nous à privés : une monnaie indépendante, le contrôle de la création monétaire, la possibilité d’actions sectorielles par des cotas d’importation et la fixation de droits de douane…

               Sans un changement radical de politique économique, il ne pourra y avoir aucune reprise durable. Il s’agit là d’une intuition que la science économique confirme pleinement.  Malheureusement, elle permet d’affirmer que les efforts de redressement que nous entreprendrons ne produiront pas d’effets sensibles avant cinq ou six ans.

               Oui, il est possible de faire des prévisions économiques à long terme. Les outils permettant de les faire existent. Ils montrent qu’un véritable redressement de notre économie prendra de nombreuses années. Nos compatriotes auront-ils le courage d’attendre ?

 

Pierre FUERXER

Membre de l’AIRAMA

 

 

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L’Europe en crise : Que faire ?

L’Europe en crise : Que faire ?

Réponses à quelques questions
Pour une autre Europe

L’Europe en crise : Que faire ? par Maurice Allais

Dans ce septième ouvrage sur l’Europe depuis 1960, l’auteur, Maurice Allais, présente une analyse approfondie des causes de la crise actuelle et des réformes qu’il convient de mettre en œuvre.

Pour l’essentiel la crise actuelle de l’Europe et la crise profonde de la Société française résultent de la politique libre-échangiste poursuivie depuis 1974 par l’Organisation de Bruxelles.

Pour la France, cette politique a entraîné un chômage massif et une destruction progressive de l’industrie, de l’agriculture et de la croissance. Aujourd’hui la diminution du produit intérieur brut réel par habitant qui en a résulté est d’au moins 30 %, et cette diminution considérable explique les profondes difficultés auxquelles nous devons faire face aujourd’hui.

Que faire? Tout d’abord il convient de fonder la construction politique de l’Europe sur une Confédération d’États souverains associant étroitement les populations à toute décision, et limitée à l’Est par ses limites traditionnelles, à l’exclusion notamment de la Turquie.

En second lieu il faut fonder l’Europe économique sur le rétablissement d’une préférence communautaire permettant d’assurer dans chaque secteur la couverture à au moins 80 % de la consommation communautaire par une production communautaire, ce qui est possible.

Si ces réformes se révélaient irréalisables en raison de l’opposition aveugle et dogmatique de certains États, sous l’influence notamment des sociétés multinationales, seules bénéficiaires du libre-échangisme, la France et les États souffrant de la même crise devraient faire sécession et fonder une autre Europe.

Face à la concurrence des pays à bas salaires et à capacités technologiques le rétablissement de la préférence communautaire est une nécessité absolue qui transcende la compétition de tous les partis politiques si justifiée qu’elle puisse être. Il en va de la survie de la France et de la survie de la Construction européenne.

« NON AU TRAITÉ SUICIDAIRE DE LIBRE-ÉCHANGE TRANSATLANTIQUE ! »

 

Communiqué de presse
De l’Alliance Internationale AIRAMA
6 juin 2014

« Non au Traité Suicidaire
De Libre-Échange Transatlantique ! »

 

De qui se moque-t-on ? En 1992, on nous avait promis que l’Europe de Maastricht, c’était « Moins de chômage, moins d’insécurité, moins de corruption » (Bérégovoy). Mais vingt deux ans après, il apparaît que c’est « exactement l’inverse » !

Dès 1999, dans « Mondialisation, la destruction de la croissance et de l’emploi. L’évidence empirique », M. Allais avait pourtant annoncé le naufrage de l’Europe-Titanic :

La « Seule Cause » du « Décrochage de l’Économie Française en 1974 » (divisant la croissance par deux !)

C’est « La politique » de « suppression progressive à partir de 1974 des barrières douanières » par Bruxelles, au titre de l’art. 110 du traité de Rome, [qui] a conduit à « la disparition progressive de la protection du Marché communautaire et à l’instauration continue d’un libre-échange mondialiste », autrement dit d’un ultralibéralisme. » (1)

Le Bilan du « Coût » de la Politique Libre-Échangiste Depuis 1974, Toujours plus « Suicidaire » :

1) Chômage : 2,2 % (631000) en 1974, 11 % (5,7 millions) en 2014 (plus 5 millions !)

2) Croissance : 5,6 % (1960 à 1974), 2,3 % (1974 à 2006). Nulle depuis 2006 !

3) Dette : 10 % en 1973, 93,5 % en 2013 (1877 milliards en 2014), 30 000 € par Français !

4) Déficit de la Balance Commerciale : 70 milliards € par an !

5) Désindustrialisation : 6,2 M d’emplois en 1974, 3,4 M en 2014 (moins 2,8 M !) En 2010, Bercy reconnaissait 63 % des destructions d’emploi dues à la mondialisation ! (2)

Poursuivre cette Politique Libre-Échangiste est Criminel :

« La crise d’aujourd’hui, le chômage massif (…), la destruction jour après jour de la société française ne sont que les conséquences des politiques dogmatiques (« mondialisme libre-échangiste » sans cesse mises en œuvre depuis la grande cassure de 1974 et qui nous mène au désastre. Il serait criminel de les poursuivre. »

Même cause, mêmes effets. Le traité de libre-échange transatlantique, c’est l’Aggravation du suicide des politiques libre-échangistes criminelles suivies depuis 1974.

Disons « NON à la destruction de l’EUROPE ! », au nouveau Mensonge d’État du traité de libre-échange transatlantique. Restaurer le protectionnisme compétitif de M. Allais (plébiscité par 82 % des Français dès 2011) est une question de suivi. Il faut restaurer la protection des frontières — comme les USA et la Chine ! — si vous voulez sauver l’Europe et la France du naufrage Titanic annoncé par l’AIRAMA en 2012.

Au nom de Maurice Allais ! Signez la pétition et soutenez/rejoignez l’AIRAMA qui prépare les États-généraux du protectionnisme !

Arnaud Upinsky, Président de l’AIRAMA

Contact presse : courrierposte@orange.fr et tel : 06 01 76 20 79  

 

 

 


[1] http://combats-maurice-allais.info/documents/2012-04-12_AIRAMA_L.ultraliberalisme-voila-l.ennemi_Lettre-Ouverte-a-TOUS-les-Candidats-a-la-Presidence-de-la-Republique.pdf

[2] http://www.marianne.net/63-des-destructions-d-emploi-dans-l-industrie-francaise-dues-a-la-mondialisation_a189534.html  

 

QUELS MODÈLES EN SCIENCE ÉCONOMIQUE

Quels modèles en science économique ?
Les clefs du succès économique.

Préambule :

Maurice Allais était depuis toujours un européen convaincu. Toute personne lisant sa biographie constatera, en effet, que, depuis 1951, il avait publié de nombreux livres et articles en faveur de l’union européenne. C’est en 1992, seulement, qu’il publiera un livre intitulé “Erreurs et Impasses de la Construction Européenne” et suivi d’une bonne dizaine de publications dans lesquels il attirera l’attention de ses lecteurs sur les dérives de l’union européenne.

Sûr de son analyse, Maurice Allais a considéré dès 1999 que son modèle montrait clairement que la mondialisation est la cause du chômage de masse et de la destruction de la croissance. Malgré son aura de seul prix Nobel d’économie français, et en dépit d’un soutien remarqué du Figaro, où le journaliste Bernard Bonilauri l’avait introduit, Maurice Allais a vu son message méthodiquement occulté par les média « officiels ».

Quinze ans après la publication du livre de Maurice Allais, les faits ont pleinement confirmé ses prévisions. Force est de constater que l’union européenne n’a pas tenu ses promesses. En France, le chômage est passé en 45 ans de 3 à 11%. Il faut bien en identifier les causes pour y remédier. La mondialisation a ouvert nos frontières à l’invasion des importations des pays de l’est, due à la suppression des contingents d’importation et des droits de douane. La politique menée a eu des résultats catastrophiques : explosion de la dette, augmentation de deux millions du nombre des chômeurs…

Cela était-il réellement imprévisible ? Certainement pas ! C’est ce que montre une analyse objective basée sur l’observation des faits et l’utilisation de modèles économiques.

1. La Notion de Modèle :

Quel que soit les domaines, sciences et modélisation sont intimement liés. Depuis la plus haute antiquité, les lois physiques ne sont pas autre chose que des modélisations de phénomènes déduites de l’observation des faits. Elles ont donc toujours une base expérimentale. Cette remarque s’applique aussi bien au principe d’Archimède, qu’à la loi de Mariotte, à la théorie du rayonnement du corps noir ou à l’économie.

La science économique ne peut exister qu’au travers de modèles ou lois de l’économie. Ses bases mathématiques sont très anciennes. Les travaux de Fourier visaient déjà à l’étude de séries numériques, notamment économiques. Depuis le 19° siècle, les économistes ont cherché en permanence à comprendre et à modéliser le fonctionnement du système économique grâce aux outils mathématiques à leur disposition.

En économie comme dans toutes les sciences, la connaissance conduit à l’établissement de modèles explicitant les relations entre les grandeurs observées, ici les variables endogènes du système.

Compte tenu de sa nature particulière, la science économique doit prendre en compte, non seulement des données statistiques objectives, mais aussi des éléments psychologiques liés au comportement des décideurs. Le « Paradoxe d’Allais », montre que même les scientifiques sont parfois irrationnels, mais que leurs comportements peuvent être modélisés.

Considérée dans toute sa généralité, la notion de modèle est suffisamment ambigüe pour qu’il soit nécessaire de commencer par la définir et préciser le vocabulaire. Pour bien comprendre l’apport de chaque novateur et, en particulier, celui de Maurice Allais, il est nécessaire de distinguer sa contribution au développement des trois grandes catégories de modèles qui sont utilisés conjointement en économie :

– Les modèles descriptifs qui correspondent à la simple description d’un phénomène, sans chercher à identifier un mécanisme « physique » pouvant être à l’origine des faits observés.

– Les modèles explicatif (ou illustratif selon la terminologie de Maurice Allais) décrivant sous la forme d’une boite noire une relation entre variables endogènes.

– Les modèles dynamiques qui peuvent prévoir l’évolution à court ou long terme d’un système, ici le système économique.

Comme toute science, l’économie n’a de valeur que dans la mesure où elle permet aux décideurs de prévoir les effets de leurs choix sur la réalité. L’étude d’une question particulière se fait généralement en utilisant conjointement des modèles appartenant à ces trois types.

2. Caractéristique des Modèles :

Les modèles sont construits en fonction d’objectifs variés : mise en évidence de lois statistiques, analyse du système économique, prévisions à court ou à long terme…

Les techniques de modélisation utilisées sont donc nombreuses et adaptées au cas par cas à leurs objectifs.

2.1 Les Modèles Descriptifs :

Ces modèles ne font aucune hypothèse sur la nature du système. Ils formalisent une observation des faits, sans chercher à les expliquer.

Ce type de modèle est couramment utilisé, même inconsciemment. Lorsqu’un entrepreneur extrapole de façon linéaire ou exponentielle la variation de son chiffre d’affaire, il fait appel à un modèle implicite de ce type.

Lorsqu’en 1968 Maurice Allais observe la convergence des économies mondiales vers le niveau de PIB par habitant de l’économie américaine, il utilise ce premier type de modélisation dont la validité s’est confirmée depuis de façon éclatante.

La relation linéaire entre le taux de croissance du PIB par habitant des différentes économies et leur retard par rapport à l’économie américaine est une observation remarquable, mais qu’il ne cherche pas à justifier par une théorie, conformément à son choix de s’en tenir aux seuls faits.

2.2 Les Modèles Explicatifs :

Ces modèles visent à décrire des relations entre les variables économiques et à identifier les mécanismes sous-jacents susceptibles de les expliquer.

C’est un modèle de ce type que décrit Maurice Allais dans son livre de 1999 relatif à la mondialisation. Défini de façon statique, ce modèle ne suppose aucune relation de cause à effet entre les grandeurs, mais simplement une relation entre celles-ci. Ainsi, Maurice Allais calcule dans un premier temps la réduction de la croissance et la perte d’emplois industriels à partir des séries macroéconomiques disponibles. Il peut ensuite montrer la relation linéaire entre ces deux données, puis désigner la cause commune de ces deux événements.

Le modèle décrit ainsi les relations entre les grandeurs économiques sous la forme de « boite noires » linéaires dont les coefficients sont ajustés par les méthodes classiques de moindres carrés. Ces deux phénomènes étant concomitants, il peut leur attribuer une cause commune : la mondialisation. Sur la base de ce modèle purement statistique, il peut affirmer « l’évidence empirique » de l’existence de cette cause commune.

Cette méthode présente l’avantage d’être totalement neutre par rapport aux théories économiques.

2.3 Les Modèles Dynamiques :

Ces modèles visent à prévoir l’évolution du système économique. Pour cela, ils font appel à des relations causales entre les valeurs successives des différentes grandeurs. Les relations temporelles entre les variables internes du système économique et entre celles-ci et les variables exogènes doivent alors être identifiées.

Des modèles de ce type ont été développés avant même que les ordinateurs aient eu des performances suffisantes pour les mettre en œuvre.

3 L’Évolution des Modèles Dynamiques :

Une évolution technologique très rapide des moyens de calcul a fortement influencé la conception des modèles dynamiques et a marqué leur déjà longue histoire.

3.1 Les Premières Réalisation :

Depuis l’oscillateur de Samuelson en 1936, de nombreux travaux ont porté sur la modélisation dynamique de l’économie. De nombreux chercheurs ont appliqué à l’économie les méthodes développées par ailleurs dans l’étude des systèmes cybernétiques. Ils ont utilisé les techniques conçues dans le but de maitriser la conception des systèmes électroniques: la théorie des réseaux, la théorie de la contre-réaction, celle des asservissements…

Nous ne pouvons pas parler des précurseurs sans citer les travaux de Philips en 1954, Forrester en 1961 et Vallée en 1980 et de nombreux autres auteurs qui ont fait progresser la théorie.

Après les succès de l’électronique analogique, les extraordinaires progrès de la technologie digitale ont imposé le passage aux techniques numériques. Nous ne parlons plus de commande ou d’asservissements mais d’automatique.

3.2 L’Intrusion de l’Automatique Moderne :

L’automatique moderne est basée sur les idées popularisées par Kalman. Un système est décrit par un vecteur d’état rassemblant toutes les données définissant le système. Dans le cas des ensembles mécaniques il s’agit des positions, vitesses (en prenant en compte deux positions successives), et accélérations (en comparant deux vitesses, soit trois positions successives). Un calcul simple permet alors de décrire l’évolution du système au cours du temps lorsqu’il est soumis à une excitation exogène.

Par exemple, un pendule sera défini par ses moments d’inertie, ses vitesses de rotation et les forces qui lui sont appliquées. Il est alors facile d’écrire la matrice donnant, à partir des valeurs actuelles du vecteur d’état, les nouvelles valeurs de ses paramètres au bout d’un incrément de temps dt. Ceci permet de décrire simplement le mouvement du pendule. Cette méthode générale de l’automatique moderne permet ainsi de prédire l’évolution d’un système mécanique et de le piloter. Elle semble parfaitement adaptée à l’étude de l’économie dont les variables sont les suites de données correspondant aux séries économiques.

Est-il pour autant raisonnable d’abandonner les notions fondamentales des techniques anciennes, issues de l’ère analogique, pour adopter les seules méthodes de l’automatique ?

Dans quelles conditions ces techniques nouvelles permettent-elles de réaliser des simulateurs reproduisant l’évolution du système économique ?

3.2.1 Un Exemple : Le Modèle Metric :

Comme de nombreux modèles récents, le modèle METRIC de l’INSEE, publié pour la première fois en 1977, adopte une méthode appliquant les concepts de l’automatique moderne. Il utilise alors les toutes nouvelles séries trimestrielles de l’INSEE qui permettent une meilleure connaissance temporelle des données économiques.

Ce modèle identifie les relations temporelles entre les données économiques. Conçu pour effectuer des prévisions, il calcule l’ensemble des variables endogènes à un instant donné à partir de leurs valeurs au trimestre précédent. À chaque pas, les valeurs des séries économiques constituent le nouveau vecteur d’état du système. Le modèle prévoit d’introduire, en tant que de besoin, des variables exogènes, par exemple le taux de change.

Ce premier modèle trimestriel présente malheureusement de nombreuses lacunes. Il n’a été ajusté qu’en prenant en compte une période d’observation de 5 ans, durée beaucoup trop courte pour que l’ensemble des situations rencontrées pendant un cycle économique (par exemple le cycle de Juglar) n’aient pu être observées.

Il n’est donc pas surprenant qu’il dérive très rapidement lorsqu’il est utilisé dans le mode prévisions économiques, en dehors de la période d’apprentissage.

Selon le document publié par l’INSEE, en mode prévision, et sur seulement deux années, les erreurs du modèle METRIC augmenteraient rapidement. La prévision était donc limitée à 8 trimestres. Compte tenu de toutes ces contraintes, cette modélisation ne pouvait conduire à des prévisions à long terme.

Cette approche, de type automatique, n’aurait pu être valide à long plus terme que si le modèle avait identifié l’ensemble des paramètres internes du système économique, qu’ils soient accessibles ou non à la statistique. En effet, les méthodes numériques standards d’estimation des fonctions de transfert ne sont pas adaptées au cas des séries économiques, même trimestrielles.

Il est raisonnable de penser avoir identifié la totalité des paramètres d’un système mécanique comme un pendule, un navire ou un robot, en construisant un vecteur d’état comportant le dernier échantillon et les deux échantillons précédents des paramètres, ce qui permet d’estimer leurs vitesses de variation et leurs accélérations.

Il serait présomptueux de prétendre tout savoir sur l’économie française et sur ses relations avec le reste du monde en ne prenant en compte que les dernières valeurs des séries économiques. Rien ne permet de dire, à priori, si des estimations basées sur quelques trimestres seraient meilleures.

Si trois échantillons successifs suffisent à traiter la dynamique d’un ensemble mécanique, comment savoir combien il en faudrait pour traiter correctement le système économique ? Les fluctuations aléatoires des statistiques trimestrielles, analogues au bruit des systèmes électroniques, ne risquent-elles pas de rendre cette méthode totalement illusoire ?

3.2.2 Le Mur de la Complexité :

Initialement, en 1975, le modèle METRIC de l’INSEE comportait 450 équations et 250 variables exogènes. En 1979, le nombre d’équations était passé à 886 et le nombre de variables exogènes à 350.

La complexification inutile des modèles a été parfaitement illustrée par Maurice Allais dans son livre sur la mondialisation de 1999. Il dit : « Une telle erreur est parfaitement illustrée par le Modèle RUNS de la Banque Mondiale qui pour être compréhensif est amené à considérer 22 régions, 20 produits, et 8 périodes, et finalement 77.000 variables. En réalité, un tel modèle n’a aucune signification ni économique, ni économétrique. »

La conception des modèles économiques souffre ainsi d’un vice congénital propre à toutes les simulations numérique. Les ingénieurs cherchent à décrire de plus en plus finement le système à évaluer dans l’espoir de fournir des résultats de plus en plus précis. Contrairement à leurs attentes, ils n’arrivent qu’à rendre leurs résultats inintelligibles et donc leurs études non concluantes.

3.3 Le Modèle Oméga :

Publié en 1990, le modèle Oméga (nommé ainsi en référence à la pulsation ω des signaux périodiques), a été conçu de façon à éviter ces écueils.

Sans entrer dans les détails de sa conception, il est intéressant de noter les options originales qui ont présidé à sa conception :

– Les fonctions temporelles reliant entre elles les variables sont des fonctions en temps continu. Ceci permet de changer librement le pas temporel des séries de données : annuel, trimestriel, ou même mensuel sans avoir à modifier le modèle.

– La représentation de ces fonctions par une somme de fonctions mathématiques standard permet de les contrôler facilement. Ceci est important, puisque toutes les fonctions intervenant dans un prédicteur doivent être causale et avoir un comportement à long terme particulier.

– Le nombre des variables a été réduit au strict minimum.

– Le choix des fonctions temporelles incluses dans le modèle a tenu compte des grandes avancées de la science économique, par exemple la théorie de cycle de vie.

3.3.1 Test sur la Rupture de 1974 :

Initialement annuel, le modèle Ω devenu modèle Oméga-Allais fonctionne parfaitement sur des séries trimestrielles. Initialisé par les seules valeurs du PIB, une réduction de la part de la demande intérieure due à un excès des importations par rapport aux exportations conduit à la réduction de la croissance attribuée par Maurice Allais à la mondialisation.

L’utilisation du modèle permet de mettre en évidence le mécanisme conduisant à la réduction de la croissance. La courbe bleue correspond au PIB observé, la courbe rouge à la prédiction, les droites vertes pointillées aux croissances moyennes.

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Cassure de 1974.

Ceci montre qu’une ouverture des marchés conduit à une réduction de la demande intérieure, donc des investissements nationaux, et produit la cassure de 1974. Ainsi, le modèle « Oméga-Allais » montre clairement qu’une réduction de l’investissement dans une économie conduit naturellement à une réduction à long terme de la croissance, voire à une récession qui s’auto-entretien.

3.3.2 La Cassure de 2007 :

De même, le modèle reproduit la cassure de 2007. Le déséquilibre de la balance des investissements, observée par la Banque de France de 1999 à 2001 au moment de l’entrée dans l’euro, correspond ans plus tard avec le décrochement de l’économie 8, c’est à dire avec le retard correspondant au cycle de Juglar dont l’origine endogène est ainsi confirmée.

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La cassure de 2007 :

(Toutes les valeurs sont en Euros 2005. La courbe bleue est le PIB trimestriel observé, la courbe rouge est le comportement naturel du modèle, la courbe verte est celle correspondant à un désinvestissement fait à partir de 2007. Il apparaît que celui-ci correspond au manque d’investissement observé par la Banque de France en 2000-2001).

3.3.3 Des Résultats Saisissants :

Le modèle illustratif de Maurice Allais présenté dans son livre de 1999 montrait clairement que la mondialisation est la cause du chômage de masse et de la destruction de la croissance. De ce fait, il n’avait pas à poursuivre sa démonstration en construisant un modèle dynamique susceptible de quantifier les conséquences à long terme des décisions politiques erronées de l’UE.

Poursuivant et prolongeant l’œuvre de Maurice Allais, le modèle dynamique « Oméga », établi en 1990 pour décrire une économie fermée, devait être adapté pour rendre compte de la mondialisation. Aujourd’hui, le modèle « Oméga-Allais », confirme parfaitement les conclusions faites en 1999 par Maurice Allais. La modélisation ainsi faite de l’ouverture à la mondialisation décrit parfaitement la cassure de 1974 et l’explosion du chômage.

Ce travail confirme un point essentiel : pour être intelligible, un modèle destiné à faire des prévisions économiques à long terme doit être le moins complexe possible. Le nombre de variables endogènes et exogènes doit être le plus réduit possible. Pour que les résultats soient exploitables, les entrées doivent être regroupées en fonction de leurs effets sur le système. Seulement quelques paquets de variables, ou variables macroscopiques, sont alors considérés par le modèle.

N’oublions pas que les mathématiques et les ordinateurs doivent être au service des économistes et non l’inverse. La complexité excessive d’un modèle ne doit pas rendre inintelligible son fonctionnement. Le modèle Oméga-Allais y parvient en ne retenant que les paramètres clefs.

Quinze ans après la publication du livre de Maurice Allais sur la mondialisation, les faits ont pleinement confirmé ses critiques injustement occultées. Très convivial, le modèle dynamique Oméga-Allais, permet de visualiser de façon saisissante l’effet à long terme des politiques économiques. Il constitue ainsi un outil à mettre à la disposition des décideurs.

4 Conclusion :

Ce survol des méthodes de la science économique montre à l’évidence que les critiques des choix de l’union européenne et de la mondialisation faites par Maurice Allais depuis 1992 avaient des bases réellement scientifiques.

Il est urgent que la science économique reprenne sa place dans le discours politique et qu’elle puisse ainsi éclairer les responsables et les opinions publiques, redresser l’activité du pays, la croissance, et vaincre enfin le fléau de la désindustrialisation et du chômage.
Toutefois, les apports de Maurice Allais ne pourront être pleinement reconnus, pris en compte et surtout mis en application que si un forum permet à l’élite des économistes d’échanger, dans son sillage, leurs points de vue et de confronter leurs résultats, avec les différents acteurs clefs, notamment politiques. Canal historique des « Combats de Maurice Allais », chargée de la défense et de la reconnaissance de son œuvre de salut public toujours ostracisée par la sphère politique, l’AIRAMA a vocation à être le pôle fédérateur de cette « Reconquête » du politique par la pensée économique.

DÉCLARATION de Jean-Pierre Chevènement sur ALSTHOM

Alors qu’Alstom est dans l’actualité la plus chaude depuis quelques jours.

Nous vous proposons de visionner la déclaration que Jean-Pierre Chevènement a faite sur ALSTHOM sur la chaine “Public Sénat” :

Chevènement : « Sarkozy a sauvé Alstom, il serait dommage qu’Hollande ne réédite pas cette action »

 

 

Le possible rachat d’Alstom ne lui convient pas. Jean-Pierre Chevènement monte au créneau pour défendre ce fleuron industriel national. L’américain General Electric (GE) pourrait pourtant mettre la main sur la partie énergie d’Alstom. Les Allemands de Siemens proposent eux de reprendre la même branche, pour laisser au Français ses activités transports. Un « airbus de l’énergie » et un des transports seraient ainsi créés, conformément aux vœux de François Hollande. Le chef de l’État a reçu ce matin le patron de GE, avant celui de Siemens en fin d’après-midi, et enfin celui de Bouygues, principal actionnaire d’Alstom.

« Alstom n’existe que par l’État »

Pour le sénateur du Mouvement républicain et citoyens (MRC), aucune des solutions sur la table ne convient. « J’ai écrit à Manuel Valls pour lui dire qu’il me paraissait hors de question que le capital d’Alstom passe sous pavillon étranger, que ce soit General Electric ou Siemens. L’énergie est un secteur clef dans l’industrie », affirme à Public Sénat le sénateur du Territoire de Belfort, où se trouve un site historique d’Alstom. « Alstom n’existe que par l’État. Alstom, c’est la France. Ce sont les locomotives fabriquées à Belfort depuis 1880. Et toutes celles qui ont suivi. Les turbines, y compris celles du nucléaire », ajoute le sénateur.

Sur ce dossier, François Hollande joue gros. « C’est un enjeu très important. Le Président est vraiment conscient de l’importance de ce dossier. Il serait dommage, alors que Monsieur Chirac et Sarkozy ont sauvé Alstom, il faut le dire – à l’époque Alstom était en beaucoup plus mauvaise situation qu’aujourd’hui – que François Hollande ne réédite pas cette action » souligne Jean-Pierre Chevènement. Il ajoute : « Je pense que pour François Hollande, c’est un défi, mais qui implique qu’il maîtrise intellectuellement toutes les données de ce dossier complexe ».

« La gauche n’a jamais exclu des nationalisations temporaires »

Il préconise une prise de participation de l’État dans le capital de l’industriel, à hauteur de « 15 ou 20% ». le gouvernement n’a d’ailleurs pas écarté cette solution. « La gauche n’a jamais exclu des nationalisations, temporaires, partielles », insiste le sénateur. Il « appelle » le chef de l’État « à faire preuve de pragmatisme ».

« Comme déjà la France a abandonné la sidérurgie, (…) Usinor-Sacilor devenu Arcelor, devenu ArcelorMittal. Après la sidérurgie, l’aluminium avec Pechiney, le PVC avec arkema, filiale de total rachetée par un fond de capitale américain. Le ciment Lafarge qui a maintenant son siège social en Suisse. Je considère que ça commence à bien faire. (…) On ne peut pas abandonner le secteur de l’énergie », souligne l’ancien ministre de l’Industrie.

La solution européenne via Siemens n’est pas la bonne à ses yeux. « Avant de parler d’Airbus de l’énergie, il faut savoir de quoi on parle. Quelle est la stratégie générale ? » demande Jean-Pierre Chevènement. « S’il s’agit de faire passer sous contrôle allemand la partie énergétique d’Alstom, c’est un jeu de dupe ».

Source : www.publicsenat.fr

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Pour aller plus loin…

Voir également :

FigaroVox : Jean-Pierre Chevènement : « L’État doit monter au capital d’Alstom »

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/28/31001-20140428ARTFIG00363-jean-pierre-chevenement-l-etat-doit-monter-au-capital-d-alstom.php

Le Bog de Jean-Pierre Chevènement : http://www.chevenement.fr/

Alstom : « Le contrôle du capital doit rester français »