Catégorie : Analyses & Recherches

La reconnaissance des apports de Maurice Allais présente ici des analyses et des poursuites de recherche ouvertes par Maurice Allais.
Elle est subdivisionnée aux domaines principaux traités par Maurice Allais :
— L’économie,
— La monnaie,
— La physique,
— Divers.

La physique après la découverte des ondes gravitationnelles

L’occasion d’un renouveau inespéré.

Une victoire des concepts du 20° siècle ?

            Nous savons tous que la physique a fait des progrès considérables au cours du 20° siècle. Elle a permis un développement extraordinaire de la technologie et des systèmes. Au début du 21° siècle, la théorie de la relativité et la mécanique quantique semblent définitivement validées, même si certains physiciens reconnaissent l’existence de problèmes de compatibilité entre ces deux théories.

            Devrions-nous dire, comme Lord Kelvin en 1900, « Il n’y a plus rien à découvrir en physique aujourd’hui, tout ce qui reste à faire est d’améliorer la précision des mesures » ? Il n’est pas surprenant que ce remarquable physicien ait pensé cela. Ne savons-nous pas qu’au cours du temps toutes les théories s’affinent et deviennent de plus en plus sûres d’elles-mêmes et dogmatiques ?

            Au cours du 20° siècle, les deux théories de la relativité et la théorie quantique n’ont pas échappé à ce travers. Après avoir été initialement très contestées, elles ont caché derrière un dogmatisme de plus en plus rigoureux leurs inévitables failles. Elles sont tellement incontestables qu’aujourd’hui l’Académie des Sciences refuserait d’examiner une nouvelle théorie si elle n’était pas « généralement covariante », c’est-à-dire compatible avec la théorie de la relativité générale !

            Présentée comme « la victoire finale » des concepts de la physique du 20° siècle, la découverte expérimentale des ondes gravitationnelles en serait-elle la preuve définitive ?  Au contraire, comme au début du 20° siècle, cette validation expérimentale ne devrait-elle pas nous conduire à mener de nouveaux travaux, et à approfondir les concepts ayant présidé à leur élaboration ?

Les ondes gravitationnelles : Une nécessité théorique ?

            L’électromagnétisme introduit deux notions essentielles : le champ électrique et le champ magnétique. Ces deux champs sont associés dans les équations de Maxwell qui permettent de les décrire localement sur la base de sommes d’ondes se propageant à une vitesse « c », dite vitesse de la lumière, érigée au rang de constante universelle. Les vibrations longitudinales, qui semblaient impossibles à générer et à observer, étaient niées ou simplement ignorées par les physiciens.

Nous savions que les ondes optiques sont déviées par les champs de gravitation. Ce phénomène a été vérifié expérimentalement depuis plus d’un siècle. Malgré cela, la relativité générale ne pouvait renoncer à son principal postulat : les lois de la physique sont les mêmes en tout point de l’espace. En fait, elles n’ont cette invariance que grâce à un artifice : la modification locale des unités de mesure qui impose l’abandon de la géométrie euclidienne, base de tous nos raisonnements.

Ce choix, très pénalisant, a conduit à des calculs d’une extrême complexité. Ceci limite fortement l’intérêt pratique de cette théorie, dès lors que les problèmes à étudier sont complexes. N’est-il pas temps de d’oublier ce postulat et de construire une nouvelle physique, réellement ondulatoire, associant champs électriques, magnétiques et gravitationnels ?

La détection des ondes gravitationnelles :

            La détection de ces ondes à l’aide de très grands interféromètres nous apporte des éléments essentiels à la construction d’une nouvelle physique ondulatoire. De nombreux documents publiés sur INTERNET présentent les signaux émis par la collision de trous noirs. Les mesures faites par ces interféromètres correspondent parfaitement aux modélisations faites par les astrophysiciens.

            Leurs résultats confirment donc clairement l’existence de ces ondes, mais surtout les intuitions des physiciens. En effet, les signaux observés par les deux détecteurs LIGO pendant la centaine de millisecondes que durent ces collisions confirment des points essentiels :

  • Il existe un décalage temporel entre les signaux détectés par les deux interféromètres,
  • Ces temps d’arrivée correspondent à un même événement observé optiquement par ailleurs,
  • Enfin, les différences entre les mesures sont cohérentes avec la direction d’arrivée.

Les ondes gravitationnelles sont donc des ondes se propageant à la même vitesse que la lumière. Alors que les ondes électromagnétiques sont des ondes transverses, les ondes gravitationnelles ne peuvent qu’être que des ondes longitudinales. L’ensemble de ces ondes correspond alors aux trois directions de vibration possibles de l’Éther, leur milieu de propagation commun (deux vibrations transverses orthogonales et une longitudinale).

L’indispensable mise en cause de nos modes de pensée :

La confirmation expérimentale de l’existence des ondes gravitationnelles nécessite de notre part une réflexion sur la cohérence de nos concepts de la physique. Devons-nous traiter différemment ces ondes et les ondes électromagnétiques ? Sont-elles analogues ou de nature différente ?

À mon avis, influencés par les thèses relativistes, les physiciens ont fait une grave confusion que je vais essayer de vous faire comprendre à partir d’un exemple volontairement caricatural.

Considérons un physicien décidant de vérifier l’universalité de la loi de Mariotte. Il réalise un dispositif constitué d’un volume variable et d’un manomètre. Il commence par l’installer à Paris. Il suit alors un protocole expérimental rigoureux. Pour cela, il commence par étalonner son manomètre en faisant le vide, puis en laissant la pression atmosphérique entrer dans le dispositif. Après avoir refermé son dispositif, il peut vérifier la loi de Mariotte en faisant varier le volume d’air emprisonné et en mesurant la pression (bien évidemment, je suppose la température stabilisée entre les mesures successives de pression).

Supposons que, pour confirmer l’universalité de la loi ainsi vérifiée, il se déplace au Pic du Midi et refasse l’expérience, en respectant le même protocole expérimental. Il constate que la loi de Mariotte est bien conservée. Cette loi est donc bien une loi universelle, mais ceci n’implique pas que la pression atmosphérique soit la même à Paris et au Pic du Midi.

Cet exemple caricatural correspond à une erreur bien difficile à éviter. Ainsi, les expériences interférométriques, ou les « expériences de pensée » proposées comme preuves de la théorie de la relativité, présentent de nombreuses lacunes conceptuelles. Les dimensions d’un interféromètre de Michelson sont-elles indépendantes de sa vitesse de déplacement ? La contraction relativiste des corps est-elle réelle ou apparente, les lois de Descartes sont-elles valides dans un repère mobile ?…

Un autre exemple particulièrement intéressant correspond à l’utilisation du principe d’équivalence pour calculer la déviation gravitationnelle de la lumière. Dans son article initial, Einstein n’avait obtenu que la moitié de la déviation qui sera observée expérimentalement. Il aurait trouvé la valeur exacte s’il avait compris que son repère mobile était implicitement construit sur des mesures optiques de distances, et donc qu’il était déformé par l’accélération [1].

Comme dans l’exemple caricatural de la loi de Mariotte, l’observateur a étalonné son repère en supposant la propagation de la lumière isotrope. Admettons l’existence d’un repère euclidien sous-jacent, et dans ce repère, une onde se propageant dans une direction orthogonale à un champ de gravitation uniforme. En raison du ralentissement gravitationnel de la vitesse de la lumière, la distance entre les fronts d’ondes est d’autant plus faible que le champ de gravitation est élevé. Inversement, dans un repère lié à l’observateur, et construit sur la base de mesures optiques, ces distances sont inchangées. Dans le cas particulier d’un champ de gravitation uniforme, ces deux repères sont superposables par modification de l’unité de temps. Le principe d’équivalence peut être adopté. Dans tous les autres cas, et en particulier lors du calcul de la courbure des rayons optique dans un champ non uniforme, cette approximation ne peut être faite.

Il faut donc être particulièrement circonspect dans l’utilisation des concepts relativistes. L’universalité d’une loi de la physique dans un petit domaine ne peut être étendue à l’espace complet sans d’infinies précautions. Même si déterminer des propriétés physiques locales est utile, seule la référence à un espace-temps euclidien sous-jacent permet de raisonner juste.

Enfin, les étudiants et les chercheurs doivent se sentir libre de rêver à une nouvelle physique. Ils ne doivent pas se sentir obligés de respecter des dogmes abstraits sans en comprendre les raisons profondes. Ceci ne peut que les faire fuir ou étouffer leur créativité. Les étudiants doivent apprendre une physique plus humaine, faillible et révisable, tributaire d’accidents de l’histoire. En un mot, ils ne doivent pas penser naître trop tard dans un monde trop vieux.

La relecture nécessaire des nombreux opposants :

            Malgré le discours officiel des théoriciens, de nombreux chercheurs, rebutés par le dogmatisme des physiciens relativistes et quantiques, ont cherché à les mettre leurs théories en défaut. Ils ont souvent réalisé, avec des moyens très limités, des expériences dont les résultats auraient mérité d’être pris en compte et qui auraient dû être refaites avec de plus gros moyens. Je vous incite à étudier celles faites ou  décrites par Maurice Allais [2], par Hector Múnera [3] et bien d’autres chercheurs dans le monde, et à en imaginer d’autres réalisables dans vos laboratoires.

Pourquoi imaginer une nouvelle physique ?

            J’avais montré, dans une présentation faite à l’URSI en 2011 [4], que de nombreux résultats, devenus des vérités incontestables, n’étaient en réalité que les conséquences d’idées a-priori ou des interprétations d’expériences, mais en aucune manière des preuves scientifiquement établies.

J’avais mis en cause la capacité de VIRGO à détecter des ondes gravitationnelles. Je dois reconnaître que les améliorations de ses performances intervenues depuis, et la réalisation des interféromètres LIGO aux USA, ont permis de détecter ces ondes gravitationnelles. Cependant, je continue à penser que ces instruments n’auraient pas dû être appelés « interféromètres de Michelson », ce qu’ils ne sont pas. La description rigoureuse des dispositifs expérimentaux, des bases conceptuelles sur lesquels ils sont construits, serait absolument nécessaires à la compréhension de leurs résultats.

Par ailleurs, j’avais montré qu’il est très rare qu’un résultat expérimental impose l’adoption d’une théorie. Pour cela, j’avais retenu deux exemples. Le rayonnement du corps noir et l’accélération du BIG-BANG. Poincaré avait démontré que le rayonnement de corps noir n’était pas explicable sans faire intervenir une non-linéarité [5]. Cependant, ce résultat théorique n’imposait pas le choix de l’hypothèse de Planck. De même, les expériences dites « d’intrication de photons » n’imposent pas l’existence de celui-ci comme « particule » mais seulement comme quantum d’action.

Ces exemples montrent qu’un manque de rigueur mathématique fait prendre à un chercheur des risques d’erreur considérables. N’est-il pas naturel que, persuadé d’avoir fait une grande découverte et brûlant d’impatience, il néglige de faire un examen critique des faits et d’envisager toutes les explications possibles ?

Ne devrions-nous pas chercher, en permanence, à découvrir si des explications nouvelles, ou d’anciennes rejetées pour des raisons oubliées, ne rendraient pas compte aussi bien ou même mieux des résultats expérimentaux que les théories les plus reconnues ?

Le choix d’une physique ondulatoire :

            Les motivations des physiciens sont loin d’être celles des entrepreneurs et des hommes politiques. Même s’il leur arrive de chercher à concrétiser par des développements industriels les résultats de leurs travaux, ils sont avant tout motivés par l’envie de comprendre. N’est-il pas valorisant de comprendre ce qui est mystérieux et de faire ce qui est impossible ?

            La découverte des ondes gravitationnelles n’est-elle pas une occasion exceptionnelle de repenser la physique moderne ? Que pourrait être cette nouvelle physique ondulatoire ? Compte tenu de mon expérience professionnelle, je vous propose le rêve d’un radioélectricien attaché aux représentations non-quantiques des rayonnements. Mes grands choix seraient les suivants :

  • En premier, je donnerais la priorité aux aspects ondulatoires, en reconnaissant l’existence d’un milieu de propagation que j’appellerais, un peu par provocation, l’Éther. Ceci permettrait de donner une signification réelle au courant de déplacement, réputé fictif, apparaissant dans les équations de Maxwell et à la densité locale d’énergie associée aux champs.
  • Ensuite, je donnerais aux potentiels électriques et gravitationnels des statuts comparables, les potentiels électriques et magnétiques étant liés à des ondes transverses d’une part, et le potentiel gravitationnel à des ondes longitudinales.
  • Enfin, après avoir réintroduit l’Éther, devenu le milieu de propagation de toutes les ondes, je proposerais le choix d’un repère euclidien sous-jacent. Sauf preuve du contraire, toutes les ondes se propageraient dans ce milieu à la même vitesse qui dépendrait d’un potentiel à l’origine de la courbure gravitationnelle des rayons lumineux.

Ce choix est analogue à celui adopté en acoustique aérienne ou sous-marine. Tous les phénomènes physiques seraient décrits dans cet espace-temps  » réel », observé à l’aide des ondes électromagnétiques. Les grandeurs physiques dans ce repère sous-jacent seraient obtenues par dé-convolution, puis validées en utilisant les lois de propagation  des ondes et en calculant les durées et distances apparentes observables à l’aide d’horloges et de mesures optiques. Ceci ne serait en réalité que le choix d’utiliser des techniques couramment utilisées en recherche pétrolière dans un milieu extrêmement complexe.

Les particules seraient des solutions de ces nouvelles équations de propagation non linéaires associant les ondes inévitablement associées. Un simple électron a en effet une charge électrique, un champ magnétique et une masse correspondant à son énergie. Même si cette tâche dépasse largement nos capacités de calcul actuelles, toutes les particules stables ou instables pourraient alors, au moins en théorie, être décrites à partir de ces seules équations …

Des énigmes scientifiques réputées insolubles seront alors résolues. Pourquoi le mystère étudié par Maurice Allais que constitue depuis déjà longtemps la loi de Titius-Bode [6] ne serait-il pas élucidé grâce à une représentation ondulatoire des champs de gravitation ?

Refuser la science médiatique :

Notre société médiatique est à la recherche du sensationnel et de l’insolite. La physique du 20° siècle ne pouvait qu’être de son temps. Il était donc inévitable que des « vulgarisateurs » aient popularisé, sans les expliquer, des théories parfois extravagantes, notamment en cosmologie, et qu’ils aient trouvé un public, même dans des milieux scientifiques.

Il est plus grave de constater que des expériences soient présentées comme des preuves irréfutables des nouvelles théories, alors que les faits pouvaient être aussi bien expliqués par les anciennes théories. J’ai constaté avec effroi que le programme de physique, en classe de terminale, présente à l’appui du discours officiel une célèbre expérience d’interférences sur électrons uniques réalisée pour la première fois en 1961. Il laisse les étudiants imaginer, sans doute involontairement, qu’il s’agit de propriétés mystérieuses de la matière.

Cette expérience de diffraction est censée illustrer la dualité onde particule, une propriété quasiment « magique » des électrons qui pourraient interférer avec eux-mêmes !  En affirmant que les particules sont des solutions particulières d’une équation des ondes, la physique du 21° siècle expliquera simplement ces effets qui ne sont absolument plus paradoxaux.

L’énergie de l’électron sera celle de ses champs (essentiellement son champ électrique), extérieur à la particule proprement dite. Celle-ci, analogue au cœur d’un cyclone, et ne contiendrait pratiquement pas d’énergie. Si l’électron traverse le masque, une partie de son énergie électromagnétique est réfléchie et une autre reste attachée à lui. Quelle soit la trajectoire de la particule « électron », qu’elle soit réfléchie par le masque, absorbée ou transmise par l’une des fentes, son champ ne peut que passer simultanément par les deux fentes et sa trajectoire modifiée.

L’énergie et sa quantité de mouvement de l’électron sont alors réparties entre les deux faces du masque, que la particule traverse ou non le masque.  Cette explication n’est-elle pas plus satisfaisante que l’introduction d’une longueur d’onde sans signification physique ?

Attirer à nouveau les esprits les plus brillants :

Nous savons que les étudiants sont de moins en moins nombreux à choisir d’entreprendre des études scientifiques. Ceci est certainement partiellement dû à la mondialisation des entreprises et au développement du commerce international qui offre de nombreux débouchés dans les services. Dans ce contexte, le « management », en offrant de brillantes perspectives de carrières ne peut qu’attirer les plus dynamiques des étudiants.

Dans le domaine de la recherche scientifique, cette même mondialisation réduit la place des chercheurs dans leur propre université. Petites mains travaillant dans un gigantesque projet international, ils sont souvent réduits à un rôle subalterne et n’ont aucun contrôle du projet. Que pouvez-vous décider quand vous appartenez à une équipe de 500 chercheurs appartenant à 50 pays ?

Dans l’industrie, les ingénieurs ne s’intéressent pas aux grandes théories. Un spécialiste des gyroscopes LASER m’avait présenté ses équipements et leur principe. En réponse à une question, il m’avait répondu qu’il existait une théorie relativiste de ces gyromètres, mais qu’il ne l’utilisait pas. Quel est l’intérêt d’une théorie si elle n’a pas d’applications pratiques ? Les grands progrès techniques n’ont-ils pas été très souvent dus à des passionnés qui ont eu des idées simples ?

L’observation expérimentale des ondes gravitationnelles ne doit-elle pas être l’occasion d’une révision profonde de la physique moderne ? Pouvoir représenter de façon ondulatoire toute la matière et construire, à partir d’observations optiques, un espace euclidien sous-jacent doit révolutionner la physique en lui apportant la rigueur scientifique qui lui fait souvent défaut ?

Le remplacement de dogmes et de formalismes abstraits qui ont envahis la physique par des lois universelles valides dans un espace euclidien sous-jacent devrait permettre un renouveau de la physique et attirer de nombreux étudiants.

Enfin, le rejet du cloisonnement excessif des disciplines, conséquence inévitable du mode de fonctionnement de ce que nous appelons « la communauté scientifique », stérilise la recherche. Les chercheurs hyper spécialisés, utilisant des vocabulaires différents selon les disciplines, ne bénéficient plus des retombées entre domaines apparemment différents, alors même qu’ils utilisant en réalité des outils mathématiques identiques ou quasi-identiques.

 

 

Pierre Fuerxer,

Membre de l’AIRAMA.

 

 

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[1] la relativité, Poincaré, Planck, Hilbert, par Jules Leveugle, L’Harmattan, 2004,

[2] L’anisotropie de l’espace, par Maurice Allais, Clément Juglar, Mars 1997,

[3] Should the laws of gravitation be reconsidered ?, Héctor A.Munera, Aperion, Montreal,

[4] et [5] URSI France, Journées Scientifiques 2011.

[6] Des très remarquables régularités dans les distributions des planètes et des satellites des planètes,

            par Maurice Allais, Clément Juglar, 2005.

 

 

La démographiques influe-t-elle sur le chômage ?

Un sujet d’actualité :

La réforme des retraites et l’évolution du chômage sont au centre des préoccupations de nos compatriotes. Il est donc nécessaire de bien comprendre les contraintes imposées par la démographie qu’aucune politique publique ne peut ignorer.

La pyramide des âges :

Nous avons été habitués à considérer  la pyramide des âges sous une forme symétrique. L’axe vertical, correspond aux classes d’âge de zéro à 100 ans. Les populations correspondant à chaque tranche d’âge sont représentées selon l’axe horizontal. Pour chaque âge, la largeur de la pyramide représente ainsi la population correspondante.

Figure 1 : Représentation classique de la démographie.

Il est possible de superposer les courbes correspondant à deux dates (2014 en rouge, 2019 en bleu).

Figure 2 : Évolution entre 2014 et 2019.

            Courbe rouge : valeurs au 1er janvier 2014, courbe bleue : valeurs eu 1er janvier 2019.

            Par souci de simplicité, nous adopterons une représentation plus simple dans lesquelles l’axe horizontal correspond à la classe d’âge et l’axe vertical la répartition de la population entre ces classes.

Figure 3 : Représentation simplifiée des pyramides de la figure 2.

Entre 2014 et 2019, les habitants ont vieilli de cinq ans. Nous pouvons donc décaler ces courbes de façon à faire coïncider les dates de naissance. Les courbes ne coïncident pas totalement pour des raisons multiples : les effets de l’émigration et de l’immigration mais aussi les décès. Ceci est parfaitement illustré par les écarts entre 80 et 100 ans observés entre les courbes rouges et bleues.

Cinq ans plus tard, la mortalité des aînés a décalé vers le bas la courbe correspondant à 2014. Évidemment, la part de population de mois de 5 ans n’est pas prédite.

Figure 4 : Le vieillissement des classes d’âge.

  • Courbe bleue : pyramide des âges en 2014 décalée de 5 ans ;
  • Courbe bleue : pyramide des âges en 2019.

La prévision démographique à court terme :

            Pour tenir compte du vieillissement de la population, il convient de prendre en compte la mortalité de chaque tranche d’âge. Les statistiques de l’INED présentent en effet des valeurs de mortalité en fonction de l’âge.

En tenant compte de cette courbe de mortalité, il possible de prédire une partie importante des futures pyramides des âges. La pyramide réelle pourra cependant différer de cette projection en fonction du solde migratoire.  

Les données de mortalité sont établies avec un pas de 5 ans, incompatible avec un traitement de la pyramide des âges.  Elles doivent donc être interpolées avec un pas annuel. Cette interpolation correspond à la figure 5.

Figure 5 : Mortalité en fonction de l’âge.

Cette figure indique, pour chaque âge, le taux de survivants moyen. La connaissance de ce taux permet de  prédire l’évolution de la population française entre deux années, ici 2014 et 2019 (figure 6).

Figure 6 : Comparaison des valeurs prédites observées en 2019.

La courbe rouge correspond aux valeurs réelles de 2019. La courbe pointillée bleue aux valeurs prédites à partir de celles de 2014. La concordance entre les deux courbes est frappante. Les différences, notamment entre 20 et 40 ans, sont certainement dues au solde des flux migratoires.

La prévision démographique à long terme :

            L’excellente qualité de cette projection à cinq permet de faire des prévisions à plus long terme. Nous avons tenté une projection sur 15 ans, de 2014 à 2029 (figure 7). Malheureusement, ce procédé ne permet évidemment pas de prévoir les naissances futures…

Deux options sont alors possibles :

  • Supposer la natalité constante,
  • Supposer la tendance des 5 dernières années connue conservée après 2019.

 

            Les effets du « Baby Boom » de 1945 sur ces courbes sont particulièrement nets.

Figure 7 : Extrapolation de 2014 à 2029.

  • Courbe rouge : Valeurs en 2014,
  • Courbe bleue : Prévision 2019,
  • Courbe verte : Prévision 2024,
  • Courbe cyan : Prévision 2029.

Une retombée inattendue : La prévision du passé !

            La date de naissance des personnes du même âgé étant connue, il est facile de faire une estimation de la natalité des années passées.

L’utilisation en inverse de la courbe de mortalité permet ainsi de tracer une courbe de fécondité, c’est à dire le taux des naissances. La courbe exacte est certainement dans les archives de l’INED, mais une valeur crédible peut en être obtenue simplement de cette façon. Un décalage initial permet de présenter une estimation de l’année de conception, humainement plus significative.


Figure 8 : Courbe de natalité.

            On note sur cette courbe des accidents en 1918, 1940 et le « Baby Boom » de 1945.

Spécificité de la démographie française :

            La démographie française a été fortement marquée par les deux guerres mondiales. La figure 9 présente les pyramides des âges en 2014, celle prévue en 2029 et enfin celle qui correspondrait à une stabilité globale dans le temps d’une population.

Figure 9 : Prévision faite pour 2029.

  • Courbe rouge : Pyramide observée en 2014,
  • Courbe bleue : Pyramide prévue en 2029.
  • Courbe pointillée verte ; Pyramide de référence.

Il reste alors à prendre en compte les différentes hypothèses  de natalité et d’évaluer l’effet de celle-ci sur l’évolution de la pyramide des âges et l’équilibre des régimes de retraite.

Conséquences pour les régimes de retraite :

            Ces projections démographiques permettent de prévoir, en fonction des décisions politiques familiales,  la part des actifs potentiels dans la population nationale ainsi que celle des jeunes encore inactifs et des retraités. Elles permettent également de déterminer l’effet d’une entrée plus tardive dans le monde du travail ou d’un départ à la retraite plus précoce des actifs.  

Si la valeur de la population du pays était constante la pyramide des âges correspondrait à la courbe de mortalité (figure 9). Celle de la population française étant très différente, nous pouvons étudier l’évolution temporelle de la part de la population possiblement active dans la population totale.

Nous allons étudier l’évolution au cours du temps de cette part de la population sur la base de deux hypothèses de natalité :

  • Une natalité constate, conduisant à terme à une stabilisation de la population française,
  • Une décroissance de la natalité selon la tendance observée au cours des 5 dernières années.

Nous prendrons en compte trois durées d’activité :

  • 15 à 64 ans comme l’UIT,
  • 18 à 62, valeur médiane,
  • 21 à 60 ans, pour rappeler une valeur symbolique d’âge de la retraite.

 

 

Évolution prédite en supposant une natalité constante:

            Selon cette hypothèse, la part de la population française en âge de travailler se réduira au cours du temps, et ceci dans les trois hypothèses de durée d’activité retenues. Les pyramides des âges, complétées par l’estimation de la natalité future sont représentées sur la figure 10.

Figure 10 : Prévision faite pour 2029.

  • Courbe rouge : Pyramide observée en 2014,
  • Courbe bleue : Pyramide prévue en 2019.
  • Courbe verte ; Pyramide prévue en 2024.
  • Courbe cyan : Pyramide prévue pour 2029.

La figure 11 présente l’évolution au cours du temps du taux d’actifs potentiels. Les droites en pointillé correspondent au taux correspondant à une population stable, en supposant la natalité constante.

Figure 11 : Évolution au cours du temps du taux de population potentiellement active.

  • Courbes rouges : travail de 15 à 64 ans,
  • Courbes bleues : travail de 18 à 62 ans,
  • Courbes vertes : travail de 21 à 60 ans.

Il est également possible de tracer un abaque donnant l’évolution dans le temps de ce taux en fonction de l’hypothèse de durée du travail (figure 12). Les trois hypothèses de temps de travail correspondent aux abscisses 0, 1 et 2. Les droites parallèles correspondent à l’évolution temporelle de ce taux. Leur faible décalage montre que la durée du travail reste prépondérante sur l’évolution de la pyramide des âges dont l’effet sur l’évolution temporelle de la pyramide dont l’effet est bien plus limité.

Figure 12 : Effets relatifs de la durée du travail et de la pyramide des âges.

Les effets de la seconde guerre mondiale, et en particulier du « Baby-Boom » qui l’a suivie s’atténuerons. Dans cette hypothèse, les taux de population active  se stabiliseront.  Après 2029, ils seront proches de ceux d’une population de fécondité stable.

Évolution prédite en supposant une baisse linéaire de la natalité :

La poursuite linéaire de la baisse de la natalité observée ces dernières années conduirait à une réduction des inactifs (figure 13).

Figure 13 : Hypothèse d’une baisse constante de la fécondité à partir de 2014.

Dans cette hypothèse, après un embellissement temporaire, nous retrouverions à long terme un excès de retraités et une diminution de la part des actifs, lorsque la baisse de la population n’assurera plus le remplacement des actifs mis à la retraite.

Figure 14 : Évolution au cours du temps du taux de population potentiellement active.

  • Courbes rouges : travail de 15 à 64 ans,
  • Courbes bleues : travail de 18 à 62 ans,
  • Courbes vertes : travail de 21 à 60 ans.

Une persistance anormale du chômage ?

            Comment se fait-il que la réduction du nombre des actifs potentiels n’ait pas fait baisser le taux de chômage toujours proche de 9%? La raison en est clairement à la réduction de l’emploi industriel qui n’a cessé de régresser depuis 1974 (figure 15), ceci en raison de la politique économique menée en France (voir le texte sur le chômage importé).

Figure 15 : Emploi industriel en équivalent temps plein (en milliers).

            L’emploi industriel a diminué d’un million depuis 1974 et de 20 mille par an de 2014 à 2019, soit 0,8% par an. En même temps, l’emploi total a augmenté de 28 mille par an, soit 1,3% par an. Enfin, la population a augmenté de 1,6% par an entre 2014 et 2019. Dans l’hypothèse d’une stabilité du nombre des naissances, la population ne devrait plus augmenter, hors immigration, que de  0,6% par an entre 2024 et 2029.

 

Figure 16 : Augmentation prévue de la population.

  • Courbe rouge : Augmentation prévue de la population,
  • Courbe pointillée bleue : Pente à 0,6% par an.

            Sur la période 2014-2019, au lieu de progresser, l’emploi industriel a diminué tant en valeur absolue qu’en pourcentage. Dans le même temps, la croissance des besoins liée la croissance de la population, et la constance  du nombre des actifs potentiels, aurait dû faire baisser fortement  le nombre des chômeurs, ce qui n’a pas été le cas.

            Comment se fait-il que cette politique mondialiste prônant un laisser-fairisme universel, la concurrence généralisée entre les peuples et les acteurs économiques, perdure malgré son échec évident dans tous les domaines : développement économique, justice sociale, écologie et même culture… Maurice Allais, prix Nobel d’économie français et européen convaincu, n’a-t-il pas critiqué cette politique absurde dont la nocivité est une « évidence empirique » ?

            Comment se fait-il que des « économistes » aient pu dire qu’il existait un taux minimal de chômage, le NAIRU (non accelerating inflation rate of unemployment), ou taux de chômage qui n’accélère pas l’inflation ? Peut-on raisonnablement considérer que réduire l’emploi est raisonnable, alors même que l’on sait qu’un revenu décent est nécessaire à tous ceux qui ne se mettent pas volontairement en marge de la société ? Ce concept même a-t-il un sens dans les pays de l’union européenne depuis la création de l’EURO et la libération des transferts de capitaux ? Faudrait-il un taux unique de l’UE ? Comment serait-il piloté ?

            Comment se fait-il que de nombreux acteurs participent, souvent de bonne foi, à la destruction de l’économie et de la planète qu’ils prétendent protéger ? En réalité, les acteurs économiques, qu’ils soient chefs d’entreprise ou simple citoyens, décident en fonction des contraintes auxquelles ils sont soumis à court terme et de leurs projets. Ils ne sont, le plus souvent, que les acteurs involontaires d’une politique qu’ils désapprouvent.

 Ils participent ainsi, sans le savoir, non à un complot, mais à une politique dont les seuls résultats sont le pillage de la planète, parfois au nom de l’écologie, et l’enrichissement d’une toute petite partie de la population mondiale qui, dominant les états, accapare à son profit tout le pouvoir.

 

Pierre Fuerxer

Membre de l’AIRAMA.

 

 

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Quelles prévisions faire pour 2023 ?

Prévisions Économiques 2018-2023

 

Introduction :

            Le modèle Oméga-Allais, a été testé sur la période 1949-2005. Il a permis de faire des prévisions économiques à 5 ans sur la base de quelques séries statistiques fondamentales comme le PIB et le niveau de l’investissement. Depuis, le contexte mondial a beaucoup évolué. Est-il encore possible de de prévoir à 5 ans ou plus l’évolution de notre économie ?

Rappel des prévisions faites fin 2014 :

            Dans le document intitulé « Une reprise réelle ou fictive », publié en 2015, il y a trois ans, je prévoyais une baisse à terme du PIB. Celle-ci était faite à partir  de séries économiques en base 2005 publiées par l’INSEE. Ces prévisions étaient les suivantes (figure 1) :

 

Figure 1 : Prévisions faites à partir de fin 2014.

 

  • La courbe verte correspond aux valeurs de PIB en base 2005 publiées en 2014 par l’INSEE.
  • La courbe bleue était la prévision faite à partir de 2005, en tenant compte de la fuite des capitaux publiée par la Banque de France (valeurs annuelles connues jusqu’en 2010). Ces prévisions étaient validées jusqu’en 2015, soit sur 10 ans.
  • La courbe rouge était une prévision supposant la fuite des capitaux terminée après 2010. Compte tenu du délai moyen entre les décisions d’investir et la croissance de la production, l’économie était alors supposée libre de toute influence extérieure postérieure à 2010.

Évidemment, ces prévisions  supposaient  la constance des influences conjoncturelles extérieures : croissance de la dette, taux d’intérêt, prix du pétrole qui, pour certaines ont un effet quasi immédiat…

            Personne n’ignore que depuis fin 2014 des événements importants ont eu lieu. Il convient donc d’expliquer les différences entre ces prévisions et les données réelles. L’évolution du contexte international et d’autres facteurs comme le niveau de la dette extérieure de la France expliquent-ils les écarts observés ?

 

En 2014, la conjoncture était exceptionnellement favorable. Malgré cela, le modèle Oméga-Allais continuait à prévoir une forte baisse du PIB. L’optimisme des responsables économiques était-il justifié ? Pouvaient-ils baser une politique économique sur le seul respect (plus ou moins strict) des critères de Maastricht ?

 

L’évaluation des performances de l’économie :

            Les performances de notre économie ne peuvent être évaluées que sur la base des données statistiques publiées par l’INSEE. Celles-ci semblent meilleures que les prévisions faites fin 2014 par le modèle Oméga-Allais. Ne devons-nous pas expliquer ces différences et évaluer nos critères d’évaluation ? Rendent-ils compte fidèlement de la réalité ?

Les critères de Maastricht :

            La politique économique de la France  a été jugée en fonction du respect des critères de Maastricht. Leur objectif essentiel semble avoir été d’assurer la stabilité des prix et de la monnaie. Nous ne retiendrons que les deux suivants applicables aux pays de la Zone Euro :

  • La dette du secteur public devait être inférieure à 60% du PIB.
  • Le déficit public devait être inférieur à 3% du PIB.

Ces critères avaient-ils une réelle valeur macroéconomique ? Pouvaient-ils assurer une convergence des économies des pays de la Zone Euro ?

Les critères de gestion prudente d’un particulier :

            Un particulier prévoyant veille à ne jamais dépenser plus qu’il ne gagne, même s’il accepte parfois d’emprunter, par exemple pour faire de gros achat. À tout instant, il arbitre entre les différents postes de dépenses en fonction de ses objectifs à court et à long terme.

            Un état souverain fait de même, mais les choix de ses nombreux citoyens restent libres. Il ne peut qu’ajuster les taux de changes et la répartition des impôts de façon à mener les particuliers et les entreprises à contribuer, de gré ou de force, à sa politique économique. Ces deux moyens d’action sont complémentaires et tous deux indispensables à la conduite d’une politique économique.

            Un état comme le nôtre, ayant renoncé à sa souveraineté monétaire, ne peut plus avoir de politique économique indépendante et doit se soumettre totalement à une autorité supérieure, l’Union Européenne.

Qu’étaient les objectifs des critères de Maastricht ?

            L’autorité supérieure à laquelle se soumettent nos gouvernements est clairement l’Union Européenne. Il s’agit du « Maitre de la monnaie« , c’est-à-dire, comme le disait François Mitterrand lors de sa compagne électorale : Du monde de la finance !

            Il faut bien admettre que les critères de Maastricht étaient destinés à protéger les intérêts de cette autorité supérieure. Ils ne sont, en fait, que les critères de solvabilité que tout prêteur exige de ses débiteurs. Le déficit maximum de 3% limite la capacité instantanée d’endettement des états.  La limitation de leurs dettes à 60% du PIB imposait une limite à leur endettement global.

Ces critères ne peuvent, en aucune manière, conduire à une convergence des économies des pays de la Zone Euro !

Des critères réellement économiques :

D’autres critères sont largement utilisés par les économistes. Le plus connu est le niveau de la dette. La dette accumulée est-elle insupportable ?

            Les dernières données publiées par l’INSEE font apparaître une dette qui s’emballe (figure 2). Le taux de 60% du PIB est dépassé depuis 2008 !

Figure 2 : Dette extérieure selon l’INSEE.

 

            Entre 1995 et 2010, la dette augmentait en moyenne de 12,5 Milliards par trimestre (figure 3). Depuis 2010, elle augmente de 20 Milliards par trimestre. Est-il raisonnable de devoir bientôt  plus que son revenu annuel ?

Figure 3 : Variation du PIB  corrigé.

En pointillé : valeur publiée. En rouge : valeur corrigée de la croissance de la dette.

 

            Une autre donnée observée avec attention est le déficit de la balance commerciale. Son déficit courant de plus de 60 Milliards par an est proche de la croissance de la dette. Ces montants  correspondent à un PIB fictif qui s’ajoute au PIB réel.

En effet, un particulier qui emprunte une somme X peut faire des achats à concurrence de cette même somme. Il dispose en effet d’un revenu fictif qui conduit pour une part à une demande intérieure, donc une production, et pour le reste à des dépenses à l’étranger.

Pour un état disposant de sa pleine souveraineté, cet excès de dépenses conduirait à une inflation, qui est finalement un impôt sur tous les dépôts bancaires, payé par tous les citoyens.  Dans le cas des états de la Zone Euro, cet excès de dépense se traduit par un déficit extérieur, la dette correspondante correspondant au déficit commercial. Au lieu d’accepter une dépréciation de leur monnaie, les nations contractent une dette qu’elles devront un jour rembourser.

La privatisation de l’ÉTAT !

               Maurice Allais avait montré qu’une part de la dette Publique est injustifiée. En effet, tant que notre pays était souverain, il pouvait ajuster la masse monétaire en fonction des besoins de l’économie. S’il dépensait trop, il pouvait ajuster le taux de change et ainsi rétablir les grands équilibres au prix d’un impôt discret prélevé sur les dépôts bancaires.

            Depuis 1974, l’état n’a plus le pouvoir d’ajuster la masse monétaire. La création monétaire est faite par des banques privées, ce qui correspond à une réelle perte de pouvoir. Ainsi, les nations perdent le contrôle de leur économie !

            Le « capital » de l’état est ainsi progressivement « privatisé ». Que penseriez-vous d’une société sans capitaux propres ?

 

De nouveaux obstacles à la prévision économique :

Il est évident que l’établissement de statistiques précises est une condition sans laquelle il est impossible d’établir des prévisions économiques à long terme fiables. La perpétuelle modification des bases statistiques récemment introduite dans les publications de l’INSEE est un obstacle réel à l’établissement de prévisions économiques.

 

Pour toutes ces données, nous avons observé une évolution de plus en plus rapide des bases statistiques:

  • Dans une note explicative, l’INSEE expliquait en parlant de l’évolution du PIB«  Les comptes nationaux procèdent régulièrement à des changements de base. Après les « bases » « 1995 », « 2000 » et « 2005 », les comptes nationaux sont passés le 15 mai 2014 à la « base 2010 ». C’est une source importante de révision des agrégats macro-économiques publiés jusqu’alors,… ».
  • L’INSEE ajoutait : « Mais cette année, les changements sont plus importants qu’à l’accoutumée. En effet, les concepts qui gouvernent l’établissement de ces chiffres ont fait l’objet d’un toilettage, ce qu’on appelle dans la terminologie des comptes nationaux un « changement de base ». Cela signifie que la définition exacte de nombreuses données et le contour de tous les grands agrégats (PIB, consommation, investissement, solde des administrations publiques, etc.) sont modifiés. Corrélativement, le niveau et, dans une moindre mesure, la chronique de ces données sont modifiés sur l’ensemble de la période couverte par les comptes nationaux, c’est-à-dire depuis 1949… ».
  • Ensuite l’INSEE expliquait : « En base 2010, l’Insee comptabilise par exemple en investissement les sommes que les agents économiques (entreprises privées, mais aussi organismes publics) dépensent pour la R&D, alors qu’elles étaient jusqu’à présent comptabilisées en consommations intermédiaires … »
  • Enfin l’INSEE ajoutait : « Il résulte de l’ensemble des modifications apportées une révision substantielle à la hausse du niveau du PIB (+ 3,2 % en 2010, soit + 61,8 Md€) pour un impact nettement plus modeste sur les taux d’évolution».

 

Depuis, les bases changent et se diversifient, et toutes les années de référence apparaissent… Le travail de prévision à long terme devient ainsi de plus en plus difficile.

Est-il encore possible de faire confiance aux statistiques officielles ?

 

Des prévisions pour 2023 ?

            Évidemment, les prévisions  faites en 2015 supposaient  la constance des influences conjoncturelles extérieures : croissance de la dette, taux d’intérêt, cours mondiaux qui ont un effet quasi immédiat…

            Elles supposaient également la stabilité des bases statistiques nécessaires à une bonne prévision. Qui peut croire que nous puissions avoir longtemps une croissance en valeur réelle de 0,15% par trimestre, soit en 2018 de 3 Milliards en valeur réelle, une dette qui progresse par an de 80 Milliards, un déficit commercial de plus de 60 Milliards et une fuite des capitaux de 20 Milliards par an ?

Une économie apparemment stabilisée :

En fait, il apparaît clairement une cohérence troublante entre ces chiffres. Tout se passe comme si 60 Milliards de production étaient sous-traités à l’étranger.

  • Nous importons 60 Milliards de denrées,
  • Nous exportons plus de capital que nécessaire, selon les paramètres du modèle Oméga-Allais (1/5 de cette production).
  • Notre dette augmente plus chaque année de la différence entre ces deux sommes.

Comme nous l’avons montré précédemment, (cf. : Le chômage importé), la politique  économique menée depuis déjà longtemps est directement responsable du chômage excessif dont souffre notre économie.

Pendant combien de temps accepterons-nous de compléter par des importations l’écart entre la production nationale et les revenus distribués à nos compatriotes ? Que se passera-t-il lorsqu’on nous demandera de rembourser la dette ?

 

Sous réserve de l’effet des modifications des bases statistiques, la valeur du PIB semble stabilisée en croissance régulière. La réalité semble bien différente.

 

      Figure 4 : Évolution du PIB :

  • Courbe rouge : PIB en base 2005.
  • Courbe bleue : PIB en base 2010.
  • Courbe verte : PIB en base 2014 (recalée de -4%).

 

Les valeurs annuelles du PIB présentée en 2018 sont supérieure de 4% par à celle présentées en 2015 en base 2005. Comme l’a démontré le prédicteur Oméga-Allais, cette évolution des statistiques interdit de faire des prévisions fiables. Pour ce faire, il est en effet nécessaire de disposer de données cohérentes sur une période d’au moins 15 années.

Il faut également nécessaire de connaître la fuite des capitaux sur la même période.

Figure 5 : Écart entre les données en base 2005 et 2014.

 

Cet écart de l’ordre de 10% du PIB entre les bases statistiques 2005 et 2014 ne peut que résulter de modifications très importantes du mode de calcul. Changer en permanence les bases statistiques revient à se boucher les yeux sur l’économie réelle !

Adapter les agrégats à l’évolution de l’économie est essentiel. Pour les transports, le pétrole a remplacé le fourrage ! Mais la baisse au cours du temps du prix des nouveaux produits et services ne doit pas cacher la hausse des autres.

 

Un avenir très sombre :

            L’évolution de notre économie est extrêmement préoccupante. La consommation est dopée par la croissance de la dette. Nous sommes dans une spirale infernale. Toute réduction de la croissance de la dette réduirait sensiblement le niveau de vie de nos concitoyens, puis conduirait à une réduction corrélative des investissements internes.

            N’envisageons même pas les conséquences qu’aurait une tentative de réduction de celle-ci.

            Les aviateurs connaissent la chute en vrille, seule figure d’acrobatie aérienne inconditionnellement stable, et dont il est difficile de sortir. Nos dirigeants semblent ne pas comprendre que la politique actuelle conduira à un surendettement catastrophique pour notre économie.

Enfin, réfléchissons à l’origine de cette dette qui peut se décomposer en deux parties bien distinctes : Une fluctuation aléatoire  à moyenne nulle et une dette systémique correspondant à un transfert de souveraineté des nations à des organismes supranationaux, ou même privés, qui ne défendent que leurs intérêts.

 

Figure 6 : Dette publique depuis 1973.
Extrait du rapport Pucci-Pinel.

 

À la suite d’André Jacques Holbecq qui dit dans son livre (La dette publique, une affaire rentable) un rapport de 2010 montrant l’évolution de la dette publique depuis 1973, attachons nous à séparer cette dette en deux parties : une dette fluctuant à court terme indispensable au fonctionnement de l’état, d’une dette systémique qui était alors quasi nulle.

 

            Souvenez-vous. Nous sommes rentrés dans cette spirale infernale vers 2009. C’est-à-dire peu après la signature du traité de Lisbonne !

            Les français n’avaient-ils pas eu raison de répondre NON au référendum de 2005 ?

 

 

Pierre FUERXER

Membre de l’AIRAMA.

 

 

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Le mécanisme de la privatisation qui illustre la disparition d’État

Le mécanisme de la privatisation :

Introduction :

Contrairement à ce que de nombreux commentateurs pensent, les mécanismes fondamentaux de l’économie sont extrêmement simples.

Bien évidemment, les experts financiers inventent des règles et de dispositifs opaques pour le grand public. Les statisticiens, dans le but de décrire de mieux en mieux notre nation et son économie, diversifient leurs statistiques et améliorent leurs agrégats. Ces  modifications perpétuelles ont pour résultat de dérouter le public qui renonce souvent à comprendre et fait confiance aux experts.

Dans un premier temps, cet article explique sur la base de modèles mathématiques élémentaires que la réalité est biens plus simple qu’on ne le pense. Ensuite, il applique ce modèle aux données statistiques les plus récentes. Enfin, il explicite comment les mesures prises depuis 1973 ont conduit naturellement à la perte quasi-totale de notre indépendance, et finalement à une quasi-privatisation de l’état lui-même et des entreprises nationales.

 

Le fonctionnement normal de la monnaie :

Considérons une économie en croissance constante. Son PIB (Produit Intérieur Brut) est donc en croissance exponentielle.

Figure 1 : Exemple de croissance du PIB

  • Courbe bleue : Valeurs successives du PIB.
  • Courbe rouge : excès de PIB.

 

Un PIB de valeur unité en 1974 augmente de 2% par an. Il augmente au cours du temps de façon exponentielle. La masse monétaire doit donc augmenter régulièrement de façon à s’adapter au niveau de l’activité économique. Autrement dit, il faut ajuster le volume de la monnaie en circulation à l’activité économique.  En admettant, toujours pour simplifier l’exposé, que la masse monétaire nécessaire est égale au PIB annuel (valeur couramment observée dans les nations indépendantes), l’état doit augmenter chaque année la masse monétaire de l’accroissement du PIB national.

Bien évidemment, cette croissance de la masse monétaire est également nécessaire, que l’augmentation du PIB soit réelle ou simplement due à une dépréciation de la monnaie.

 

Dans un état souverain, l’état augmente la masse monétaire ex-nihilo grâce aux DTS (Droits de Tirage Spéciaux). S’il crée exactement la quantité de monnaie nécessaire à l’économie, les prix sont stables. S’il en crée davantage, la monnaie se déprécie, les prix augmentent et un ajustement des taux de change doit intervenir.

 

 

La création de la dette :

Depuis que l’état s’est interdit de procéder aux augmentations nécessaires de la masse monétaire par le mécanisme des DTS, il doit emprunter aux banques les sommes nécessaires. Celles-ci procèdent également par création ex-nihilo de cette monnaie. En revanche, elles transforment ce service en dette de l’état et exigent le versement d’un intérêt.

Supposons qu’elles exigent un intérêt de 2% égal au taux de croissance du PIB. La dette augmente de plus en plus vite au cours du temps.

Figure 2 : Augmentation de la dette avec un intérêt de 2%

  • Courbe bleue : Valeurs successives du PIB.
  • Courbe rouge : Dette au cours du temps

 

Cet intérêt identique au taux de croissance du PIB semble  modique. En réalité, il conduit en une trentaine d’années à une dette indue de 100% du PIB.

 

Des conséquences catastrophiques :

En comparant l’état à une entreprise dont la masse monétaire serait le fond de roulement, la nation qui était propriétaire de son entreprise perd son bien et devient quasiment « locataire » de son territoire.

Sa part du capital social se réduit au cours du temps. La nation est ainsi progressivement privatisée. Vers 2005, l’état perd la majorité au capital et paye un loyer déjà important, les citoyens devenant ses sous-locataires !

 

Figure 3 : Taux de participation de l’état

 

On démontrerait facilement que, lorsque les taux d’intérêt de la dette et du PIB sont dans un rapport constant, cette « privatisation partielle » ne dépend que de la croissance apparente du PIB.  Son rythme d’évolution temporelle ne joue alors aucun rôle.

Application à la dette française :

Considérons la variation du PIB depuis 1974. Nous constatons que sa variation moyenne est de 2% par an.

Figure 4 : Variation du PIB trimestriel depuis 1974

  • En rouge : Valeurs de l’INSEE.
    • En bleu : Approximation exponentielle.

 

Un calcul approché du niveau de la dette conduit aux résultats suivants :

Figure 5 : Évolution de la dette depuis 2014

  • En rouge : Valeurs du PIB annuel en trimestres glissants.
  • En bleu : Calcul approché de la dette,
  • Tirets verts : Prévision depuis 1974,
  • En  vert : Recalage en 2004.

 

Ces résultats montrent clairement que la dette publique n’est pas un phénomène complexe, mais le résultat mécanique d’une décision politique prise en 1973-1974.

 

Il reste à expliquer les modifications intervenues depuis 2010 :

  • Une augmentation injustifiée apparaît. Le transfert de la dette grecque à la BCE a sans doute joué un rôle, mais l’essentiel a certainement été la baisse des ressources fiscales pendant la crise de 2008.
  • La limitation de la dette à une valeur inférieure à 100% du PIB, qui est sans doute liée à une compagne de privatisation de biens publics.

 

L’étude de ces points accessoires sort de l’objet de ce document et ne pourrait qu’embrouiller l’exposé. Elle n’est donc pas développée dans ce document.

Conclusion :

            Cette analyse de la dette publique montre clairement qu’elle résulte d’une décision politique ancienne. Celle-ci a été camouflée sous différents prétextes vertueux. Les anciens se souviennent des raisons avancées à l’époque : éviter un recours excessif à la planche à billets, nous permettre de faire des investissement qui n’auraient  pas été possibles sans faire appel aux financements étrangers …

            Bien évidemment, l’analyse objective des faits réels montre clairement que l’abandon des DTS (avances non remboursables de la B.D.F.) avait d’autres raisons. En réalité, les réformes successives introduites dans les finances publiques n’ont eu qu’un seul objectif : déposséder, au profit des banques, les gouvernements futurs de leur pouvoir économique.

 

            N’oublions pas que la causalité économique et la causalité banquaire n’ont rien en commun. Les entreprises, qu’elle soient grandes ou unipersonnelles, les particuliers, doivent économiser pour créer ou pérenniser leur activité. Un salarié travaille avant d’être payé, un entrepreneur achète des machines et des fournitures avant d’espérer produire et vendre…     Ils travaillent dans le temps long. Leurs actifs sont des biens réels et l’épargne précède le revenu. Comme dans la vie courante, les dépôts monétaires précèdent les dépenses.

 

            L’univers bancaire, que nous appellerons « La Banque » est fort différent. Il monétise toute sortes de promesses de payer. Il place dans ses actifs les reconnaissances de dette de ses clients et dans le passif la monnaie correspondante qu’ils créent eux-mêmes…

Ce processus est immédiat. Selon le point de vue de la banque, les dettes créent les dépôts qui entrent naturellement dans la masse monétaire qui, à son tour, fait fonctionner l’économie en permettant le commerce. Est-il étonnant alors que les points de vue économiques et  bancaires soient incompatibles ?

 

            L’étude des conséquences de la mondialisation bancaire est plus complexe. Encore plus que les données économiques de base, les statistiques monétaires sont difficiles à analyser. Les changements perpétuels des monnaies et des bases statistiques rendent difficile les analyses économiques à long terme.

Des données importantes comme la masse monétaire ne sont plus publiées par les pays de la « Zone Euro ». Les données de l’ensemble de ces pays sont absentes des statistiques de la banque mondiale qui ne peut même pas présenter une valeur relative à l’UE toute entière.

 Il y a toujours des raison aux disparitions de données statistiques ou à leurs modifications. 

A nous de les trouver !

 

Une seule attitude peut nous permettre de comprendre les véritables raisons de réformes proposées : adopter une méthode d’analyse ne suivant pas les approches officielles.

 

 

 

Pierre FUERXER

Membre de l’AIRAMA

 

 

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Le financement de l’économie

Une nécessité économique

Pour prendre en compte les contraintes financières, le prédicteur économique OMEGA original doit être complété par un modèle financier.

En effet, de façon à clarifier l’analyse  du système économique, ce modèle avait été construit sur des « données réelles » supposées indépendantes des fluctuations monétaires. À ce stade, il était évidemment hors de question de tenter de décrire de façon détaillée tous les mécanismes financiers intervenant dans une économie nationale en interaction avec le reste du monde.

Figure 1 : Structure de modèle complet.

Le modèle initial a donc été complété en maintenant autant que possible un choix fondamental : séparer le plus possible les aspects économiques et financiers. Le prédicteur Oméga est lié par seulement deux entrées à un modèle financier : l’incitation à investir et l’incitation à consommer.

Le modèle décrit simplement les réponses temporelles du système économique à ces incitations. Elles ont montré que toute mesure autoritaire conduit à une modification transitoire de l’investissement et de la consommation.

Le modèle OMEGA, ainsi complété, a clairement démontré que seule l’augmentation de la part de l’investissement dans le revenu national permet d’augmenter la production et de conduire à une croissance durable. Comment l’état peut-il intervenir dans ce partage des ressources entre consommation et investissement ? Nous devrons distinguer deux cas bien différents.

Des lois économiques incontournables

Pour préciser le propos, considérons un agriculteur de l’âge de pierre tirant ses revenus de la culture du blé. Il vit dans une société ignorant la notion de monnaie et des prestations sociales. Il apporte sa contribution à la vie de son village. S’il se rend compte que son groupe a besoin de davantage de blé, il sait qu’il doit défricher davantage de terrain puis le mettre en culture. Il s’investit dans cette tâche avant de tirer quelque profit de son travail. Il sait parfaitement qu’il va devoir travailler plus et qu’il devra conserver plus de semences. Sa production sera alors transitoirement réduite.

Aujourd’hui, la présence de la monnaie rend les choses moins visibles, mais ces lois économiques restent incontournables. Le modèle Oméga décrit une relation statistique entre investissement et production.

Considérons un investissement exceptionnel intervenant au cours d’une période donnée. Nous supposons que les dépenses correspondent à la courbe gaussienne en pointillés bleus dans la figure 2. La production résultant de cet investissement correspond à la courbe rouge. Elles conduisent au versement de salaires, donc à augmentent les revenus. La demande totale est donc la courbe de droite en bleu, somme des deux précédentes.

Figure 2 : Effet d’un investissement exceptionnel au cours du temps en années.

  • Courbe pointillée bleue : Investissement exceptionnel,
  • Courbe rouge : Production,
  • Courbe bleue : demande totale.

Le modèle Oméga rend compte de ce mécanisme fondamental.

Figure 3 : Effet d’un investissement au cours du temps en années.

  • Courbe en pointillé bleu : dépenses d’investissement,
  • Courbe rouge : Production induite pas l’investissement.

En supposant la production des biens de consommation et d’investissement effectuée par des entreprises différentes, les revenus des premiers subissent une réduction temporaire (figure 4).

Figure 4 : Revenu des industries produisant des biens de consommation.

Le revenu de ceux-ci subira donc une réduction temporaire (Figure 5).

Figure 5 : Réduction transitoire des revenus au cours du temps (en années).

  • Courbe rouge : Investissement total,
  • Courbe pointillée bleue : production nouvelle,
  • Courbe en tirets verts : Bilan temporel.     

Ceci n’est pas différent de ce qui se passait dans le village de notre agriculteur à l’âge de pierre. Cependant, l’introduction de la monnaie, nécessaire aux échanges dans une société moderne va tout changer.

Cette monnaie, crée par une autorité, la nation puis des entités supranationales, et acceptée comme moyen de valorisation des produits et services va apporter beaucoup de souplesse, mais aussi permettre de nombreuses manipulations. Elle va, en particulier effacer la réduction temporaire du revenu perçu par notre agriculteur, mais cela ne se fait pas sans contrepartie.

Pour modifier la part des investissements dans le revenu national, l’état dispose de très nombreux moyens : des mesures fiscales, des subventions… Tous ces moyens d’action conduisent à des transferts de richesse entre les acteurs économiques, tant investisseurs que consommateurs. Les conséquences de ses décisions dépendent fortement du monde financier.

Selon le groupe homogène concerné, nation solidaire, ensembles régionaux et bientôt au monde entier, l’usage de la monnaie va être différent. Dans tous les cas, elle sera un élément fondamental de la politique économique. Les états perdront progressivement leur rôle et dépendront de leur environnement.

Les modes d’action de l’état souverain

Un tel état dispose de sa propre monnaie. Il régule ses échanges avec les autres états grâce à des taux de changes ajustés régulièrement. Ceci lui permet d’équilibrer ses échanges extérieurs. Il n’a donc pas de  dettes extérieures.

Toutes les actions de cet état conduisent à arbitrer entre les différents groupes de pression et à promouvoir une politique économique cohérente. Toute son action consiste à ajuster les deux paramètres d’entré du modèle Omega : l’incitation à investir et l’incitation à consommer.

De plus, cet état dispose du droit de modifier la quantité de monnaie en circulation, ce qui lui permet d’agir sur l’évolution des prix. À cette fin, il peut créer de la monnaie « ex-nihilo » et utiliser librement ce droit pour ajuster son volume aux besoins de l’économie, ou financer des dépenses imprévues. Toutefois, il ne doit,  en aucun cas, engager des dépenses injustifiées, ce qui provoquerait l’hyperinflation tant redoutée des épargnants.

Lors d’une période d’investissement exceptionnelle, un tel état peut maintenir le revenu nominal des citoyens puis restituer leurs revenus à ceux qui ont été lésés lorsque la croissance de la production le rend possible.

Les modes d’action d’un état ne contrôlant pas sa monnaie

Il s’agit des états ayant renoncé à une monnaie nationale, donc des états appartenant à la Zone Euro. Ils n’ont pratiquement plus aucune possibilité d’intervention dans le domaine économique. Cette catégorie comprend également ceux qui, comme la France depuis 1974,  ne disposent plus du droit de battre monnaie, c’est-à-dire de créer « ex-nihilo » de la monnaie.

Contrairement aux états précédents, ceux-ci sont progressivement endettés. Il faut donc chercher l’origine de ces dettes et estimer leurs conséquences à long terme.

L’origine de la dette

Comme nous allons le démontrer, cette prérogative du prince est en effet indissociable du pouvoir économique réel.

Figure 6 : Évolution de la dette depuis 2014.

  • En rouge : Valeurs du PIB annuel en trimestres glissants.
  • En bleu : Calcul approché de la dette,
  • Tirets verts : Prévision depuis 1974,
  • En  vert : Recalage en 2004.

 

Depuis que l’état a renoncé à recevoir des avances non remboursables de la Banque de France (alors désignées par le sigle DTS : Droits de Tirages Spéciaux), il n’a pu ajuster le volume de la masse monétaire sans faire des emprunts auprès des banques privées qui ont conservé le droit de créer « ex-nihilo » de la monnaie.

Au lieu d’utiliser à cette fin « la planche à billets », l’ajustement de la masse monétaire au niveau de l’activité économique a été fait par des emprunts dont l’accumulation a conduit à la dette actuelle. De 1974 à 2010, la dette se calcule simplement en ajoutant, trimestre après trimestre, à la dette antérieure. Elle se calcule sur la base du financement nécessaire de l’augmentation du PIB, et majorée des intérêts dus sur  les sommes déjà empruntées (Il serait facile d’expliquer par les événements postérieures à 2008 l’évolution les différences observée ces dernières années).

Il est permis de se demander pourquoi nos responsables politiques, en renonçant à battre monnaie, ont créé une dette inutile, injuste et de toutes façon impossible à rembourser ?

 

Le mécanisme sous-jacent

 La remarquable corrélation entre la croissance du PIB et celle de la dette est surprenante. L’ajustement de la monnaie aux besoins de l’économie n’aurait-elle pas dû se faire autrement ? Par la seule  croissance de la masse monétaire ? 

En réalité, nous devons nous souvenir que le PIB est un flux de biens et services. La masse monétaire correspond à ce flux, mais à un stock de dépôts à court terme. Si la vitesse de rotation de la monnaie est V, exprimée en mois, trimestres ou années, nous pouvons écrire :

PIB = M x V

Pour de nombreuses raisons économiques et psychologiques, il est impératif que les prix soient stables ou en légère croissance. Que l’augmentation du PIB soit réelle  ou seulement apparente, il faut que le flux monétaire augmente dans la même proportion que celui de l’offre. Ceci ne peut être fait qu’en ajoutant un flux de demande égal à l’augmentation de celui de l’offre.

Le flux de demande correspondant entre naturellement dans la sphère financière, et ajuste la masse monétaire aux besoins de l’économie, quelle que soit sa vitesse de rotation. Il faut donc, année après année, injecter un flux monétaire égal à l’augmentation du PIB. L’état réalise cette injection monétaire de la manière la plus simple du monde, en distribuant plus d’argent qu’il n’en reçoit. Si l’état ne peut plus créer de  monnaie, les banques pourraient créer elles-mêmes la monnaie nécessaire, « ex-nihilo« , mais dans ce cas elles ne seraient pas rémunérées pour le faire et l’état n’aurait plus de dette…

Le pouvoir a changé de mains ! Sans droit de battre monnaie, un état est réduit au statut de simple citoyen. Il ne dispose  plus que d’une apparence de pouvoir régalien !

Conclusion :          

            Il n’y a pas de politique économique possible sans souveraineté. Sans souveraineté monétaire, un état doit se soumettre au bon vouloir de ses créanciers. Un état ayant retrouvé son autorité, associé à un système bancaire au servi des citoyens et des entreprises constitueraient un ensemble œuvrant efficacement au bien commun.

            Sans cette restauration de l’état, la soumission diffuse de la nation à des intérêts étrangers va progressivement toucher tous les domaines. Le libre-échange permet ma mise en concurrence des entreprises et des citoyens du monde entier.

            Nous voyons tous les jours les effets du laisser-fairisme dénoncé en son temps par Maurice Allais et bien d’autres observateurs impartiaux du monde moderne.

 

Pierre FUERXER

Membre de l’AIRAMA.

 

 

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L’emploi Industriel qui montre que le chômage résulte d’un choix

La perte des emplois industriels

Introduction :

Maurice Allais a exposé dans un livre publié en 2007 avec le titre « La mondialisation, la destruction des emplois et la croissance ».  Plus de dix ans plus tard, « l’évidence empirique » sur laquelle il basait son argumentation est de plus en plus claire.

Figure 1 : courbes présentées dans la presse par Maurice Allais

 

Une précédente mise à jour :

En janvier 2017, une mise à jour faite à partir des dernières statistiques de l’INSEE confirmait les prévisions de Maurice Allais.

Figure 2 : Emploi industriel : Projection faite en janvier 2017.

Cette projection conduisait à un emploi industriel nul en 2045. Il est évident qu’une telle extrapolation ne peut être retenue. Il est bien certain que l’évolution actuelle ne pourra se poursuivre indéfiniment. Il reste toutefois à observer jusqu’à quel point cette tendance pourra se poursuivre et à anticiper les mesures qui permettront de faire face au choc qui accompagnera la fin de cette période de désindustrialisation.

 

Évolution de la population française :

Même si le vieillissement de la population est un fait indiscutable, la population française ne cesse de croître.

Figure 3 : Population totale selon l’INSEE

La répartition en tranches d’âge permet d’observer son vieillissement. Compte tenu de l’accroissement constant du temps partiel, les nombres d’actifs et de chômeurs ne sont plus significatifs. Ainsi, le volume de la population active n’est plus publié. Nous allons donc considérer l’emploi total et sa répartition sur la base des équivalents temps plein.

Figure 4 : Emploi total (équivalent temps plein)

 

L’évolution de l’emploi industriel correspond strictement à la tendance prédite par Maurice Allais il y a près de dix ans.

Figure 5 : Évolution de l’emploi industriel

Le taux d’emploi industriels correspond alors à la figure suivante :

Figure 6 : taux d’emploi industriel dans l’emploi total

Ce taux, qui était de plus de 35 % en 1948 est maintenant de l’ordre de 10%. Il subit à une réduction légèrement plus forte par rapport à l’ensemble de la population, en raison de son vieillissement qui réduit la part des  actifs. Sur cette courbe, la cassure de 1974 apparaît nettement.

Dans ces conditions, il est facile de constater qu’en tenant compte du vieillissement de la population, la décroissance du niveau de l’emploi industriel réel est conforme aux prévisions de Maurice Allais, et strictement celui constaté en janvier 2017. Sur cette courbe, le ralentissement apparent de la désindustrialisation n’est dû qu’au vieillissement de la population. En effet celui-ci réduit la part de la population active dans la population totale.

Figure 7 : Taux d’emploi industriel par rapport à la population totale

Il reste à expliquer les vraies raisons de cette réduction de l’emploi industriel.  En effet, celle-ci ne peut être attribuée aux seuls progrès techniques et au développement des robots.

 

PIB ou valeur ajoutée ?

Pendant longtemps, le PIB (Produit Intérieur Brut),  malgré ses nombreux défauts, a été la mesure de l’activité économique.

Aujourd’hui, l’INSEE publie des mesures détaillées de la valeur ajoutée. Des données détaillées relatives aux diverses activités économique sont maintenant disponibles.

Nous les avons regroupées en trois domaines différents (Figure 8).

Figure 8 : Répartition de la valeur ajoutée

  • En bleu : Activité commerciales
  • En vert : Activités de service,
  • En rouge : Activité industrielles.

Le niveau des activités agricoles n’a pas été tracé compte tenu de sa très faible valeur.

Les pourcentages des valeurs ajoutées  industrielles et agricoles correspondent au graphique suivant (figure 9).

Figure 9 : Industrie et agriculture

  • Courbe bleue : Industrie,
  • Courbe rouge : Agriculture.

Elles sont très petites derrière les activités de service au sens global, en incluant les services commerciaux et les autres services, notamment aux entreprises (figure 10).

 

Figure 10 : Part des activités de service

Le transitoire présent sur les courbes correspond à mai 1968, période pendant laquelle l’activité industrielle a été fortement perturbée.

La répartition de la valeur ajoutée telle qu’elle apparaît dans les statistiques de l’INSEE  est donc bien plus instructive que celle du PIB. La somme des revenus pouvant être supérieure à la valeur ajoutée totale qui est la production réelle.

 

Le chômage importé :

En 2012, nous avions montré que les seules importations chinoises correspondaient à la perte de 2,7 millions d’emplois. Si nous ajoutons ces emplois à la valeur constatée en 2012, les courbes des figures 5 et 7 sont modifiées de la façon suivante (figures 11 et 12).

Figure 11 : Part des emplois industriels corrigé pour 2012

Figure 12 : Taux d’emploi industriel corrigé pour 2012

Ces courbes démontrent que  le chômage importé résultant des seules importations chinoises suffit à compenser la réduction de l’emploi industriel observée depuis 1974. Il est certain que si ce calcul avait été fait sur l’ensemble des importations, l’emploi industriel corrigé de l’effet des importations aurait poursuivi sa croissance au-delà de 1974.

La réduction de l’emploi industriel est donc clairement la conséquence d’une politique qui a, sciemment ou non, créé un chômage de masse.

 

Conclusion :

Cette analyse montre que le chômage de masse n’est pas une fatalité. Il résulte de d’une politique délibérée, le libéralisme, qui conduit naturellement à la mise en concurrence des travailleurs et des régimes sociaux du monde entier.

À la suite de mai 1968, la compétitivité de l’économie française n’a pu être rétablie que grâce à deux dévaluations du franc et une réévaluation du Mark. Toutefois, comme le modèle OMEGA l’a très clairement expliqué, ces événements ont conduit à une réduction de la croissance six ans plus tard.

En 1973-74, l’abandon  de notre souveraineté monétaire par le président Pompidou et Valery Giscard d’Estaing a eu des conséquences catastrophiques à long terme. Ne pouvant plus ajuster la compétitivité nationale en dévaluant le franc, nos gouvernements ont mené une politique mondialiste irresponsable. Le maintien du pouvoir d’achat des salariés et des revenus des capitaux s’est fait grâce à des expédients : exportations d’armes, importations en provenance des pays à faibles coûts salariaux, vente d’entreprises… Le recours aux banques privées pour ajuster la monnaie a introduit une dette publique totalement injustifiée, comme Maurice Allais et de nombreux économistes l’ont démontré. Globalement, cette politique a conduit inéluctablement à une augmentation du chômage.

L’adoption de l’EURO (€) a été présentée comme la solution finale aux problèmes des états européens. Force est de constater qu’il n’en est rien. Le mondialisme continue à détruire méthodiquement l’économie française et d’autres états européens.

On nous assure que la réduction de l’emploi industriel est un phénomène inévitable, une conséquence des progrès de la technologie, et en particulier du développement des robots industriels. En réalité, des emplois sont créés dans d’autres pays. Tout se passe comme si nous avions décidé de délocaliser notre industrie en transférant nos capitaux à l’étranger en vue d’y réaliser, à moindre coût, les produits demandés par notre marché intérieur.

Le déficit de notre balance commerciale et la croissance du chômage sont alors inévitables. N’est-il pas temps d’abandonner une politique qui, selon l’expression de Maurice Allais, a fait la « démonstration empirique » de sa nocivité ?

 

Pierre Fuerxer,

Membre de l’AIRAMA.

 

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Efficacité économique et justice sociale selon Maurice Allais

Maurice Allais occupe une place singulière au sein de l’école des économistes libéraux par son constant souci d’analyser les effets de celle-ci sur la répartition des revenus et des richesses. Il démontre que seules la liberté d’entreprendre et la liberté d’accès aux marchés peuvent réaliser ou approcher l’efficacité économique optimale dans l’allocation des ressources. Il souligne la nécessité absolue de préserver la justice sociale, en particulier par une fiscalité refondée.

in « La Jaune et la Rouge » Magazine N°687 Septembre 2013 – Fiscalité : les nouvelles formules

Considérant qu’un État impartial constituait le garant en dernier ressort du bien commun des sociétés et de leur pérennité, les réflexions de Maurice Allais étaient guidées par le souci de tarir les revenus « indus » qui ne provenaient pas de réels services économiques apportés à la collectivité, en éliminant fiscalement les situations de rentes.

Il propose tout particulièrement de rétrocéder à l’État la rente annuelle de la création de monnaie ex nihilo engendrée par le système du crédit pratiqué par le secteur bancaire et financier actuel.

REPÈRES
Maurice Allais (31), disparu en 2010, est le seul économiste français titulaire du prix Nobel de sciences économiques. Il lui a été décerné en 1988 pour « ses contributions à la théorie des marchés et à l’utilisation efficace des ressources ». Cet esprit encyclopédique et rigoureux est également reconnu pour avoir offert une refonte cohérente des principaux pans de la théorie économique, de la théorie de l’équilibre, des marchés et de l’intérêt, à la théorie de la monnaie et des anticipations.

Réformer le système bancaire et financier

Maurice Allais propose, en préalable à toute refonte de la fiscalité, la réforme du système bancaire et financier. Cette réforme doit s’appuyer sur deux principes.

La création monétaire doit relever de l’État et de l’État seul. Toute création monétaire autre que la monnaie de base par la banque centrale indépendante des gouvernements doit être rendue impossible, de manière que disparaissent les « faux droits » résultant actuellement de la création monétaire bancaire. Tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts à des termes plus longs, ou tout au moins de même terme.

Banques de dépôts, de prêt et d’affaires

Les principes de la réforme du système du crédit que propose Allais peuvent donc se résumer comme il l’écrit lui-même :

« Cette double condition implique une modification profonde des structures bancaires et financières reposant sur la dissociation totale des activités bancaires telles qu’elles se constatent aujourd’hui, et leur attribution selon trois catégories d’établissements distincts et indépendants :

La création monétaire doit relever de l’État et de l’État seul
  • des banques de dépôts assurant seulement, à l’exclusion de toute opération de prêt, les encaissements et les paiements, et la garde des dépôts de leurs clients, les frais correspondants étant facturés à ces derniers, et les comptes des clients ne pouvant comporter aucun découvert ;

  • des banques de prêt empruntant à des termes donnés et prêtant les fonds empruntés à des termes plus courts, le montant global des prêts ne pouvant excéder le montant global des fonds empruntés ;

  • des banques d’affaires empruntant directement auprès du public, ou aux banques de prêt et investissant les fonds empruntés dans les entreprises.

 
« Dans son principe, une telle réforme rendrait impossible la création monétaire et de pouvoir d’achat ex nihilo par le système bancaire, ainsi que l’emprunt à court terme pour financer des prêts de terme plus long.

Elle ne permettrait que des prêts de maturité plus courte que celle correspondant aux fonds empruntés. Les banques de prêt et les banques d’affaires serviraient d’intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs. Elles seraient soumises à une obligation impérative : emprunter à long terme pour prêter à plus court terme, à l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui. »

Une condition de survie

« Une telle organisation du système bancaire et financier permettrait la réalisation simultanée de six conditions tout à fait fondamentales :

  • l’impossibilité de toute création monétaire en dehors de celle de la monnaie de base par les autorités monétaires indépendantes des gouvernements ;

  • la suppression de tout déséquilibre résultant du financement d’investissements à long terme à partir d’emprunts à court ou à moyen terme ;

  • l’expansion de la masse monétaire globale, constituée uniquement par la monnaie de base, au taux souhaité par les autorités monétaires indépendantes des gouvernements;

  • une réduction majeure, sinon totale, de l’amplitude des fluctuations conjoncturelles ;

  • l’attribution à l’État des gains provenant de la création monétaire, et l’allégement en conséquence des impôts actuels ;

  • un contrôle aisé par l’opinion publique et par le Parlement de la création monétaire et de ses implications.

 
Cette réforme apparaît comme une condition nécessaire de survie d’une économie décentralisée et de son efficacité. »

Dès lors, la fiscalité doit être refondée en considérant que les impôts payés par les ménages et les entreprises sont « la rémunération des services de toutes sortes que leur rend l’État et qu’il est seul à même de leur rendre ».

Les sept principes de la fiscalité

  • Principe individualiste : l’impôt ne doit pas rechercher l’égalité des conditions, mais celle des chances.
  • Principe de non-discrimination : l’impôt doit être établi suivant des règles qui soient les mêmes pour tous.
  • Principe d’impersonnalité : l’impôt ne doit pas impliquer des recherches inquisitoriales sur les personnes.
  • Principe de neutralité et d’efficacité économiques : l’impôt ne doit pas pénaliser les choix les plus efficaces pour l’économie. Les entreprises en perte devraient être pénalisées, et non celles qui font des bénéfices.
  • Principe de légitimité : l’impôt doit frapper autant que possible les revenus «non gagnés» qui ne correspondent pas à un service effectivement rendu tels, par exemple, ceux provenant de l’appropriation des plus-values foncières résultant de la croissance démographique.
  • Principe d’exclusion d’une double imposition : un revenu ou un bien ne saurait être taxé plusieurs fois.
  • Principe de non-arbitraire et de transparence : le système fiscal doit répondre à des principes simples et peu coûteux d’application.

Une fiscalité tripolaire

Allais propose la suppression totale des impôts actuels sur les revenus des personnes physiques, sur les entreprises, sur les successions et donations, comme sur le patrimoine et les plus-values. On les remplacerait par une fiscalité tripolaire répondant aux « sept principes » (voir encadré ci-dessus).

Peu vulnérable à la fraude, elle se prêterait à un contrôle facile du Parlement.

Il propose donc une taxe annuelle de l’ordre de 2% sur les seuls biens physiques, à l’exclusion des créances, actions et obligations notamment, à l’exclusion de toute double imposition et de toute exemption.

L’impôt doit être établi suivant des règles qui soient les mêmes pour tous

Il propose aussi l’attribution à l’État, et à l’État seul, des profits provenant actuellement de l’augmentation de la masse monétaire par la création des moyens de paiement issus du mécanisme actuel du crédit, selon les principes de la réforme proposée (de l’ordre de 4% à 5% du revenu national en régime de croissance de 4 % et d’inflation de 2 %).

Allais propose enfin une taxe générale sur les biens de consommation de taux uniforme pour assurer les dépenses publiques non couvertes par les deux postes précédents. Il précise que, « contrairement à ce que l’on pourrait penser, les charges correspondant à l’impôt proposé sur le capital ne différeraient que d’un quart environ de celles qui le grèvent déjà en réalité dans le système actuel ».

Des ordres de grandeur réalistes

Allais chiffre avec réalisme les ordres de grandeur de ses réformes, et prend bien soin de présenter le catalogue des principales objections qui leur ont été opposées pour les réfuter une à une. Il démontre comment cette double réforme constituerait un puissant stimulant au retour de la croissance économique en mobilisant les initiatives économiquement les plus efficaces, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle ère de prospérité et de justice.

Par une double réforme du crédit et de la fiscalité répondant aux principes clairement énoncés ici, la France offrirait au monde un exemple libérateur d’une puissance irrésistible face aux oppressions qui semblent vouloir aujourd’hui effrontément s’affranchir de tout contrôle des peuples, dans une dangereuse hubrys.

 

 

L’expérience de William Bertozzi

Vraie ou fausse preuve la théorie de la relativité ?

Introduction :

               En 1964, l’expérience de William Bertozzi  a été considérée comme une preuve de la théorie de la relativité. À la sortie d’un accélérateur linéaire, la vitesse d’un électron ne pouvait dépasser la vitesse de la lumière.

               Depuis, tous les cours de physique présentent cette expérience comme une validation de la théorie de la relativité restreinte. Aujourd’hui encore, elle conserve son rôle didactique. On en trouve la description sur INTERNET. Des commentaires et des exercices à l’intention des étudiants sont disponibles sur de nombreux sites.

 

Quels sont les résultats de cette expérience ?

               Les résultats de William Bertozzi tiennent dans une liste de cinq mesures. La figure 1 présente les quatre premières valeurs de la vitesse d’un électron en fonction du rapport k de son énergie cinétique à son énergie au repos.

Formule relativiste : rapport énergie cinétique sur énergie au repos de l’électronFigure 1 : Formule relativiste : rapport énergie cinétique sur énergie au repos de l’électron.

               Dans cette figure, les points marqués d’une croix sont les quatre premières  mesures de William Bertozzi, la cinquième (v=c pour k=30) n’étant pas significative n’a pas été retenue. La courbe en rouge correspond aux valeurs prédites par la théorie de la relativité restreinte. Elles ne sont pas parfaitement conformes aux observations.

               Comment doit-on interpréter les différences observées entre mesures et théorie ? Correspondent-elles à des erreurs de mesure ? Résultent-elles d’erreurs théoriques ?

 

 

Une analyse basée sur les théories antérieures :

               Avant l’apparition de la théorie de la relativité, la science disposait de l’ensemble des  théories nécessaires à l’étude d’un accélérateur linéaire. Citons par ordre chronologique :

  • L’électromagnétisme, complété en 1865 par les équations de Maxwell,
  • La masse de l’énergie, définie par la formule E=m.c2 établie par Poincaré en 1900.
  • Le principe de relativité proposé en septembre 1904, par Poincaré.
  • Enfin, les équations de changement de base entre repères relativistes, explicitées par Poincaré en juin 1905. Ces formules ont été appelées par Poincaré « transformations de Lorentz » en hommage au célèbre physicien, conservent les lois de l’électromagnétisme.

 

Les équations de Maxwell sont très antérieures à la théorie de la relativité. La transformation de  Lorentz ne  sera pas utilisée, bien qu’elle conserve son utilité comme formules de changement de repère. L’analyse de l’expérience de William Bertozzi ne fera donc appel qu’à la physique classique.

 

Un calcul résolument non relativiste :

               Les résultats obtenus par William Bertozzi se calculent également très simplement en faisant les hypothèses suivantes, différentes de celles retenues habituellement :

  • L’énergie de l’électron au repos se partage en parties égales entre sa masse mécanique et l’énergie de son champ électromagnétique calculée selon les formules de l’électromagnétisme classique.
  • L’énergie de son champ électromagnétique est calculée en faisant appel à une représentation ondulatoire du champ électromagnétique.

 

Nous obtenons ainsi une expression de l’énergie totale en fonction de la vitesse, directement liée au potentiel appliqué à l’accélérateur linéaire. Les prévisions sont alors parfaitement conformes aux observations de William Bertozzi :

Formule proposée : rapport énergie totale sur énergie au repos de l’électronFigure 2 : Formule proposée : rapport énergie totale sur énergie au repos de l’électron.

 

Comme dans la figure précédente,  les points marqués d’une croix sont les quatre premières  mesures de William Bertozzi. La courbe en bleu de la figure 2 correspond aux valeurs prédites par la physique classique, compte tenu d’une nouvelle hypothèse présentée ci-dessous.

 

Une expression nouvelle de l’énergie de l’électron :

               Selon ce nouveau mode de calcul, l’énergie cinétique totale de l’électron correspond à la somme de l’énergie cinétique de sa masse mécanique calculée par la formule de la mécanique classique (la masse étant supposée constante avec la vitesse), et de l’énergie du champ électromagnétique de l’électron calculée à partir d’une analyse ondulatoire.

               L’énergie cinétique de la masse mécanique de l’électron considéré comme une particule est alors, en admettant que la masse mécanique de l’électron est m = E/c2 et β = v/c :

Selon cette hypothèse, le champ accompagnant l’électron mobile correspondrait à l’énergie de deux ondes directes et rétrogrades dont la somme est le champ observé dans le repère fixe. Puisque la charge électrique des mobiles est conservée l’énergie cinétique du champ électrique de l’électron mobile serait selon cette hypothèse :

                L’énergie cinétique totale de l’électron rapportée à son énergie au repos W0 serait donc de la forme suivante :

               L’accélération de l’électron se calcule à partir de la loi fondamentale de la mécanique :

Soit :     

Ce qui donne finalement  l’accélération de l’électron et donc sa masse :

Bien évidemment, l’intégration de l’accélération au cours du temps conduit à la vitesse, puis à la distance parcourue dans l’accélérateur. Par ailleurs, on peut vérifier que l’énergie acquise par l’électron correspond alors au produit de sa charge par le potentiel appliqué. Ceci correspond parfaitement aux résultats de William Bertozzi.

 

Comparaison entre théorie et expérience :

               La comparaison entre théorie et expérience conduit aux valeurs de la figure 3. Dans ce graphique, nous avons souhaité  mettre en évidence les écarts entre les mesures réalisées par Bertozzi et les résultats théoriques correspondant au deux formules : la formule classique et de la nouvelle formule proposée ci-dessus. L’abscisse correspond à la vitesse réduite de l’électron (rapport entre la vitesse mesurée et la vitesse de la lumière). L’ordonnée correspond à l’écart en pourcentage entre la valeur de l’énergie appliquée à l’électron et les valeurs calculées avec les deux formules.

Comparaison entre théories et expérience (écarts en %)Figure 3 : Comparaison entre théories et expérience (écarts en %).

  • La courbe rouge correspond à l’écart entre les mesures et la théorie nouvelle,
  • La courbe bleue à l’écart entre les mesures et la théorie de la relativité restreinte.

 

               Ces deux courbes présentent ainsi, en fonction de la vitesse des électrons, les différences (en pourcentage) entre les énergies réellement appliquées et celles calculées avec les deux formules. La cinquième valeur de vitesse mesurée par Bertozzi a été v =c. Cette dernière mesure correspond à un temps de 2,8 ns connu avec une précision insuffisante à l’époque pour conduire à une mesure de vitesse significative.

En effet, en 1964, la qualité des mesures des très hautes tensions, et l’imprécision des mesures de vitesse à partir de photos d’écrans d’un oscilloscope suffisent à expliquer l’écart restant entre les mesures les résultats théoriques.  Quelle que soit la formule de calcul, l’énergie de l’électron serait infinie pour la valeur v = c). Le 5° point de ces courbes a donc pris en compte une valeur corrigée de la vitesse de l’électron, légèrement inférieure à c, assurant la meilleure extrapolation possible des deux courbes théoriques.  Les différences entre la théorie alternative et les résultats de William Bertozzi ne sont donc pas significatifs.  En revanche,  la théorie de la relativité restreinte conduit à des écarts nettement plus importants.

 

L’effondrement de la théorie de la relativité ? 

               Si Maurice Allais avait analysé les résultats de l’expérience, déjà ancienne, de William Bertozzi, il y aurait vu « l’effondrement de la théorie de la relativité » qu’il attendait. Il est certain qu’avec le recul dont nous disposons, il faut bien admettre que cette expérience n’est pas une preuve irréfutable  de la théorie de la relativité. Elle prouve tout au plus qu’un champ électrique ne permet pas d’accélérer  des électrons au delà de la vitesse de la lumière. Par ailleurs, nous constatons que la nouvelle formule proposée pour le calcul de l’énergie cinétique de l’électron soumis au champ d’un accélérateur linéaire donne des résultats bien plus proches des mesures de William Bertozzi que la formule relativiste.  Les différences ne sont toutefois importantes que pour les vitesses supérieures à 20% de la vitesse de la lumière.

               Pouvons-nous, comme Maurice Allais, conclure sur la base de ce résultat très partiel que la théorie de la relativité doit être définitivement rejetée ?

Comparaison des méthodes de calcul :

               La nouvelle formule présente par rapport à la formule de la relativité restreinte deux avantages essentiels :

  • Elle conserve intégralement la mécanique classique, ce qui est particulièrement important dans la plupart des problèmes pratiques.
  • Elle conserve également l’électromagnétisme classique. En effet, le champ d’une charge mobile s’obtient simplement en conservant le champ de l’électron dans le repère mobile. Son champ dans le repère fixe est alors calculé par une méthode ondulatoire dont la description sort du cadre de ce document.

En pratique, cette approche conduit à conserver l’espace et le temps absolus, et donc  abandonner la contraction de Lorentz.

               Enfin, les deux méthodes de calcul ne font apparaître aucune différence entre l’énergie électrique appliquée et celle acquise par la particule. En réalité, l’énergie appliquée par l’accélérateur linéaire se partage entre l’énergie accumulée par l’électron et l’énergie rayonnée. Il est possible que, dans le cas de trajectoires rectilignes et d’électrons faiblement accéléré, ceci soit une hypothèse raisonnable, conforté par les mesures calorimétriques de William Bertozzi. Toutefois, nous aurons besoin d’une théorie plus générale applicable à toutes les trajectoires, décrivant  aussi bien l’action des champs magnétiques qu’électriques, et permettant de calculer l’énergie rayonnée par l’électron.  L’évolution en un siècle de la théorie des antennes doit permettre de calculer avec précision le rayonnement des électrons rapides fortement accélérés.

Respectent-elles le principe de relativité ?

               Comme le prévoit la physique classique, cette expérience montrerait que les masses mécaniques et les champs électromagnétiques se comportent différemment en fonction de la vitesse.  Peut-on en déduire qu’elle ne respecte pas le principe de relativité ?

               Tel qu’il a été défini par Poincaré, le principe de relativité explicite une notion fondamentale en physique. Les lois doivent donc être les mêmes pour tous les observateurs. Elles sont  universelles. Ce principe ne peut souffrir aucune exception.

               Pour autant, l’environnement du laboratoire peut modifier le résultat d’une expérience. En particulier, les forces de gravitation jouent un rôle essentiel et doivent être prises en compte. Le principe d’équivalence d’Einstein en est l’illustration parfaite de l’influence de l’environnement du laboratoire. Il permet de déterminer la courbure gravitationnelle des rayons lumineux, même si le calcul exact de cette déviation est plus délicat qu’il ne semble à priori (Le résultat exact obtenu en 1916 est le double de la valeur calculée initialement en 1912).

               Les lois de la physique peuvent donc dépendre de « paramètre d’environnement » parmi lesquels le champ de gravitation, la vitesse relative d’un satellite par rapport à l’astre autour duquel il tourne…  Il est donc hasardeux d’affirmer qu’une loi respecte ou ne respecte pas le principe de relativité. En tous cas, la conservation de la vitesse de la lumière ne saurait suffire à le démontrer …

 

Une nécessaire rigueur mathématique :

               Contrairement aux mathématiques qui décrivent de façon rigoureuse les conséquences d’hypothèses, les lois de la physique  résultent d’expériences. Elles résultent alors d’une construction intellectuelle permettant de prévoir les résultats de nouvelles expériences.

               La cohérence mathématique des lois de la physique sont alors une condition nécessaire, mais pas suffisante, de leur validité. Considérons par exemple la propagation complexe des ondes électromagnétiques dans l’ionosphère. Dans ce milieu, la propagation des ondes dépend de la longueur d’onde, les rayons ne se propagent pas en ligne droite, des absorptions interviennent…

Le comportement de ce milieu peut être décrit par des équations différentielles. Ses propriétés étaient inconnues en 1912, lors des premières publications sur le principe d’équivalence et la courbure gravitationnelle des rayons lumineux.  Aujourd’hui, au lieu d’adopter une géométrie non-euclidienne, pourrions-nous faire un autre choix : décrire la propagation de la lumière par une équation différentielle de coefficients dépendant de la gravitation ? Toute équation de propagation étant du second ordre, le facteur deux observé entre le gradient de vitesse de propagation et la courbure des rayons apparaîtrait sans doute naturellement.

 

Une coexistence pacifique entre les théories :

               N’oublions pas que nous sommes totalement incapables de parler de l’univers sans supposer implicitement l’existence d’un repère euclidien. Comment mesurer autrement des distances ou un effet Doppler ? Les effets « relativistes » sont toujours présentés dans un repère particulier, par exemple le repère terrestre. Comment calculerait-on les dérives gravitationnelles ou lies à la vitesse des satellites de géo-localisation sans faire appel à ce repère ?

               Pouvons-nous assurer que la physique classique ne respecte pas aussi bien le principe de relativité que les théories modernes ? En tous cas, personne ne peut assurer que tout a été trouvé et que nos concepts ne devront plus être modifiés de façon à mieux décrire la réalité. Donnons donc aux théories de la relativité (restreinte et générale)  la place qui leur revient : des étapes dans l’évolution de notre connaissance. N’en faisons pas des vérités éternelles.

               Nous comprenons alors mieux la formule provocatrice de Maurice Allais. En physique, il n’y a pas de vérité révélée ! La justesse des  résultats d’un calcul mathématique peuvent être prouvés. En revanche, une théorie physique ne peut qu’être confrontée avec l’expérience. Dans tous les domaines, et particulièrement en optique, de nombreuses théories existent et sont utilisées au cas par sas, dans leur domaine de validité.

 

Des lacunes théoriques acceptées :

               Toutes nos théories scientifiques présentent des zones d’ombre.  Les exemples sont innombrables. Dans le domaine de l’électromagnétisme, nous faisons toute confiance aux équations de Maxwell. Nous savons cependant que le courant de déplacement qu’il a introduit reste une énigme. Il s’agit d’un courant « fictif » grâce auquel  la symétrie entre le champ électrique et le champ magnétique conduit aux modes ondulatoires.

               Ne devrait-on pas donner à ce courant une signification physique ? Comment son existence est-elle compatible avec le rejet d’un milieu de propagation ?

               À la fin d’une des « Journées Internationale de Nice sur les Antennes », sans doute en 1986, un calcul du champ électromagnétique diffracté par un obstacle mobile a été présenté, hors programme officiel. Grâce à une convention de dessin, ce champ ressemblait aux allées de Von Karmann observées en hydrodynamique. Dans son  commentaire, l’orateur expliquait que ce résultat n’était pas surprenant, les équations étant les mêmes…

               Ne devrions-nous pas réfléchir à des analogies entre domaines techniques différents ?

 

Des données expérimentales à exploiter :

               Depuis 1905, la technologie a fait des progrès remarquables.  Citons l’électronique, l’ensemble des théories des antennes, des tubes électroniques (klystrons, TOP,  Gyrotrons), les dispositifs nouveaux comme les LASERS à électrons libres. Nous disposons également d’horloges atomiques, de gyromètres Laser, de réseaux de satellites de géo-localisation. Il y a là une mine de données expérimentales qui pourraient être exploitées en vue de valider nos concepts.

               Enfin, l’observation de l’univers nous permet d’observer des phénomènes qui se sont déroulés au cours de milliards d’années et qui continuent à évoluer sous nos yeux. Comme je l’ai écrit en 2011 dans une présentation faite au cours des journées scientifiques de l’URSI (La physique du 21° siècle sera-t-elle ondulatoire?) :

Au 21° siècle, le développement de la physique ne pourra se faire qu’après l’abandon de l’approche abstraite et dogmatique adopté au siècle dernier.

               Ayant pris conscience de la fragilité des bases expérimentales et conceptuelles de la physique moderne, les étudiants et chercheurs pourront explorer des voies nouvelles. Libre de laisser leur imagination construire, sur les mêmes faits expérimentaux, des concepts et des représentations concrètes des lois de la physique, ils pourront faire preuve de créativité.

               Bien évidemment, science et science fiction n’étant pas de même nature, leurs rêves devront être en permanence confrontés aux réalités expérimentales, toutes les explications équivalentes des faits expérimentaux étant toutefois jugées également recevables.

               Les chercheurs, redevenus acteurs, donneront le meilleur d’eux-mêmes. Impliqués dans une science en perpétuelle évolution et dont ils connaîtront l’histoire, ils n’auront plus l’impression de naître trop tard dans un monde trop vieux.

               Bien évidemment, l’astronomie et l’astrophysique, sciences porteuses depuis toujours d’une capacité à émerveiller les hommes, joueront dans cette évolution de la physique un rôle essentiel.

               En 1905, Poincaré entrevoyait l’avènement d’une nouvelle physique. Somme-nous sur le point de continuer son œuvre ?

Pierre Fuerxer,

Membre de l’AIRAMA.

 

 

 

 

 

La mondialisation

Du rêve mondialiste à la réalité.

Préambule :

            Maurice Allais était un libéral et un européen convaincu  jusqu’il constate que l’Union Européenne prenait une orientation contraire aux intérêts des peuples. Il publiait dès 1981 un livre intitulé : « L’Europe face à son avenir. Que faire ? ».

            L’année suivante, il publiait un autre livre au titre évocateur intitulé : « Erreurs et Impasses de la Construction Européenne ». Après la publication d’une bonne dizaine d’ouvrages, son dernier livre, intitulé « La mondialisation, La destruction des emplois et de la croissance » apporte, selon son expression, « la démonstration empirique » de la validité de ses critiques antérieures.

            Personne ne peut sincèrement nier que l’Union Européenne, l’« UE », n’a pas tenu ses promesses. Le modèle Oméga-Allais, dont les premières publications ont eu lieu dès 1990, a prouvé l’existence de lois de l’économie permettant de faire des prévisions à long terme, en l’absence de crise monétaire majeure. Le succès de ce modèle est dû à deux choix fondamentaux : affirmer le rôle essentiel de l’homme dans la conduite de l’économie, simplifier au maximum la structure du modèle de façon à rendre son comportement intelligible.

            Ces méthodes économétriques auraient-elles permis de prédire les effets à long terme du libéralisme sur les économies des pays européens ? Nous allons démontrer qu’en adoptant une approche analogue, il est possible de construire un prédicteur à long terme aussi performant dans une économie mondialisée que le modèle Oméga-Allais dans une économie indépendante. Il suffit d’adopter les mêmes méthodes pour décrire les interactions internationales.

Un état stable est-il possible ?

            Une économie réelle n’est jamais totalement stable car elle subit de nombreuses influences extérieures. En revanche, pour être validé, le modèle d’une économie  doit être stable à tout niveau d’activité et expliquer l’existence des cycles économiques qui ont été observés dans le passé. Enfin, comme l’économie elle-même, un modèle doit tenir compte des investissements passés encore productifs. Ainsi, pour faire ses prévisions, le modèle Oméga-Allais prend en compte l’activité des quinze dernières années. Ces méthodes s’appliquent également aux économies interconnectées, lorsque les échanges sont équilibrés. Dans le cas contraire, les déséquilibres se propagent d’une économie à l’autre, ce qui déstabilise l’économie mondiale.

Figure 1 : Échanges équilibrés.

            La mondialisation peut même déstabiliser le marché et même provoquer des crises locales, en particulier dans des pays spécialisés dans des productions particulières. Les états doivent donc disposer d’outils permettant de stabiliser leurs économies nationales.

Une instabilité aux origines diverses :

            La stabilisation de l’économie nécessite l’emploi de nombreux moyens permettant de compenser les déséquilibres entre les nations qui peuvent être classés de la façon suivante :

La différence des redistributions sociales :

            Dans chaque nation, les autorités  remplissent des tâches d’intérêt commun. Il s’agit évidemment des tâches régaliennes qui sont l’attribut des gouvernements, mais aussi d’une redistribution sociales des revenus  par de nombreux canaux.

En ce qui concerne la France, citons les allocations familiales, l’enseignement et ce que nous appelons les services publics. Le financement de cette redistribution sociale étant différentes selon les pays, il est difficile d’en déterminer le niveau, mais il correspond à un pourcentage très important de PIB. Nous savons qu’en France le taux des prélèvements obligatoires est proche de 50%.

            Dans chaque pays, la population active a une productivité intrinsèque qui dépend de nombreux paramètres : âge, formation…

Figure 2 : Effet des prélèvements obligatoires.

            Les charges, directes et indirectes, de toutes natures pesant sur le travail réduisent la compétitivité des entreprises. Cette réduction de la compétitivité correspond à un taux de charges dont l’effet est comparable à celui du taux de change. Son augmentation est équivalente à une hausse de la monnaie nationale. Cette compétitivité apparente influe sur les échanges entre nations, et contribue au déséquilibre des balances commerciales.

            Traditionnellement, les états pouvaient compenser les effets de ces différences grâce à deux procédés :

  • Une méthode globale : Modifier les taux de change, ce qui réduit globalement les différences de compétitivité entre les nations,
  • Des mesures sectorielles : Les droits de douane et contingents d’importation.

Un taux  de charges globalement excessif pourrait être corrigé que par une dévaluation de la monnaie, si celle-ci n’était pas aujourd’hui impossible. Grâce aux droits de douane et aux contingents d’importation, des corrections sectorielles seraient également possibles.

Face à un taux de charge supérieur à celui de ses concurrents, la politique mondialiste de l’UE ne laisse aux états qu’une solution : abandonner les entreprises pour lesquelles la notion de concurrence libre et non faussée n’est qu’un mythe.

Les conséquences des investissements nouveaux :

            Le modèle Oméga –Allais permet de calculer l’effet sur la demande d’un investissement nouveau.  Considérons l’exemple suivant : Supposons que dans une économie stable, un investissement soit décidé (figure 3).

  • Les dépenses d’investissement produisent des revenus, puis une consommation nouvelle,
  • La production n’apparaît qu’avec un certain retard sur les investissements.

Figure 3 : Effet d’un investissement.

Figure 3 : Effet d’un investissement.

            Cette figure est un exemple montrant comment un ensemble d’investissements décidés simultanément conduit à des dépenses puis à une capacité de production :

  • La courbe en pointillé bleus correspond à la demande liée à la croissance des dépenses d’investissement,
  • La courbe rouge correspond à la demande générée par cet investissement.
  • La courbe continue bleue est da demande totale.

Effet direct de l’investissement dans une économie fermée :

Dans un premier temps, l’investissement produit une demande supplémentaire liée aux revenus des entreprises produisant les machines et services nécessaires à la réalisation des projets. Ces entreprises versent des salaires qui augmentent la demande alors que la capacité de production de biens de consommation n’a pas encore augmenté.

Jusqu’au croisement des courbes pointillées bleues et rouge (approximativement quatre ans après le début des travaux), la demande dépasse la production !  L’investissement n’est possible que si les consommateurs acceptent de différer une partie de leurs dépenses, et attendent la croissance de la production pour consommer. Dans son principe, le financement des investissements nouveaux devrait donc être réalisé par des placements à terme, ce qui garantirait la réduction temporaire de consommation imposée par l’investissement.

Effet direct de l’investissement dans une économie ouverte :

            Nous supposons que l’investissement est financé par des prêts bancaires ou des fonds étrangers. Peut-on alors demander aux actifs une épargne pour un investissement sur lequel ils n’auront aucuns droits ?

            Le financement de l’investissement leur est imposé selon l’un des modes suivants :

  • La hausse des prix qui réduit leur pouvoir d’achat et ponctionne leurs compte courants,
  • L’importation qui permettra de maintenir les prix, mais au détriment de la balance commerciale. Cette importation constituera une dette qui devra être remboursée, en principal et intérêts.

Effet indirect de l’investissement dans une économie ouverte :

            Dans les deux cas, la croissance du PIB a une conséquence indirecte. Il nécessite une augmentation de la masse monétaire. En effet, le niveau de la masse monétaire nécessaire au fonctionnement de l’économie augmente avec la production.

            Jusqu’à l’abandon des DTS (droits de tirage spéciaux), l’augmentation de la masse monétaire était faite par la banque de France. L’usage normal de ce droit de battre monnaie permettait à l’état d’ajuster la masse monétaire aux besoins de l’économie.

             L’Union Européenne à transféré ce doit à la banque Centrale Européenne qui ne prête pas directement aux états, mais aux banques qui prêtent ensuite aux états. Pour ajuster la masse monétaire, les états doivent emprunter aux banques les fonds nécessaires, alors que les banques les obtiennent  gratuitement (ou presque gratuitement) auprès de la banque centrale européenne. De toutes façons, ces fonds ne sont que de la monnaie bancaire.

            Évidemment, cette anomalie n’avait pas échappé à Maurice Allais qui considérait que la dette publique de la France devait être séparée en deux :

  • Une dette réelle correspondant au financement de dépenses nationales,
  • Une dette abusive constituée par les augmentations de la masse monétaire et les intérêts payés sur les sommes prêtées par les banques à cette fin.

            Cette modification, qui pourrait sembler anodine, dépossède en fait l’état de sa souveraineté monétaire. Elle conduit les nations à supporter une véritable taxe sur les investissements et sur la croissance du PIB.

Les transferts de capitaux :

            La libre circulation des capitaux conduit les entreprises à investir préférentiellement dans les nations dans lesquelles la rentabilité est la plus élevée. Les entreprises françaises sont donc incitées à investir à l’étranger. Si leur internationalisation présente des effets positifs, la fuite des capitaux provoque à terme une baisse de la production nationale, une croissance des importations et de la dette.

            Par ailleurs, le rapatriement des bénéfices par les actionnaires étrangers réduit la demande intérieure, et à terme la compétitivité des entreprises nationales.

La migration de travailleurs et de populations :

            La question de la main d’œuvre immigrée a provoqué une polémique intense. Tout le monde a entendu parler des travailleurs détachés qui prennent la place de travailleurs locaux. Il est certain que cette directive européenne contribue  à la hausse du chômage en France.

L’immigration de travail en  a également sa part, mais on oublie celle des importations en provenance des pays à bas coût de main d’œuvre. Une balance du travail prenant en compte tous ces éléments montrerait que le chômage de masse actuel s’explique parfaitement par ces causes.

Enfin, l’immigration de peuplement joue un rôle complexe. Elle évite une fuite des revenus, donc une réduction de la demande intérieure, mais coûte en dépenses sociales directes et indirectes dont il faut tenir compte et met en péril la base culturelle qui assure la cohésion des nations.

Les effets de la politique européenne :

            L’Europe assure vouloir qu’une concurrence libre et non faussée permette à tous les européens de bénéficier de produits et services compétitifs.

            Malheureusement ses décisions sont totalement contraires à cet objectif officiel.

La différence des redistributions sociales :

En privilégiant la concurrence, l’U.E. ne laisse aux états qu’une solution globale : réduire les prélèvements obligatoires. Ceci conduit à un nivellement par le bas des dépenses consacrées aux tâches régaliennes et à la politique sociale des pays.   

            Chacun peut avoir un avis sur le niveau souhaitable de la protection sociale et des prélèvements obligatoires associés. Ils sont sans doute trop élevés en France, mais il faut bien comprendre que la politique européenne contraint les états à les réduire.

 

Les conséquences des investissements nouveaux :

            Les nations européennes ne peuvent plus fixer le cours de leur monnaie,  n’ont plus de véritables banques nationales et doivent emprunter la monnaie bancaire nécessaire au fonctionnement de leur économie.

 

Les transferts de capitaux :

            La libre circulation des capitaux permet aux investisseurs de mettre en concurrence les nations, et de choisir la mieux disante. Les investisseurs peuvent mettre en concurrence les entreprises et sélectionner celles qui produiront les bénéfices les plus élevés. La libre circulation des capitaux conduit à maximiser les revenus du capital, face à des états impuissants.

 

La migration de travailleurs et de populations :

            La libre circulation des travailleurs tend à faire disparaitre les nations au profit d’une zone de libre échange soumise à la seule loi du marché. Le vote des étrangers serait l’aboutissement de cette destruction des états réduits au rôle de syndic de copropriété. La solidarité nationale serait alors un vain mot. Chaque habitant de l’Europe, riche ou pauvre,  pourrait choisir le pays présentant pour lui le plus d’avantages.

 

Construire un prédicteur global :

            Dans un monde ouvert, une économie nationale peut-être décrite par le modèle Oméga-Allais, à la seule condition de déterminer par ailleurs les l’influence du reste du monde sur les incitations à consommer et à investir. Il reste donc à décrire avec des méthodes analogues les interactions entre les différentes économies. Dans le cas de la France, le reste du monde pourra être assimilé à une économie unique, insensible aux fluctuations nationales.

 Bien évidemment, comme dans le modèle Oméga-Allais, toutes ces relations doivent être des fonctions temporelles faisant intervenir les valeurs passées des variables économiques.  

            Un ensemble minimal de  briques complémentaires doit permettre de modéliser les interactions internationales et de construire un prédicteur décrivant l’évolution d’une économie dans un monde  ouvert. Bien évidemment, ce modèle rendra compte des effets à moyen et long terme de politiques économiques, en particulier de celle de l’U.E.

Introduction des échanges extérieurs :

            Ceci impose quelques adjonctions au schéma et la mise au point de   relations temporelles nouvelles.

  • Demande intérieure : La valeur de la demande intérieure doit être corrigée pour prendre en compte les importations et les exportations.

  • Équilibres externes : L’ajout d’un taux de change réel, prenant en compte les écarts de compétitivité entre les nations, permet de prévoir l’évolution de la balance commerciale et d’une balance du travail non encore publiées dans les statistiques de l’INSEE.

Les importations et exportations se traduisent directement en données de la balance commerciale et de la balance du travail.

Le taux de change correspond à un taux global prenant en compte les taux de change corrigé des effets des différences entre le taux de charges français avec sa moyenne mondiale.

Les fonctions de ce module sont bien évidemment des relations temporelles qui restent à établir sur la base de l’analyse des crises passées.

  • Partage des investissements : La compétitivité entre les nations permet de répartir les investissements en tenant compte de la rentabilité espérée. Un faible taux correspondrait à la fuite des capitaux observée en 2000, lors de la libération des transferts de capitaux.

  • L’influence du chômage sur le taux de charge : plus le chômage croit, plus le taux de charges directes ou indirectes réduit la compétitivité des produits nationaux par rapport aux produits importés.

Il s’agit d’une réaction positive. Comme les autres, elle contribue à rendre l’économie de plus en plus instable.

  • La dette : Celle-ci est constituée d’un ensemble de composantes. Elle est alimentée par les flux suivants :
    • Le déficit de la balance commerciale,
    • Le déficit de l’état,
    • La fuite des capitaux,
    • Le solde des intérêts et dividendes payés à l’étranger…

 

Selon le schéma suivant, cette dette s’auto-entretient, son comportement étant également divergent :

Contrairement aux affirmations de nombreux économistes, le développement du commerce international ne contribue pas à stabiliser l’économie mondiale, mais bien au contraire de la rendre de plus en plus instable. Cette affirmation n’est basée sur aucune idéologie mais sur la modélisation des principaux mécanismes intervenant dans ces échanges.

La modélisation des relations entre les variables retenues :

            Toutes les relations temporelles entre ces variables doivent être causales. La plupart de celles-ci peuvent être estimées sur quelques exemples anciens, par exemple sur les événements de 1968 et de l’an 2000 qui sont les causes des crises de 1974 et 2007.

La libéralisation des transferts de capitaux de l’an 2000, bien qu’annoncé, a conduit de nombreux transferts pendant plus de deux années, et donc les conséquences n’ont été perçues qu’en 2007-2008, six ans plus tard.

L’analyse des transitoires observés dans les périodes de changes fixes peuvent préciser les phénomènes dynamiques à prendre en compte au cours des périodes de monnaie flottante.

Nous disposons donc d’éléments permettant de mettre au point un modèle dynamique d’économie nationale ouverte sur le monde, et de déterminer les conséquences d’une politique économique sur son évolution à long terme.

Là encore, l’U.E. ayant choisi le libéralisme interne et adopté une politique économique mondialiste, a laissé se développer, selon l’expression de Maurice Allais, le laisser-fairisme. Si rien ne change, le modèle ouvert, validé sur le passé, ne permettra que de prédire les étapes d’une faillite annoncée de notre économie.

Conclusion :

            Le modèle Oméga-Allais a démontré qu’il était possible de prédire l’évolution de l’économie française de 1968 à nos jours en ne prenant en compte que des données économiques objectives.  Le choc de 1968 n’est apparu clairement qu’en 1974, compte tenu des délais de réaction du système économique. La cassure de 1974 n’est alors que la conséquence des événements de mai 1968.

 Cette crise a été l’occasion d’un premier abandon de souveraineté, officialisé par la loi de réforme de la Banque de France de 1974, qui a imposé à l’état de recourir t aux capitaux étrangers pour financer ses dépenses.

L’intégration européenne s’est ensuite faite sur la base d’un libre échangisme européen, puis mondial. Les effets de cette politique étaient prévisibles. Maurice Allais n’a cessé de mettre en garde contre cette politique suicidaire. Pour lui, l’évidence empirique de l’absurdité de celle-ci, c’est-à-dire l’observation objective de ses résultats, aurait dû s’imposer à tous.

Nous savons maintenant que l’évolution actuelle de l’économie est parfaitement conforme aux décisions européennes. Tous pouvaient le pressentir. Il était même possible de faire des prévisions chiffrées, fiables à cinq ans, sur l’évolution de l’économie. 

En 1968, les français pouvaient préférer moins travailler pour avoir une vie meilleure.  C’était leur droit. Personne n’a voulu leur dire qu’ils ne pouvaient y parvenir sans choisir un modèle de développement, plus lent, et renoncer à une part de leurs dépenses non indispensables.

C’est pourtant ce qui s’est produit. La croissance a été divisée par deux après 1974. C’est bien le désinvestissement intervenu en 1968 qui est à l’origine de ce ralentissement, même si des explications circonstancielles comme la crise pétrolières ont pu être avancées.

La croissance continue de la dette extérieure de l’état et des entreprises a permis de maintenir le niveau de vie des français au dessus des possibilités de notre économie, mais nous disposions encore de moyens d’action sur l’économie.

L’introduction de l’EURO et la libre circulation des capitaux a détruit le reste de la croissance française. Dans les statistiques de l’INSEE, la croissance du PIB est largement due à l’évolution de son périmètre, imposée par les directives européennes.

Personne ne peut donc dire de bonne foi que cette évolution n’est pas la conséquence de la politique économique qui a été menée depuis plus de 30 ans.

La politique actuelle de l’UNION EUROPÉENNE est mauvaise :

Qu’attend-on pour en changer et prendre les mesures qui s’imposent ?

 

Pierre Fuerxer

Membre de l’AIRAMA

 

 

 

 

LE CHÔMAGE IMPORTÉ

Introduction :

               En France, le chômage ne cesse d’augmenter depuis 1974. Les responsables ont longtemps considéré que celui-ci était dû à une crise passagère et qu’il régresserait spontanément dès que l’économie repartirait. Maurice Allais a lié ce chômage de masse aux importations en provenance des pays à faible coût de main d’œuvre. Qu’en est-il exactement ? Peut-on conforter par des simulations l’évidence économique dont il parlait ?

 

Un phénomène mystérieux ?

               Maurice Allais, européen convaincu a dénoncé le rôle des importations dans le développement du chômage. Il expose ses arguments dans son livre sur l’Europe intitulé « La mondialisation, la destruction des emplois et la croissance », publié en 2007, avec le sous titre percutant, « l’évidence empirique« .

               Il publiera dans la presse divers articles montrant la réduction brutale de la croissance et la montée du chômage depuis 1974 (figure 1) :

Courbes de <abbr>PIB</abbr> et emploi publiées par Maurice Allais

Figure 1 : Courbes de PIB et emploi publiées par Maurice Allais.

               Cette cassure, que Maurice Allais attribue au développement du libéralisme, peut être reproduite par le prédicteur Oméga-Allais, comme les courbes suivantes le montrent :

Courbes calculées par le modèle Oméga-Allais Courbes calculées par le modèle Oméga-Allais

Figure 2 : Courbes calculées par le modèle Oméga-Allais.

Ces courbes confirment que cette réduction de la croissance résulte bien de la perte de compétitivité de l’industrie française due aux événements de mai 1968. En effet, il suffit d’introduire dans le modèle un retard de deux trimestres dans l’engagement des investissements pour reproduire la cassure de 1974. Ainsi, bien que la dévaluation intervenue en 1969 et la réévaluation du mark soient intervenues, la croissance de l’économie a été durablement réduite.

               La réduction de l’emploi industriel observée par Maurice Allais correspond alors directement au rapport entre le niveau du PIB réel avec celui qui aurait été atteint si la croissance n’avait pas été réduite par ce désinvestissement. Quant-à-elle, la dette correspond au manque de production industrielle par rapport à une consommation dopée par les accords de Grenelle.

               Ainsi, le maintien d’un pouvoir d’achat à un niveau proche de celui qu’il aurait atteint en l’absence du désinvestissement survenu en 1968, c’est-à-dire à un niveau supérieur à celui permis par la seule production nationale, a eu deux conséquences :

  • Une réduction de la part de l’industrie nationale dans la consommation qui induit une croissance du chômage. À moyen terme, le manque investissement réduit la croissance de la production nationale. L’augmentation du chômage correspond alors aux emplois qu’aurait dû créer l’économie pour maintenir le niveau de vie des français. Ceux-ci ont bien été crées, mais délocalisés à l’étranger.
  • Une dette extérieure de l’état et des entreprises (ou la vente de leur capital, ce qui est équivalent). Celle dette correspond à l’excès de consommation sur la production.

Ce mécanisme avait été clairement expliqué par Maurice Allais dans son livre publié en 2007.  Nous devrons donc considérer un nouvel indicateur économique, la balance du travail, explicitant l’effet des importations sur l’emploi.

 

Les causes du chômage selon Maurice Allais :

               Dans ses articles, Maurice Allais identifiait une cause structurelle souvent ignorée ou contestée du chômage : les importations en provenance des pays à faible coût de main d’œuvre, y compris de ceux appartenant à l’union européenne.

L’estimation du chômage induit par la mondialisation faite par Maurice Allais se fonde sur une remarque de bon sens : Il faut comparer entre elles les quantités de travail exportées et importées, donc prendre en compte la part salariale des objets importés de l’ensemble des pays à bas coût de main d’œuvre au prix de l’heure d’ouvriers français et non en prix de la main d’œuvre locale.

Toute importation correspond donc à une quantité de travail qui doit être comptée en heures et non en coût au taux de change en vigueur. Elle doit être valorisée au coût de la main d’œuvre française de qualification équivalente.

En sens inverse, les exportations françaises correspondent à des produits technologiques (par exemple des avions), c’est-à-dire à des heures de personnels très qualifiés, donc à des coûts horaires plus élevés. À prix égal, une exportation produit donc beaucoup moins de travail à la nation qu’une importation ne lui en coûte.

Nous devons alors considérer une nouvelle balance, La balance du travail comptée en temps de travail. Déficitaire, elle indiquera le niveau de chômage importé. Excédentaire, elle indiquera le niveau de travail importé.

Il est difficile de comparer les parts salariales des objets de fabrication locale avec celle des objets importés. Les statistiques ne peuvent estimer celles-ci de façon précise en nombre d’heures.

Sans reprendre les statistiques de 1997, une remarque de bon sens permet de contourner cette difficulté. En effet, la demande totale (somme de la consommation et des investissements), est directement  ou indirectement une consommation. Comme la consommation des ménages, les dépenses d’investissement se traduisent pour partie en travail, donc en salaires, et en consommation de ressources naturelles. Hors coût des matières premières, pays par pays, les temps de main d’œuvre sont donc indirectement proportionnels aux valeurs ajoutées.

Adoptons la démarche de Maurice Allais. Nous pouvons comprendre le mécanisme conduisant à importer du chômage en étudiant un exemple : les importations en provenance de la Chine.

             Pour déterminer le poids réel des importations, exprimé en perte d’emploi, il faut corriger le montant des importations de la façon suivante :

  • Tenir compte du niveau des coûts salariaux (6,2 plus faibles pour la Chine). En effet, la part de main d’œuvre contenue dans un produit importé de Chine aurait été 6,2 fois plus chère si elle avait été payée en France.
  • Prendre en compte tous les pays, internes ou non à la CE, sans oublier les importations indirectes. Celles-ci sont de la main-d’œuvre importée et doivent être comptabilisées de la même manière.
  • L’effet de la perte des emplois indirects (avec un facteur correctif supérieur à 1).

 

En 1997, le taux d’importation des produits en provenance de la Chine ne représentait officiellement que 1,2% du PIB, le poids de ces produits industriels n’était que 28% du PIB. Pour de nombreux économistes, ces importations avaient une influence négligeable, alors qu’en prenant en compte des écarts de coût salariaux, il aurait dû être estime à au moins 7,5% de l’emploi, soit plus de la moitié des pertes d’emploi industriel constatées.

 

Coûts horaires de la Main d’œuvre 1993 :

(toutes charges incluses)

Ouvriers qualifiés ou équivalent

En francs aux cours des changes

Groupe

Pays

Coût  (francs)

valeur relative

rapport

I

France

55

100

1

Madagascar

1,2

2

50

Viêt-Nam

1,5

3

36,7

Inde

2,6

5

20

Philippines

4

7

14

Thaïlande

5,5

10

10

Ile Maurice

5,75

10

10

Chine

9

16

6,2

Taïwan

23

42

2,4

Moyenne

 

7,8

12,8

II

Roumanie

2,5

5

20

Pologne

5

9

11,1

Ex-Tchécoslovaquie

11

20

5

Hongrie

11

20

5

Moyenne

 

11,8

8,6

III

Maroc

10

18

5,5

Tunisie

15

27

3,7

Moyenne

 

22

4,5

I+II+III

Moyenne Générale

 

10,2

9,8

 

               Figure 3 : Coût relatifs de main d’œuvre (la mondialisation, page 331).

 

La réduction de la croissance :

Maurice Allais présente comme une évidence la relation entre la mondialisation et la réduction de la croissance (du moins dans notre pays).  Il n’est pas nécessaire de rappeler que l’économie ne se développe que si des investissements conduisent à une offre, des revenus, et la demande correspondante.

Si une part excessive de la demande est satisfaite par des produits importés, la demande intérieure diminue. Il en résulte une baisse des profits générés, du volume de travail consacré, soit au maintien ou au développement de la production, soit à la consommation. Enfin, la libération des mouvements de capitaux permet à ces profits de rechercher la rentabilité maximale en soutenant l’activité économique des pays dans lesquels les coûts sont les plus faibles.

Nous devons donc considérer dans les relations internationales quatre flux: les produits, les investissements, le travail et les capitaux qui, comme la possession de ressources naturelles, permettent de constituer des rentes de situation. Les données statistiques correspondantes sont la balance commerciale, les investissements à l’étranger, la nouvelle balance du travail et enfin  les dettes, remboursables ou non, des états et des entreprises.

 

La balance du travail :

               Cette nouvelle balance, La balance du travail doit être comptée en temps de travail. Déficitaire, elle indiquera le niveau de chômage importé. Excédentaire, elle indiquera le niveau de travail importé. Pour établir cette nouvelle balance, nous devons prendre en compte, séparément pays par pays, et sans doute activité par activité, les importations et les exportations. Chaque transfert doit être valorisé en temps de travail, direct ou indirect, sachant que toute activité productrice est essentiellement des salaires, donc du temps de travail.

En 2009, alors que le solde des échanges avec la Chine était 22 G€, les importations depuis ce seul pays étaient de 30 G€, soit approximativement 1,5% du PIB. Le déficit de la balance commerciale était alors de 53,4 G€. La part de main d’œuvre contenue dans ces importations est sous-évaluée. En prenant la valeur publiée par Maurice Allais pour la Chine pour l’année 1993, le coût de main d’œuvre aurait été (6,2-1) fois supérieur pour une production en France, soit 7,8% du PIB.

Nous devons évaluer l’emploi supprimé par cette importation. Pour cela, admettons dans un premier temps que la totalité de la production résulte de coûts de mains d’œuvre. En effet, des mines d’où les matières premières sont extraites, aux circuits de distribution, les coûts résultent de salaires et profits qui finissent en consommation. Ainsi valorisée, cette importation correspondrait à 2 millions d’emplois perdus.

Les importations en provenance de la Chine ont été en 2012 de 41,4 G€, soit 2% du PIB et le déficit de la balance commerciale de 80 G€, soit 4% du PIB. Avec les mêmes paramètres, le nombre de chômeurs lié aux seules importations chinoises serait de 2,7 millions.

Bien évidemment, ce calcul n’a qu’une valeur explicative du mécanisme par lequel ces importations contribuent à la baisse de l’emploi industriel. Un calcul plus précis, pays par pays, permettrait de chiffrer de façon précise la part des importations provenant des pays à faible coût de main d’œuvre dans la hausse du chômage.

Il y a donc une relation directe entre le nombre de chômeurs et le niveau des importations en provenance des pays à faible coût de main d’œuvre.

Bien évidemment, comme la balance commerciale, cette nouvelle balance subirait les variations des taux de change et des évolutions sociales de nos partenaires économiques. Elle permettrait au moins de comprendre les vraies raisons du chômage lié à la mondialisation et de déterminer les actions susceptibles de le maitriser.

Comment peut-on espérer traiter un mal sans en avoir identifié les causes et trouvé les remèdes  à appliquer ?

 

L’évolution de l’emploi industriel :

               Pour calculer le niveau de la perte d’emploi, il faut donc considérer la totalité des importations des pays à faible coût de main d’œuvre  et le solde des échanges, et non seulement le déficit de la balance commerciale. Cette étude devrait porter sur tous les pays, y compris les pays de l’union européenne.

               Ensuite, ces données devraient être introduites dans un modèle dynamique analogue au modèle Oméga-Allais. Ceci permettrait de prévoir à échéance de plusieurs années les conséquences inévitables des distorsions sociales et monétaires entre les nations.

               Avant toute chose, nous devons mettre à jour les graphiques tracés par Maurice Allais en 1994. Nous disposons pour cela des statistiques de l’INSEE qui, malgré des modifications régulières des agrégats, permettent de bien comprendre l’inévitable régression de notre industrie.

               Nous trouvons les données suivantes :

  • Diverses statistiques de population qui présentent quelques discontinuités dues aux modifications de périmètre (la dernière modification étant la prise en compte de Mayotte).

Population françaiseFigure 4 : population française.

  • La courbe rouge est une ancienne série maintenant arrêtée,
  • La courbe bleue est la superposition de deux séries rouges et bleues nouvelles,
  • La courbe pointillée est la tendance moyenne observée depuis la cassure de 1974.

 

  • Des séries donnant l’emploi total et l’emploi salarié industriel (figure 5) :

Emploi total et emploi salarié industrielFigure 5 : Emploi total et emploi salarié industriel.

  • La courbe bleue correspond à l’emploi total,
  • La courbe rouge à l’emploi salarié industriel,
  • La courbe en pointillé verts correspond au taux de croissance moyen de la population.

Ces données permettent de mettre à jour la figure tracée par Maurice Allais à partir des statistiques disponibles en 1992 (page 126 du livre de Maurice Allais sur la mondialisation).

La politique économique libre échangiste adoptée en Europe depuis 1974 n’ayant pas varié, la destruction de l’industrie française s’est poursuivie, entrainant une croissance continue du chômage.

Pourcentage des emplois industriels dans la population activeFigure 6 : Pourcentage des emplois industriels dans la population active.

               La poursuite de la désindustrialisation au rythme actuel conduirait à la disparition totale de notre industrie dans moins de trente ans !

Pourcentage des emplois industriels : Extrapolation au rythme actuelFigure 7 : Pourcentage des emplois industriels : Extrapolation au rythme actuel.

               Chacun peut imaginer ce que serait une économie sans industrie, avec une agriculture endettée et dépendant totalement  de multinationales, des services entièrement Uberisés, avec un état incapable d’assurer ses fonctions régaliennes…

 

Les conséquences de la désindustrialisation :

               Bien évidemment, faute de volonté politique de rechercher les causes réelles du chômage, l’INSEE n’établit pas la balance du travail, mais il existe des indicateurs permettant de l’estimer. Considérons la série statistique donnant le volume des importations en provenance de la zone Asie du Nord (Japon, Chine, Corée notamment), d’où vient une grande partie des produits technologiques importés.

               Les figures 8 et 9 présentent ces données en valeurs mensuelles et annuelles de cette série statistique exprimées en millions d’Euros.

Nous observons qu’en dehors d’un léger fléchissement en 2009, le niveau de ces importations n’a cessé d’augmenter. En chiffres ronds, les importations de ces pays correspondent à 60 G€ par an, soit 3% du PIB.

Fabriqués en France, le coût de ces produits serait 18% d’un PIB qui augmenterait de 13%. Sa valeur deviendrait 115% de sa valeur actuelle. L’emploi industriel serait augmenté de 18% de l’emploi total, soit 4,8 millions, ce qui correspond grossièrement au chômage total français.

Figure 8 : série mensuelle des importations de la zone Asie du Nord.Figure 8 : série mensuelle des importations de la zone Asie du Nord.

Figure 9 : Série annuelle des importations de la zone Asie du Nord.Figure 9 : Série annuelle des importations de la zone Asie du Nord.

               Bien évidemment, nos exportations vers ces pays contribuent en sens inverse à la croissance de l’emploi, mais d’une façon marginale. Enfin, cette région du monde n’est pas la seule à considérer dans cette analyse. Nous ne produisons pratiquement plus de tissus et de vêtements et dépendons de nombreux fournisseurs étrangers : l’Inde, le Pakistan, le Bengladesh, la Turquie, la Somalie … Les emplois correspondants doivent être ajoutés aux précédents.

               La balance du travail est donc très négative, ce qui explique le sous-emploi actuel des français.

 

Une nécessaire analyse géopolitique :    

               Cette analyse des causes de chômage en France montre l’importance géopolitique du partage international du travail. En Europe, nous avons été habitués à penser que notre avance technologique justifiait notre niveau de vie comparativement élevé par rapport aux autres nations.

               Nous avons facilement accepté que les paysannes qui ramassent le coton vivent dans des conditions misérables. Nous acceptons aujourd’hui de délocaliser les productions de composants indispensables à l’économie numérique qui nous ferait entrer, nous assure-t-on, dans un avenir radieux. Que ferons-nous lorsque nous ne contrôlerons plus les technologies nécessaires ?

               Peut-on faire l’impasse sur ces questions qui ne peuvent être réellement abordées dans le cadre de cette étude limitée aux causes immédiates du chômage de masse que nous observons en France, mais qui sont un enjeu mondial pour nos sociétés ?

 

Des enjeux fondamentaux :

Les relations internationales dépendent de nombreux paramètres mais peuvent être résumées par deux indicateurs principaux : le flux des investissements, c’est à dire la balance entre les investissements français à l’étranger et des investissements étrangers en France, et la balance commerciale.

Elles dépendent également, selon l’expression de Maurice Allais des rentes de situations liées aux avantages naturels des pays (en particulier leurs ressources naturelles), et aux droits acquis (par exemple la possession du capital).

Dans un monde en équilibre, les échanges pourraient contribuer à un enrichissement mutuel des nations, chacune se spécialisant dans les produits pour lesquels elles sont les plus compétitives. Il en va différemment si le déséquilibre des échanges est associé à la liberté de circulation des capitaux.

Au déséquilibre des balances commerciales s’ajoute alors des transferts de capitaux qui permettent la mise en concurrence mondiale des entreprises. Toutes les formes de concurrence s’ajoutent les unes aux autres, et le dumping devient une pratique courante contre laquelle il n’y plus de protection possible.

 Enfin, en contribuant au développement de dettes abyssales des états et des entreprises, le chômage importé ne peut que conduire à des crises monétaires graves et à la faillite d’entreprises et de nations, mais cette question dépasse l’objet de cet article consacré au seul chômage importé.

Évaluer avec la plus grande précision possible les causes et le coût du chômage importé est donc fondamental pour la conduite de l’économie en vue du bien commun des nations.

L’INSEE ne devrait-elle pas publier une balance du travail, outil indispensable d’une politique économique ?  Selon le souhait de Maurice Allais, elle contribuerait ainsi à donner aux décideurs les outils permettant d’éviter le retour de catastrophes semblables à la crise de 1929, et de promouvoir le progrès social pour le bénéfice de tous.

 

Pierre Fuerxer (X 61)

Membre de l’AIRAMA.