Catégorie : Actualité

Quelles prévisions faire pour 2023 ?

Prévisions Économiques 2018-2023

 

Introduction :

            Le modèle Oméga-Allais, a été testé sur la période 1949-2005. Il a permis de faire des prévisions économiques à 5 ans sur la base de quelques séries statistiques fondamentales comme le PIB et le niveau de l’investissement. Depuis, le contexte mondial a beaucoup évolué. Est-il encore possible de de prévoir à 5 ans ou plus l’évolution de notre économie ?

Rappel des prévisions faites fin 2014 :

            Dans le document intitulé « Une reprise réelle ou fictive », publié en 2015, il y a trois ans, je prévoyais une baisse à terme du PIB. Celle-ci était faite à partir  de séries économiques en base 2005 publiées par l’INSEE. Ces prévisions étaient les suivantes (figure 1) :

 

Figure 1 : Prévisions faites à partir de fin 2014.

 

  • La courbe verte correspond aux valeurs de PIB en base 2005 publiées en 2014 par l’INSEE.
  • La courbe bleue était la prévision faite à partir de 2005, en tenant compte de la fuite des capitaux publiée par la Banque de France (valeurs annuelles connues jusqu’en 2010). Ces prévisions étaient validées jusqu’en 2015, soit sur 10 ans.
  • La courbe rouge était une prévision supposant la fuite des capitaux terminée après 2010. Compte tenu du délai moyen entre les décisions d’investir et la croissance de la production, l’économie était alors supposée libre de toute influence extérieure postérieure à 2010.

Évidemment, ces prévisions  supposaient  la constance des influences conjoncturelles extérieures : croissance de la dette, taux d’intérêt, prix du pétrole qui, pour certaines ont un effet quasi immédiat…

            Personne n’ignore que depuis fin 2014 des événements importants ont eu lieu. Il convient donc d’expliquer les différences entre ces prévisions et les données réelles. L’évolution du contexte international et d’autres facteurs comme le niveau de la dette extérieure de la France expliquent-ils les écarts observés ?

 

En 2014, la conjoncture était exceptionnellement favorable. Malgré cela, le modèle Oméga-Allais continuait à prévoir une forte baisse du PIB. L’optimisme des responsables économiques était-il justifié ? Pouvaient-ils baser une politique économique sur le seul respect (plus ou moins strict) des critères de Maastricht ?

 

L’évaluation des performances de l’économie :

            Les performances de notre économie ne peuvent être évaluées que sur la base des données statistiques publiées par l’INSEE. Celles-ci semblent meilleures que les prévisions faites fin 2014 par le modèle Oméga-Allais. Ne devons-nous pas expliquer ces différences et évaluer nos critères d’évaluation ? Rendent-ils compte fidèlement de la réalité ?

Les critères de Maastricht :

            La politique économique de la France  a été jugée en fonction du respect des critères de Maastricht. Leur objectif essentiel semble avoir été d’assurer la stabilité des prix et de la monnaie. Nous ne retiendrons que les deux suivants applicables aux pays de la Zone Euro :

  • La dette du secteur public devait être inférieure à 60% du PIB.
  • Le déficit public devait être inférieur à 3% du PIB.

Ces critères avaient-ils une réelle valeur macroéconomique ? Pouvaient-ils assurer une convergence des économies des pays de la Zone Euro ?

Les critères de gestion prudente d’un particulier :

            Un particulier prévoyant veille à ne jamais dépenser plus qu’il ne gagne, même s’il accepte parfois d’emprunter, par exemple pour faire de gros achat. À tout instant, il arbitre entre les différents postes de dépenses en fonction de ses objectifs à court et à long terme.

            Un état souverain fait de même, mais les choix de ses nombreux citoyens restent libres. Il ne peut qu’ajuster les taux de changes et la répartition des impôts de façon à mener les particuliers et les entreprises à contribuer, de gré ou de force, à sa politique économique. Ces deux moyens d’action sont complémentaires et tous deux indispensables à la conduite d’une politique économique.

            Un état comme le nôtre, ayant renoncé à sa souveraineté monétaire, ne peut plus avoir de politique économique indépendante et doit se soumettre totalement à une autorité supérieure, l’Union Européenne.

Qu’étaient les objectifs des critères de Maastricht ?

            L’autorité supérieure à laquelle se soumettent nos gouvernements est clairement l’Union Européenne. Il s’agit du « Maitre de la monnaie« , c’est-à-dire, comme le disait François Mitterrand lors de sa compagne électorale : Du monde de la finance !

            Il faut bien admettre que les critères de Maastricht étaient destinés à protéger les intérêts de cette autorité supérieure. Ils ne sont, en fait, que les critères de solvabilité que tout prêteur exige de ses débiteurs. Le déficit maximum de 3% limite la capacité instantanée d’endettement des états.  La limitation de leurs dettes à 60% du PIB imposait une limite à leur endettement global.

Ces critères ne peuvent, en aucune manière, conduire à une convergence des économies des pays de la Zone Euro !

Des critères réellement économiques :

D’autres critères sont largement utilisés par les économistes. Le plus connu est le niveau de la dette. La dette accumulée est-elle insupportable ?

            Les dernières données publiées par l’INSEE font apparaître une dette qui s’emballe (figure 2). Le taux de 60% du PIB est dépassé depuis 2008 !

Figure 2 : Dette extérieure selon l’INSEE.

 

            Entre 1995 et 2010, la dette augmentait en moyenne de 12,5 Milliards par trimestre (figure 3). Depuis 2010, elle augmente de 20 Milliards par trimestre. Est-il raisonnable de devoir bientôt  plus que son revenu annuel ?

Figure 3 : Variation du PIB  corrigé.

En pointillé : valeur publiée. En rouge : valeur corrigée de la croissance de la dette.

 

            Une autre donnée observée avec attention est le déficit de la balance commerciale. Son déficit courant de plus de 60 Milliards par an est proche de la croissance de la dette. Ces montants  correspondent à un PIB fictif qui s’ajoute au PIB réel.

En effet, un particulier qui emprunte une somme X peut faire des achats à concurrence de cette même somme. Il dispose en effet d’un revenu fictif qui conduit pour une part à une demande intérieure, donc une production, et pour le reste à des dépenses à l’étranger.

Pour un état disposant de sa pleine souveraineté, cet excès de dépenses conduirait à une inflation, qui est finalement un impôt sur tous les dépôts bancaires, payé par tous les citoyens.  Dans le cas des états de la Zone Euro, cet excès de dépense se traduit par un déficit extérieur, la dette correspondante correspondant au déficit commercial. Au lieu d’accepter une dépréciation de leur monnaie, les nations contractent une dette qu’elles devront un jour rembourser.

La privatisation de l’ÉTAT !

               Maurice Allais avait montré qu’une part de la dette Publique est injustifiée. En effet, tant que notre pays était souverain, il pouvait ajuster la masse monétaire en fonction des besoins de l’économie. S’il dépensait trop, il pouvait ajuster le taux de change et ainsi rétablir les grands équilibres au prix d’un impôt discret prélevé sur les dépôts bancaires.

            Depuis 1974, l’état n’a plus le pouvoir d’ajuster la masse monétaire. La création monétaire est faite par des banques privées, ce qui correspond à une réelle perte de pouvoir. Ainsi, les nations perdent le contrôle de leur économie !

            Le « capital » de l’état est ainsi progressivement « privatisé ». Que penseriez-vous d’une société sans capitaux propres ?

 

De nouveaux obstacles à la prévision économique :

Il est évident que l’établissement de statistiques précises est une condition sans laquelle il est impossible d’établir des prévisions économiques à long terme fiables. La perpétuelle modification des bases statistiques récemment introduite dans les publications de l’INSEE est un obstacle réel à l’établissement de prévisions économiques.

 

Pour toutes ces données, nous avons observé une évolution de plus en plus rapide des bases statistiques:

  • Dans une note explicative, l’INSEE expliquait en parlant de l’évolution du PIB«  Les comptes nationaux procèdent régulièrement à des changements de base. Après les « bases » « 1995 », « 2000 » et « 2005 », les comptes nationaux sont passés le 15 mai 2014 à la « base 2010 ». C’est une source importante de révision des agrégats macro-économiques publiés jusqu’alors,… ».
  • L’INSEE ajoutait : « Mais cette année, les changements sont plus importants qu’à l’accoutumée. En effet, les concepts qui gouvernent l’établissement de ces chiffres ont fait l’objet d’un toilettage, ce qu’on appelle dans la terminologie des comptes nationaux un « changement de base ». Cela signifie que la définition exacte de nombreuses données et le contour de tous les grands agrégats (PIB, consommation, investissement, solde des administrations publiques, etc.) sont modifiés. Corrélativement, le niveau et, dans une moindre mesure, la chronique de ces données sont modifiés sur l’ensemble de la période couverte par les comptes nationaux, c’est-à-dire depuis 1949… ».
  • Ensuite l’INSEE expliquait : « En base 2010, l’Insee comptabilise par exemple en investissement les sommes que les agents économiques (entreprises privées, mais aussi organismes publics) dépensent pour la R&D, alors qu’elles étaient jusqu’à présent comptabilisées en consommations intermédiaires … »
  • Enfin l’INSEE ajoutait : « Il résulte de l’ensemble des modifications apportées une révision substantielle à la hausse du niveau du PIB (+ 3,2 % en 2010, soit + 61,8 Md€) pour un impact nettement plus modeste sur les taux d’évolution».

 

Depuis, les bases changent et se diversifient, et toutes les années de référence apparaissent… Le travail de prévision à long terme devient ainsi de plus en plus difficile.

Est-il encore possible de faire confiance aux statistiques officielles ?

 

Des prévisions pour 2023 ?

            Évidemment, les prévisions  faites en 2015 supposaient  la constance des influences conjoncturelles extérieures : croissance de la dette, taux d’intérêt, cours mondiaux qui ont un effet quasi immédiat…

            Elles supposaient également la stabilité des bases statistiques nécessaires à une bonne prévision. Qui peut croire que nous puissions avoir longtemps une croissance en valeur réelle de 0,15% par trimestre, soit en 2018 de 3 Milliards en valeur réelle, une dette qui progresse par an de 80 Milliards, un déficit commercial de plus de 60 Milliards et une fuite des capitaux de 20 Milliards par an ?

Une économie apparemment stabilisée :

En fait, il apparaît clairement une cohérence troublante entre ces chiffres. Tout se passe comme si 60 Milliards de production étaient sous-traités à l’étranger.

  • Nous importons 60 Milliards de denrées,
  • Nous exportons plus de capital que nécessaire, selon les paramètres du modèle Oméga-Allais (1/5 de cette production).
  • Notre dette augmente plus chaque année de la différence entre ces deux sommes.

Comme nous l’avons montré précédemment, (cf. : Le chômage importé), la politique  économique menée depuis déjà longtemps est directement responsable du chômage excessif dont souffre notre économie.

Pendant combien de temps accepterons-nous de compléter par des importations l’écart entre la production nationale et les revenus distribués à nos compatriotes ? Que se passera-t-il lorsqu’on nous demandera de rembourser la dette ?

 

Sous réserve de l’effet des modifications des bases statistiques, la valeur du PIB semble stabilisée en croissance régulière. La réalité semble bien différente.

 

      Figure 4 : Évolution du PIB :

  • Courbe rouge : PIB en base 2005.
  • Courbe bleue : PIB en base 2010.
  • Courbe verte : PIB en base 2014 (recalée de -4%).

 

Les valeurs annuelles du PIB présentée en 2018 sont supérieure de 4% par à celle présentées en 2015 en base 2005. Comme l’a démontré le prédicteur Oméga-Allais, cette évolution des statistiques interdit de faire des prévisions fiables. Pour ce faire, il est en effet nécessaire de disposer de données cohérentes sur une période d’au moins 15 années.

Il faut également nécessaire de connaître la fuite des capitaux sur la même période.

Figure 5 : Écart entre les données en base 2005 et 2014.

 

Cet écart de l’ordre de 10% du PIB entre les bases statistiques 2005 et 2014 ne peut que résulter de modifications très importantes du mode de calcul. Changer en permanence les bases statistiques revient à se boucher les yeux sur l’économie réelle !

Adapter les agrégats à l’évolution de l’économie est essentiel. Pour les transports, le pétrole a remplacé le fourrage ! Mais la baisse au cours du temps du prix des nouveaux produits et services ne doit pas cacher la hausse des autres.

 

Un avenir très sombre :

            L’évolution de notre économie est extrêmement préoccupante. La consommation est dopée par la croissance de la dette. Nous sommes dans une spirale infernale. Toute réduction de la croissance de la dette réduirait sensiblement le niveau de vie de nos concitoyens, puis conduirait à une réduction corrélative des investissements internes.

            N’envisageons même pas les conséquences qu’aurait une tentative de réduction de celle-ci.

            Les aviateurs connaissent la chute en vrille, seule figure d’acrobatie aérienne inconditionnellement stable, et dont il est difficile de sortir. Nos dirigeants semblent ne pas comprendre que la politique actuelle conduira à un surendettement catastrophique pour notre économie.

Enfin, réfléchissons à l’origine de cette dette qui peut se décomposer en deux parties bien distinctes : Une fluctuation aléatoire  à moyenne nulle et une dette systémique correspondant à un transfert de souveraineté des nations à des organismes supranationaux, ou même privés, qui ne défendent que leurs intérêts.

 

Figure 6 : Dette publique depuis 1973.
Extrait du rapport Pucci-Pinel.

 

À la suite d’André Jacques Holbecq qui dit dans son livre (La dette publique, une affaire rentable) un rapport de 2010 montrant l’évolution de la dette publique depuis 1973, attachons nous à séparer cette dette en deux parties : une dette fluctuant à court terme indispensable au fonctionnement de l’état, d’une dette systémique qui était alors quasi nulle.

 

            Souvenez-vous. Nous sommes rentrés dans cette spirale infernale vers 2009. C’est-à-dire peu après la signature du traité de Lisbonne !

            Les français n’avaient-ils pas eu raison de répondre NON au référendum de 2005 ?

 

 

Pierre FUERXER

Membre de l’AIRAMA.

 

 

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Comment l’écologie est utilisée comme prétexte à taxation

L’imposture écologique

D’un rêve humaniste à la vérité scientifique.

Une vraie question :

Nous savons tous que les ressources naturelles sont limitées. Les exemples ne manquent pas. Auprès de nous, les mines de charbon anglaises et les mines de fer lorraines ont été fermées après avoir contribué à l’économie européenne.

Nous savons également que des méthodes agricoles inappropriées ont  stérilisé les sols : cultures sur brûlis, déforestation excessive, abus de pesticides…

L’humanité ne fait-elle pas, depuis toujours, un usage excessif de ressources limitées, souvent non renouvelables ?

Aveuglée par le mirage d’un progrès sans fin, l’humanité ne devrait-elle pas se rendre compte de l’irresponsabilité de sa conduite ?

L’écologie, si elle correspond réellement au souci de préserver l’avenir de nos descendants, n’est-elle pas alors une nécessité impérieuse ? Ne doit-elle pas être la préoccupation de tous les responsables économiques ?

Peut-elle être instrumentée par des intérêts particuliers ou se satisfaire de réponses simplistes, ne prenant pas en compte la complexité de l’économie moderne ?

Une planification économique souple :

            En France, des mesures ont été prises par les pouvoirs publics, mais leur efficacité est restée limitée. En 1962, le général De Gaulle avait rattaché le SGDN (secrétariat général de la défense nationale) au premier ministre dans le but de lui donner plus de poids dans les choix stratégiques pour le pays.

Par ailleurs, des plans successifs, établis en concertation avec les différents acteurs, devaient permettre d’anticiper les conséquences des décisions de politique industrielle. Force est de constater que ces outils, bien qu’incomparablement supérieurs aux plans autoritaires de l’union  soviétique, n’ont eu qu’une efficacité limitée.

Nos compatriotes comprennent clairement que la protection de notre planète et de ses ressources doit être l’objectif des responsables économiques. Malheureusement, ne pouvant analyser par eux-mêmes ces problèmes complexes, ils font confiances aux spécialistes.

L’usage abusif du syllogisme :

            Au cours du temps, les experts ont souvent changé d’avis et recommandé des solutions différentes, que ce soit pour le chauffage des appartements ou la propulsion des véhicules automobiles. À chaque fois, ils ont justifié leurs préconisations par des arguments péremptoires, basées sur des simplifications excessives des critères de choix. Ils ont ainsi perdu une grande part de leur crédibilité auprès des personnes compétentes.

Pour être convaincants, ils ont justifié leurs positions par des syllogismes dont la capacité à conduire à des contre-sens est connue depuis l’antiquité. L’exemple type de ces argumentaires est celui visant à inciter les consommateurs à changer de changer de véhicule :

  • Vous voulez protéger la planète,
  • Donc vous voulez réduire les émissions de gaz carbonique (mais cette affirmation n’est pas démontrée).
  • Donc vous voulez changer votre vieille voiture diesel (et prendre un voiture diesel moderne, une essence ou, solution ultime un véhicule électrique).

Cette argumentation est évidemment absurde. Elle est construite sur un postulat : le gaz carbonique est seul responsable du réchauffement climatique. Supposons que le gaz carbonique soit réellement néfaste et le seul responsable du réchauffement climatique, donc d’une apocalypse annoncée. Que devrions-nous faire pour réduire sa production ?

  • Acheter un véhicule électrique ? Avons-nous déterminé la consommation de pétrole et de gaz nécessaire à sa fabrication (y compris celle de la batterie) et de l’électricité qu’elle consommera et qui est produite par les centrales à Gaz ou même au charbon ? (Tant qu’an moins une partie de l’électricité est produite par des centrales au charbon, nous devons prendre en compte ce cas le plus pénalisant du point de vue de la production de gaz carbonique).
  • À défaut, acheter l’un des véhicules à moteur thermique bénéficiant des primes actuellement décidées  et dont nous devons également évaluer la contribution à la production de gaz carbonique.

Est-il donc juste d’affirmer que le meilleur choix est toujours l’achat d’un véhicule électrique et qu’il faut détruire les véhicules anciens ?

Une comparaison objective des véhicules ?

            Sur cette base, nous pouvons maintenant comparer objectivement les différents choix qui nous sont proposés. Dans tous les cas la production d’un véhicule nécessite la consommation d’énergie, et donc la production d’une quantité minimale de gaz carbonique. Sans chiffrer précisément cette quantité d’énergie, nous pouvons l’estimer  proportionnelle au PRU (prix de revient usine) des véhicules.

Pour que la comparaison des véhicules soit objective, il faut ajouter à la contribution carbone d’un véhicule électrique celle des batteries louées qu’il faut lui associer.

 

Il faut prendre ensuite en compte la consommation kilométrique d’énergie et la production de gaz carbonique correspondante. Ce calcul est facile dans le cas des véhicules à moteur thermique. Pour les véhicules électriques, il faut prendre en compte le gaz carbonique produit dans la centrale électrique ayant servi à recharger la batterie, et le rendement énergétique de cette batterie (Comme cela a été dit précédemment, lorsque plusieurs centrales alimentent le réseau, le taux de gaz carbonique pris en compte doit être celui de la centrale la moins performante).

 

            Ce n’est que sur la base de ces estimations qu’il est possible de faire une comparaison objective des différentes techniques automobiles. Nos véhicules actuels ne sont-ils pas alors, le plus souvent, les plus éco-responsables ? Puisqu’ils existent, les dépenses initiales ayant déjà été faites, continuer à utiliser la plupart de nos véhicules actuels réduirait souvent la production totale de gaz carbonique.

 

Ne nous fait-on pas prendre des vessies pour des lanternes grâce à un syllogisme…

 

 

Pierre Fuerxer.

Membre de l’AIRAMA.

 

 

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Remise du prix Maurice Allais 2018, à M. Guy Berthault

Entouré de ses camarades de promotion (1), leurs épouses, des veuves d’anciens camarades , des membres du conseil d’administration de l’AIRAMA (Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais prix Nobel 1988 en économie et physique) et de Cécile Zammit-Popescu, maire de Meulan, Guy Berthault, ingénieur diplômé de l’École Polytechnique, promotion 1945, Chevalier de la Légion d’Honneur et de l’Ordre National du Mérite, a reçu le 15 mai dernier, au cours d’une réception à son domicile meulanais, le Prix Maurice Allais décerné par l’AIRAMA.

le Prix Maurice Allais décerné par l’AIRAMA

Arnaud Upinsky
Arnaud Upinsky, président de l’AIRAMA

Cette distinction lui a été attribuée pour les travaux et l’aide scientifique, en physique, qu’il a apportée à Maurice Allais. C’est ce qu’a exprimé le président de l’AIRAMA, Arnaud Upinsky, avant de remettre le prix. Auparavant Philippe Bourcier de Carbon, président d’honneur, avait fait un rappel de la contribution de Maurice Allais en économie et physique, soulignant les difficultés qu’il avait rencontrées pour être reconnu, le prix Nobel qu’il reçut en 1988 venant toutefois « couronner » sa carrière. Probablement avait-il eu tort d’avoir raison trop tôt car il dénonçait les dangers de la mondialisation et ses conséquences : diminution, voire stagnation de la croissance et augmentation du chômage.

Contribution scientifique de Guy Berthault

Guy Berthault
Guy Berthault recevant le Prix Maurice Allais 2018

C’est le trésorier, Pierre Fuerxer, qui évoqua la contribution scientifique de Guy Berthault et sa carrière atypique. En voici quelques extraits :

« Guy Berthault est un polytechnicien de la promotion 1945. Son père ayant créé une société qui est devenue une des plus grandes entreprises françaises de la grande distribution, il a naturellement été amené à participer au développement de l’entreprise familiale. Il a donc été D.G.A. de Viniprix et administrateur d’Euromarché, membre de section du Conseil Économique et Social. Il a été, en France, un grand promoteur de l’intéressement et de la participation du personnel à l’entreprise…

… Comme Maurice Allais, devenu économiste, Guy Berthault a continué à s’intéresser à la science et en particulier à la physique. Ayant lu dans la revue des anciens élèves de l’École Polytechnique le compte-rendu des expériences pendulaires de Maurice Allais, il a fait sa connaissance en 1989. Il lui a proposé sa collaboration. Dans le cadre de celle-ci, il a organisé avec des physiciens internationaux des expéditions pour mesurer « l’effet Allais », déviation azimutale d’un pendule lors d’une éclipse de soleil. Celles-ci ont eu lieu lors de différentes éclipses de soleil en Finlande et Russie en 1990, au Mexique en 1991, au Brésil en 1994, en France en 1999…

Travaux de Guy Berthault en géologie

Guy Berthault observe que la géologie historique, fondée sur l’interprétation de Stenon, n’est pas prouvée, car nul n’a été témoin de la stratification. Pour cette raison, il a entrepris un programme expérimental d’étude de la stratification en 1970.

Il existe, dans les roches sédimentaires, des strates de faible épaisseur millimétrique ou « laminae », qui sont semblables aux « feuillets » observés par Lyell qui les interpréta comme des dépôts annuels. Guy Berthault préleva un échantillon de grès de Fontainebleau, qu’il broya et laissa tomber dans une éprouvette à sec, puis dans l’eau. Il en résulta alors des laminées identiques à celles de l’échantillon de grès. Il s’agissait donc d’un phénomène mécanique naturel et non de dépôts annuels pouvant servir à établir une chronologie.

Le compte-rendu de ses expériences fut présenté à l’Académie des Sciences de Paris par le professeur Georges Millot, directeur de l’Institut de Géologie de Strasbourg, doyen de l’Université, membre de l’Institut, alors président de la Société Géologique de France, qui le publia dans ses comptes-rendus en 1986. À la suite de quoi, le professeur Georges Millot le fit admettre à la Société Géologique de France, en qualité de sédimentologue.

Guy Berthault fit étudier la stratification au laboratoire d’hydraulique de l’Université du Colorado dans un canal circulant et montra la présence de strates dans le dépôt… Ces expériences ont confirmé que la stratification des dépôts résulte d’un phénomène mécanique naturel… Le compte-rendu de cette étude a été publié en 2011 dans « Lithology and Minerai Resources », journal de l’Académie des Sciences et de l’Institut de Géologie de Russie.

Par ailleurs, il a été conforté dans ses analyses par le fait que la datation radiométrique des roches n’est pas davantage fondée… À preuve, les datations au potassium/argon radioactifs de roches résultant d’éruptions volcaniques récentes, de dates historiques connues, indiquent parfois des millions d’années. Cela résulte d’un excès d’argon provenant en grande partie de la lave qui a donné naissance à la roche…

… Guy Berthault soutient depuis plus de dix ans le développement à l’observatoire Royal de Belgique, par l’équipe de Michel Van Ruymbeke, des balances gravitationnelles permettant de valider en statique les postulats retenus par Newton : symétrie des forces, égalité de l’action en de la réaction, indépendance des matériaux… »

Dans cet article, nous ne pouvons évoquer toutes les contributions de Guy Berthault mais sa démarche est toujours la même : remplacer les a priori par des faits. Ses travaux scientifiques, en particulier dans les domaines de la sédimentologie, de la stratigraphie et de la datation géologique, ouvrent de nouvelles perspectives à la communauté scientifique.

C’est avec l’orchestre créé par des membres de la promotion 1945, Dixieland Senior’s, un jazz band toujours animé par François Mayer (trombone), dernier musicien du groupe d’origine, que l’après-midi se poursuivit dans la convivialité et la bonne humeur.

Par cette remise de prix, à laquelle les Échos de Meulan sont honorés d’avoir été conviés, nous mesurons combien cette distinction met en valeur un homme d’une grande simplicité, animé par une rigueur scientifique basée sur les faits comme l’était Maurice Allais.

 

Source : les Échos de Meulan du 9 juin 2018, par Yves Maretheu

 


 

(1) Rencontre du 70ème anniversaire de sortie de polytechnique de la promotion 1945

 

Hors du protectionnisme intelligent de Maurice Allais, pas de salut !

Lettre ouverte aux Français  

AIRAMA[1], 12 rue de Poitiers, 75007 Paris

 

Paris, ce 1er mai 2017

Présidentielles 2017

Objet : Hors du protectionnisme intelligent de Maurice Allais, pas de salut !

 

Chers concitoyennes et concitoyens,

 

L’AIRAMA, l’Alliance Internationale, pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais en économie et en physique, association canal historique des défenseurs de ses combats, créée du vivant de notre prestigieux prix Nobel d’économie, renouvelle l’alerte qu’elle avait lancée en vain aux Présidentielles 2012. Le fait qu’elle n’ait pas été entendue nous a hélas valu plus d’un million de nouveaux chômeurs depuis[2].

Elle rappelle qu’en dehors de l’application résolue de la politique de protectionnisme intelligent prônée par Maurice Allais, il ne saurait y avoir de salut économique pour la France.

L’impératif d’appliquer immédiatement cette politique économique de protectionnisme compétitif en France n’est plus un sujet de débat, c’est une vérité scientifique démontrée par Maurice Allais,  empiriquement validée depuis 1974, et criminellement niée depuis 1999 par les gouvernements successifs.

Dès 1999, dans son livre lanceur d’alerte « Mondialisme : la destruction de la croissance et de l’emploi. L’évidence empirique », notre grand prix Nobel d’économie avait indiqué la voie à suivre. Depuis,  l’AIRAMA a évalué 4,8 millions le niveau du chômage importé[3] !

 « À quoi sert la science, si elle ne permet pas de changer la condition des hommes ? », avait coutume de dire Maurice Allais depuis la crise de 1929.

 C’est pourquoi, la science exigeant de se mettre au service des hommes ; l’AIRAMA ayant annoncé en conséquence que l’économie devait rentrer en politique[4] ; faute de voir la politique respecter la vérité scientifique dûment établie ; le bon sens exigeant enfin entre deux maux de choisir le moindre ; pour toutes ces raisons impératives, l’ AIRAMA se voit dans l’obligation de devoir prendre position aux Présidentielles 2017 pour tenter d’éviter le pire à la France.

En conséquence, à la veille d’une échéance électorale décisive pour l’avenir économique  de la France en cours de décrochage économique et industriel définitif,  l’AIRAMA appelle tous les Français qui veulent voir leur pays sauvé du désastre, à faire barrage au candidat Emmanuel Macron, héritier politique du Président Hollande qui, en dépit des avertissements, a poursuivi la politique ultra-libérale anti-protectionniste qui lui était dictée de l’étranger, contre les intérêts vitaux de la France. 

Scientifiquement et empiriquement, hors du protectionnisme compétitif de Maurice Allais, il ne saurait y avoir de salut économique et industriel pour la France !

Avertis comme jamais, les Français qui n’auraient pas fait leur devoir, vis-à -vis de l’avenir de leur pays et de la jeunesse, en faisant barrage au candidat de l’ultra-libéralisme, s’avançant masqué, qu’est le candidat Emmanuel Macron, continuateur du désastre du Président Hollande, ne pourraient  plus jamais se lamenter et dire : « je ne savais pas ». 

À A l’école de Maurice Allais, tous les Français qui veulent sauver la France du naufrage économique et industriel doivent donc résolument faire barrage au candidat de la « destruction de la croissance et de l’emploi », et voter pour le seul candidat du protectionnisme compétitif auquel notre prestigieux prix Nobel d’économie, Maurice Allais, n’a cessé d’en appeler depuis 1999 pour nous sauver du naufrage. 

 

Arnaud-A. Upinsky

Président de l’AIRAMA

 

 

 

 

[1] Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais en Physique et en Économie.

[2] Cf. Lettre ouverte AIRAMA aux Présidentielles 2012 sur le site « Les combats de Maurice Allais » : http://combats-maurice-allais.info/lettre-ouverte-aux-candidats-a-la-presidence-de-la-republique-2012/

[3] Cf. Site « Les combats de Maurice Allais », Indicateur Oméga-Allais.

[4] Cf.  Sur le site  « Les combats de Maurice Allais » , Conférence de presse du 9 avril 2013 à la Maison de l’Amérique latine « LA SCIENCE ÉCONOMIQUE RENTRE EN POLITIQUE !  » http://combats-maurice-allais.info/conference-de-presse-indicateur-omega-allais/

La science économique juge les candidats !

En 2012, l’AIRAMA avait publié une lettre ouverte aux Candidats à la Présidence de la République

Celle-ci, déjà en 2012, appelait l’attention des candidats sur les méfaits de la politique libérale menée depuis 1974.
Elle désignait l’ennemi :

« l’ultralibéralisme »

Elle disait :

NON AU « LAISSEZ-FAIRISME »  SUICIDAIRE ! C’est-à-dire au désordre économique mondial.

NON À L’ÉTAT DESTRUCTEUR DES EMPLOIS ET DE LA CROISSANCE ! C’est-à-dire aux délocalisations aux conséquences désastreuses.

OUI À LA RELANCE DE LA « PROTECTION COMPÉTITIVE » DES 30 GLORIEUSES ! C’est-à-dire à un retour à un protectionnisme intelligent.

* * *

L’ultralibéralisme, c’est la perversion du libéralisme, imposture que Maurice Allais qualifiait de « chienlit libre-échangiste ».

Les faits ont confirmé ce que nous écrivions en 2012

 

L’incurie et la malfaisance des classes politiques et médiatiques auront donc fait perdre à la France ces cinq dernières années qui auraient dû engager le redressement salutaire, alors qu’en 2017 la France est désormais dans un état critique.

Déjà en effet cette lettre développait des points essentiels de la campagne :

 

La crise de l’ultralibéralisme conduit la société française au bord de l’effondrement

Depuis plus de dix ans, M. Allais n’a cessé d’annoncer la gravité de la crise et de son engrenage inexorable de destruction totale si rien n’est fait.

Mais les perversions laissez-fairistes du prétendu libéralisme de ces trente dernières années nous ont menés au bord de l’effondrement de la société française. » …

Le « facteur majeur » de la crise économique est politique

M. Allais a démontré que la crise n’est pas la conséquence d’une fatalité mais d’une politique suicidaire.  

La politique poursuivie à partir de 1974 de libéralisation mondialiste » par Bruxelles – au nom de l’art. 110 du traité de Rome imposant « la suppression progressive des barrières douanières » qui a conduit ainsi à « la disparition progressive de la protection du Marché communautaire européen et à l’instauration continue d’un libre-échange mondialiste », autrement dit d’un ultralibéralisme.

L’effet du « changement de cap » ultralibéral de 1974 se mesurait sur le graphique publié dans l’Humanité

L’effet du changement de Cap politique ultralibéral de 1974 – après l’entrée de l’Angleterre dans la CEE en 1973 –, à l’origine du décrochage structurel de l’économie et de la destruction catastrophique de la croissance et de l’industrie.

 

M. Allais a ainsi formulé la racine de tous les maux dus à la mondialisation sauvage : « En fait, toutes les difficultés pratiquement insurmontables dans lesquelles nous nous débattons aujourd’hui résultent de la réduction, de plus de deux à un, du taux de croissance annuel du produit national brut réel de 1974 à2012. »

 

Rien n’a été fait :

Nous pouvons affirmer aujourd’hui que ce changement était la conséquence des événements de Mai 1968 qui ont initié une décroissance des investissements industriels en France. Comme nous le verrons, la production nationale ne suffisant plus à la satisfaction de la demande, la dette de l’état et des entreprises n’a cessé de croitre.

Les données actuelles prolongent cette tendance :

Les dernières données statistiques prolongent le graphique publié par Maurice Allais. Le pourcentage de l’emploi industriel dans la population active continue à décroitre linéairement.

Si rien ne change, il n’y aura donc plus en France d’emplois industriels en 2045 !

La croissance des importations conduit au chômage de masse que nous connaissons.

La contribution des importations en provenance des pays à faible coût de main d’œuvre, appartenant ou non à l’Union Européenne, est clairement à l’origine du chômage de masse que nous connaissons. Faute des statistiques spécifiques, nous pouvons estimer de l’ordre de 15% du PIB le volume de ces importations.

Alors, il n’est pas étonnant que l’emploi industriel ait été réduit et que la dette publique ait déjà atteint 100% du PIB !

Persévérer ainsi ressemble désormais à une volonté réelle de démanteler et de liquider la France !

 

Nous proposions une solution Globale :
la relance de la politique de
« protection compétitive »

Ce qu’un changement de cap politique à détruit, un changement inverse peut le reconstruire. « Pour préserver le développement harmonieux du commerce mondial, une protection communautaire raisonnable doit être assurée à l’encontre des importations ».  Il suffit donc pour faire repartir le moteur de la croissance de relancer la politique « protection compétitive » des « Trente glorieuses ».

Aujourd’hui, un nouveau nom est donné à cette protection :

Le protectionnisme intelligent


Les axes de déclinaison de la solution globale étaient les suivants :

 

1) L’ANNULATION « DIFFÉRENCIÉE » DE LA DETTE PUBLIQUE, gigantesque, basée sur le principe de séparation de la dette réelle due et de la dette « jeu d’écritures » non due :

Premièrement : annuler l’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973, cause essentielle de la dette de la France qui a interdit à la Banque Française de faire crédit à l’État à 0 %, condamnant la France à l’emprunt aux banques privées à taux d’intérêts ruineux comme le montre ce tableau comparant le montant de la dette réelle à % (bleu) et la dette gonflée par les intérêts « privés » cumulés (rouge) :

Tableau comparant le montant de la dette réelle à % (bleu) et la dette gonflée par les intérêts « privés » cumulés (rouge)

Deuxièmement : procéder à l’annulation différenciée sur le modèle de la solution islandais après l’audit de la dette, mise en application pratique politique de la solution Allais, qui montre que c’est possible. 

LA SÉPARATION LÉGALE ENTRE BANQUES DE DÉPÔT ET BANQUES D’AFFAIRES (Glass-Steagall act), par la réforme des règles du crédit, restituant à l’État le monopole de la création monétaire.

LA RELANCE DE LA POLITIQUE DE « PROTECTION COMPÉTITIVE » DES TRENTE GLORIEUSE, par l’affirmation que « la libéralisation totale des échanges n’est possible que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays … [à] développement économique et social comparable », par la révision des « traités fondateur de l’UE » pour la nouvelle  « instauration indispensable d’une préférence communautaire ».

Nous ajoutions la contre réforme rendant à l’état le monopole de la création monétaire.

Pourquoi ne ferions-nous pas une réforme analogue au projet helvétique de monnaie « pleine » …

 

Mettons l’Union Européenne face à ses contradictions :

Union Européenne

Exigeons l’introduction de droits de douane assurant la concurrence libre et non faussée au sein de l’UE :

Comment ose-t-on dire que les différences de charges sociales payées par les entreprises ne faussent pas la concurrence ?

 

Pour Maurice Allais,
la responsabilité des politiques était engagée :

M. Allais considérait que :

« L’aveuglement de nos dirigeants politiques, de droite et de gauche, depuis 1974 est entièrement responsable de la situation dramatique où nous nous trouvons aujourd’hui ». « La condition sine qua non fondamentale de notre participation à la construction européenne, c’est le rétablissement explicite et solennel de la préférence communautaire c’est-à-dire d’une protection raisonnable ».

 

Conclusion :

Nous pouvons reprendre la conclusion de 2012 :

À l’heure des Présidentielles 2017, nous sommes tous à la croisée des chemins, Vous, comme Candidats à la Présidence de la République et nous, comme Scientifiques engagés au service de la France, et conscients de représenter tant l’Évidence démocratique que la Vérité scientifique.

Au nom du Peuple, Vous devez vous engager solennellement au respect de sa volonté explicite de rétablissement de la préférence communautaire compétitive des Trente Glorieuses, à l’inverse de la honteuse forfaiture que fut le viol du résultat du Référendum 2005 exprimant le rejet massif de la Constitution ultralibérale de l’UE de par 55 % des suffrages du peuple français.

 

La science économique
juge les candidats !

AIRAMA, 12 rue de Poitiers, 75007 Paris

 

 

Brexit : vraie ou fausse bonne nouvelle ?

Cet article est la version écrite, détaillée et étayée, d’une interview de l’auteur publiée initialement par le site Médias-Presse-Info et repris ici le 5 juin.


À propos du Brexit : un brouhaha politico-médiatique soigneusement alimenté

Suite au vote anglais pour sortir des institutions européennes (Brexit), l’essentiel du discours ambiant consiste à affirmer que le peuple aurait gagné une grande victoire démocratique sur la finance internationale. L’emblématique allocution de Nigel Farage en est l’exemple le plus parfait. Or, il se trouve que Nigel Farage, charismatique et déjà ancien leader du parti britannique UKIP, est lui-même une émanation de la City (1). Un émissaire de la City prétend donc que le peuple a gagné une grande victoire sur la finance internationale ; il y a de quoi, pour le moins, sourire…

Une autre facette de la narrative politico-médiatique est l’effet boule-de-neige attendu de cette première sortie par un pays des institutions européennes (2). Le Brexit sonnerait donc le départ de la reconquête de la liberté pour tous les pays de l’Union Européenne, dont la perte d’indépendance serait exclusivement imputable aux actuelles institutions européennes. Cet effet boule-de-neige serait le plus grand danger pour l’oligarchie à la tête de l’Union Européenne et le début d’une grande victoire générale des peuples européens sur leurs élites. Un large consensus politico-médiatique invite ainsi une large partie des opinions publiques à considérer que l’oligarchie était et est encore irrémédiablement hostile à une sortie de l’Angleterre des institutions européennes.

Une telle présentation des choses est erronée à plus d’un titre.

D’une part car elle part du postulat que l’oligarchie occidentale est intégralement fusionnée dans un parti-pris américain, ce qui est tout à fait faux. Seuls les Américains − John Kerry lui-même est intervenu auprès des élites européennes suite à l’inquiétant  Brexit − et la faction pro-américaine de l’oligarchie occidentale ont réellement quelque chose à perdre de la dislocation des actuelles institutions européennes. Il ne faut pas sous-estimer la frange des élites qui doit son ascension sociale, politique et/ou économique au développement de l’empire américain ; cette faction de l’oligarchie est composée d’individus qui ont misé l’intégralité de leur destin sur la suprématie américaine. Il est évident que cette partie de la population, auto-proclamée élite politique, dont les éléments sont encore – pour une large partie – au pouvoir sur le continent européen (pour la plupart sélectionnés par les Young leaders), ne voit pas d’un bon œil l’affranchissement de la Grande-Bretagne des institutions européennes ; avec au surplus un risque de contagion à d’autres pays. Les partisans de la domination planétaire américaine ne peuvent de toute évidence pas se réjouir de la disparition de cette domination. Toutefois, s’il ne faut pas sous-estimer cette catégorie d’élites qui a encore beaucoup de leviers du pouvoir politique en Occident, il ne faut pas non plus surévaluer le contrôle de la situation mondiale par cette partie de l’élite. La faction pro-américaine, bien qu’incessamment mise sur le devant de la scène, ne fait, très vraisemblablement, pas partie du petit cercle des véritables élites bancaires internationales qui ont le contrôle effectif du pouvoir monétaire mondial. Ce petit cercle de décideurs, composé d’individus dont les avoirs sont localisés nulle part et partout, n’a pas réellement de patrie ; il agit, par le biais des banques et des institutions monétaires internationales, en tout point de la planète comme s’il était chez lui.

D’autre part parce que la prochaine dislocation des institutions européennes, annoncée comme imminente par les médiats dominants est, dans les faits, loin d’être certaine et surtout loin d’être immédiate ; elle suppose un renouvellement intégral du personnel politique des pays (jusqu’alors très pro-américain, et soigneusement sélectionné comme tel) soumis à la domination des instances technocratiques unionesques.

Il convient en outre de faire la juste part des choses dans le double discours de certaines élites qui abondent dans un sens et agissent dans un autre ; ce qui a très précisément fait le succès des élites bancaires depuis qu’elles ont entrepris de conquérir le pouvoir (3). Il est loisible de soupçonner Peter Sutherland (4), mais aussi Christine Lagarde du FMI (5) de ce type de discours à double entrées. S’agissant de Peter Sutherland, il est également loisible d’estimer qu’en fervent partisan de l’empire américain, ce dernier est réellement inquiet pour son avenir – chacun se fera sa propre opinion sur l’honnêteté du discours de cet individu.

D’autres membres de l’oligarchie financière, tellement sûrs d’eux-mêmes et confiants en l’étendue de leur pouvoir, ont clairement affirmé ce que nous suggérons également dans le présent article : à savoir que le Brexit pourrait, au contraire, renforcer l’Union Européenne (6) ; de tels individus allant même jusqu’à édicter des conditions pour le renforcement de ladite union.

Les élites bancaires et financières mondiales, qui se sont appuyées pour un temps (assez long) sur la frange des partisans de la domination américaine, n’ont et n’auront jamais aucun scrupule à abandonner leurs affidés partisans de la domination américaine afin d’avancer plus sûrement vers leur objectif de monnaie internationale et de gouvernement mondial. Il faut en effet, pour s’en convaincre, conserver à l’esprit le sort qui fut réservé à l’empire anglais, lequel fut littéralement absorbé par l’empire américain. Les élites bancaires qui ont pris le pouvoir en occident n’ont jamais hésité à opérer une quelconque trahison – revirement tactique – afin de poursuivre leur stratégie de long terme.

Le contexte politico-médiatique désormais éclairci, il convient d’analyser concrètement la réalité institutionnelle, à la fois en Grande-Bretagne et dans les autres pays de l’Union Européenne, après le retrait anglais.

La réalité institutionnelle « européenne » post-Brexit

Nous analyserons successivement le cas anglais et celui des autres pays membres de l’Union Européenne.

Le cas anglais

La Grande-Bretagne n’était, quoiqu’il en soit, pas concernée par les principaux méfaits des institutions européennes puisqu’elle bénéficiait d’un nombre considérable de dérogations aux traités ; elle était par exemple à la fois hors de la convention de Schengen et hors de la zone euro. D’une certaine façon, elle appartenait plus formellement que réellement à la réalité civile issue des traités européens successifs.

S’agissant des accointances de l’État anglais avec l’OTAN, il est à peine nécessaire de préciser que la sortie de ce pays de l’Union Européenne ne changera absolument rien à la quasi fusion Angleterre-USA du point de vue tant militaire (7), que paramilitaire s’agissant des armées secrètes de l’OTAN décrites par Daniele Ganser – précisons au passage que ce phénomène du Gladio existe en France dans les mêmes proportions qu’il existe en Angleterre –, ni même du point de vue de l’alliance de renseignements dite des cinq yeux (8).

S’agissant du domaine financier, si le Brexit a quelque peu endommagé, dans un premier temps (très court au demeurant), les finances – bourse et livre sterling – britanniques, celles-ci ont tôt fait de reprendre du poil de la bête. Les bienheureux propriétaires de la City pourront d’ailleurs, en guise de récompense de leurs efforts, bientôt compter sur leur nouveau statut de refuge off-shore des actifs financiers chinois.

La seule réelle conséquence financière quelque peu durable du Brexit consiste en une baisse des prix de l’immobilier britannique. Ce qui, étant donné le niveau atteint par lesdits prix (bulle spéculative), est sans aucun doute, objectivement, une bonne nouvelle pour les Britanniques dans leur ensemble (9) – à l’exception notable des récents acquéreurs de biens immobiliers coûteux… mais ce sont les risques du jeu.

Les grandes fortunes présentes à la City – composées d’actifs financiers réfugiés dans les paradis fiscaux sous domination anglo-saxonne et de biens, matériels ou immatériels, répartis partout sur la planète – ne seront pas réellement frappées par une baisse durable de l’immobilier britannique.

Ainsi, il résulte d’une analyse précise des faits que la sortie de la Grande-Bretagne des institutions européennes ne change, concrètement, pas grand-chose à la situation géopolitique de ce pays et, surtout, ne change strictement rien à la situation financière et géopolitique des détenteurs d’actifs présents à la City. Tout au plus le Brexit rendra la vie plus difficile aux étudiants bénéficiant du programme Erasmus. Rien de bien méchant pour les détenteurs de grands capitaux prospérant à la City et à Wall Street.

Les autres pays membres de l’UE – dont la France : vers davantage d’intégration européenne et de désintégration des États-nations ?

Pour comprendre l’UE, il faut faire un peu d’histoire et se rappeler qu’elle fut d’abord allemande avant d’être américaine (ce qu’elle est encore aujourd’hui). Nous ne reviendrons pas sur la longue – centenaire – histoire des institutions européennes, cette dernière ayant déjà été abondamment documentée par l’historienne Annie-Lacroix-Riz (10), le sociologue Pierre Hillard (11), ou encore le politicien François Asselineau (12).

Peu importe donc la domination opérée par et sur la superstructure européenne, la seule domination qui compte réellement est la domination capitalistique, laquelle s’appuie un jour sur un pays, le lendemain sur un autre et le surlendemain sur un troisième (la nouvelle domination pourrait, si on en croit certains indicateurs matériels, être la Chine ; nous ne pouvons néanmoins pas encore être, à ce stade, certains de la validité d’une telle interprétation des choses). D’une façon générale, le soutien d’un État dominant n’est utile à l’oligarchie financière que tant que celle-ci a besoin d’adosser sa domination (des masses populaires) sur des armées d’hommes.

Par ailleurs, il faut avoir à l’esprit que les institutions de l’UE sont, en quelque sorte et pour la première fois dans l’Histoire, la mise en forme institutionnelle du principe de libre-échange. Dans ce contexte, la signature des traités de libre-échange qui finaliseront l’avènement du grand marché transatlantique est le continuum logique de ces institutions. Or, aux dernières nouvelles, il n’est pas réellement question pour les instances germano-européennes de renoncer à ces grandes avancées mondialistes ; la signature de ces traités est, et reste, une priorité institutionnelle de l’Union Européenne (13).

Il résulte de cette analyse que le Brexit, qui signe probablement le début de la fin de l’Union Européenne sous domination américaine, ne signifie pas en revanche la fin de l’intégration européenne et le cortège de désintégration des États-nations qu’elle suppose. Plus vraisemblablement, la domination américaine sur les instances européennes va s’atténuer – voire même disparaître – sans que la domination financière du grand capital qui est derrière ne soit atteinte. Nous pourrions en effet assister à une réorientation, encore plus financière, des instances européennes au détriment de la domination géopolitique des USA. Ce phénomène est d’autant plus probable que les élites dirigeantes des pays européens sont, pour la grande majorité d’entre elles, dominées par les élites oligarchiques locales (lire à cet égard les différents ouvrages d’Annie Lacroix-Riz), lesquelles ont la mainmise sur leur banque centrale respective et sont donc, a minima, en relation étroite avec l’oligarchie financière mondiale (que l’on retrouve à la City).

La chute du dollar en tant que monnaie internationale, comme d’ailleurs la chute des différents États occidentaux – anciens empires – par le biais des monnaies, des dettes et du libre-échange, a été savamment organisée par les tireurs de ficelles au niveau mondial. Dans ce contexte, les acteurs financiers dominants n’ont aucun intérêt à conserver l’Union Européenne en tant que colonie de l’empire américain dont elles ont par ailleurs décidé le sabordement. En conséquence, les institutions unionesques sont amenées à évoluer. Et, justement, le Brexit pourrait bien sonner le gong d’un nouveau départ européen vers d’avantage d’intégration.

Concrètement en effet, l’un des premiers effets – quasi immédiat – du Brexit a été la publication d’une planification franco-allemande vers de nouvelles institutions européennes encore plus intégrées (14). La souveraineté de la France et des autres pays agglomérés sera ainsi définitivement reléguée aux oubliettes de l’histoire juridico-géopolitique. Notons au passage que la France, ou ce qu’il en reste, a encore quelques belles cartes stratégiques à perdre dans cette ultime bataille pour sa survie : son siège au Conseil de sécurité de l’OTAN, sa dissuasion nucléaire etc.

Ce qui in fine restera des institutions européennes telles que nous les connaissons actuellement est leur valeur expérimentale pour l’oligarchie financière ; sur la durée, ces institutions pourraient ne représenter rien d’autre qu’une expérience institutionnelle faite à un moment donné.

Ce que révèle le Brexit : une permanence de la stratégie et un changement de tactique

Comme toujours, pour avoir une vue d’ensemble – sur la durée – des processus de modifications juridiques en cours au niveau international, il apparaît utile de faire un bref tour d’horizon – nécessairement incomplet – sous forme de rappel historique des principales avancées institutionnelles en matière monétaire, financière et économique au cours des derniers siècles ; lesquelles avancées ont subi une considérable accélération à compter de la seconde moitié du XXe siècle :

  • Création en Europe du concept de banque centrale (1609, 1694, 1800) présentée comme publique – appartenant à l’État – tandis que leurs capitaux sont dans des mains privées ;
  • Création de la Fed (1913), système fédéral de banque centrale aux USA ;
  • Création de la BRI (1930), pour la première fois une banque accède au même statut juridico-politique qu’un État avec en plus la garantie de n’avoir jamais à assumer personnellement de guerre ou d’intrusion quelconque dans ses affaires et dossiers de la part d’un quelconque État ;
  • Création des institutions financières de Bretton Woods (1944 : FMI, banque mondiale, banques de développement régionales…) ;
  • Création du GATT (1947) puis de l’OMC (1995) ;
  • Traité de Maastricht (1992) puis de Lisbonne (2007) qui officialisent le libre-échange en droit international public ; l’UE devenant la manifestation politique du principe du libre-échange ;
  • Création du système européen des banques centrales et de l’eurozone (1999) au sein des institutions de l’Union Européenne ;

Actuelles négociations des grands marchés trans-pacifique – que la Thailande a refusé de signer – et transatlantique, comportant la signature de multiples traités multilatéraux.

Dans ce contexte (aussi durable que général), il est tout à fait improbable que le Brexit opère une quelconque modification en profondeur de la stratégie, ci-dessus décrite, qui tend vers la disparition des États indépendants et vers la création d’une monnaie unique à usage mondial. La stratégie oligarchique aux mains des financiers globalisés reste la même : la marche forcée vers une monnaie mondiale, préalable à l’organisation d’un gouvernement mondial.

Le Brexit révèle en revanche une modification de la tactique utilisée par les tenants de la globalisation. La finance, dont les intérêts sont concentrés à la City mais aussi sur d’autres places de marchés (dont Wall Street) et dans de multiples paradis fiscaux, se désintéresse apparemment et temporairement de l’Union Européenne – et surtout de l’empire américain qui est derrière – afin de mieux rebondir dans la création d’une monnaie mondiale. Ce qui change – et ce changement est révélé par le Brexit – est la tactique utilisée par l’oligarchie mondialiste pour parvenir à ses fins.

Il faut remarquer que ce changement apparent de stratégie – qui n’est qu’un changement de tactique – respecte strictement la méthodologie utilisée (dont le succès n’a jamais été démenti) qui consiste, pour l’oligarchie mondialiste, à suivre, la voie de moindre résistance dans la poursuite de ses objectifs de long terme : moindre résistance sociale, politique et économique des peuples dominés. L’Union Européenne fait face à une levée de boucliers, qu’à cela ne tienne, on va faire semblant d’abandonner, partiellement et pour un temps, cette stratégie pour se concentrer sur la suite qui est la constitution d’une monnaie internationale. Ce faisant, les mondialistes gagnent sur deux tableaux à la fois : ils accélèrent la chute de l’empire américain (15) tout en progressant vers leurs objectifs mondiaux. De ce point de vue, la désintégration de la domination américaine sur l’Europe, dont la première pierre est le Brexit, s’avérerait, finalement, être une étape nécessaire et indispensable.

Dans la perspective d’une vision à long terme, on ne peut que s’étonner de la permanence des méthodes de domination employées par la petite caste des dominants, représentée par les principaux propriétaires des banques internationales.

En effet, si l’on veut bien se donner la peine d’observer le phénomène du développement et de la concentration des richesses sur plus d’un siècle, on ne peut manquer de comparer l’avènement des grandes richesses aux USA avec le même phénomène, un siècle plus tard, en Chine. Dans les deux cas de figure, un pacte oligarchique a permis le développement soudain de fortunes colossales en relativement peu de temps. La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle aux USA ressemble à s’y méprendre à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle en Chine, pays devenu, entre temps et par la grâce du libre-échange l’usine du monde (16). Souvenons-nous en effet que les principales élites américaines, au premier titre desquelles figure la famille Rockefeller, ont dû leur incroyable ascension financière et sociale à la bienveillance des banques occidentales – qui ont financé leurs plans de développement industriel – combinée au principe du libre-échange rendu possible par le système politique fédéral en vigueur dans ce pays.

La comparaison avec la Chine est frappante : la Chine doit également sa fulgurante ascension économique dans le dernier tiers du XXe siècle aux principes combinés d’une aide financière des banques – et autres investisseurs extérieurs – et de la généralisation au niveau international cette fois-ci du libre-échange. Dans les deux cas de figure nous retrouvons la combinaison d’une facilité d’accès aux capitaux avec le libre-échange, étant précisé que l’expérience américaine était locale tandis que l’expérience chinoise est faite à l’échelle mondiale. Rappelons à cet égard que l’actuelle liberté de circulation des capitaux est rendue possible par la combinaison de la généralisation du principe de libre-échange avec l’opacité et le contrôle financier soigneusement entretenus dans et par les paradis fiscaux (17).

Les institutions européennes : un laboratoire in vivo

Si l’on se place du point de vue de la nouvelle méthode tactique employée par l’oligarchie financière (pratiquée dans le cadre de la permanence de la stratégie de planification mondiale), il est tentant de considérer les institutions européennes comme ayant été un laboratoire in vivo.

D’une part, au niveau monétaire, la nouvelle méthode des droits de tirage spéciaux (dits DTS) fait inéluctablement penser à ce que fut le serpent monétaire européen – notons au passage la curiosité terminologique : pourquoi serpent et non ruban  ou autre chose encore… –  bientôt transformé en système monétaire européen, lequel a précédé le système européen des banques centrales et l’avènement d’une monnaie dite commune de l’eurozone.

Un pas plus loin, les institutions européennes furent une expérience unique de monnaie dite commune  sans gouvernement économique commun. Comme chacun a pu constater l’échec patent d’une telle stratégie, l’oligarchie à la manœuvre aura beau jeu, à l’avenir, de montrer du doigt cet échec pour justifier que la même chose ne saurait être renouvelée sous peine de n’être pas viable. Il est loisible d’estimer que cet échec sera mis en avant par ceux-là même qui l’ont organisé – à marche forcée – pour justifier une prochaine centralisation économique locale – au niveau de bloc continentaux – ou mondiale. Et, de fil en aiguille, la centralisation économique justifiera la création d’une centralisation politique ; ce à quoi répondra parfaitement un gouvernement mondial.

D’autre part, au niveau juridico-politique, la création ex nihilo d’un gouvernement de bloc géographique dont les frontières s’effacent au niveau de la circulation des capitaux et des personnes est une expérience inédite dont on peut tirer des conclusions. En effet, à la différence de ce que fut la défunte URSS, la création des institutions européennes est contextualisée par la liberté de circulation des capitaux ; cette particularité fait que l’Union Européenne pourrait bien préfigurer la structuration d’un futur gouvernement mondial superposé à des structures juridiques de type fédéral composées de blocs géographiques (18) dépourvus de frontières capitalistiques : des blocs dont la seule raison d’être politique serait d’être des courroies de transmission pour un gouvernement central, l’ensemble du système permettant un contrôle effectif des populations.

Enfin, les institutions européennes représentent une expérience de centralisation du pouvoir politique obtenu grâce à la centralisation du pouvoir monétaire. Cette centralisation facilite la création de chocs économiques et monétaires à répétition, lesquels ont, in fine, pour mission de faire accepter aux peuples leur asservissement volontaire ainsi que l’inéluctabilité du gouvernement mondial pour s’en sortir, lequel passe par la création d’une monnaie commune mondiale.

Enfin, il est impossible d’analyser l’avenir de l’Union Européenne tout en ignorant l’avenir de l’OTAN alors que cette alliance est le pendant militaire des institutions européennes (à usage civil et financier).

L’OTAN : rôle et perspective d’évolution

L’OTAN, actuellement sous commandement américain, remplit deux rôles essentiels.

Premièrement celui d’assurer la domination américaine sur la planète en partageant les frais financier et humains avec les pays membres de l’alliance (19) ; en réalité il s’agit, de plus en plus, pour les USA de faire financer leur domination militaire par les États soumis eux-mêmes. Deuxièmement, l’installation de bases de l’OTAN sur des territoires non américains est un moyen simple et efficace pour les USA de s’assurer de la loyauté interne des États membres de l’alliance. Autrement dit l’installation de bases de l’OTAN sur le territoire des États membres est un moyen efficace pour les USA de s’assurer que les États soumis n’auront aucune velléité d’indépendance. Dans cette perspective l’OTAN permet aux USA de liquider le problème européen (20).

Dans la mesure ou l’OTAN est actuellement le bras armé des États-Unis d’Amérique et que ce pays est financièrement et économiquement condamné par les élites bancaires internationales, il devient intéressant de se poser la question de l’avenir de cette alliance militaire à moyen et long terme. A cette fin, il importe, comme toujours, de mettre les choses dans une perspective temporelle.

D’une façon générale, tant que les élites au pouvoir auront besoin – ont actuellement et pour quelques temps encore besoin – d’hommes de confiance dévoués pour assurer leur pouvoir effectif sur les masses, les concepts d’États, d’Empire et d’armées humaines ont et continueront d’avoir une place centrale dans le développement du phénomène d’asservissement. Le destin des concepts d’État, de frontière, de nation et d’armée, est intimement lié à l’avenir technologique (et cet avenir ne se présente pas de façon favorable pour les populations… tant, du moins, que l’élite bancaire dirigeante restera aux commandes du monde).

Qu’en est-il concrètement aujourd’hui, et surtout demain ? Actuellement, on constate que le besoin de main d’œuvre se raréfie pour toutes les tâches de fabrication en conséquence des considérables avancées technologiques et robotiques ; la même tendance se dessine en matière militaire où les drones tendent d’ores et déjà à remplacer, pour certaines missions, les avions.

Dans une perspective de court terme – qui est notre actualité – on suppose que la notion d’armée composée d’hommes est et restera quelques temps encore, d’actualité. L’OTAN conserve dans ce cas toute son utilité de maintien de l’ordre. Il est vraisemblable que l’OTAN continue et continuera de permettre la mise au pas de tout État qui voudrait prendre ou affirmer son indépendance (21), non plus de la domination américaine vouée à disparaître, mais de la domination financière, au contraire promise à un bel avenir.

Sur du long terme, s’esquisse d’ores et déjà un monde dans lequel la domination pourra être assurée non plus par des hommes, dont la loyauté est toujours susceptible de manquer de fiabilité, mais par des machines, des robots guerriers ou des hommes améliorés, selon le concept actuellement en vogue de transhumanisme. Dans un tel monde, on peut aisément pronostiquer que les élites financières globales n’auront plus besoin d’États ni d’armées pour assurer leur contrôle sur les masses : elles commanderont à des armées mécaniques qui exécuteront toujours fidèlement leurs ordres. L’alliance militaire qu’est l’OTAN disparaîtra vraisemblablement le jour où les armées composées d’humains seront reléguées dans les brocantes de l’histoire.

Les institutions européennes, tout comme l’OTAN, sont des organisations à la solde temporaire d’une élite pro-américaine mais à la solde permanente – bien que cachée – d’une élite financière internationale sans réelle attache géographique.

Un principe intangible : celui qui tient la monnaie tient les économies et les politiques

On ne saurait trop insister sur le fait que pour percevoir et comprendre les mouvements géopolitiques, de nature tectonique, auxquels nous assistons au niveau mondial, il importe d’avoir à l’esprit le principe, très simple, selon lequel celui qui tient la monnaie tient les rênes de l’économie et, par voie de conséquence, celles de la politique.

Pour ceux qui l’auraient oublié, cette vérité a été directement précisée par l’un des fondateurs de l’oligarchie financière (22) : « Donnez-moi le contrôle de la monnaie d’une nation et je n’aurai pas à m’occuper de ceux qui font les lois » (23).

L’actualité nous donne tous les jours de nouvelles preuves de cet axiome général. A cet égard (contrairement à ce que les médias laissent entendre) la nomination de l’ancien président de la Commission Européenne dans une grande banque multinationale (24) – notons au passage que ledit Barroso est passé d’un maoïsme passionné (25) à Goldman Sachs sans état d’âme – n’a strictement rien d’anormal, n’est pas une dérive mais se situe au contraire dans la pure et absolue logique des choses ; une sorte de corruption structurelle et non conjoncturelle comme les médias tentent d’en persuader les gens. Des exemples du passage de la haute fonction publique ou de la direction de banques centrales – officiellement mais à tort présentées comme des banques d’État – à la banque privée ou vice versa, prolifèrent dans tous les pays européens. Pour ne citer que quelques exemples, nous avons, récemment, les deux Mario (Draghi, nommé gouverneur de la BCE et Monti, un temps propulsé à la tête du gouvernement italien), Mark Carney actuel gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre après avoir été celui de la Banque centrale du Canada, ou encore en France Emmanuel Macron et son nouveau parti politique En marche. Il faut par ailleurs souligner que ce phénomène ne date pas d’hier, souvenons-nous, pour un exemple français, de l’ancien président de la République Georges Pompidou.

La voie conceptuelle d’une sortie effective de la mondialisation oligarchique

La seule solution conceptuelle qui permettrait de sortir les peuples de l’étau de domination dans lequel ils sont enserrés consiste à sortir des postulats sociétaux actuels et à réinvestir structurellement les fondamentaux qui régissent la vie en société et le concept de pouvoir.

La politique telle qu’actuellement comprise en Occident – et telle qu’elle tend à se propager partout sur la planète – a été tout à fait dénaturée de sa fonction originelle pour devenir intégralement incluse dans les concepts économiques. Or, contrairement aux sous-jacents civilisationnels actuellement en vigueur en Occident, très largement entretenus par les économistes – toutes écoles confondues – et les financiers, la politique ne saurait se réduire au seul fait économique.

Il faut au contraire réaffirmer avec force le principe, dicté par le bon sens, le droit et l’équité, selon lequel l’économie est une partie du fait politique et non l’inverse. Si l’on veut bien considérer que le fait politique est l’organisation des rapports régissant la vie en commun, le fait économique s’avère être l’une des composantes du fait politique, lequel ne se réduit pas à cette seule donnée. Autrement dit, faire dépendre le fait politique du fait économique est une très étrange inversion des valeurs. C’est en cela que les brillantes analyses de Karl Marx nous entraînent collectivement – peut-être d’ailleurs à son corps défendant – dans une impasse conceptuelle et idéologique. Il faut impérativement sortir du conditionnement idéologique qui veut que le fait politique soit intégralement soumis au fait économique. C’est à la condition de cette prise de conscience collective que la politique retrouvera ses lettres de noblesses et les humains leur droit de cité dans le gouvernement des hommes.

La méthode pour parvenir à rendre au fait politique ses lettres de noblesses passe par une analyse précise des moyens qui ont été utilisés pour l’asservissement contemporain : la monnaie et l’organisation de l’anonymat des détenteurs de capitaux. Une telle analyse est la condition sine qua non qui permettra ensuite à une éventuelle volonté politique d’inverser le processus.

Ainsi, si l’on retourne aux fondamentaux, il apparaît en effet que la monnaie – et son pendant qu’est la dette – (26) conjuguée au principe de l’entreprise anonyme qu’elle a juridiquement autorisé à se mettre en place (27) sont les armes du servage d’aujourd’hui au même titre que l’épée et la lance étaient celles du servage d’hier.

Tant que le destin des monnaies restera l’apanage des banquiers mondialisés, et continuera en conséquence à échapper aux peuples qu’elles contraignent, nous assisterons à la continuation de la mise sous tutelle financière, économique, juridique et politique de ces derniers.

À moyen-terme, la suite logique sera une sorte d’internationalisation du phénomène de la crise grecque (28) et de disparition des concepts même d’État et de nation.

Sur un plus long terme, la loi d’airain de l’esclavagisme (perte d’autonomie et de contrôle des individus sur leurs propres vies) et la disparition de la dignité humaine continueront à prospérer jusqu’à complète disparition de toute résistance organisée.

Valérie Bugault

 

 

 

 

 

Liens :

[1] Cf. https://www.morningstaronline.co.uk/a-b842-Former-trader-Nigel-Farage-backs-rich-City-mates#.V4OY849OKgk ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Nigel_Farage ; marié à une ancienne trader d’origine allemande : http://www.msn.com/fr-fr/actualite/other/ukip-lépouse-de-nigel-farage-dresse-un-portrait-décapant-de-son-mari/ar-AA158qx

 

[2] Cf. par exemple : https://www.facebook.com/upr.francoisasselineau/photos/a.393974702611.173278.367713397611/10154331862237612/?type=3&theater

 

[3] Cf. par exemple le coup de Nathan Rothschild qui a consisté à répandre la fausse rumeur de la victoire française lors de la défaite française à la bataille de Waterloo : http://www.alterinfo.net/Les-Rothschild-et-les-crises-mondiales_a32261.html

 

[4] Cf. http://lesobservateurs.ch/2016/06/26/brexit-peter-sutherland-president-de-goldman-sachs-resultat-etre-annule/ ; https://twitter.com/PDSutherlandUN/status/746687362902728704

 

[5] Cf. https://www.24bourse.fr/actualites/economie/brexit-le-fmi-revoit-a-la-baisse-la-croissance-de-la-france-pour-2017/

 

[6] Cf. Georges Soros : http://www.msn.com/fr-be/actualite/other/soros-le-brexit-peut-renforcer-l%e2%80%99ue/vi-AAhOr1c

 

[7] Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_du_trait%C3%A9_de_l%27Atlantique_nord ; de l’aveu même du secrétaire général de l’OTAN : https://euobserver.com/uk-referendum/134192

 

[8] Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Five_Eyes ; http://www.rfi.fr/ameriques/20131102-etats-unis-nsa-alliance-five-eyes/

 

[9] Cf. http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/la-vie-immo-brexit-quelles-consequences-sur-le-marche-immobilier-londonien-2406-837843.html ; http://immobilier.lefigaro.fr/article/alerte-sur-les-fonds-immobiliers-britanniques_6bb01a1a-42b7-11e6-be92-6642240b8ece/?pagination=4

 

[10] Cf. sous forme de vidéos : https://www.youtube.com/watch?v=EyzcW-bpsp0 ; https://www.youtube.com/watch?v=aTqMfnu_AMs ; sous forme de livre : https://www.amazon.fr/Aux-origines-carcan-europ%C3%A9en-1900-1960/dp/2370710012

 

[11] Cf. La marche irrésistible du nouvel ordre mondial : http://nouvel-equinoxe.over-blog.com/pages/La_marche_irresistible_par_Pierre_Hillard-424323.html

 

[12] Cf. Conférences disponibles sur les liens suivantes : https://www.upr.fr/conferences/les-origines-cachees-de-la-construction-europeenne-2 ; https://www.youtube.com/watch?v=Qj5utZJm1dA

 

[13] Cf. http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/07/11/traite-transatlantique-les-europeens-esperent-encore-avancer-malgre-le-brexit_4967374_3234.html ; https://francais.rt.com/economie/23024-traite-ue-canada–juncker

 

[14] Cf. http://static.presspublica.pl/red/rp/pdf/DokumentUE.pdf ; https://philippehua.com/2016/06/29/la-france-et-lallemagne-ont-prepare-un-projet-pour-lue-apres-le-brexit/

 

[15] Cf. en ce sens http://www.voltairenet.org/article192655.html : Tous les éléments étaient posés pour faire de la City le cheval de Troie chinois dans l’Union Européenne au détriment de la suprématie états-unienne

 

[16] Cf. http://lesakerfrancophone.fr/decryptage-du-systeme-economique-global-27-geopolitique-du-libre-echange ; ainsi que http://lesakerfrancophone.fr/heurs-et-malheurs-du-concept-de-propriete-privee

 

[17] Cf. http://lesakerfrancophone.fr/decryptage-du-systeme-economique-global-47-geopolitique-des-paradis-fiscaux mais aussi http://lesakerfrancophone.fr/decryptage-du-systeme-economique-global-37-geopolitique-de-loptimisation-fiscale et encore http://lesakerfrancophone.fr/decryptage-du-systeme-economique-global-27-geopolitique-du-libre-echange

 

[18] Cf. Voir en ce sens, Pierre Hillard : http://www.voltairenet.org/article164176.html

 

[19] Cf. en ce sens l’amiral Debray : https://francais.rt.com/entretiens/22811-entretien-amiral-debray

 

[20] Cf. Xavier Moreau : http://www.polemia.com/le-mur-de-bruxelles-tentative-de-lotan-de-separer-la-russie-de-leurope/

 

[21] Cf. pour un exemple d’actualité : http://reseauinternational.net/lorsque-poutine-se-retire-dans-le-silence/

 

[22] Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Mayer_Amschel_Rothschild

 

[23] Cité par exemple ici : https://www.cercledesvolontaires.fr/2015/01/12/livre-la-guerre-des-monnaies-la-chine-et-le-nouvel-ordre-mondial-de-hongbing-song/

 

[24] Cf. http://www.challenges.fr/europe/20160708.CHA1646/jose-manuel-barroso-se-recycle-a-goldman-sachs.html ; http://www.leparisien.fr/international/europe-la-nomination-de-barroso-chez-goldman-sachs-fait-polemique-09-07-2016-5955039.php

 

[25] Cf. https://www.youtube.com/watch?v=wAHv3UnXvmM

 

[26] Cf. http://lesakerfrancophone.fr/decryptage-du-systeme-economique-global-57-entreprise-bancaire-linstrument-juridique-du-desordre-politique-global ; http://lesakerfrancophone.fr/decryptage-du-systeme-economique-global-17-geopolitique-du-systeme-banques-centrales

 

[27] Cf. http://lesakerfrancophone.fr/decryptage-du-systeme-economique-global-67-geopolitique-entreprise-capitalistique-12

 

[28] Cf. https://www.youtube.com/watch?v=a4ZcsRgC5ak ; écouter Myret Zaki : https://www.youtube.com/watch?v=aovjo2zILYQ

 

 

 

Le Brexit, et si la City était pour ?

Jean-Michel Vernochet reçoit aujourd’hui Valérie Bugault, pour analyser les suites du Brexit. Valérie Bugault pense que les élites financières avaient anticipé le Brexit, qui faisait partie de leurs plans de réorganisation de la finance mondiale, abandon du dollar et recentrage de la City sur l’Extrême Orient.

 

 

Pour appuyer l’analyse de Valérie Bugault, nous vous renvoyons à sa série, Décryptage du système économique global, publiée sur note site en février 2016.

 

 

DÉCLARATION de Jean-Pierre Chevènement sur ALSTHOM

Alors qu’Alstom est dans l’actualité la plus chaude depuis quelques jours.

Nous vous proposons de visionner la déclaration que Jean-Pierre Chevènement a faite sur ALSTHOM sur la chaine “Public Sénat” :

Chevènement : « Sarkozy a sauvé Alstom, il serait dommage qu’Hollande ne réédite pas cette action »

 

 

Le possible rachat d’Alstom ne lui convient pas. Jean-Pierre Chevènement monte au créneau pour défendre ce fleuron industriel national. L’américain General Electric (GE) pourrait pourtant mettre la main sur la partie énergie d’Alstom. Les Allemands de Siemens proposent eux de reprendre la même branche, pour laisser au Français ses activités transports. Un « airbus de l’énergie » et un des transports seraient ainsi créés, conformément aux vœux de François Hollande. Le chef de l’État a reçu ce matin le patron de GE, avant celui de Siemens en fin d’après-midi, et enfin celui de Bouygues, principal actionnaire d’Alstom.

« Alstom n’existe que par l’État »

Pour le sénateur du Mouvement républicain et citoyens (MRC), aucune des solutions sur la table ne convient. « J’ai écrit à Manuel Valls pour lui dire qu’il me paraissait hors de question que le capital d’Alstom passe sous pavillon étranger, que ce soit General Electric ou Siemens. L’énergie est un secteur clef dans l’industrie », affirme à Public Sénat le sénateur du Territoire de Belfort, où se trouve un site historique d’Alstom. « Alstom n’existe que par l’État. Alstom, c’est la France. Ce sont les locomotives fabriquées à Belfort depuis 1880. Et toutes celles qui ont suivi. Les turbines, y compris celles du nucléaire », ajoute le sénateur.

Sur ce dossier, François Hollande joue gros. « C’est un enjeu très important. Le Président est vraiment conscient de l’importance de ce dossier. Il serait dommage, alors que Monsieur Chirac et Sarkozy ont sauvé Alstom, il faut le dire – à l’époque Alstom était en beaucoup plus mauvaise situation qu’aujourd’hui – que François Hollande ne réédite pas cette action » souligne Jean-Pierre Chevènement. Il ajoute : « Je pense que pour François Hollande, c’est un défi, mais qui implique qu’il maîtrise intellectuellement toutes les données de ce dossier complexe ».

« La gauche n’a jamais exclu des nationalisations temporaires »

Il préconise une prise de participation de l’État dans le capital de l’industriel, à hauteur de « 15 ou 20% ». le gouvernement n’a d’ailleurs pas écarté cette solution. « La gauche n’a jamais exclu des nationalisations, temporaires, partielles », insiste le sénateur. Il « appelle » le chef de l’État « à faire preuve de pragmatisme ».

« Comme déjà la France a abandonné la sidérurgie, (…) Usinor-Sacilor devenu Arcelor, devenu ArcelorMittal. Après la sidérurgie, l’aluminium avec Pechiney, le PVC avec arkema, filiale de total rachetée par un fond de capitale américain. Le ciment Lafarge qui a maintenant son siège social en Suisse. Je considère que ça commence à bien faire. (…) On ne peut pas abandonner le secteur de l’énergie », souligne l’ancien ministre de l’Industrie.

La solution européenne via Siemens n’est pas la bonne à ses yeux. « Avant de parler d’Airbus de l’énergie, il faut savoir de quoi on parle. Quelle est la stratégie générale ? » demande Jean-Pierre Chevènement. « S’il s’agit de faire passer sous contrôle allemand la partie énergétique d’Alstom, c’est un jeu de dupe ».

Source : www.publicsenat.fr

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Pour aller plus loin…

Voir également :

FigaroVox : Jean-Pierre Chevènement : « L’État doit monter au capital d’Alstom »

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/28/31001-20140428ARTFIG00363-jean-pierre-chevenement-l-etat-doit-monter-au-capital-d-alstom.php

Le Bog de Jean-Pierre Chevènement : http://www.chevenement.fr/

Alstom : « Le contrôle du capital doit rester français »