Auteur : Félix

L’œuvre méconnue de Maurice Allais, prix Nobel d’Économie. Philippe Bourcier de Carbon AIRAMA

L’AIRAMA (Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais en Physique et en Économie), fondée dès 2004, à pour objet statutaire de promouvoir la pensée, l’œuvre et les solutions, de Maurice Allais (31 mai 1911- 9 octobre 2010), qu’il n’a cessé de proclamer en particulier dans ses « Combats pour l’Europe ». http://combats-maurice-allais.info/lassociation-airama/

Conférence du 15 mai 2018 de Philippe Bourcier de Carbon

À l’occasion de cette remise aujourd’hui du Prix Maurice ALLAIS de l’AIRAMA à notre camarade Guy BERTHAULT, je suis heureux d’être convié ici à prononcer quelques mots devant vous pour évoquer sa mémoire.

Lorsqu’en 2004, voici 14 ans, je m’étais résolu avec notre camarade Jean-Pierre BOUYSSONNIE ancien Président de Thomson et de l’AX, à fonder l’Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais en Physique et en Économie, Maurice Allais était déjà depuis 5 années exclu des médias en France, alors qu’il avait été, à 77 ans en 1988, le seul Français à avoir jamais été distingué en Économie par l’Académie Nobel depuis 1969, date de l’institution de son Prix de Science Économique. Guy BERTHAULT fut alors parmi les tout premiers à se joindre à notre initiative.

Parmi nos objectifs, en tentant ainsi autour de Maurice Allais de mobiliser des personnalités du monde des intellectuels, de l’entreprise et de l’économie, créer l’AIRAMA nous paraissait alors de nature, sinon à mettre un terme, du moins à fissurer l’extravagant ostracisme médiatique, sournois autant que féroce, dont, force était bien de le constater, il était devenu victime en France. Il le restera pourtant jusqu’à sa disparition en 2010 à quelques mois de son centenaire, recevant néanmoins en sa qualité de Grand-Croix de la Légion d’Honneur, lors de ses obsèques dans la cour de l’hôtel des invalides, en clin d’œil de la république, l’hommage national de la ministre alors chargée de la Recherche.

Pourquoi un traitement médiatique si singulier et si soudain à son encontre en France ?

On est réduit à des conjectures, mais il nous reste des points de repères.

Alors en effet qu’au cours de ses recherches ses publications étaient réputées tant par leur rigueur que par leur caractère ardu, vers la fin de sa carrière professorale à l’École des Mines, il avait déjà en 1977 fait paraître à l’intention d’un public beaucoup plus large, éclairé mais non spécialisé, son livre sur « L’impôt sur le capital et la réforme monétaire », ce qui lui avait valu deux refus de sa candidature à l’Institut des Sciences Morales et Politiques, alors qu’elle était pourtant fortement appuyée par Raymond Aron.

Il n’y fut reçu, cette fois avec empressement, qu’en 1990, deux ans après avoir reçu en 1988 son Prix d’Économie décerné par l’Académie suédoise en mémoire d’Alfred Nobel.

Mais surtout, ce sont les deux livres qu’il a tenu à publier pour un large public en 1999 qui, ainsi qu’il le voyait lui-même, auraient entraîné, en dépit de sa reconnaissance internationale, son exclusion stricte des médias en France :

Le premier qu’il a intitulé « La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : l’évidence empirique » et qu’il aura voulu dédier « aux innombrables victimes dans le monde entier de l’idéologie libre-échangiste mondialiste, idéologie aussi funeste qu’erronée… » par lequel il exposait la malfaisance des politiques économiques mondialistes préconisées depuis 1974 par la Commission de Bruxelles et par le GATT devenu OMC.

Et plus encore peut-être son second livre « La crise mondiale aujourd’hui. Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires » par lequel il énonçait et démontrait, pour un large public, les seuls principes des réformes capables d’empêcher la récurrence des crises et catastrophes monétaires qui bouleversent les sociétés actuelles : Il explique :

  1. « La création monétaire doit relever de l’État et de l’État seul. Toute création monétaire autre que la monnaie de base par la Banque Centrale doit être rendue impossible, de manière à ce que disparaissent les « faux droits » résultant actuellement de la création monétaire bancaire privée.
  2. Tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts à des termes plus longs, ou tout au moins de même terme. »

« Cette double condition, écrit-il, implique une modification profonde des structures bancaires et financières reposant sur la dissociation totale des activités bancaires telles qu’elles se constatent aujourd’hui, et leur attribution selon trois catégories d’établissements distincts et indépendants :

  1. des banques de dépôt assurant seulement, à l’exclusion de toute opération de prêt, les encaissements et les paiements, et la garde des dépôts de leurs clients, les frais correspondants étant facturés à ces derniers, et les comptes des clients ne pouvant comporter aucun découvert ;
  2. des banques de prêt empruntant à des termes donnés et prêtant les fonds empruntés à des termes plus courts, le montant global des prêts ne pouvant excéder le montant global des fonds empruntés ;
  3. des banques d’affaires empruntant directement auprès du public, ou aux banques de prêt, et investissant les fonds empruntés dans les entreprises. »

Dans son principe, une telle réforme rendrait impossible la création monétaire et de pouvoir d’achat ex nihilo par le système bancaire, ainsi que l’emprunt à court terme pour financer des prêts de terme plus long. Elle ne permettrait que des prêts de maturité plus courte que celle correspondant aux fonds empruntés.

« Les banques de prêt et les banques d’affaire serviraient d’intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs. Elles seraient soumises à une obligation impérative : emprunter à long terme pour prêter à plus court terme, à l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui. »

En cela Allais s’inspirait en partie d’Irving Fisher, l’animateur du Plan de Chicago de 1933, et du Plan 100% monnaie de 1935, qui entendait compléter la réforme bancaire de 1932 du Glass-Steagall Act, déjà si difficilement imposée par l’opinion publique aux États-Unis à la suite de la grande crise de 1929, laquelle réforme légale exigeait déjà des établissements bancaires qu’ils optent exclusivement pour des fonctions, soit de banques d’affaires, soit de banques commerciales. Du reste il faut bien noter que le Glass-Steagall Act, quoique bien largement amodié, resta en vigueur 67 ans durant jusqu’en 1999, évitant ainsi aux USA le retour des crises bancaires violentes au long de cette période.

Qui ne comprendrait que Maurice Allais, Prix Nobel d’économie, par ses démonstrations et surtout par ses propositions de réforme du secteur financier et bancaire, ne mettait directement ainsi en cause publiquement des intérêts privés colossaux.

Bien qu’ostracisé de manière obscène par les médias en France, Maurice Allais aura néanmoins formé de nombreux disciples au cours des décennies de sa longue carrière de professeur, et sa pensée rigoureuse, originale et puissante aura su marquer de nombreux esprits, en France, comme à l’étranger, dans le monde francophone en particulier.

Et qui l’eût cru, c’est au pays des banques, la Suisse, que les graines qu’il aura semé avec audace et obstination, lèvent aujourd’hui : en effet, pour la première fois depuis la réforme de 1891 obtenue par référendum d’initiative populaire, une votation constitutionnelle, soigneusement préparée et organisée depuis plus de deux ans, en particulier sous les avis d’anciens banquiers et professionnels de la finance, dont plusieurs anciens disciples d’Allais, l’initiative dite « Monnaie pleine » ou « Vollgeld » va le 10 juin prochain être soumise aux suffrages des électeurs de la Confédération Helvétique, réservant l’émission du Franc Suisse à la seule banque centrale créée en 1891, la BNS ou Banque Nationale Suisse, et interdisant aux banques commerciales privées de continuer leur émission monétaire ex nihilo par les pratiques actuelles du crédit.

Le site de cette initiative expose avec pédagogie tous les aspects de la réforme constitutionnelle proposée sur le lien internet suivant http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/

Nos voisins suisses nous donnent ainsi un bel exemple de démocratie vivante et réelle, les médias de la confédération y organisant depuis quelques mois de nombreux débats sur ces questions. De fait la Suisse est devenue aujourd’hui pour nous Français un miroir particulièrement cruel, car il faut bien constater que nous n’en percevons toujours aucun écho dans nos médias français.

Je crois que Maurice Allais aurait été particulièrement satisfait de savoir que huit ans après sa disparition, son enseignement obstiné aurait enfin la perspective de s’incarner dans une loi constitutionnelle, et que de toute manière la quintessence de ses recommandations en matière financière et monétaire aura au moins été entendue par une partie importante de l’électorat suisse jusqu’alors maintenu soigneusement dans l’ignorance et l’incompréhension de la nature et des mécanismes des pratiques financières prédatrices actuelles.

Plutôt que de vous exposer ici les grandes lignes de l’œuvre économique si prodigieusement féconde et foisonnante de cet esprit exceptionnel, mort à 99 ans à sa table de travail, en ayant marqué en six décennies de publications sans doute tous les grands secteurs la Science économique, je tenais à saisir cette occasion d’évoquer devant vous d’abord l’âme de son combat intellectuel, celui qui lui aura coûté le plus cher. Par son combat intellectuel indomptable extraordinaire en effet, qui lui aura valu d’être relégué en France au Goulag médiatique, il est permis de considérer qu’en quelque sorte Maurice Allais est désormais devenu le Soljenitsyne français du capitalisme financier et de l’ultra-libéralisme mondialiste actuel.

L’aspect protéiforme de son œuvre le rend par ailleurs inclassable parmi les économistes : on pourra le qualifier de libéral en ce sens qu’il aura démontré que la liberté individuelle d’entreprendre, la propriété privée et le principe de concurrence constituent des conditions indispensables à l’efficacité des marchés économiques, à celle de l’allocation des ressources, comme à celle des processus de production des richesses. Mais on pourra aussi le classer de dirigiste par le souci qu’il place dans la pérennité des sociétés, exigeant l’existence d’un arbitre indépendant des forces économiques, régissant les règles des marchés pour maintenir leur efficience économique. Il reconnaît ainsi que le principe d’appropriation privée ne saurait être universel et doit être limité, et qu’il existe des biens collectifs par nature. On pourra même le qualifier de socialiste par son souci de limiter les inégalités sociales résultant des processus de production économiquement efficaces, en assurant des mécanismes de péréquation de la distribution des fruits de la croissance économique. Selon lui toute rente, et tout droit économique non gagné, en particulier la rente monétaire, doit être confisqué par la collectivité au bénéfice de cette péréquation. Certains ont résumé leur embarras en le qualifiant de l’oxymore « libéral socialiste ».

Je voudrais terminer en soulignant le caractère probablement le plus original de cet économiste : Dès sa jeunesse il aura été passionné par la Physique, discipline dans lequel il a toujours excellé. Il a déclaré qu’à sa sortie de l’école Polytechnique, alors qu’il pensait se destiner à la Physique, c’est lors du voyage d’étude qu’il entreprit aux États-Unis en 1933, devant le spectacle incompréhensible de ces villages de toiles abritant des familles de chômeurs et de mendiants en haillons, dressés dans les grands parcs publics des grandes villes américaines de ce continent de l’abondance, qu’il décida alors de choisir le champ des études économiques afin d’y trouver les réponses à cette énigme et de résoudre ce paradoxe. Et dès lors il s’attela d’abord à la lecture des œuvres de Walras, de Fisher et de Pareto, envers lesquels il a toujours rappelé sa filiation intellectuelle, pour finir par élaborer en 1943 son premier ouvrage de 1.200 pages « À la recherche d’une discipline économique », devenue « Traité d’économie pure ». Une refondation rigoureuse et originale, à partir de l’expérience ou de constats empiriques, de tous les grands principes de la littérature économique. C’est ce tour de force initial que l’Académie Nobel aura sans doute voulu particulièrement distinguer dans son œuvre foisonnante, quarante-cinq ans plus tard, en 1988.

Ainsi dans toute son immense œuvre économique, Maurice Allais entendait-il assurer toujours la prééminence du fait et de ses aspects constatés sur la conceptualisation, sur la formulation du principe ou sur l’élaboration de la théorie explicative. Il ne craignait pas de devoir remettre en cause, théorie, principes ou concept, dès lors que ceux-ci se révélaient incompatibles aux constats factuels.

L’économie étant historiquement un domaine intellectuel où, sous une apparence de science et de rigueur, concepts, principes et théories sont d’autant plus largement promus qu’ils justifient rationnellement des intérêts concrets socialement et politiquement puissants, cette démarche factuelle de physicien appliquée par Maurice Allais à l’économie, n’aura pas manqué de lui valoir souvent l’incompréhension, sinon l’irritation de ses collègues économistes, et plus souvent encore, l’hostilité des puissants.

Et c’est cette démarche même de Maurice Allais préservant à tout moment la prééminence du fait expérimental sur la théorie, que notre hôte Guy BERTHAULT aura scrupuleusement suivie dans ses travaux qui renouvellent désormais les principes de la sédimentologie, et pour lesquels il reçoit aujourd’hui le Prix Maurice Allais de l’AIRAMA.

Soyez remerciés pour votre attention.

Philippe BOURCIER de CARBON

Président d’honneur, fondateur de l’AIRAMA

Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais en Physique et en Économie.

 

 

Source : https://lilianeheldkhawam.com/2019/10/09/loeuvre-meconnue-de-maurice-allais-prix-nobel-deconomie-philippe-bourcier-de-carbon/

 

 

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Le nouveau livre « Coup d’État planétaire » est disponible.

Vous attendez un effondrement financier, mais c’est un monde nouveau qui émerge, et qui balaie sèchement l’ancien.

Aucune démocratie ne semble avoir les moyens de s’y opposer.

Coup d’Etat planétaire par Liliane Held-Khawam

 

Après avoir démontré avec Dépossession la captation des mécanismes monétaires, et financiers, Coup d’État planétaire démontre le phagocytage généralisé des outils et processus de production de biens et de services, privés et publics.

Tout ce qui produit de la valeur ajoutée sur la surface du globe est en passe d’être pris en charge directement ou indirectement par l’infrastructure supranationale d’une certaine élite financière.

Soutenue par une technologie omniprésente, un système-monde qui englobe l’ensemble de la planète et de ses ressources (y compris humaines) nous fait passer de l’ère de la mondialisation à celle de la globalisation.

La dématérialisation de l’administration publique et des institutions en général offre à la nouvelle équipe dirigeante la possibilité de gérer la planète à distance.

Un empire transversal, privé et corporatisé, d’un type nouveau est soigneusement décrit dans cet ouvrage (400 pages), avec des sources mais aussi des textes de lois, d’accords, et moult extraits de divers registres de commerce.

Forte d’un pouvoir absolu, par la captation des richesses productives, la nouvelle élite risque bien de faire la pluie et le beau temps aux quatre coins du monde.

L’ensemble des paradigmes qui régissent l’organisation de la vie sur terre est en voie de restructuration en profondeur. Après avoir usé et abusé d’un faux libéralisme, la réorganisation sociétale semble promettre de ressusciter le modèle soviétique, au profit de privés cette fois.

Avec ce que nous avons appelé néo-soviétisme, nous franchissons ainsi une nouvelle étape du sinistre néolibéralisme.

Les détenteurs des ressources planétaires peuvent être fiers du succès d’un projet herculéen, qui promet le retour d’un féodalisme globalisé et modernisé.

Disponibilité

Disponible en librairie (en Suisse certains Payot et la librairie du Valentin disposent d’ores et déjà d’un stock)

Commande en ligne sur le site de l’éditeur :

en euro : https://reorganisationdumonde.com/produit/coup-detat-planetaire/
en franc suisse : https://reorganisationdumonde.com/produit/coup-detat-planetaire/?wmc-currency=CHF
en dollar : https://reorganisationdumonde.com/produit/coup-detat-planetaire/?wmc-currency=USD

Attention : Nous ne travaillons plus avec Amazon

table des matières

Préface par Philippe Bourcier de Carbon

Avant-propos

Introduction

Partie I : les seigneurs de la Création monétaire confisquent l’industrie Mondiale

Chapitre 1 : Un Nouveau Monde, une nouvelle élite

Chapitre 2 : Planète industrie

Chapitre 3 : Vers des monopoles sectoriels ?

Partie II : les dirigeants de l’après-guerre se parent de messianisme pour se donner un vernis vertueux

Chapitre 4 : Est-ce qu’un État peut encore être souverain ?

Chapitre 5 : Aux origines, une mondialisation messianique ancre le Nouveau Monde

Chapitre 6 : Une alliance anglo-saxonne ancre l’économie-monde

Chapitre 7 : Le monde des affaires invité à mondialiser l’économie

Chapitre 8 : De la mondialisation à la globalisation

Partie III : les seigneurs du business s’emparent de la gouvernance des états

Chapitre 9 : La face cachée du développement durable

Chapitre 10 : Contrôle des territoires et des populations

Chapitre 11 : Politique commune des États

Chapitre 12 : Le monde des affaires, partenaire officiel des gouvernements

Chapitre 13 : Destruction des mers sous bannière de développement durable

Chapitre 14 : Des confiscations à prévoir avec la révolution sociétale

Chapitre 15 : Soumission aux organismes supranationaux

Chapitre 16 : Le FMI dicte la gouvernance des États

Partie IV : Captation des ressources productives publiques, y compris humaines

Chapitre 17 : Ce libéralisme qui tue le marché

Chapitre 18 : Des privilèges publics parfaitement antilibéraux

Chapitre 19 : Intégration et globalisation des territoires nationaux

Chapitre 20 : Une nouvelle gouvernance publique inspirée des Nazis

Chapitre 21 : Les dérives de la gestion publique

Chapitre 22 : Les seigneurs de la finance convoitent le business public

Chapitre 23 : Un coûteux partenariat public-privé non libéral

Chapitre 24 : Corporatisation d’organismes nationaux et supranationaux

Chapitre 25 : Appropriation et Corporatisation des espaces nationaux

Chapitre 26 : Concentration de processus économiques selon les zones

Chapitre 27 : De l’État gestionnaire à l’État investisseur aux mains de la finance globale

Chapitre 28 : Vers une cyber-société contrôlée par les GAFAM

Conclusion

 

 

Source : https://lilianeheldkhawam.com/2019/10/05/le-nouveau-livre-coup-detat-planetaire-est-disponible/

 

 

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Les fluctuations cycliques des économies capitalistes

Le 15 septembre 2013, nous vous informions de la Conférence de Presse « Indicateur Oméga-Allais » :

L’Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais, l’AIRAMA, a tenu début juillet une conférence de presse à la Maison de L’Amérique Latine de Paris pour procéder au lancement de l’ « indicateur Oméga Allais », développé par Jean et Pierre Fuerxer en vue de chiffrer précisément, en termes de perte d’emplois et de croissance, le coût de la politique gouvernementale de rejet du « protectionnisme intelligent » de notre seul prix Nobel d’économie, Maurice Allais.

Un article sur le modèle OMEGA avait été publié par une revue aujourd’hui disparue que nous vous proposons de redonner aujourd’hui.

 

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Les fluctuations cycliques fondamentales

des économies capitalistes, le modèle « ω »

Jean Fuerxer

Ministère de l’Intérieur

Pierre Fuerxer

Ministère de la Défense

Est proposé un modèle dynamique de base d’une économie capi­taliste ayant la structure d’un système cybernétique linéaire bouclé. Le comportement temporel spontané de l’économie est décrit à partir d’un équilibre stationnaire de Keynes.

Le modèle «ω», généralisation de l’oscillateur de Samuelson (1939), montre que l’ économie a trois périodes de résonance pour 3,5 , 9 et 50 ans, correspondant aux cycles identifiés par Kitchin, Juglar et Kondratieff.

Un autre résultat essentiel est de prouver que les cycles économiques sont d’origine réelle et endogène.

 

A basic economic model of capitalistic econonzy is proposed, which as the structure of a cybernetic linear loops system. The spontaneous temporal behaviour of economy is described, starting from a Keynes stationary equilibrium.

The « ω » mode!, a generalisation of Samuelson’s oscillator (1939), shows that the economy has three resonance peaks centered on 3.5, 9 and 50 years, which are the business and economic cycles found by Kitchin, Juglar and Kondratieff.

Another main result is to prove that business cycles have a real and endogeneous origin.

 

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Liliane Held-Khawam nous présente sont nouveau livre

Il est arrivé !

Dépossession par Liliane Held-Khawam

 

1. Disponible sur le site www.reorganisationdumonde.com :

En euros : HTTPS://REORGANISATIONDUMONDE.COM/PRODUIT/DEPOSSESSION/

En franc suisse : HTTPS://REORGANISATIONDUMONDE.COM/PRODUIT/DEPOSSESSION/?CURRENCY=CHF

2. Des points de vente (liste en cours d’enrichissement) : HTTPS://REORGANISATIONDUMONDE.COM/POINTS-DE-VENTE/

3. Payot : HTTPS://WWW.PAYOT.CH/DETAIL/DEPOSSESSION-LILIANE_HELD_KHAWAM__MARC_CHESNEY-9782970126201

4. Decitre : HTTPS://WWW.DECITRE.FR/LIVRES/DEPOSSESSION-9782970126201.HTML

5. FNAC : HTTPS://LIVRE.FNAC.COM/A12927088/LILIANE-HELD-KHAWAM-DEPOSSESSION?OMNSEARCHPOS=5

Le premier volume qui traite de la réorganisation de la planète est arrivé !

Numéro ISBN: 978-2-9701262-0-1

Compte tenu du fait que Dépossession sera suivi d’autres, nous avons opté pour la création d’une maison d’édition qui porte le nom de Réorganisation du monde.

Un nouveau site a aussi été créé à cet effet : https://reorganisationdumonde.com/. Il n’est pas encore tout à fait au point. Si vous croisez des difficultés, merci de me le faire savoir. Vous trouverez une fiche de contact en cas de besoin…

Nous sommes en train d’établir des contacts avec des diffuseurs afin d’aller à la rencontre des lecteurs via les libraires. Pardon pour le décalage dans le temps, mais notre maison d’édition n’étant pas connue, il a fallu attendre l’arrivée du livre pour que ces potentiels partenaires puissent se faire leur propre opinion.

Pour l’heure, vous pouvez trouver Dépossession sur Amazon avec les conditions usuelles pour les consommateurs de l’UE. (Mise à jour : Amazon a mis en place un système de boycott soft.)

HTTPS://WWW.AMAZON.FR/D%C3%A9POSSESSION-LILIANE-HELD-KHAWAM/DP/2970126206/REF=SR_1_1?S=BOOKS&IE=UTF8&QID=1535804689&SR=1-1&KEYWORDS=LILIANE+HELD

Autrement, vous pourrez commander aussi sur le site de Réorganisation du monde :

HTTPS://REORGANISATIONDUMONDE.COM/PRODUIT/DEPOSSESSION/

Évidemment avec des coûts d’expédition probablement plus élevés que ceux de Amazon. Un calculateur des frais postaux est à disposition.

Dans tous les cas, le numéro ISBN permettra à tout libraire de nous retrouver et de passer sa commande…

ISBN: 978-2-9701262-0-1

Je vous mets ci-dessous la table des matières, ainsi que la préface du Professeur de Banques/Finances Marc Chesney… https://www.bf.uzh.ch/static/employee/detail/index.php?language=en&alias=chesney-marc&tab=detail

Excellente lecture et à bientôt.

LHK

Annexes:

  • Préface de Marc Chesney :

Dans ce livre choc, Liliane Held-Khawam met en lumière l’hyperpuissance de l’oligarchie financière qui s’approprie sans vergogne les richesses de ce monde et qui dispose d’un pouvoir insensé. Elle décrit comment l’alliance entre banques commerciales et centrales, soutenue par le monde politique, est un facteur clé accentuant la concentration aberrante de richesses.
Elle critique l’explosion de la dette, qui prend tant les individus que l’État en otage, ainsi que le délitement et l’impuissance de ce dernier face au secteur financier. Le système bancaire parallèle, non-régulé, qui permet toutes sortes de montages douteux et de manipulations de marchés, est aussi passé au crible de son analyse. L’humain, qui devrait être placé au centre de l’économie est maintenant marginalisé et spolié dans le cadre d’une finance casino débridée. Ce livre fournit ainsi une analyse salutaire et sans concession, essentielle à tout lecteur, en vue de mieux comprendre le monde actuel !  Il est temps de se réveiller !

  • Table des matières de Dépossession

Remise du prix Maurice Allais 2018, à M. Guy Berthault

Entouré de ses camarades de promotion (1), leurs épouses, des veuves d’anciens camarades , des membres du conseil d’administration de l’AIRAMA (Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice Allais prix Nobel 1988 en économie et physique) et de Cécile Zammit-Popescu, maire de Meulan, Guy Berthault, ingénieur diplômé de l’École Polytechnique, promotion 1945, Chevalier de la Légion d’Honneur et de l’Ordre National du Mérite, a reçu le 15 mai dernier, au cours d’une réception à son domicile meulanais, le Prix Maurice Allais décerné par l’AIRAMA.

le Prix Maurice Allais décerné par l’AIRAMA

Arnaud Upinsky
Arnaud Upinsky, président de l’AIRAMA

Cette distinction lui a été attribuée pour les travaux et l’aide scientifique, en physique, qu’il a apportée à Maurice Allais. C’est ce qu’a exprimé le président de l’AIRAMA, Arnaud Upinsky, avant de remettre le prix. Auparavant Philippe Bourcier de Carbon, président d’honneur, avait fait un rappel de la contribution de Maurice Allais en économie et physique, soulignant les difficultés qu’il avait rencontrées pour être reconnu, le prix Nobel qu’il reçut en 1988 venant toutefois « couronner » sa carrière. Probablement avait-il eu tort d’avoir raison trop tôt car il dénonçait les dangers de la mondialisation et ses conséquences : diminution, voire stagnation de la croissance et augmentation du chômage.

Contribution scientifique de Guy Berthault

Guy Berthault
Guy Berthault recevant le Prix Maurice Allais 2018

C’est le trésorier, Pierre Fuerxer, qui évoqua la contribution scientifique de Guy Berthault et sa carrière atypique. En voici quelques extraits :

« Guy Berthault est un polytechnicien de la promotion 1945. Son père ayant créé une société qui est devenue une des plus grandes entreprises françaises de la grande distribution, il a naturellement été amené à participer au développement de l’entreprise familiale. Il a donc été D.G.A. de Viniprix et administrateur d’Euromarché, membre de section du Conseil Économique et Social. Il a été, en France, un grand promoteur de l’intéressement et de la participation du personnel à l’entreprise…

… Comme Maurice Allais, devenu économiste, Guy Berthault a continué à s’intéresser à la science et en particulier à la physique. Ayant lu dans la revue des anciens élèves de l’École Polytechnique le compte-rendu des expériences pendulaires de Maurice Allais, il a fait sa connaissance en 1989. Il lui a proposé sa collaboration. Dans le cadre de celle-ci, il a organisé avec des physiciens internationaux des expéditions pour mesurer « l’effet Allais », déviation azimutale d’un pendule lors d’une éclipse de soleil. Celles-ci ont eu lieu lors de différentes éclipses de soleil en Finlande et Russie en 1990, au Mexique en 1991, au Brésil en 1994, en France en 1999…

Travaux de Guy Berthault en géologie

Guy Berthault observe que la géologie historique, fondée sur l’interprétation de Stenon, n’est pas prouvée, car nul n’a été témoin de la stratification. Pour cette raison, il a entrepris un programme expérimental d’étude de la stratification en 1970.

Il existe, dans les roches sédimentaires, des strates de faible épaisseur millimétrique ou « laminae », qui sont semblables aux « feuillets » observés par Lyell qui les interpréta comme des dépôts annuels. Guy Berthault préleva un échantillon de grès de Fontainebleau, qu’il broya et laissa tomber dans une éprouvette à sec, puis dans l’eau. Il en résulta alors des laminées identiques à celles de l’échantillon de grès. Il s’agissait donc d’un phénomène mécanique naturel et non de dépôts annuels pouvant servir à établir une chronologie.

Le compte-rendu de ses expériences fut présenté à l’Académie des Sciences de Paris par le professeur Georges Millot, directeur de l’Institut de Géologie de Strasbourg, doyen de l’Université, membre de l’Institut, alors président de la Société Géologique de France, qui le publia dans ses comptes-rendus en 1986. À la suite de quoi, le professeur Georges Millot le fit admettre à la Société Géologique de France, en qualité de sédimentologue.

Guy Berthault fit étudier la stratification au laboratoire d’hydraulique de l’Université du Colorado dans un canal circulant et montra la présence de strates dans le dépôt… Ces expériences ont confirmé que la stratification des dépôts résulte d’un phénomène mécanique naturel… Le compte-rendu de cette étude a été publié en 2011 dans « Lithology and Minerai Resources », journal de l’Académie des Sciences et de l’Institut de Géologie de Russie.

Par ailleurs, il a été conforté dans ses analyses par le fait que la datation radiométrique des roches n’est pas davantage fondée… À preuve, les datations au potassium/argon radioactifs de roches résultant d’éruptions volcaniques récentes, de dates historiques connues, indiquent parfois des millions d’années. Cela résulte d’un excès d’argon provenant en grande partie de la lave qui a donné naissance à la roche…

… Guy Berthault soutient depuis plus de dix ans le développement à l’observatoire Royal de Belgique, par l’équipe de Michel Van Ruymbeke, des balances gravitationnelles permettant de valider en statique les postulats retenus par Newton : symétrie des forces, égalité de l’action en de la réaction, indépendance des matériaux… »

Dans cet article, nous ne pouvons évoquer toutes les contributions de Guy Berthault mais sa démarche est toujours la même : remplacer les a priori par des faits. Ses travaux scientifiques, en particulier dans les domaines de la sédimentologie, de la stratigraphie et de la datation géologique, ouvrent de nouvelles perspectives à la communauté scientifique.

C’est avec l’orchestre créé par des membres de la promotion 1945, Dixieland Senior’s, un jazz band toujours animé par François Mayer (trombone), dernier musicien du groupe d’origine, que l’après-midi se poursuivit dans la convivialité et la bonne humeur.

Par cette remise de prix, à laquelle les Échos de Meulan sont honorés d’avoir été conviés, nous mesurons combien cette distinction met en valeur un homme d’une grande simplicité, animé par une rigueur scientifique basée sur les faits comme l’était Maurice Allais.

 

Source : les Échos de Meulan du 9 juin 2018, par Yves Maretheu

 


 

(1) Rencontre du 70ème anniversaire de sortie de polytechnique de la promotion 1945

 

La science économique juge les candidats !

En 2012, l’AIRAMA avait publié une lettre ouverte aux Candidats à la Présidence de la République

Celle-ci, déjà en 2012, appelait l’attention des candidats sur les méfaits de la politique libérale menée depuis 1974.
Elle désignait l’ennemi :

« l’ultralibéralisme »

Elle disait :

NON AU « LAISSEZ-FAIRISME »  SUICIDAIRE ! C’est-à-dire au désordre économique mondial.

NON À L’ÉTAT DESTRUCTEUR DES EMPLOIS ET DE LA CROISSANCE ! C’est-à-dire aux délocalisations aux conséquences désastreuses.

OUI À LA RELANCE DE LA « PROTECTION COMPÉTITIVE » DES 30 GLORIEUSES ! C’est-à-dire à un retour à un protectionnisme intelligent.

* * *

L’ultralibéralisme, c’est la perversion du libéralisme, imposture que Maurice Allais qualifiait de « chienlit libre-échangiste ».

Les faits ont confirmé ce que nous écrivions en 2012

 

L’incurie et la malfaisance des classes politiques et médiatiques auront donc fait perdre à la France ces cinq dernières années qui auraient dû engager le redressement salutaire, alors qu’en 2017 la France est désormais dans un état critique.

Déjà en effet cette lettre développait des points essentiels de la campagne :

 

La crise de l’ultralibéralisme conduit la société française au bord de l’effondrement

Depuis plus de dix ans, M. Allais n’a cessé d’annoncer la gravité de la crise et de son engrenage inexorable de destruction totale si rien n’est fait.

Mais les perversions laissez-fairistes du prétendu libéralisme de ces trente dernières années nous ont menés au bord de l’effondrement de la société française. » …

Le « facteur majeur » de la crise économique est politique

M. Allais a démontré que la crise n’est pas la conséquence d’une fatalité mais d’une politique suicidaire.  

La politique poursuivie à partir de 1974 de libéralisation mondialiste » par Bruxelles – au nom de l’art. 110 du traité de Rome imposant « la suppression progressive des barrières douanières » qui a conduit ainsi à « la disparition progressive de la protection du Marché communautaire européen et à l’instauration continue d’un libre-échange mondialiste », autrement dit d’un ultralibéralisme.

L’effet du « changement de cap » ultralibéral de 1974 se mesurait sur le graphique publié dans l’Humanité

L’effet du changement de Cap politique ultralibéral de 1974 – après l’entrée de l’Angleterre dans la CEE en 1973 –, à l’origine du décrochage structurel de l’économie et de la destruction catastrophique de la croissance et de l’industrie.

 

M. Allais a ainsi formulé la racine de tous les maux dus à la mondialisation sauvage : « En fait, toutes les difficultés pratiquement insurmontables dans lesquelles nous nous débattons aujourd’hui résultent de la réduction, de plus de deux à un, du taux de croissance annuel du produit national brut réel de 1974 à2012. »

 

Rien n’a été fait :

Nous pouvons affirmer aujourd’hui que ce changement était la conséquence des événements de Mai 1968 qui ont initié une décroissance des investissements industriels en France. Comme nous le verrons, la production nationale ne suffisant plus à la satisfaction de la demande, la dette de l’état et des entreprises n’a cessé de croitre.

Les données actuelles prolongent cette tendance :

Les dernières données statistiques prolongent le graphique publié par Maurice Allais. Le pourcentage de l’emploi industriel dans la population active continue à décroitre linéairement.

Si rien ne change, il n’y aura donc plus en France d’emplois industriels en 2045 !

La croissance des importations conduit au chômage de masse que nous connaissons.

La contribution des importations en provenance des pays à faible coût de main d’œuvre, appartenant ou non à l’Union Européenne, est clairement à l’origine du chômage de masse que nous connaissons. Faute des statistiques spécifiques, nous pouvons estimer de l’ordre de 15% du PIB le volume de ces importations.

Alors, il n’est pas étonnant que l’emploi industriel ait été réduit et que la dette publique ait déjà atteint 100% du PIB !

Persévérer ainsi ressemble désormais à une volonté réelle de démanteler et de liquider la France !

 

Nous proposions une solution Globale :
la relance de la politique de
« protection compétitive »

Ce qu’un changement de cap politique à détruit, un changement inverse peut le reconstruire. « Pour préserver le développement harmonieux du commerce mondial, une protection communautaire raisonnable doit être assurée à l’encontre des importations ».  Il suffit donc pour faire repartir le moteur de la croissance de relancer la politique « protection compétitive » des « Trente glorieuses ».

Aujourd’hui, un nouveau nom est donné à cette protection :

Le protectionnisme intelligent


Les axes de déclinaison de la solution globale étaient les suivants :

 

1) L’ANNULATION « DIFFÉRENCIÉE » DE LA DETTE PUBLIQUE, gigantesque, basée sur le principe de séparation de la dette réelle due et de la dette « jeu d’écritures » non due :

Premièrement : annuler l’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973, cause essentielle de la dette de la France qui a interdit à la Banque Française de faire crédit à l’État à 0 %, condamnant la France à l’emprunt aux banques privées à taux d’intérêts ruineux comme le montre ce tableau comparant le montant de la dette réelle à % (bleu) et la dette gonflée par les intérêts « privés » cumulés (rouge) :

Tableau comparant le montant de la dette réelle à % (bleu) et la dette gonflée par les intérêts « privés » cumulés (rouge)

Deuxièmement : procéder à l’annulation différenciée sur le modèle de la solution islandais après l’audit de la dette, mise en application pratique politique de la solution Allais, qui montre que c’est possible. 

LA SÉPARATION LÉGALE ENTRE BANQUES DE DÉPÔT ET BANQUES D’AFFAIRES (Glass-Steagall act), par la réforme des règles du crédit, restituant à l’État le monopole de la création monétaire.

LA RELANCE DE LA POLITIQUE DE « PROTECTION COMPÉTITIVE » DES TRENTE GLORIEUSE, par l’affirmation que « la libéralisation totale des échanges n’est possible que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays … [à] développement économique et social comparable », par la révision des « traités fondateur de l’UE » pour la nouvelle  « instauration indispensable d’une préférence communautaire ».

Nous ajoutions la contre réforme rendant à l’état le monopole de la création monétaire.

Pourquoi ne ferions-nous pas une réforme analogue au projet helvétique de monnaie « pleine » …

 

Mettons l’Union Européenne face à ses contradictions :

Union Européenne

Exigeons l’introduction de droits de douane assurant la concurrence libre et non faussée au sein de l’UE :

Comment ose-t-on dire que les différences de charges sociales payées par les entreprises ne faussent pas la concurrence ?

 

Pour Maurice Allais,
la responsabilité des politiques était engagée :

M. Allais considérait que :

« L’aveuglement de nos dirigeants politiques, de droite et de gauche, depuis 1974 est entièrement responsable de la situation dramatique où nous nous trouvons aujourd’hui ». « La condition sine qua non fondamentale de notre participation à la construction européenne, c’est le rétablissement explicite et solennel de la préférence communautaire c’est-à-dire d’une protection raisonnable ».

 

Conclusion :

Nous pouvons reprendre la conclusion de 2012 :

À l’heure des Présidentielles 2017, nous sommes tous à la croisée des chemins, Vous, comme Candidats à la Présidence de la République et nous, comme Scientifiques engagés au service de la France, et conscients de représenter tant l’Évidence démocratique que la Vérité scientifique.

Au nom du Peuple, Vous devez vous engager solennellement au respect de sa volonté explicite de rétablissement de la préférence communautaire compétitive des Trente Glorieuses, à l’inverse de la honteuse forfaiture que fut le viol du résultat du Référendum 2005 exprimant le rejet massif de la Constitution ultralibérale de l’UE de par 55 % des suffrages du peuple français.

 

La science économique
juge les candidats !

AIRAMA, 12 rue de Poitiers, 75007 Paris

 

 

Les politiques monétaires non-conventionnelles et l’héritage scientifique de Maurice Allais

Bertrand Munier

Professeur Émérite à l’Université de Paris I
Président du Conseil Scientifique de la Fondation Maurice Allais

 

Présentation lors de l’Atelier Maurice Allais du 17 juin 2016

 

 

 

 

Le Brexit, et si la City était pour ?

Jean-Michel Vernochet reçoit aujourd’hui Valérie Bugault, pour analyser les suites du Brexit. Valérie Bugault pense que les élites financières avaient anticipé le Brexit, qui faisait partie de leurs plans de réorganisation de la finance mondiale, abandon du dollar et recentrage de la City sur l’Extrême Orient.

 

 

Pour appuyer l’analyse de Valérie Bugault, nous vous renvoyons à sa série, Décryptage du système économique global, publiée sur note site en février 2016.

 

 

« NON AU TRAITÉ SUICIDAIRE DE LIBRE-ÉCHANGE TRANSATLANTIQUE ! »

 

Communiqué de presse
De l’Alliance Internationale AIRAMA
6 juin 2014

« Non au Traité Suicidaire
De Libre-Échange Transatlantique ! »

 

De qui se moque-t-on ? En 1992, on nous avait promis que l’Europe de Maastricht, c’était « Moins de chômage, moins d’insécurité, moins de corruption » (Bérégovoy). Mais vingt deux ans après, il apparaît que c’est « exactement l’inverse » !

Dès 1999, dans « Mondialisation, la destruction de la croissance et de l’emploi. L’évidence empirique », M. Allais avait pourtant annoncé le naufrage de l’Europe-Titanic :

La « Seule Cause » du « Décrochage de l’Économie Française en 1974 » (divisant la croissance par deux !)

C’est « La politique » de « suppression progressive à partir de 1974 des barrières douanières » par Bruxelles, au titre de l’art. 110 du traité de Rome, [qui] a conduit à « la disparition progressive de la protection du Marché communautaire et à l’instauration continue d’un libre-échange mondialiste », autrement dit d’un ultralibéralisme. » (1)

Le Bilan du « Coût » de la Politique Libre-Échangiste Depuis 1974, Toujours plus « Suicidaire » :

1) Chômage : 2,2 % (631000) en 1974, 11 % (5,7 millions) en 2014 (plus 5 millions !)

2) Croissance : 5,6 % (1960 à 1974), 2,3 % (1974 à 2006). Nulle depuis 2006 !

3) Dette : 10 % en 1973, 93,5 % en 2013 (1877 milliards en 2014), 30 000 € par Français !

4) Déficit de la Balance Commerciale : 70 milliards € par an !

5) Désindustrialisation : 6,2 M d’emplois en 1974, 3,4 M en 2014 (moins 2,8 M !) En 2010, Bercy reconnaissait 63 % des destructions d’emploi dues à la mondialisation ! (2)

Poursuivre cette Politique Libre-Échangiste est Criminel :

« La crise d’aujourd’hui, le chômage massif (…), la destruction jour après jour de la société française ne sont que les conséquences des politiques dogmatiques (« mondialisme libre-échangiste » sans cesse mises en œuvre depuis la grande cassure de 1974 et qui nous mène au désastre. Il serait criminel de les poursuivre. »

Même cause, mêmes effets. Le traité de libre-échange transatlantique, c’est l’Aggravation du suicide des politiques libre-échangistes criminelles suivies depuis 1974.

Disons « NON à la destruction de l’EUROPE ! », au nouveau Mensonge d’État du traité de libre-échange transatlantique. Restaurer le protectionnisme compétitif de M. Allais (plébiscité par 82 % des Français dès 2011) est une question de suivi. Il faut restaurer la protection des frontières — comme les USA et la Chine ! — si vous voulez sauver l’Europe et la France du naufrage Titanic annoncé par l’AIRAMA en 2012.

Au nom de Maurice Allais ! Signez la pétition et soutenez/rejoignez l’AIRAMA qui prépare les États-généraux du protectionnisme !

Arnaud Upinsky, Président de l’AIRAMA

Contact presse : courrierposte@orange.fr et tel : 06 01 76 20 79  

 

 

 


[1] http://combats-maurice-allais.info/documents/2012-04-12_AIRAMA_L.ultraliberalisme-voila-l.ennemi_Lettre-Ouverte-a-TOUS-les-Candidats-a-la-Presidence-de-la-Republique.pdf

[2] http://www.marianne.net/63-des-destructions-d-emploi-dans-l-industrie-francaise-dues-a-la-mondialisation_a189534.html  

 

QUELS MODÈLES EN SCIENCE ÉCONOMIQUE

Quels modèles en science économique ?
Les clefs du succès économique.

Préambule :

Maurice Allais était depuis toujours un européen convaincu. Toute personne lisant sa biographie constatera, en effet, que, depuis 1951, il avait publié de nombreux livres et articles en faveur de l’union européenne. C’est en 1992, seulement, qu’il publiera un livre intitulé “Erreurs et Impasses de la Construction Européenne” et suivi d’une bonne dizaine de publications dans lesquels il attirera l’attention de ses lecteurs sur les dérives de l’union européenne.

Sûr de son analyse, Maurice Allais a considéré dès 1999 que son modèle montrait clairement que la mondialisation est la cause du chômage de masse et de la destruction de la croissance. Malgré son aura de seul prix Nobel d’économie français, et en dépit d’un soutien remarqué du Figaro, où le journaliste Bernard Bonilauri l’avait introduit, Maurice Allais a vu son message méthodiquement occulté par les média « officiels ».

Quinze ans après la publication du livre de Maurice Allais, les faits ont pleinement confirmé ses prévisions. Force est de constater que l’union européenne n’a pas tenu ses promesses. En France, le chômage est passé en 45 ans de 3 à 11%. Il faut bien en identifier les causes pour y remédier. La mondialisation a ouvert nos frontières à l’invasion des importations des pays de l’est, due à la suppression des contingents d’importation et des droits de douane. La politique menée a eu des résultats catastrophiques : explosion de la dette, augmentation de deux millions du nombre des chômeurs…

Cela était-il réellement imprévisible ? Certainement pas ! C’est ce que montre une analyse objective basée sur l’observation des faits et l’utilisation de modèles économiques.

1. La Notion de Modèle :

Quel que soit les domaines, sciences et modélisation sont intimement liés. Depuis la plus haute antiquité, les lois physiques ne sont pas autre chose que des modélisations de phénomènes déduites de l’observation des faits. Elles ont donc toujours une base expérimentale. Cette remarque s’applique aussi bien au principe d’Archimède, qu’à la loi de Mariotte, à la théorie du rayonnement du corps noir ou à l’économie.

La science économique ne peut exister qu’au travers de modèles ou lois de l’économie. Ses bases mathématiques sont très anciennes. Les travaux de Fourier visaient déjà à l’étude de séries numériques, notamment économiques. Depuis le 19° siècle, les économistes ont cherché en permanence à comprendre et à modéliser le fonctionnement du système économique grâce aux outils mathématiques à leur disposition.

En économie comme dans toutes les sciences, la connaissance conduit à l’établissement de modèles explicitant les relations entre les grandeurs observées, ici les variables endogènes du système.

Compte tenu de sa nature particulière, la science économique doit prendre en compte, non seulement des données statistiques objectives, mais aussi des éléments psychologiques liés au comportement des décideurs. Le « Paradoxe d’Allais », montre que même les scientifiques sont parfois irrationnels, mais que leurs comportements peuvent être modélisés.

Considérée dans toute sa généralité, la notion de modèle est suffisamment ambigüe pour qu’il soit nécessaire de commencer par la définir et préciser le vocabulaire. Pour bien comprendre l’apport de chaque novateur et, en particulier, celui de Maurice Allais, il est nécessaire de distinguer sa contribution au développement des trois grandes catégories de modèles qui sont utilisés conjointement en économie :

– Les modèles descriptifs qui correspondent à la simple description d’un phénomène, sans chercher à identifier un mécanisme « physique » pouvant être à l’origine des faits observés.

– Les modèles explicatif (ou illustratif selon la terminologie de Maurice Allais) décrivant sous la forme d’une boite noire une relation entre variables endogènes.

– Les modèles dynamiques qui peuvent prévoir l’évolution à court ou long terme d’un système, ici le système économique.

Comme toute science, l’économie n’a de valeur que dans la mesure où elle permet aux décideurs de prévoir les effets de leurs choix sur la réalité. L’étude d’une question particulière se fait généralement en utilisant conjointement des modèles appartenant à ces trois types.

2. Caractéristique des Modèles :

Les modèles sont construits en fonction d’objectifs variés : mise en évidence de lois statistiques, analyse du système économique, prévisions à court ou à long terme…

Les techniques de modélisation utilisées sont donc nombreuses et adaptées au cas par cas à leurs objectifs.

2.1 Les Modèles Descriptifs :

Ces modèles ne font aucune hypothèse sur la nature du système. Ils formalisent une observation des faits, sans chercher à les expliquer.

Ce type de modèle est couramment utilisé, même inconsciemment. Lorsqu’un entrepreneur extrapole de façon linéaire ou exponentielle la variation de son chiffre d’affaire, il fait appel à un modèle implicite de ce type.

Lorsqu’en 1968 Maurice Allais observe la convergence des économies mondiales vers le niveau de PIB par habitant de l’économie américaine, il utilise ce premier type de modélisation dont la validité s’est confirmée depuis de façon éclatante.

La relation linéaire entre le taux de croissance du PIB par habitant des différentes économies et leur retard par rapport à l’économie américaine est une observation remarquable, mais qu’il ne cherche pas à justifier par une théorie, conformément à son choix de s’en tenir aux seuls faits.

2.2 Les Modèles Explicatifs :

Ces modèles visent à décrire des relations entre les variables économiques et à identifier les mécanismes sous-jacents susceptibles de les expliquer.

C’est un modèle de ce type que décrit Maurice Allais dans son livre de 1999 relatif à la mondialisation. Défini de façon statique, ce modèle ne suppose aucune relation de cause à effet entre les grandeurs, mais simplement une relation entre celles-ci. Ainsi, Maurice Allais calcule dans un premier temps la réduction de la croissance et la perte d’emplois industriels à partir des séries macroéconomiques disponibles. Il peut ensuite montrer la relation linéaire entre ces deux données, puis désigner la cause commune de ces deux événements.

Le modèle décrit ainsi les relations entre les grandeurs économiques sous la forme de « boite noires » linéaires dont les coefficients sont ajustés par les méthodes classiques de moindres carrés. Ces deux phénomènes étant concomitants, il peut leur attribuer une cause commune : la mondialisation. Sur la base de ce modèle purement statistique, il peut affirmer « l’évidence empirique » de l’existence de cette cause commune.

Cette méthode présente l’avantage d’être totalement neutre par rapport aux théories économiques.

2.3 Les Modèles Dynamiques :

Ces modèles visent à prévoir l’évolution du système économique. Pour cela, ils font appel à des relations causales entre les valeurs successives des différentes grandeurs. Les relations temporelles entre les variables internes du système économique et entre celles-ci et les variables exogènes doivent alors être identifiées.

Des modèles de ce type ont été développés avant même que les ordinateurs aient eu des performances suffisantes pour les mettre en œuvre.

3 L’Évolution des Modèles Dynamiques :

Une évolution technologique très rapide des moyens de calcul a fortement influencé la conception des modèles dynamiques et a marqué leur déjà longue histoire.

3.1 Les Premières Réalisation :

Depuis l’oscillateur de Samuelson en 1936, de nombreux travaux ont porté sur la modélisation dynamique de l’économie. De nombreux chercheurs ont appliqué à l’économie les méthodes développées par ailleurs dans l’étude des systèmes cybernétiques. Ils ont utilisé les techniques conçues dans le but de maitriser la conception des systèmes électroniques: la théorie des réseaux, la théorie de la contre-réaction, celle des asservissements…

Nous ne pouvons pas parler des précurseurs sans citer les travaux de Philips en 1954, Forrester en 1961 et Vallée en 1980 et de nombreux autres auteurs qui ont fait progresser la théorie.

Après les succès de l’électronique analogique, les extraordinaires progrès de la technologie digitale ont imposé le passage aux techniques numériques. Nous ne parlons plus de commande ou d’asservissements mais d’automatique.

3.2 L’Intrusion de l’Automatique Moderne :

L’automatique moderne est basée sur les idées popularisées par Kalman. Un système est décrit par un vecteur d’état rassemblant toutes les données définissant le système. Dans le cas des ensembles mécaniques il s’agit des positions, vitesses (en prenant en compte deux positions successives), et accélérations (en comparant deux vitesses, soit trois positions successives). Un calcul simple permet alors de décrire l’évolution du système au cours du temps lorsqu’il est soumis à une excitation exogène.

Par exemple, un pendule sera défini par ses moments d’inertie, ses vitesses de rotation et les forces qui lui sont appliquées. Il est alors facile d’écrire la matrice donnant, à partir des valeurs actuelles du vecteur d’état, les nouvelles valeurs de ses paramètres au bout d’un incrément de temps dt. Ceci permet de décrire simplement le mouvement du pendule. Cette méthode générale de l’automatique moderne permet ainsi de prédire l’évolution d’un système mécanique et de le piloter. Elle semble parfaitement adaptée à l’étude de l’économie dont les variables sont les suites de données correspondant aux séries économiques.

Est-il pour autant raisonnable d’abandonner les notions fondamentales des techniques anciennes, issues de l’ère analogique, pour adopter les seules méthodes de l’automatique ?

Dans quelles conditions ces techniques nouvelles permettent-elles de réaliser des simulateurs reproduisant l’évolution du système économique ?

3.2.1 Un Exemple : Le Modèle Metric :

Comme de nombreux modèles récents, le modèle METRIC de l’INSEE, publié pour la première fois en 1977, adopte une méthode appliquant les concepts de l’automatique moderne. Il utilise alors les toutes nouvelles séries trimestrielles de l’INSEE qui permettent une meilleure connaissance temporelle des données économiques.

Ce modèle identifie les relations temporelles entre les données économiques. Conçu pour effectuer des prévisions, il calcule l’ensemble des variables endogènes à un instant donné à partir de leurs valeurs au trimestre précédent. À chaque pas, les valeurs des séries économiques constituent le nouveau vecteur d’état du système. Le modèle prévoit d’introduire, en tant que de besoin, des variables exogènes, par exemple le taux de change.

Ce premier modèle trimestriel présente malheureusement de nombreuses lacunes. Il n’a été ajusté qu’en prenant en compte une période d’observation de 5 ans, durée beaucoup trop courte pour que l’ensemble des situations rencontrées pendant un cycle économique (par exemple le cycle de Juglar) n’aient pu être observées.

Il n’est donc pas surprenant qu’il dérive très rapidement lorsqu’il est utilisé dans le mode prévisions économiques, en dehors de la période d’apprentissage.

Selon le document publié par l’INSEE, en mode prévision, et sur seulement deux années, les erreurs du modèle METRIC augmenteraient rapidement. La prévision était donc limitée à 8 trimestres. Compte tenu de toutes ces contraintes, cette modélisation ne pouvait conduire à des prévisions à long terme.

Cette approche, de type automatique, n’aurait pu être valide à long plus terme que si le modèle avait identifié l’ensemble des paramètres internes du système économique, qu’ils soient accessibles ou non à la statistique. En effet, les méthodes numériques standards d’estimation des fonctions de transfert ne sont pas adaptées au cas des séries économiques, même trimestrielles.

Il est raisonnable de penser avoir identifié la totalité des paramètres d’un système mécanique comme un pendule, un navire ou un robot, en construisant un vecteur d’état comportant le dernier échantillon et les deux échantillons précédents des paramètres, ce qui permet d’estimer leurs vitesses de variation et leurs accélérations.

Il serait présomptueux de prétendre tout savoir sur l’économie française et sur ses relations avec le reste du monde en ne prenant en compte que les dernières valeurs des séries économiques. Rien ne permet de dire, à priori, si des estimations basées sur quelques trimestres seraient meilleures.

Si trois échantillons successifs suffisent à traiter la dynamique d’un ensemble mécanique, comment savoir combien il en faudrait pour traiter correctement le système économique ? Les fluctuations aléatoires des statistiques trimestrielles, analogues au bruit des systèmes électroniques, ne risquent-elles pas de rendre cette méthode totalement illusoire ?

3.2.2 Le Mur de la Complexité :

Initialement, en 1975, le modèle METRIC de l’INSEE comportait 450 équations et 250 variables exogènes. En 1979, le nombre d’équations était passé à 886 et le nombre de variables exogènes à 350.

La complexification inutile des modèles a été parfaitement illustrée par Maurice Allais dans son livre sur la mondialisation de 1999. Il dit : « Une telle erreur est parfaitement illustrée par le Modèle RUNS de la Banque Mondiale qui pour être compréhensif est amené à considérer 22 régions, 20 produits, et 8 périodes, et finalement 77.000 variables. En réalité, un tel modèle n’a aucune signification ni économique, ni économétrique. »

La conception des modèles économiques souffre ainsi d’un vice congénital propre à toutes les simulations numérique. Les ingénieurs cherchent à décrire de plus en plus finement le système à évaluer dans l’espoir de fournir des résultats de plus en plus précis. Contrairement à leurs attentes, ils n’arrivent qu’à rendre leurs résultats inintelligibles et donc leurs études non concluantes.

3.3 Le Modèle Oméga :

Publié en 1990, le modèle Oméga (nommé ainsi en référence à la pulsation ω des signaux périodiques), a été conçu de façon à éviter ces écueils.

Sans entrer dans les détails de sa conception, il est intéressant de noter les options originales qui ont présidé à sa conception :

– Les fonctions temporelles reliant entre elles les variables sont des fonctions en temps continu. Ceci permet de changer librement le pas temporel des séries de données : annuel, trimestriel, ou même mensuel sans avoir à modifier le modèle.

– La représentation de ces fonctions par une somme de fonctions mathématiques standard permet de les contrôler facilement. Ceci est important, puisque toutes les fonctions intervenant dans un prédicteur doivent être causale et avoir un comportement à long terme particulier.

– Le nombre des variables a été réduit au strict minimum.

– Le choix des fonctions temporelles incluses dans le modèle a tenu compte des grandes avancées de la science économique, par exemple la théorie de cycle de vie.

3.3.1 Test sur la Rupture de 1974 :

Initialement annuel, le modèle Ω devenu modèle Oméga-Allais fonctionne parfaitement sur des séries trimestrielles. Initialisé par les seules valeurs du PIB, une réduction de la part de la demande intérieure due à un excès des importations par rapport aux exportations conduit à la réduction de la croissance attribuée par Maurice Allais à la mondialisation.

L’utilisation du modèle permet de mettre en évidence le mécanisme conduisant à la réduction de la croissance. La courbe bleue correspond au PIB observé, la courbe rouge à la prédiction, les droites vertes pointillées aux croissances moyennes.

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Cassure de 1974.

Ceci montre qu’une ouverture des marchés conduit à une réduction de la demande intérieure, donc des investissements nationaux, et produit la cassure de 1974. Ainsi, le modèle « Oméga-Allais » montre clairement qu’une réduction de l’investissement dans une économie conduit naturellement à une réduction à long terme de la croissance, voire à une récession qui s’auto-entretien.

3.3.2 La Cassure de 2007 :

De même, le modèle reproduit la cassure de 2007. Le déséquilibre de la balance des investissements, observée par la Banque de France de 1999 à 2001 au moment de l’entrée dans l’euro, correspond ans plus tard avec le décrochement de l’économie 8, c’est à dire avec le retard correspondant au cycle de Juglar dont l’origine endogène est ainsi confirmée.

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La cassure de 2007 :

(Toutes les valeurs sont en Euros 2005. La courbe bleue est le PIB trimestriel observé, la courbe rouge est le comportement naturel du modèle, la courbe verte est celle correspondant à un désinvestissement fait à partir de 2007. Il apparaît que celui-ci correspond au manque d’investissement observé par la Banque de France en 2000-2001).

3.3.3 Des Résultats Saisissants :

Le modèle illustratif de Maurice Allais présenté dans son livre de 1999 montrait clairement que la mondialisation est la cause du chômage de masse et de la destruction de la croissance. De ce fait, il n’avait pas à poursuivre sa démonstration en construisant un modèle dynamique susceptible de quantifier les conséquences à long terme des décisions politiques erronées de l’UE.

Poursuivant et prolongeant l’œuvre de Maurice Allais, le modèle dynamique « Oméga », établi en 1990 pour décrire une économie fermée, devait être adapté pour rendre compte de la mondialisation. Aujourd’hui, le modèle « Oméga-Allais », confirme parfaitement les conclusions faites en 1999 par Maurice Allais. La modélisation ainsi faite de l’ouverture à la mondialisation décrit parfaitement la cassure de 1974 et l’explosion du chômage.

Ce travail confirme un point essentiel : pour être intelligible, un modèle destiné à faire des prévisions économiques à long terme doit être le moins complexe possible. Le nombre de variables endogènes et exogènes doit être le plus réduit possible. Pour que les résultats soient exploitables, les entrées doivent être regroupées en fonction de leurs effets sur le système. Seulement quelques paquets de variables, ou variables macroscopiques, sont alors considérés par le modèle.

N’oublions pas que les mathématiques et les ordinateurs doivent être au service des économistes et non l’inverse. La complexité excessive d’un modèle ne doit pas rendre inintelligible son fonctionnement. Le modèle Oméga-Allais y parvient en ne retenant que les paramètres clefs.

Quinze ans après la publication du livre de Maurice Allais sur la mondialisation, les faits ont pleinement confirmé ses critiques injustement occultées. Très convivial, le modèle dynamique Oméga-Allais, permet de visualiser de façon saisissante l’effet à long terme des politiques économiques. Il constitue ainsi un outil à mettre à la disposition des décideurs.

4 Conclusion :

Ce survol des méthodes de la science économique montre à l’évidence que les critiques des choix de l’union européenne et de la mondialisation faites par Maurice Allais depuis 1992 avaient des bases réellement scientifiques.

Il est urgent que la science économique reprenne sa place dans le discours politique et qu’elle puisse ainsi éclairer les responsables et les opinions publiques, redresser l’activité du pays, la croissance, et vaincre enfin le fléau de la désindustrialisation et du chômage.
Toutefois, les apports de Maurice Allais ne pourront être pleinement reconnus, pris en compte et surtout mis en application que si un forum permet à l’élite des économistes d’échanger, dans son sillage, leurs points de vue et de confronter leurs résultats, avec les différents acteurs clefs, notamment politiques. Canal historique des « Combats de Maurice Allais », chargée de la défense et de la reconnaissance de son œuvre de salut public toujours ostracisée par la sphère politique, l’AIRAMA a vocation à être le pôle fédérateur de cette « Reconquête » du politique par la pensée économique.