Mois : septembre 2016

Prévisions économiques 2016-2020

 

            Le modèle Oméga-Allais fait des prévisions sur la base des mécanismes de l’économie réelle. Il extrapole l’évolution  de l’économie à partir d’une modélisation du comportement dynamique des acteurs économiques, les entrepreneurs et les consommateurs.

            Cette démarche correspond à celle adoptée par Maurice Allais pour prédire la demande de monnaie avec son modèle « Héréditaire, Relativiste et Logistique » (voir l’article de Philippe Bourcier de Carbon ).

Des prévisions à 4 ou 5 ans ne peuvent tenir compte des aléas conjoncturels liés aux variations des marchés, des taux d’intérêt, du prix du pétrole et des mesures d’incitation fiscales. Nous ne publions donc qu’une fois par an de nouvelles prévisions sur quatre ou cinq ans qui ne peuvent tenir compte de ces incitations.

 

Rappel des prévisions faites fin 2014:

            En 2015, nous avions fait des prévisions sur la base des séries économiques en base 2005 publiées par l’INSEE. Ces données statistiques avaient été prises en compte jusqu’en fin 2014.

Prévisions faites à partir de fin 2014Figure 1 : Prévisions faites à partir de fin 2014.

  • La courbe verte correspond aux valeurs de PIB en base 2005 publiées en 2014 par l’INSEE.
  • La courbe bleue était la prévision faite à partir de 2005, en tenant compte de la fuite des capitaux publiée par la Banque de France (valeurs annuelles connues jusqu’en 2010). Ces prévisions étaient validées jusqu’en 2015, soit sur 10 ans.
  • La courbe rouge était une prévision faite en supposant la fuite des capitaux terminée après 2010. Compte tenu du délai moyen entre les décisions d’investir et la croissance de la production, l’économie était alors supposé libre de toute influence extérieure postérieure à 2010.

            Evidemment, ces prévisions  supposaient  la constance des influences conjoncturelles extérieures : croissance de la dette, taux d’intérêt, prix du pétrole qui ont un effet quasi immédiat…

Prévisions faites fin 2015 :

            Nous pouvons mettre à jour ces prévisions à long terme faites fin 2014 en introduisant dans le modèle les données de PIB observées en 2015. Les résultats sont les suivants :

Prévisions fin 2015Figure 2 : Prévisions fin 2015.

             Sur le fond, ces prévisions sont évidemment très voisines, mais ne peuvent être directement superposées en raison de nombreuses  modifications des séries statistiques :

  • Les montants ne sont plus en euros 2005 mais en euros 2010,
  • La série de valeurs du PIB publiées par L’INSEE sont en base 2010. Elle a été ajustée pour neutraliser les effets des différences entre les bases 2005 et 2010.
  • La hausse du périmètre de PIB introduite par les directives européennes a été intégrée.

 

La modification des bases de l’INSEE conduit en effet à une forte croissance apparente du PIB qui apparaît dans la figure suivante (figure 3).

Figure 3 :

  • La courbe rouge correspond aux valeurs publiées en base 2005,
  • La courbe bleue correspond aux valeurs en base 2010.
  • Les deux courbes sont recalées pour tenir compte de la variation de l’EURO.

 

La croissance observée depuis 2005 apparaît essentiellement due à l’évolution progressive de la base sur laquelle le PIB est calculé. Elle est donc largement artificielle.

 

Evolution entre ces prévisions :

Comme cela a été dit, ce modèle de prévision ne prend en compte ni les fluctuations liées à la conjoncture internationale,  ni celles résultant des effets à court terme des différentes incitations monétaires et fiscales.

La conjoncture actuelle est exceptionnellement favorable. Ceci a retardé la baisse attendue du PIB. Toutefois, le modèle Oméga-Allais n’a pas changé d’orientation. Il continue à prévoir pour 2020 une forte baisse du PIB.

L’investissement restant inférieur au niveau nécessaire au maintien de la production industrielle, la tendance ne peut s’inverser que très temporairement en raison de mesures conjoncturelles dont les conséquences à long terme risquent d’être catastrophiques.

Un retour à une conjoncture économique mondiale moins favorable (prix du pétrole et taux d’intérêt) conduirait mécaniquement à une baisse du PIB de l’ordre de 7% et pourrait amorcer une crise d’une ampleur incomparable avec celle de 2007-2008.

Pierre Fuerxer,

Membre de l’AIRAMA

 

 

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